La mosquée Istiqlal à Jakarta : Une incarnation de l’identité nationale
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
S’il est difficile de dénombrer exactement les mosquées de Jakarta, il y en a une dont on ne peut ignorer l’existence, celle de la grande mosquée nationale « Masjid Istiqlal » sur Jalan Taman Wijaya Kusuma.
La mosquée Istiqlal est la plus grande d'Asie du sud-est et peut accueillir jusqu’à 200.000 personnes selon les chiffres officiels. L'ensemble du complexe couvre plus de 9 hectares le long des rives de la rivière Ciliwung. Elle est un lieu de tolérance, de prière, d’enseignement et de vie sociale où des activités très variées sont pratiquées. Mais ce qu’il faut absolument savoir avant de la visiter, c’est qu’elle renferme en son sein de multiples symboles.
Sukarno, le 1er président de la République indonésienne, souhaite faire construire une grande mosquée pour les musulmans de cette jeune république, une mosquée symbolisant l’indépendance, la modernité et le pluralisme du pays. Un grand concours est lancé en 1955. Et c’est l’architecte de Sumatra Freidrich Silaban, non musulman, qui le remporte, son projet « Divinité » ayant véritablement captivé le jury comme la concrétisation de leurs idées et de leurs souhaits.
Ainsi, en août 1961, le président Sukarno pose la première pierre de la mosquée Istiqlal, construite pour commémorer l’indépendance de l’Indonésie. Elle est construite à l'emplacement d'un ancien fort hollandais, au nord-est de la place Merdeka, juste en face de la cathédrale de Jakarta. La construction dure 17 ans. Et c’est donc le président Suharto qui l’inaugure le 22 février 1978. Elle est également dotée d’un très grand parking mis à disposition des catholiques venant à la cathédrale lors des grandes fêtes comme Noël et vice-versa comme par exemple pour la fin du ramadan.
Une architecture riche en notes religieuses, identitaires et politiques
La simplicité, la sobriété, le dépouillement de la mosquée est délibéré. Son architecture est résolument moderne dans le style des années soixante. La décoration est uniquement composée de figures géométriques et de calligraphies, la représentation figurative étant interdite par l’islam.
La mosquée a été conçue pour accueillir le plus grand nombre possible de fidèles et pour optimiser la circulation de l'air et la lumière naturelle.
Ainsi, la grande terrasse à gauche du bâtiment principal permet d’accueillir le surnombre de fidèles lors des grands événements. L’allée centrale la divise en deux, créant une terrasse pour les hommes et une autre pour les femmes.
La mosquée est construite principalement en béton. Les murs et le sol sont recouverts de marbre, provenant de Tulung Agung, des carrières de Java Est et non d’Italie comme initialement prévu, afin de réduire les coûts et de soutenir l'industrie locale du marbre.
Contrairement à de nombreuses grandes mosquées dans d'autres pays, il n’y a ici qu’un seul minaret représentant le seul et unique Dieu. Le minaret mesure 66,66 mètres de haut pour symboliser les 6666* versets du Coran (le nombre de versets dans le Coran varie selon la manière de les découper). Il est surmonté d'une flèche de 30 mètres de haut qui représente les 30 grandes parties du Coran.
Le minaret ainsi que les allées extérieures et intérieures, faits d’aluminium, offrent un design en treillis, une conception très aérienne.
A l’extérieur toujours, vous trouverez le bedug, un très grand tambour en bois utilisé pour l’appel à la prière. Il s’agit en fait d’une vieille tradition javanaise préexistante à l’arrivée de l’islam. Sa présence démontre le syncrétisme religieux en Indonésie. Apparemment le plus grand de l’archipel, 3 mètres de long, 2 mètres de diamètre, pesant 2,30 tonnes, vieux de plus de 300 ans, ce bedug a été fabriqué dans un arbre au bois rouge, le meranti de Kalimantan. La peau est celle d’un buffle.
Le bâtiment principal, de plus d’un hectare de surface au sol, comporte 5 étages. 5 comme les 5 piliers de l’islam, les 5 prières par jour, les 5 principes du Pancasila, philosophie de l’État indonésien.
Le dôme principal, recouvert à l’extérieur de carreaux de céramique blanche, est soutenu à l’intérieur par 12 piliers en aluminium. Le nombre 12 symbolise la date de naissance du prophète Muhammad ainsi que le nombre de mois dans une année. Le dôme mesure 45 mètres de diamètre, les piliers mesurent 17 mètres de haut et sont espacés de 8 mètres, marquant ainsi la date de la proclamation de l’indépendance de l’Indonésie le 17 août 1945.
Au-dessus du dôme, une sphère en aluminium de 3 mètres de diamètre et pesant 2,5 tonnes est surmontée de la lune et de l'étoile, symboles de l'islam.
A l’intérieur du bâtiment principal, sur le mur de la salle de prière, vous trouverez 3 grandes calligraphies arabes en ferronnerie, réalisées en Allemagne : à droite « Allah », à gauche « Muhammed », au centre «Il n'y a de Dieu qu'Allah et Muhammad est son prophète». Au centre de ce mur, vous pouvez voir le mihrab, la niche qui indique la direction de La Mecque, et le minbar, la chaire de l'imam. Enfin, l'immense tapis rouge qui couvre le sol de la salle de prière principale est un cadeau du royaume d'Arabie Saoudite.
Quelques informations complémentaires
- En tant que vainqueur du concours, Frederich Silaban reçut 75 grammes d’or et 25.000 roupies !
- Toujours en commémoration de l'indépendance, l’eau de la fontaine dans la partie sud-ouest jaillit à 45 mètres de haut les vendredis et jours de fête.
- Lors de chaque fête islamique comme le ramadan, l'Aïd al-Fitr, … le président de la République d'Indonésie organise des activités religieuses dans la mosquée qui sont diffusées en direct à la télévision.
- La mosquée Istiqlal reçoit souvent des visites d'invités de l'État allant du président, des ministres aux ambassadeurs de pays amis.
- Le 10 novembre 2010, le président Barack Obama, qui a vécu quelques années durant son enfance en Indonésie, et la première dame Michelle Obama visitent la mosquée Istiqlal avec le grand imam Ali Mustafa Yaqub.
M.B.S.M.
La résidence itinérante « Courts Entre 2 Rives » 2025 : Les Tunisiens sont éligibles et voici la démarche
Le 31 mars 2025 est le dernier délai pour que les cinéastes tunisiens, porteurs de projets d’un court-métrage, puissent postuler dans la résidence artistique itinérante « Courts Entre 2 Rives » 2025.
A l’initiative des membres de la Coopmed (Mediterranean Cooperation), la quatrième édition de la résidence itinérante d’écriture scénaristique « Courts Entre 2 Rives », consacrée aux courts- métrages, est organisée dans quatre festivals situés dans le bassin méditerranéen au cours de l’année 2025. Quatre porteurs de projets de quatre régions méditerranéennes en l’occurrence la Corse, le Maroc, l’Italie et la Tunisie, participeront à cette résidence itinérante dont l’appel à projets vient d’être lancé.
En ce qui concerne l’inscription tunisienne, le dernier délai est fixé au 31 mars 2025. La session en Tunisie, qui marque la phase de clôture de la résidence aura lieu du 17 au 19 octobre 2025 à l’occasion du festival « Vues sur les arts » au Centre Culturel à l’Agora à la Marsa.
La résidence d’écriture scénaristique s’adresse à tous les porteurs de projets. Les candidats postulent avec un scénario original d’une fiction de vingt minutes maximum ayant vocation à être tourné en Méditerranée. Les quatre lauréats seront sélectionnés par chaque festival organisateur de leur pays.
Selon le règlement 2025, la partie de la résidence d’écriture réunissant les quatre porteurs de projets débutera du 4 au 6 juin 2025 en Corse (France) à l’occasion du Festival « Les Nuits MED » di u Filmu Cortu. Cette première partie de la résidence aura pour objectif la structuration de leur scénario et la caractérisation de leurs personnages. La seconde session se déroulera du 4 au 6 août 2025 pendant le festival MoliseCinéma en Italie. La troisième session de la résidence aura lieu au Festival du Film de Tanger (TAFF) au Maroc du 2 au 4 octobre 2025. La résidence se terminera en Tunisie du 17 au 19 octobre au Centre Culturel à l’Agora en Tunisie à l’occasion du festival « Vues sur les Arts ». La dernière partie proposera une présentation orale (pitch) des projets devant un public et les membres du jury professionnel qui représenteront chaque festival.
« Courts entre 2 Rives » est soutenue par la Collectivité de Corse en lien avec le CNC, l’Institut Français de Tunisie et les trois festivals membres de la COOPMED. Cette résidence a pour objectif de développer une passerelle entre les deux rives de la Méditerranée pour favoriser l’émergence de jeunes talents du 7ème art et les coproductions internationales, lit-on sur le site de « Courts entre 2 Rives ».
Laissez- vous porter par le charme du palais Ennejma Ezzahra, le soir…
Le palais Ennjema Ezzahra ouvrira ses portes devant le public, pour une visite nocturne, le samedi 15 mars de 21h30 à 23h30. La programmation de cette visite s’inscrit dans le cadre de la «Nuit des musées tunisiens », rendez-vous ramadanesque organisé afin d’insuffler à nos musées une belle dynamique le soir.
Il est à rappeler qu’en attendant le démarrage des soirées « Sufiyet Ennjema Ezzhara », prévues du 19 au 22 mars, le palais abritera demain le 13 mars, à partir de 21h00, une rencontre-débat intitulée « Entre Hédi Jouini et Saliha : du chant urbain au chant bédouin ». Cette rencontre ramadanesque sera animée par l’historien Dr. Abdelhamid Larguèche et l’auteur et chercheur Rouissi. Cette rencontre sera une occasion pour échanger sur les chansons tunisiennes d’antan et elle sera marquée par une séance de dédicaces du livre de Fakher Rouissi, portant sur la musique.
Il est à noter que cette rencontre est organisée par le Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennjema Ezzahra en collaboration avec El Space.
La 3ème édition de « Illuminations d'El Halfaouine » : cinq soirées,à la place Halfaouine, du 14 au 18 mars 2025
Le Théâtre National Tunisien (TNT), en collaboration avec la Fondation Abdelwaheb Ben Ayed (FABA) et Microcred, organise la troisième édition de la manifestation culturelle et artistique ramadanesque « Illuminations d'El Halfaouine » (Tajalliyat El Halfaouine) du 14 au 18 mars 2025.
Au programme, cinq soirées festives où les arts vivants illumineront la place Halfaouine, nichée au cœur de la médina de Tunis.
Devenu un rendez-vous incontournable du calendrier culturel ramadanesque, l’événement propose une programmation variée alliant théâtre, cirque, cinéma et musique, dans une ambiance ramadanesque où les arts se rencontrent et se réinventent.
Le bal de l’édition 2025 s’ouvrira le 14 mars avec des spectacles de cirque et de théâtre de rue, redonnant un souffle vibrant à cette place chargée d’histoire. Place ensuite au patrimoine soufi et aux chants liturgiques avec le spectacle « Hadhra » de Morched Boulila, sous le parrainage de « Microcred ».
Le 15 mars, le festival poursuivra sa célébration de la créativité avec de nouvelles représentations de cirque et de théâtre, suivies de la pièce « El Ers ejjamra loula » du metteur en scène Karim Kharchoufi, qui signe une comédie grinçante sur les relations humaines, teintée d’humour mordant. La soirée se conclura sur les rythmes envoûtants de la musique stambeli avec l’artiste Belhassen Mihoub.
Le 16 mars, une soirée dédiée au jeune public mettra en avant des spectacles éveillant l’imaginaire et interpellant les consciences. « Camp de Réfugiés » (Mokhayam El Laji’în), du metteur en scène Talal Ayoub, abordera des thématiques humanitaires, tandis que « Reine de la Nuit » (Maliket ellayl) de Hatem Maraoub, entraînera les enfants dans un voyage onirique entre réalité et imaginaire.
La soirée du 17 mars sera marquée par des performances de commedia dell’arte sous la direction de Lobna Mlika, suivies de courtes pièces de Harold Pinter, mises en scène par Ibrahim Jomâa avec la participation des élèves de l’Ecole de l’Acteur. La soirée s’achèvera avec la projection du long-métrage tunisien « Asfour Jenna » du réalisateur Mourad Ben Cheikh.
Enfin, la clôture du festival, le 18 mars, sera marquée par le spectacle « Kima Errih » d’Ameni Riahi, avant une prestation soufie exceptionnelle de « Hizb El Mahdia », dirigé par Cheikh Fadhel Ska.
Lancée en 2023, la manifestation « Illuminations d'El Halfaouine » vise à insuffler une nouvelle vie à l’une des places les plus emblématiques de la médina de Tunis, qui à la croisée des ruelles chargées de mémoire et des échos d’hier et d’aujourd’hui, vibrera, sous le ciel étoilé, au rythme des arts scéniques dans toute leur diversité.
Le réalisateur Ibrahim Letaïef premier invité des « Coulisses Créatives » de la FTCC
La Fédération Tunisienne des Ciné-Clubs (FTCC) a annoncé le lancement de « Coulisses Créatives », un programme qui propose une immersion au cœur du processus de création cinématographique. A travers une série de rencontres mensuelles, cette initiative ne se limite pas à la découverte du film achevé, mais s’intéresse aux étapes souvent invisibles qui jalonnent son élaboration. Esquisses scénaristiques, story-boards, scènes coupées ou réécrites : autant d’éléments qui révèlent la complexité du travail des cinéastes tunisiens.
Conçues comme un laboratoire vivant de la production cinématographique, ces rencontres offrent un espace d’échange où l’ébauche devient matière à réflexion et source d’inspiration.
Avec ce programme qui offre un regard inédit sur la genèse de l’œuvre artistique, la FTCC ambitionne de proposer une approche novatrice de l’analyse filmique en explorant une phase essentielle de la création souvent éclipsée par l’œuvre finale.
En réintégrant cette étape dans le dialogue cinéphile, l’initiative entend raviver l’énergie créative et interroger les mécanismes profonds de l’invention artistique, en analysant les choix artistiques, les obstacles rencontrés et les doutes qui accompagnent le processus créatif.
Le coup d’envoi de la programmation est prévu, ce samedi, 15 mars, à partir de 21h00, au siège de la Fédération avec le réalisateur Ibrahim Letaïef qui partagera avec l’assistance les coulisses de son film « Porto Farina », à travers la présentation de scènes préliminaires rares, et de photos exclusives.
Fondée en 1949 et dirigée par feu Tahar Cheriaa en tant que premier président, la FTCC œuvre pour la diffusion de la culture cinématographique. Dotée d’un réseau d’environ 30 ciné-clubs répartis dans plusieurs villes du pays, elle assure la projection et la discussion de films issus de différentes régions du monde. Véritable école du cinéma, elle a formé un grand nombre de cinéastes et de critiques tunisiens.
Festival de la chanson tunisienne : Ils sont les heureux lauréats de la 23ème édition
Par Imen Abderrahmani
Le rideau est tombé hier soir sur la 23ème édition du Festival de la chanson tunisienne avec l’annonce des noms des heureux lauréats. Il y avait de la joie, lors de cette soirée de clôture qui a tenu toutes ses promesses artistiques.
Une nouvelle génération d’artistes a été hier à l’honneur sur la scène du Théâtre de l’Opéra qui a accueilli les différentes soirées du Festival de la chanson tunisienne. De nouveaux noms, de nouvelles voix, qui viennent enrichir la scène musicale nationale et assurer la relève.
Bien rythmée, la soirée a commencé avec quelques génériques de feuilletons qui ont marqué les mémoires des Tunisiens avant que l’artiste Nabiha Karaouli, invitée d’honneur de ce rendez-vous, monte sur scène pour partager avec le public un bouquet de ses célèbres chansons « Metchawaga », « mahlaha kahlet landhar », « Hay tallet », « Hezz ayounek »…
Fidèle à son style musical, l’artiste a su sublimer le public par sa présence et également par sa belle voix à l’accent typique… Elle qui a choisi dès ses débuts de creuser dans le répertoire musical du sud tunisien, spécialement Gafsa, préservant le dialecte de cette région de la Tunisie, là où elle est née et grandie et interprétant des chansons racontant la femme tunisienne dans son quotidien.
Pour ces deux premières parties de la soirée, la musique a été assurée par l’Orchestre symphonique tunisien (OST) sous la direction du maestro Mohamed Bousslama. Il est à noter que la soirée a été retransmise en direct sur la Télévision nationale, permettant ainsi aux Tunisiens, et aux professionnels dans les régions à suivre les péripéties de cette édition.
La 3ème partie de cette soirée de clôture a été réservée à la remise des prix. Le jury de cette 23ème édition a été composé par le poète Mouldi Hassine (Président) et le musicien et compositeur Nabil Abdelmoula, la chanteuse Ayda Niati, le maestro Mohamed Lassoued et l’arrangeur musical Khaled kalboussi (membres).
Le « Microphone d’Or » (valeur 40 mille dinars) a été attribué à l’artiste Mohamed Chalghmi pour une chanson intitulée « Hobbek Zed », écrite par Habib Mahnouch et composée par Zied Gharsa. Le prix lui a été remis par le compositeur Taher Guizani, également directeur de cette 23ème édition du Festival de la chanson tunisienne.
Toujours dans la même compétition, celle de la meilleure chanson, le « Microphone d’argent » (30 mille dinars) a été décerné à Hassen Saâda pour « Ghram », chanson écrite et composée par Kamel Taghouti et arrangé par Riadh Bedoui. Le prix lui a été remis par l’artiste Noureddine Beji.
Quant au « Microphone de bronze » (20 mille dinars), il a été attribué à Naceur Landolsi pour « Alzheimer », chanson écrite par Béchir Farah, composée par Seifeddine Nqira et arrangée par Chokri Boudidah et c’est le maestro Mohamed Bousslma qui lui a remis le prix.
Boutheina Nabouli, quant à elle, a su convaincre le public par sa chanson « Rih Es-Sod » dont le vote lui a permis de décrocher « Le Prix du public ». La chanson est écrite par Cyrine Chkili, composée et arrangée par Mohamed Ben Salha. Le prix lui a été remis par le journaliste et animateur à la Radio Nationale Habib Jgham.
S’agissant de deux autres compétitions, le prix de « La Meilleure composition » (10 mille dinars) a été attribué à Bahaddine ben Fadhel pour son œuvre instrumentale « Achawq » arrangée par Zied chagouani. Le prix lui a été remis par du compositeur Abderrahmane Ayadi.
Pour le prix la « Meilleure interprétation individuelle » (5 mille dinars), il est revenu à Doâa Feriani pour « Yalli Dhalemni », chanson phare du répertoire de Feu Ali Riahi et c’est Nabiha Karaouli qui a remis le prix à la jeune artiste.
Les organisateurs auraient pu accorder un peu de temps pour l'interprétation des chansons et des compositions lauréates de différents prix de l'édition. Question de donner à ces jeunes et à ces oeuvres l'occasion d'être écoutés une 2ème fois.
Aujourd’hui, et avec la clôture de cette édition, et en attendant la rencontre-débat annoncée demain, à 21h30, au Théâtre des Jeunes créateurs, ces chansons et également ces compositions qui ont été au menu des compétitions trouveront leurs voies pour la diffusion sur les ondes de nos radios, publiques et privées ? Y-aura-t-il un suivi médiatique, surtout audiovisuel, de ces artistes ou tout va s’évaporer avec la tombée du rideau sur cette édition ?
I.A.
Un pluralisme assumé dans le texte : L’universalisme de l’islam
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Dès le départ, l’islam s’inscrit dans l’universel. « Où que vous vous tourniez, là est la face de Dieu », lit-on dans le Coran. Autrement dit, tout ce qui se trouve dans l’univers est un signe divin et fait sens.
C’est ce qu’induit encore le verset 148 de la deuxième sourate : « Il y a pour chacun une direction vers laquelle il se tourne. Cherchez plutôt à vous surpasser les uns les autres dans les bonnes actions. » Le musulman ne peut donc exclure de la Présence divine aucune religion, aucune culture, aucun visage. C’est bien ainsi que l’ont compris et vécu les premières générations, qui ont absorbé avec une curiosité insatiable et une rapidité stupéfiante les valeurs civilisationnelles de la Grèce antique, de Byzance, de l’Iran ou bien encore de l’Inde. Le terme « islam », qui signifie en son essence « remise confiante de soi à Dieu », ou encore « adhésion consciente et active à la Paix (salâm) de Dieu », décrit une attitude religieuse universelle. Il ne s’agit pas d’un nom éponyme, relatif à une personne, comme dans le cas du bouddhisme ou du christianisme (Bouddha, le Christ), mais d’un « nom à partager » entre les humains, comme l’écrit le savant égyptien Muhammad al-Ghazâlî (m. 1996).
C’est en ce sens que les oulémas les plus reconnus affirment que l’islam n’est pas une nouvelle religion – ou n’aurait pas dû être telle –, mais qu’elle est un « rappel pour les mondes », afin que l’humanité « se souvienne » (dhikr) de Dieu.
La doctrine islamique du pluralisme découle d’un principe logique : puisqu’en islam Dieu seul est Un et Unique, tout ce qui est autre que Lui, c’est-à-dire Sa création, est projeté dans la multiplicité. Mais la miséricorde divine, qui « enveloppe toute chose», fait qu’il n’y a aucune rupture entre ces deux niveaux. Le cosmos peut se déployer dans la multiplicité parce qu’il est maintenu par l’axe de l’Unicité (Tawhîd). Dans la première sourate, Dieu se présente comme « le Seigneur des mondes » (rabb al-‘âlamîn). Les visages de la création sont innombrables parce qu’ils proviennent de Lui et se résorbent en Lui. Maints versets coraniques expriment ce retour-résorption en Dieu, des âmes humaines, mais aussi des causes de divergence entre elles lors de leur séjour sur terre. Si l’Essence divine, dans son unitude, est insondable, Dieu se fait néanmoins multiple dans la manifestation universelle, en se faisant connaître par Ses noms et Ses attributs. Il se met de la sorte à la portée de l’intellection humaine et crée une indéfectible solidarité entre les plans divin et humain. En conséquence, la reconnaissance de l’Unicité qui est requise du fidèle musulman devrait avoir pour implication immédiate dans sa conscience celle de la solidarité et de l’interdépendance entre tous les règnes de la Création. Le Prophète disait en ce sens : « La création tout entière est la famille de Dieu ».
Pour l’islam, la diversité de la création est l’expression positive de la liberté fondamentale des êtres. Le Coran propose ainsi une vision très moderne d’un vivre ensemble basé sur le respect des différences. Il énonce d’abord un pluralisme cosmique, dans lequel les différents règnes sont liés par une communauté d’adoration : « Les sept cieux, la terre et leurs habitants proclament Sa gloire – Il n’y a rien qui ne célèbre Ses louanges, mais vous [les humains] ne percevez pas cette incantation. » Puis, à l’échelle humaine, le pluralisme se fait ethnique et culturel : « Si ton Seigneur l’avait voulu, Il aurait fait des hommes une communauté unique, mais ils ont encore des différends, sauf ceux auxquels ton Seigneur fait miséricorde. C’est même pour cela qu’Il les a créés », « Hommes, Nous vous avons créés d’un homme et d’une femme. Nous vous avons établis en peuples et en tribus pour que vous vous entre-connaissiez ».
La reconnaissance de l’altérité religieuse
De façon inattendue pour certains, le Coran est la seule Écriture qui, dans sa lettre même, établit l’universalisme de la Révélation et la diversité interreligieuse. Maints observateurs ont noté qu’on ne peut rien trouver de comparable dans le judaïsme ou dans le christianisme. Il faut avoir à l’esprit que nous sommes à une époque où l’intransigeance religieuse était de mise et où chaque religion ou civilisation était tournée sur elle-même.
Être musulman implique de reconnaître l’authenticité de toutes les religions révélées avant l’islam. Le Coran est explicite sur cet héritage : « Dites : “Nous croyons en Dieu, à ce qui a été révélé à Abraham, à Ismaël, à Isaac, à Jacob et aux tribus ; à ce qui a été donné à Moïse et à Jésus ; à ce qui a été donné aux prophètes, de la part de leur Seigneur. Nous n’avons de préférence pour aucun d’entre eux ; nous sommes soumis à Dieu.” » Muhammad est le « sceau » – c’est-à-dire le dernier – des prophètes, dont le nombre s’est élevé selon lui à 124 000. Or, le Coran mentionne seulement vingt-sept prophètes, précisant que « pour toute communauté il y a un envoyé ». Il faut donc rechercher les autres à une échelle très large dans l’histoire de l’humanité. Les savants musulmans reconnaissent ainsi volontiers des prophètes en Bouddha, Zoroastre ou encore Akhenaton. Ils ont relevé dans le Coran deux allusions au Bouddha14, et certains d’entre eux ont vu dans les « avatars », ou incarnations divines du bouddhisme, l’équivalent des prophètes de l’islam. De la même façon, des ulémas indiens ont considéré les Veda, textes sacrés de l’hindouisme, comme inspirés par Dieu et ont compté les hindous parmi les « Gens du Livre » (Ahl al-Kitâb), c’est-à-dire les peuples ayant reçu une écriture révélée. Ces « Gens du Livre » comportaient traditionnellement juifs, chrétiens, sabéens et zoroastriens. Ils jouissaient d’un statut distinct et, en principe, privilégié par rapport aux polythéistes ou animistes, comme nous le verrons.
L’universalisme de la Révélation a été confirmé par le Prophète : « Nous autres, prophètes, sommes tous les fils d’une même famille ; notre religion est unique. » Il en découlait chez lui un respect foncier des autres croyants monothéistes : « Quiconque fait du mal à un chrétien ou à un juif sera mon ennemi le jour du Jugement », rapporte-t-on aussi de lui.
M.B.S.M.
Agents municipaux : Annulation de la grève prévue le 13 mars
La grève sectorielle nationale des agents municipaux qui devait avoir lieu le jeudi 13 mars 2025 dans toutes les communes a été annulée et ce, suite à un accord conclu entre le ministère de l'Intérieur et l'Union générale tunisienne du travail (UGTT).
La séance de travail, au cours de laquelle l’accord a été obtenu, a porté sur les revendications professionnelles formulées dans la motion de la centrale syndicale, incluant plusieurs points concernant les agents municipaux.
Selon le procès-verbal de la réunion, il a été convenu d’accorder un Statut particulier aux agents de l'Agence municipale des services environnementaux. Le projet de décret relatif à ce statut particulier est en cours de signature. Il a été convenu aussi de réviser le statut particulier des agents de l'Agence municipale de gestion : La révision a été approuvée par le conseil d'administration de l'établissement, et les procédures y afférentes sont en voie d'achèvement.
Les deux parties sont tombées d’accord sur l’intégration des agents contractuels des municipalités et des établissements affiliés : L'examen des dossiers de recrutement sera effectué par les services compétents en vue de leur titularisation. De même une promotion exceptionnelle pour le corps technique commun fera l’objet d’une étude qui sera menée sur le mécanisme de promotion exceptionnelle à l'échelle nationale.
Enfin, la régularisation de la situation des agents bénéficiant de jugements judiciaires a été convenue. A cette fin, la présidence du gouvernement veillera à l'exécution des jugements, et le dossier devra être suivi par l'ensemble des structures concernées.
Editorial : Arrêter cette marche aveugle vers l’apocalypse - Par Hassan GHEDIRI
Durant plus de deux décennies, l’État a concentré ses efforts sur la lutte contre le déclin économique et la préservation des acquis sociaux. Cependant, il a laissé, de manière aventureuse, une autre crise bien plus grave, aux effets dévastateurs, détruire, telle une tumeur silencieuse, le droit des générations futures à vivre dans un environnement sain et à jouir d’une bonne santé. De nombreuses études dressent en effet un bilan peu favorable de notre pays concernant la protection de la nature et les moyens mis en place pour lutter contre les menaces écologiques. Une crise financière, quelles que soient son ampleur et ses conséquences, ne serait qu’un épisode mineur et passager dans la vie d’une société, en comparaison avec le destin apocalyptique qui se dessine, nourri par une incivilité citoyenne généralisée, une négligence officielle flagrante et des violations préméditées par les pollueurs publics et privés.
Numbeo, une plateforme internationale de référence qui collecte et analyse des données sur la qualité de vie dans les pays du monde entier, a récemment publié son indice de pollution pour l’année 2025. Cet indice, basé sur des données collectées auprès des citoyens ainsi que d’organisations nationales et internationales, évalue plusieurs facteurs clés, tels que la qualité de l’air, de l’eau et la gestion des déchets. Dans son classement mondial, Numbeo place la Tunisie au 37e rang sur un total de 113 pays, avec un score de 70,08 sur 100. Évalué sur une échelle de 0 à 100, plus le score est élevé, plus la pollution est jugée importante. Ainsi, l’indice de la Tunisie indique clairement une situation environnementale préoccupante, qui exige une action immédiate.
Ce constat ne fait que confirmer une réalité qui perdure depuis bien trop longtemps. La Tunisie a toujours souffert de problèmes de pollution qui n’ont cessé de s’aggraver. Les déchets ménagers et industriels s’amassent dans des décharges sauvages, contaminant les sols et les nappes phréatiques. Les rivières et les côtes sont polluées par les rejets industriels, menaçant la biodiversité marine, vitale pour de nombreuses familles. La pollution n’est pas seulement une question de propreté, mais un véritable problème de santé publique. En Tunisie, les maladies respiratoires, les cancers et les troubles digestifs liés à la pollution sont en hausse, mettant à mal un système de santé déjà fragile. Au-delà des conséquences immédiates, l’impuissance de l’État met en péril l’avenir des générations futures, qui hériteront d’un environnement irréparablement endommagé. Les lois environnementales existent, mais leur application reste faible, voire inexistante. Profitant d’une totale impunité, les industriels continuent de déverser leurs déchets toxiques dans la nature, tandis que de nombreux projets de dépollution, financés à hauteur de milliards par des programmes de coopération internationale, restent lettre morte.
Le classement de Numbeo doit être un signal d’alarme. Fermer les yeux davantage, c’est se diriger aveuglément vers un destin apocalyptique.
H.G.
Les plus célèbres mosquées - Mosquée de Tokyo : 3 étages et du marbre turc
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
La mosquée de Tokyo, aussi connue sous le nom de Tokyo Camii, est un lieu de prière et un centre culturel situé dans le district d’Öyama-chö de l’arrondissement de Shibuya à Tokyo. Il s’agit de la plus grande mosquée du Japon.
Inaugurée le 12 mai 1938, en même temps qu’une école, par des immigrants tartares ayant fui la Russie après la révolution d’Octobre, la mosquée de Tokyo est construite sur l’initiative d’Abdürreşid İbrahim, son premier imam, et d’Abdülhay Kurban Ali. En 1986, la mosquée reçoit un avis de démolition en raison de graves défauts structurels. Avec le soutien de la présidence des Affaires religieuses de Turquie, la construction d’un nouveau bâtiment a commencé en 1998 dont l’architecte est Muharrem Hilmi Senalp. La décoration est très inspirée de l’architecture religieuse ottomane.
Environ 70 artisans turcs ont travaillé sur les détails de finition, et une considérable quantité de marbre a été importée de Turquie. La construction est achevée en 2000 pour un coût de 1,5 milliard de yens et l'inauguration a eu lieu le 30 juin 2000.
La mosquée de Tokyo est bâtie sur trois étages pour une superficie de 1 477 m². Son dôme principal, haut de 23,25 m, est soutenu par six piliers, tandis que le minaret mesure 41,48 m de haut.
L’histoire de l’islam au Japon est relativement brève par rapport à la présence de longue date d’autres religions. Les documents historiques décrivant un contact entre l’islam et le Japon avant l’ouverture du pays en 1853 sont rarissimes, bien que quelques musulmans soient arrivés sur l’archipel quelques siècles auparavant. Les premiers contacts modernes avec l’islam furent avec les Malais qui servaient la Turquie ottomane, arrivés à bord des bateaux anglais et néerlandais à la fin du XIXe siècle.
Vers la fin des années 1870, la Vie de Muhammad fut traduite en japonais, ce qui a aidé l’islam à trouver une place dans l’imaginaire intellectuel du peuple japonais, mais seulement comme une partie de l’histoire des cultures. Un autre contact important eut lieu en 1890 quand un navire ottoman fut offert au Japon afin de saluer la visite du prince japonais Komat su Akihito à Istanbul plusieurs années plus tôt.
Selon japanfocus.org, il y a actuellement entre 30 et 40 mosquées officielles au Japon, et plus de 100 installées dans des salles ou des appartements pour pallier le manque de bâtiments appropriés pour les prières. En 2000, Keiko Sakurai avait estimé le nombre de musulmans japonais au Japon à 63.552, et environ 70.000 à 100.000 musulmans étrangers résidant dans le pays. Cependant, l’essayiste Michael Penn déclare que 90% des musulmans sont étrangers et qu’environ 10% sont de souche japonaise, mais le vrai chiffre est inconnu et c’est juste une évaluation spéculative.
M.B.S.M.
Le régime de la sous-traitance: un système à restructurer en profondeur
La question de la sous-traitance en Tunisie suscite des débats mêlant considérations économiques et sociales.
Depuis l'instauration d'une interdiction des contrats de sous-traitance dans le secteur public, le gouvernement tunisien, sous l'impulsion du président Kaïs Saïed, tente de réformer un système jugé obsolète et inéquitable. Cependant, la mise en œuvre de ces réformes soulève des interrogations quant à leur impact sur l'économie nationale et sur le marché du travail.
Une réforme urgente
Le Président de la République Kaïs Saïed a qualifié la sous-traitance de « forme d'esclavage moderne », incitant à une révision radicale du code du travail. En février 2024, il a annoncé l'interdiction des nouveaux contrats de sous-traitance dans le secteur public, une décision qui vise à protéger les droits des travailleurs.
Toutefois, cette initiative a été prise sans étude d'impact préalable, laissant planer des doutes sur ses conséquences. Les petites et moyennes entreprises, souvent dépendantes de la sous-traitance pour leur fonctionnement, pourraient se retrouver en difficulté, entraînant une réduction des emplois disponibles et une augmentation du chômage.
Enjeux socio-économiques
La sous-traitance joue un rôle clé dans plusieurs secteurs économiques en Tunisie. Dans des domaines tels que l'agriculture ou le tourisme, où la flexibilité est essentielle, les contrats à durée déterminée sont souvent nécessaires pour répondre aux fluctuations saisonnières.
La suppression de ces pratiques pourrait engendrer une rigidité sur le marché du travail, nuisant à la compétitivité des entreprises tunisiennes. Cette situation met en lumière un paradoxe : alors que l'État souhaite garantir des conditions de travail dignes, il risque d'entraver la capacité des entreprises à s'adapter aux réalités du marché.
Face à ces enjeux, il est impératif d'engager un dialogue constructif entre les différents acteurs concernés : syndicats, employeurs et gouvernement. La réforme doit être accompagnée d'une réflexion approfondie sur les modalités de mise en œuvre afin d'éviter des conséquences néfastes sur l'économie. Une approche collaborative pourrait permettre de trouver un équilibre entre la protection des droits des travailleurs et la préservation de la viabilité économique des entreprises.
La question de la sous-traitance en Tunisie illustre les tensions entre aspirations sociales et réalités économiques. Les réformes engagées par le gouvernement doivent être pensées avec soin pour ne pas compromettre l'avenir économique du pays tout en répondant aux attentes légitimes des travailleurs pour des conditions de travail équitables.
Industrie du phosphate: Vers une réhabilitation effective
Les autorités misent toujours sur le secteur du phosphate, malgré la non-concrétisation de projets de développement de la production et les ventes en baisse cette année, avec la régression de l'extraction enregistrée principalement en raison de la poursuite des troubles sociales limitées dans certaines régions du bassin minier.
L’incapacité d’atteindre les objectifs de l’année en cours en matière de production n’empêche pas l’élaboration de plans optimistes permettant l’amélioration des perspectives du secteur, qui n’a pas réussi à trouver son rythme habituel de croissance depuis plus de 12 ans.
Un plan de relance
Dans ce contexte, la Présidence du gouvernement a annoncé qu’un Conseil ministériel restreint (CMR) a eu le lieu la semaine écoulée, où un programme a été adopté pour le développement, la production, le transport et la transformation du phosphate pour le quinquennat 2025-2030. Un mécanisme permanent de suivi a également été mis en place pour garantir la mise en œuvre effective de ce programme.
Le Conseil ministériel a examiné ce programme, ainsi que la situation actuelle et le plan d’action du Groupe Chimique Tunisien (GCT). Une nouvelle unité industrielle a été créée à Skhira, dédiée à la production de monophosphate fin et de monophosphate de calcium granulé, avec une capacité de production annuelle estimée à 250 000 tonnes.
Potentiel stratégique
Le CMR a pris la décision de rénover les unités de production d’acide sulfurique, d’en augmenter la disponibilité et de mettre en place un programme de maintenance pour les équipements lourds et les camions. En outre, il a approuvé la création d’une nouvelle unité industrielle à Sakhira, dédiée à la production d’acide phosphorique purifié, avec une capacité de production annuelle estimée à 60 000 tonnes.
Une unité de purification de l’acide phosphorique de cadmium sera également créée à El Mdhila, avec une capacité de production annuelle estimée à 180 000 tonnes.
Le programme d’action du GCT vise à augmenter de 80% l’activité de ses usines d’ici 2028.
Notons que les exportations de phosphate contribuent à réduire le déficit commercial sachant que le secteur est considéré comme l'un des leviers de la croissance économique nationale puisque ses revenus représentent 10% de la valeur globale des exportations.
Il pourvoit, également, environ 30 mille opportunités d'emplois directs et indirects.
Le phosphate constituait, par ailleurs, une source cruciale de devises étrangères, à côté des transferts de la diaspora et des recettes du tourisme, avant que son rôle, à ce niveau, ne diminue considérablement au cours des dix dernières années.
Les résultats de la 1ère phase de l’étude sociologique sur les pratiques culturelles et artistiques des jeunes dans les milieux marginalisés présentés, ce soir
Le programme TACIR présente, ce soir, la Phase 1 de son étude sociologique sur les pratiques artistiques et culturelles dans les régions marginalisées. La présentation aura lieu, à partir de 21h à Dar Bach Hamba, espace La Chapelle.
Menée sous la coordination de la chercheuse Kaouther Graidia, cette étude offre une plongée inédite au cœur des dynamiques culturelles et artistiques de la jeunesse tunisienne vivant dans des territoires marqués par des inégalités d’accès à la culture. Elle explore la manière dont ces jeunes, souvent en marge des circuits institutionnels, s’approprient l’art comme un espace de création, d’affirmation identitaire et de résistance sociale.
La présentation débutera par une introduction générale assurée par Kmar Bendana, qui reviendra sur la méthodologie adoptée et les objectifs de cette enquête qualitative. L’analyse des données collectées permettra ensuite de dresser un état des lieux des pratiques et des défis rencontrés dans plusieurs régions du pays.
Maher Hanin et Thouraya Hammami mettront en lumière la situation des jeunes de Kasserine, où l’accès à la culture demeure inégalitaire, donnant naissance à une contre-culture discrète mais persistante. De leur côté, Zouhaier Ben Jannet et Samiha Khelifa partageront les expériences et trajectoires des jeunes artistes du Kef, mettant en évidence la diversité de leurs parcours et les interactions avec les structures locales.
La discussion se poursuivra avec Imed Melliti et Arbi Dridi, qui analysent les difficultés rencontrées par les jeunes artistes de Sidi Bouzid, depuis leurs premiers pas dans le monde de l’art jusqu’à la recherche d’une reconnaissance professionnelle. Enfin, Kaouther Graidia et Rim Ben Ismail s’intéressent aux jeunes des quartiers populaires du Grand Tunis, en explorant leur rapport ambivalent à la transmission culturelle, leur utilisation des nouvelles technologies et leur engagement artistique comme moyen d’émancipation et de transformation sociale.
Cette présentation sera suivie d’un échange avec les chercheurs et les acteurs culturels présents, offrant un espace de discussion sur les conclusions de l’étude et les perspectives qu’elle ouvre pour une meilleure inclusion artistique dans ces territoires.
Islam et conflits : Entre interprétations et confusion
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Derrière le thème « Religions et conflits », il y a une question sous-jacente : « Les religions sont-elles responsables des conflits ? ». Qu’en est-il de l’Islam dont certains se réclament, en ayant recours au terrorisme comme moyen, pour parvenir à des buts politiques : la mise en place de régimes totalitaires.
À la suite des attentats qui se sont produits ces dernières années en Europe, de plus en plus de non musulmans affirment que l’Islam est par essence violent et que tout adepte de cette religion peut constituer une menace – Islam et « islamisme » seraient une seule et même entité. Cependant, une autre approche consisterait à considérer l’« islamisme » comme symptôme de la crise profonde et multidimensionnelle dans laquelle sont plongés, à des degrés divers, les pays musulmans.
Si l’on se réfère au Coran [1] – parole de Dieu pour les musulmans – on se heurte, notamment, à une difficulté de taille : le « Livre Sacré » est composé selon une logique insolite : les Sourates (chapitres), qui sont autant de « Révélations », sont classées selon un ordre de grandeur décroissante, sans aucune préoccupation chronologique. Or, celle-ci revêt une grande importance pour comprendre le sens, la portée des événements qui se sont déroulés entre 612 et 632. Le travail de l’islamologue consiste, entre autres, à rétablir la chronologie et à s’intéresser de très près aux acteurs, aux enjeux, aux rapports de force, ce qui permet une lecture éclairée de ce texte.
Qu’en est-il donc, selon le Coran, de la question relative aux conflits, à la guerre, au Djihad, mais aussi à la paix, puisqu’Islam signifie aussi la paix ?
Des « Révélations » en faveur de la paix
Comme toutes les religions monothéistes, l’Islam n’a pas pour vocation à dresser les hommes les uns contre les autres. En effet, l’une des finalités essentielles de ces religions est de pacifier les relations sociales grâce à une éthique et une morale permettant d’élaborer un code de conduite. « Ne tuez pas votre semblable qu’Allah a déclaré sacré ! », lit-on dans le Coran (Sourate VI, versets 152/151).
Le Coran rappelle à Mohammed son appartenance à la condition humaine et limite son rôle à celui de « Messager ». Il doit se contenter de porter à la connaissance de qui veut bien l’entendre la « parole de Dieu ». « Je ne suis qu’un mortel comme vous. Il m’est seulement révélé que votre divinité est une divinité unique » (Coran sourate XLI, versets 5/6). « Dis : je suis seulement un mortel comme vous » (Sourate XVIII, verset 110). Il ne dépend donc pas de Mohammed que le « Message » soit entendu ou non et les hommes restent libres de croire ou de ne pas croire.
Le prosélytisme est autorisé et même encouragé mais certainement pas par la contrainte et la violence : « Nulle contrainte en la religion » (Sourate II, versets 257/256). Les moyens à utiliser pour convaincre de recevoir la « parole de Dieu » sont clairement définis dans le Coran : « Appelle au chemin de ton Seigneur par la Sagesse et la Belle Exhortation » (Sourate XVI, verset 126/4). Le musulman doit choisir la « Voie Ascendante », qui signifie la solidarité, la bienveillance, la constance, la modération, la douceur… (Sourate XC, versets 12-18).
Dans de nombreux versets, le Coran parle des « Gens du Livre » (juifs et chrétiens) avec respect et considération. Dans les « Révélations » des premières années de l’Islam, ils sont reconnus comme appartenant, au même titre que les musulmans, à la Umma (communauté des croyants). Il est ordonné au Prophète : « Ne discute avec les Gens du Livre qu’avec courtoisie » (Sourate XXIX, verset 46).
Il est dit dans le Coran à maintes reprises que l’Islam n’est pas une rupture avec le judaïsme et le christianisme, mais une confirmation de ces religions : « Sur toi (Prophète) il a fait descendre l’Écriture avec la Vérité, déclarant véridiques les messages antérieurs. Il a fait descendre la Torah et l’Évangile » (Sourate III, verset 213). L’Islam va très loin dans cette voie puisqu’il encourage les musulmans qui ne trouvent pas toutes les réponses dans leur religion, à s’adresser aux juifs et aux chrétiens : « Si tu es dans un doute sur ce que Nous avons fait descendre vers toi, interroge ceux qui récitent l’Écriture révélée avant toi » (Sourate X, verset 94). Tous les prophètes sont cités et reconnus comme égaux depuis Abraham jusqu’à Mohammed : Isaac, Jacob, David, Salomon, Moïse, Zacharie, Jésus… La virginité de Marie est reconnue dans plusieurs versets. « Et fais mention de celle restée vierge en sorte que nous soufflâmes en elle de Notre Esprit et Nous fîmes d’elle et de son Fils un signe pour le monde » (Sourate XXI, verset 11), ou encore : « Rappelle quand les Anges disent : “Ô Marie ! Allah t’annonce un Verbe émanant de Lui, dont le nom est le Messie, Jésus Fils de Marie, qu’il sera illustre dans la vie Immédiate et Dernière et parmi les Proches du Seigneur” » (Sourate III, versets 37-42).
Comme pour l’ensemble du Coran, ces « Révélations » doivent être situées dans un contexte précis. Elles interviennent à partir de l’an 612 et se poursuivent après l’Hégire (622) jusqu’aux premières années de l’établissement de Mohammed et de ses disciples à Yathrib (qui deviendra Médine). C’est que, en effet, durant toutes ces années, les difficultés rencontrées par Mohammed et les siens concernent leurs relations avec les Arabes polythéistes de La Mecque. Ces derniers en arrivent à réagir de plus en plus violemment au contenu du « Message » porté par Mohammed car il est révolutionnaire dans tous les domaines et met en danger l’ordre établi. Les persécutions dont sont victimes les musulmans vont se faire de plus en plus vives au point que Mohammed prend deux décisions : il envoie un groupe de musulmans, dont sa fille, demander asile et protection au roi chrétien d’Abyssinie ; en 622, lui et ses disciples quittent La Mecque, traversent 350 kilomètres de désert pour s’établir à Yathrib, ville qui était en rivalité avec La Mecque. Ce sera l’Hégire ou « immigration ». La population de Yathrib les reçoit avec bienveillance. Elle est composée de tribus chrétiennes, juives, polythéistes. Mohammed sera même choisi par les uns et par les autres comme médiateur, arbitre, juge. Les polythéistes de La Mecque constituent pour lui l’« ennemi principal ».
C’est seulement quelques années après l’installation à Yathrib et dans un contexte de guerre avec les polythéistes, que vont apparaître les premiers malentendus.
M.B.S.M.
Seize musées tunisiens en fête lors du Ramadan
Par Imen Abderrahmani
Avec une rencontre ayant pour thème « Les contes de la médina entre la vérité et le mythe », prévue le 15 mars, le coup d’envoi de la programmation spéciale ramadan de l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle sera donné. Détails.
Comme le veut la tradition, à chaque mois de ramadan, l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) propose aux Tunisiens un programme spécial qui s’inscrit dans la continuité avec ses activités qui rythment toute l’année et qui focalisent évidemment sur la mise en valeur du patrimoine matériel et immatériel national.
Le programme de Ramadan 1446 de l’Hégire ne déroge pas à la règle. Il se veut une autre occasion pour insuffler une dynamique à nos musées, le soir, et faire découvrir ou redécouvrir aux Tunisiens la richesse de cette Tunisie des arts et des traditions. Deux axes rythmeront ainsi la programmation : « Les veillées patrimoniales » qui sont des rencontres-débats nocturnes autour d’un sujet et qui se dérouleront dans quelques musées ouvertes, le soir, à cette occasion et « La Nuit des Musées Tunisiens », un grand évènement qui permettra aux passionnés de faire le tour des musées le soir.
S’agissant du 1er programme, celui des « Veillées patrimoniales » trois dates sont annoncés.
Le 1er rendez-vous sera au Centre de présentation de l’histoire et des monuments de la médina de Tunis (La kasbah), le 15 mars avec une rencontre tentant de décortiquer tant de contes qui circulent sur la médina de Tunis et tant d’histoires qui ont marqué l’imaginaire populaire. Entre la vérité, les données scientifiques et historiques, et le mythe et les croyances populaires mènera cette conférence l’assistance à la découverte de cette médina qui continue à être la muse des artistes d’ici et d’ailleurs et qui n’a pas encore révélé tous ses secrets et les secrets de ses anciens habitants.
La 2ème soirée aura lieu le 17 mars, au musée archéologique de Mahdia et elle portera sur l’histoire contemporaine. Comme la 1ère soirée, elle sera rythmée de lectures poétiques. Quant à la 3ème et dernière soirée de ce 1er programme, elle est prévue le 18 mars, au musée ethnographique de Moknine et elle sera dédiée à la littérature populaire et à ses figures emblématiques dans la région du Sahel.
A la découverte des musées, le soir
S’agissant de la célèbre « Nuit des Musées Tunisiens » qui souffle sa 5ème bougie, elle se déroulera dans seize musées répartis sur tout le territoire tunisien. Organisée par l’Agence de mise en valeur du patrimoine et de promotion culturelle (AMVPPC) en collaboration avec l’Institut National du patrimoine (INP) aura lieu le 20 mars 2025. Date ô combien symbolique. Les musées qui seront déjà ouverts cette même journée, dans la matinée, comme le stipule le règlement en vigueur de l’AMVPPC, seront le soir également ouverts, au grand bonheur des Tunisiens. Plusieurs activités seront proposées à l’occasion, dans une ambiance ramadanesque, avec comme objectif préserver la mémoire et inciter les Tunisiens à découvrir ces lieux de mémoire.
Outre le Centre de présentation de l’histoire et des monuments de la médina de Tunis, les seize musées ouverts sont : Le musée national du Bardo, le musée archéologique de Nabeul, le musée archéologique de Kerkouane, le musée archéologique de Sousse, le musée Habib Bourguiba à Monastir, le musée du Ribat-Monastir, le musée de Mahdia, le musée archéologique d’El Jem, le musée de Moknine, le musée archéologique de Makthar, le musée de l’architecture traditionnelle-la Kasbah de Sfax, le musée national des arts islamiques de Raqqada à Kairouan, le musée archéologique de Sbeitla, le musée du patrimoine traditionnel de Djerba, le musée archéologique de Gafsa et le musée du Sahara à Douz.
Il est à noter que ce programme spécial, « La Nuit des Musées Tunisiens », s’inscrit dans la continuité des précédentes éditions ayant connu un succès. La première a eu lieu le 18 mai 2022, marquant la célébration de la Journée internationale des musées, la deuxième, le 21 juin 2022, accompagnant la « Fête de la Musique », la troisième, a eu lieu le 15 avril 2023 alors que la quatrième, elle s’est déroulée le 30 mars 2024.
Il est à noter que les différentes activités annoncées, pour « Les veillées patrimoniales » comme pour « La Nuit des musées Tunisiens » se dérouleront entre 20h30 et 23h30.
I.A.
















