Ligue 1 (25e J.) : L’USM co-leader, le CA s’impose de justesse et se relance
Par Kamel ZAIEM
Cette seconde manche de la 25e journée a été riche en suspense et en rebondissements puisque la course en tête se serre davantage avec quatre équipes dans un mouchoir.
L’US Monastirienne a été l’un des grands bénéficiaires de la journée. Les Usémistes, pourtant en mission difficile à Zarzis, ont fait preuve d’un panache digne d’un leader en s’imposant (1-2) à l’issue d’un match très disputé, surtout en seconde mi-temps.
L’autre principal bénéficiaire n’est autre que le Club Africain qui y a cru jusqu’au bout pour crucifier le Stade Tunisie grâce à un but signé Ben Abda, l’ex-stadiste (90+6) dans un match que les Rouge et Blanc ont mieux négocié même si les Stadistes auraient pu aspirer à un meilleur résultat.
En bas du tableau, l’US Tataouine a confirmé son réveil en allant s’imposer face à l’Olympique de Béja (1-2), une victoire qui leur donne des ailes pour continuer sur leur lancée et éviter la rélégation.
El Gawafel, lui aussi en danger, a bien profité de l’apport de son public pour s’imposer face aux voisins de l’ES Métlaoui (2-0).
K.Z.
Résultats
CA – ST (1-0)
ESZ – USM (1-2)
OB – UST (1-2)
EGSG – ESM (2-0)
Classement
1) US Monastirienne 53 pts
2) Espérance de Tunis 53 pts
3) Club Africain 50 pts
4) Etoile du Sahel 49 pts
5) spérance de Zarzis 47 pts
6) Stade Tunisien 43 pts
7) Club Sportif Sfaxien 36pts
8) ES Métlaoui 35 pts
9) Olympique de Béja 28 pts
10) CA Bizertin 26 pts
11) AS Soliman 23 pts
12) JS Omrane 22 pts
13) US Ben Guerdane 21pts
14) EGS Gafsa 19 pts
15) AS Gabés 18 pts
16) US Tataouine 18 pts
Editorial : Stopper la dégringolade - Par Hassan GHEDIRI
Dans les années 90, un groupe de chercheurs à l’université américaine Havard s’est mis à lire quotidiennement le Wall Street Journal et, chaque semaine, les pages économie et entreprises de Time ou de Newsweek. Quelques mois plus tard, ils ont écrit un article paru dans le journal « The Atlantic » sous le titre : « The Market as God » (le marché comme un dieu). Pour résumer, ils considèrent le libéralisme économique comme une forme de théologie où le marché est érigé en dieu tout-puissant, avec ses prophètes et ses commandements». Si l’on admettait cette comparaison, la Tunisie serait considérée comme un pays qui transgresse plusieurs codes. Un jugement que l’on peut admettre en se référant, par exemple, à l’indice mondial des libertés économiques qui vient de paraitre et qui confirme ce constat. Avec un maigre score de 49,1 dans «Economie Freedom Index 2025 », la Tunisie vient en effet de se classer 149è sur un total de 180 Etats.
En fait, c’est un résultat qui ne fait que confirmer une dégringolade observée depuis quelques années, qui se poursuit et qui s’accélère. En sept ans, la Tunisie a en effet perdu 14 places dans ce classement produit chaque année par la fondation américaine Heritage qui définit la liberté économique comme étant «l’absence de toute capacité de coercition ou de contrainte de la part du gouvernement sur la production, la distribution ou la consommation de marchandises et de services au-delà de ce qui est nécessaire pour protéger et maintenir la liberté des citoyens». Ceci dit, la liberté économique est censée favoriser la productivité et la croissance économique en encourageant l'esprit d'entreprise et la création de valeur ajoutée.
On peut certes (et on doit toujours) remettre en cause les critères employés et la manière de les mesurer pour établir cet indice mondial de liberté économique, mais il faut tout de même noter qu’avec les mêmes mesures, la Tunisie a su se maintenir jusqu’à 2009 dans la catégorie des économies « modérément libres ». Avec son score actuel, l’économie tunisienne est «principalement non libre».
Ce recul alarmant reflète les dysfonctionnements structurels qui entravent le développement économique du pays. Les raisons de cette rétrogradation sont multiples et profondes. Pour inverser cette tendance, il est donc impératif pour la Tunisie d’engager des réformes profondes. D’abord, une simplification administrative et une réduction de la bureaucratie sont indispensables pour faciliter la création d’entreprises et la fluidité des échanges économiques. Ensuite, la mise en place d’un cadre judiciaire fiable et transparent, capable de garantir les droits des investisseurs et de lutter contre la corruption est primordiale. Enfin, des réformes fiscales et une meilleure gestion des finances publiques doivent être entreprises pour assainir l’économie et stimuler l’investissement à long terme.
Par ce temps de crise économique et financière, la tendance à adopter des mesures protectionnistes peut s’avérer normale. Par choix ou par obligation, une telle démarche finit toutefois toujours par entraver la liberté économique. Pour inverser la tendance et préserver cette liberté, il est essentiel de mettre en place des politiques équilibrées qui stabilisent l’économie tout en évitant les excès d’interventionnisme. La transparence, la bonne gouvernance et le respect des mécanismes de marché sont des éléments clés pour surmonter les crises tout en préservant les libertés économiques. Le renforcement de la liberté économique est essentiel pour la prospérité de la Tunisie. Sans des actions courageuses et des réformes radicales, le pays risque de voir sa position dans l'Indice de liberté économique se détériorer davantage.
H.G.
Jama Masjid de Delhi (Inde) : Un site d'importance symbolique et politique
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
Masjid-i-Jehan-Numa (persan, communément appelée Jama Masjid de Delhi, est l'une des plus grandes mosquées d'Inde.
Elle a été construite par l'empereur moghol Shah Jahan entre 1644 et 1656, et inaugurée par son premier imam, Syed Abdul Ghafoor Shah Bukhari. Située dans la capitale moghole de Shahjahanabad (aujourd'hui Old Delhi), elle a servi de mosquée impériale aux empereurs moghols jusqu'à la disparition de l'empire en 1857. La Jama Masjid était considérée comme un geste symbolique du pouvoir islamique à travers l'Inde, bien avant l’époque coloniale. C'était aussi un site d'importance politique pendant plusieurs périodes clés de la domination britannique. Il reste activement utilisé et est l'un des sites les plus emblématiques de Delhi, étroitement identifié à la philosophie du vieux Delhi.
Plus d’un nom
La mosquée a deux noms. La plus ancienne, accordée par Shah Jahan, est Masjid-i-Jehān-Numā, interprétée comme "mosquée qui reflète le monde entier", probablement une allusion au Jām-e-Jehān Numā. L'autre plus courante est Jāmā Masjid (ourdou : جامع مسجد, de l'arabe signifiant "mosquée de congrégation"), qui a émergé parmi la population commune. Le terme 'Jama Masjid' n'est pas unique à cette mosquée ; depuis le 7ème siècle, il est utilisé pour désigner la mosquée communautaire ou la mosquée du vendredi, et donc beaucoup dans le monde portent ce nom et ses variantes.
Emplacement
La mosquée est située dans la ville historique de Shahjahanabad, aujourd'hui connue sous le nom de la localité de Old Delhi. En face de la mosquée se trouvent le Fort Rouge et Sunehri Masjid.[4] En tant que l'un des points focaux du vieux Delhi, Jama Masjid est entouré de divers centres commerciaux, tels que l'historique Chandni Chowk,[5] le tombeau d'Abul Kalam Azad et l'église Saint-Jacques. C'est l'une des plus anciennes églises de Delhi, elle est connue pour sa belle architecture et son importance historique. Activiste de l'indépendance indienne, est situé à côté de la mosquée.
Cette mosquée est revêtue de grès rouge. Utilisant le plan moghol elle se compose d'une grande cour pavée et surhaussée sur laquelle donnent trois hautes portes, une sur chaque côté. Le haram s'ouvre par une façade avec un pishtak entouré de colonnettes grêles et surmonté de chatris. Il est entouré de deux minarets élancés également surmontés de chatris, et couvert par trois dômes bulbeux à hauts tambours. À l'intérieur, alors que le minbar est plutôt petit, le mihrab prend une dimension immense.
Histoire
L'empereur moghol Shah Jahan a construit la Jama Masjid entre 1650 et 1656, au point culminant de Shahjahanabad. La mosquée a été conçue par Ustad Ahmad Lahori, décédé en 1649 avant le début de sa construction.[7] Ensuite, il a été achevé par l'architecte Ustad Khalil et construit par environ 5000 ouvriers. La main-d'œuvre était diversifiée, composée d'Indiens, d'Arabes, de Perses, de Turcs et d'Européens. La construction a été supervisée principalement par Sadullah Khan, le wazir (ou premier ministre) pendant le règne de Shah Jahan, et Fazil Khan, le contrôleur de la maison de Shah Jahan. Le coût de la construction à l'époque était de dix lakh (un million) de roupies.[11] La mosquée a été inaugurée le 23 juillet 1656 par Syed Abdul Ghafoor Shah Bukhari, de Boukhara, en Ouzbékistan. Il avait été invité par Shah Jahan à être le Shahi Imam (Royal Imam) de la mosquée.[12]
La mosquée était l'un des derniers monuments construits sous Shah Jahan. Après son achèvement, elle a servi de mosquée royale des empereurs jusqu'à la fin de la période moghole. Le khutba a été récité par l'empereur moghol lors de la prière du vendredi midi, légitimant son règne. La mosquée était donc un symbole de la souveraineté moghole en Inde, portant une signification politique. C'était également un centre important de la vie sociale pour les habitants de Shahjahanabad, offrant un espace transcendant la division des classes pour que diverses personnes puissent interagir.
Les Britanniques ont pris le contrôle de Shahjahanabad en 1803. L'empereur moghol est resté le chef impérial rituel de la mosquée, mais le pouvoir et le patronage moghols avaient considérablement diminué.[14][15] La politique initiale des Britanniques dans la ville était favorable à ses habitants ; les Britanniques ont entrepris des réparations et même des rénovations de la Jama Masjid.[14] Le Masjid a continué à servir de site de discours social et politique, en accord avec les autres mosquées de Delhi à l'époque; par exemple, des débats théologiques et philosophiques ont eu lieu entre musulmans et chrétiens.
La Révolte de 1857 fut un tournant majeur dans cette situation. Cet événement a entraîné la mort de nombreux Britanniques dans la ville et affaibli l'autorité coloniale, offensant profondément les Britanniques. Il a également mis fin à l'empire moghol. Les Britanniques ont perçu la révolte comme incitée par les musulmans, cultivée dans les mosquées de Delhi.[17] Après que les Britanniques ont repris la ville la même année, ils ont rasé de nombreuses mosquées et interdit la congrégation de musulmans dans toutes les mosquées restantes. La Jama Masjid est tombée dans la confiscation britannique pendant cette période et a été interdite de toute utilisation religieuse. Il a été à plusieurs reprises envisagé de le détruire, mais les Britanniques ont finalement commencé à l'utiliser comme caserne pour ses soldats sikhs et européens. C'était une profanation de l'espace; Aziz qualifie la décision de délibérée, afin d'insulter les sentiments des habitants musulmans de la ville.
Le Masjid a finalement été rendu à la population musulmane en 1862, en raison de leur ressentiment croissant à l'égard des actions britanniques. Plusieurs conditions ont été imposées, y compris l'utilisation de Jama Masjid en tant que site strictement religieux.
Sécurité routière : accélérer les investissements en infrastructure
Les données récemment publiées par l'Association Tunisienne de Sécurité Routière révèlent une réalité alarmante : les accidents de la route en Tunisie coûtent chaque année 1400 millions de dinars (MD), sans compter les pertes de journées de travail et les charges sociales.
Les compagnies d'assurance, quant à elles, versent environ 800 (MD) en indemnités, un montant considérable qui pourrait être investi dans l'amélioration des infrastructures routières si une stratégie nationale pour la sécurité routière était mise en place.
Moderniser les infrastructures routières
Pour contrer cette situation préoccupante, les autorités tunisiennes envisagent de moderniser les infrastructures routières tout en révisant le code de la route. L'objectif est ambitieux : réduire le nombre d'accidents de 50% d'ici 2030.
Cela passe par une surveillance accrue des infractions et une augmentation des amendes pour les comportements dangereux au volant. Toutefois, cette volonté institutionnelle doit s'accompagner d'un financement adéquat pour être réellement efficace.
Un rapport de la Banque mondiale souligne un déficit significatif dans le financement des projets de sécurité routière, entravant ainsi les efforts pour diminuer les taux de mortalité et de blessures liés aux accidents. Chaque année, environ 1.19 million de personnes perdent la vie sur les routes à l'échelle mondiale, et la Tunisie n'échappe pas à cette tragédie. En effet, le pays fait face à un taux de mortalité routière parmi les plus élevés, avec 92% des décès survenus dans des pays à revenu faible ou intermédiaire.
Importance des investissements
Lors d'une récente réunion à Marrakech, organisée par des banques de développement multilatérales, l'importance d'investissements massifs dans la sécurité routière a été mise en avant. Les discussions ont souligné la nécessité d'une collaboration renforcée entre les gouvernements, le secteur privé et les bailleurs de fonds internationaux pour combler le manque à gagner financier.
Des mécanismes tels que des prêts liés à des résultats spécifiques et des obligations durables pourraient jouer un rôle clé dans le financement des initiatives en matière de sécurité routière.
La Tunisie atteint progressivement les objectifs mondiaux en réduisant les accidents annuels de 20% dans un premier temps, notant que la modification des lois sera un pilier important pour atteindre les objectifs fixés par l'Organisation mondiale de la santé d'ici 2030.
Réduction des déchets en Tunisie : un défi économique à relever
La Tunisie, confrontée à une gestion des déchets de plus en plus préoccupante, met en œuvre des initiatives pour transformer son approche du recyclage. Le pays génère chaque année 3,5 millions de tonnes de déchets ménagers, avec une production quotidienne variant entre 800 grammes et 1 kg par habitant.
Parmi cette quantité, 2,8 millions de tonnes sont collectées dont seulement 4% sont effectivement recyclés. Cette situation a conduit les autorités à élaborer des stratégies visant à améliorer la gestion des déchets et à promouvoir une économie circulaire.
Gestion circulaire des déchets
La stratégie nationale de gestion circulaire des déchets, prévue pour 2035-2050, représente un tournant dans la politique environnementale tunisienne. Présentée lors d'un atelier régional en décembre 2024, cette initiative vise à instaurer une gouvernance holistique de la gestion des déchets. Elle s'articule autour de plusieurs volets, notamment le recyclage des plastiques et le compostage des déchets organiques.
L'objectif est d'améliorer l'utilisation des ressources et de réduire les nuisances environnementales liées à la gestion des déchets. En parallèle, le Programme National de Gestion des Déchets (PNGD) soutient la création de centres de tri et de valorisation, favorisant ainsi l'implication des jeunes entrepreneurs dans ce secteur dynamique.
Répercussions économiques favorables
Le recyclage ne se limite pas à une question environnementale ; il représente également une opportunité économique significative pour la Tunisie. Des projets innovants émergent dans divers domaines, allant du compostage à la transformation de déchets plastiques en produits réutilisables.
Par exemple, l'entreprise Respect Environnement Group (REG) a ouvert la première unité de recyclage des déchets de construction en Afrique, transformant ces matériaux en ressources réutilisables. Ce type d'initiative non seulement réduit les déchets mais crée également des emplois et stimule l'économie locale.
Par ailleurs, la dynamique du marché du recyclage est affectée par des fluctuations de prix. Les acheteurs de matériaux recyclables, comme le carton, peuvent provoquer une baisse artificielle des prix, rendant difficile la rentabilité pour les entreprises de collecte. Cette situation est aggravée par le manque de soutien financier et d'incitations pour les acteurs du secteur.
La fragmentation des responsabilités entre les différentes entités gouvernementales et la faible implication des citoyens dans le tri des déchets contribuent à une gestion inefficace. Les collecteurs informels jouent un rôle crucial en collectant une grande partie des déchets recyclables, mais leur exclusion du système officiel limite l'efficacité globale du recyclage en Tunisie.
Programme de sensibilisation
La sensibilisation du public joue un rôle essentiel dans l'efficacité des programmes de recyclage. Des campagnes éducatives sont mises en place pour encourager le tri sélectif et informer les citoyens sur l'importance du recyclage.
Des événements comme les journées portes ouvertes pour les projets d'économie circulaire permettent aux jeunes entrepreneurs de présenter leurs initiatives et d'éduquer la population sur les bénéfices environnementaux et économiques du recyclage. Ces efforts visent à créer une culture de durabilité au sein de la société tunisienne.
Fête de l’Indépendance : Carthage Symphony Orchestra dans une première historique au Théâtre National de Belgrade, le 20 mars 2025
Dans une première historique, le Carthage Symphony Orchestra (CSO), avec 90 musiciens et choristes, se produira au Théâtre National de Belgrade (Serbie) le 20 mars 2025, à l'invitation de l'Ambassade de Tunisie à Belgrade, pour célébrer la Fête de l'Indépendance de la Tunisie.
Cet événement qui s’inscrit dans le cadre de la promotion de la diplomatie culturelle, est organisé avec la collaboration notamment du ministère des affaires culturelles, l’Office des Tunisiens à l'étranger (OTE), l’association « Musique sans frontières » (MSF) ainsi que de plusieurs sponsors et partenaires.
Dirigé par le maestro Hafedh Makni, avec Mourad Gâaloul en chef de chœur, le concert « Orchestral Odyssey: Carthage meets Belgrade », informe le CSO sur sa page officielle, constitue le plus grand déplacement à l’étranger d’un orchestre tunisien. Il mettra à l’honneur une fusion musicale exceptionnelle, tissant des ponts entre les traditions occidentales, tunisiennes, serbes et orientales.
Point d’orgue de cette soirée, une création inédite du violoncelliste et musicien Wassim Makni, intitulée « Carthage Meets Belgrade », viendra célébrer la richesse des mélodies serbes et tunisiennes dans un hommage vibrant à la rencontre et au dialogue des cultures, où les sonorités des deux pays résonneront à l'unisson, illustrant ainsi le rôle de la musique comme passerelle entre les peuples.
Fondé en 2018, le Carthage Symphony Orchestra (CSO), dirigé par Hafedh Makni, a depuis sa création, enrichi la scène musicale tunisienne en proposant régulièrement des concerts variés. Fusionnant les symphonies classiques occidentales avec les rythmes orientaux, il propose à chaque spectacle une expérience musicale qui transcende les frontières et les traditions, pour le plus grand bonheur des mélomanes.
Le Quotidien avec TAP
Le respect des parents et des personnes âgées en Islam
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
L’islam accorde une place importante au respect des anciens, ils ont de ce fait un grand nombre de droits sur nous, et chaque musulman doit rester attentif à bien les respecter.
Les parents en premier
Le lien du sang qui doit être maintenu en priorité est celui qui nous lie à nos deux parents. Lorsqu’il a été demandé au Prophète ﷺ quelle personne était le plus en droit qu’on lui tienne compagnie, il a répondu à trois reprises : « Ta mère ! » ; puis, la quatrième fois, il a répondu : « Ton père ! ». Il a aussi dit : « Le meilleur d’entre vous est celui qui est le meilleur avec sa famille. Et je suis le meilleur avec ma famille. »
Traiter convenablement nos parents et nous efforcer d’être disponibles pour eux relève donc de la piété filiale. Il est également primordial de prendre le temps de les visiter, de les soutenir moralement, financièrement et de leur adresser de douces paroles. Et c’est encore plus le cas lorsqu’ils atteignent la vieillesse à nos côtés. Combien de sacrifices ont-ils consenti pour nous lorsque nous étions enfants ?
La place des parents est tellement élevée en Islam, qu’Allah, Exalté soit-Il, a mentionné leurs droits immédiatement après les Siens : « Ton Seigneur a décrété que vous n’adoriez que Lui, et qu’envers vos père et mère [vous fassiez preuve de] bienfaisance. Si l’un d’eux, ou tous deux, atteignent la vieillesse auprès de toi, ne leur dis pas : « Fi (de vous) ! » Ne les réprimande pas et adresse-leur [plutôt] des paroles pleines d’affection. Et par miséricorde, abaisse pour eux l’aile de l’humilité [sois modeste et conciliant envers eux] et dis : « Ô mon Seigneur, fais-leur miséricorde comme ils m’ont élevé tout petit ! »
Affection et respect
Dès son arrivée, Abi s’empresse d’embrasser le front de sa mère, symbolisant en quelque sorte l’affection qu’il a pour elle et le respect qu’il lui porte. Tout au long du séjour, nous découvrons les bonnes relations qui existent entre Mamie Bricole, sa belle-fille Oummi, ses petits-enfants et son fils. Ce roman permet de transmettre de manière implicite et ludique de nombreuses valeurs familiales et religieuses à nos enfants.
Une attention particulière pour nos anciens
Le Prophète ﷺ était miséricordieux et doux envers les personnes âgées, et il enseignait cela à ses Compagnons (qu’Allah les agrée). Il a par ailleurs exigé des imams qui dirigeaient la prière, qu’ils l’allègent afin de faciliter cet acte d’adoration aux plus vulnérables parmi les musulmans.
Il a notamment dit ﷺ : « Lorsque l’un d’entre vous dirige la prière pour les gens, qu’il l’allège ! En effet, il y a parmi eux l’enfant, la personne âgée, le faible et le malade. Puis, lorsqu’il prie seul, qu’il allonge sa prière comme bon lui semble. »
Et les personnes âgées arrivent effectivement à une période difficile de leur vie, celle où elles perdent une partie de leur force physique et de leur santé. Quiconque arrive à un âge avancé se trouve confronté à cette réalité : {Allah, c’est Lui qui vous a créés faibles ; puis après la faiblesse, Il vous donne la force ; puis après la force, Il vous réduit à la faiblesse et à la vieillesse : Il crée ce qu’Il veut et c’est Lui l’Omniscient, l’Omnipotent. }
L’insouciance ambiante nous fait oublier qu’un jour – si Allah, Exalté soit-Il, nous prête vie jusque-là – c’est nous qui serons à leur place. Sommes-nous avec eux comme nous aimerions que les gens soient avec nous quand ce sera notre tour ?
Avant qu’il ne soit trop tard…
N’oublions ni la mort, ni les comptes que nous aurons à rendre à leur égard. Et avant toute chose, concernant nos parents – qu’Allah leur accorde une longue vie dans Son obéissance – n’oublions pas tout le mal qu’ils se sont donnés afin de nous voir vivre, heureux et avec le sourire. S’il n’est pas trop tard pour agir et changer nos mauvaises habitudes, profitons vite de ce bienfait encore à notre portée. Consacrons une partie de notre temps à prendre soin de nos anciens, car ces moments sont aussi précieux que les jours de chacun d’entre nous sont comptés. Et la récompense n’en sera que plus grande, in châ Allah !
Au Palais Ennejma Ezzahra : Focus sur les publications du Centre et sur les œuvres musicales de Mohamed Triki
Dans le cadre de ses activités ramadanesques, le Centre des musiques arabes et méditerranéennes (CMAM) organise, dans la soirée du dimanche 16 mars 2025 (22H00), une rencontre académique consacrée exclusivement à la présentation des publications scientifiques du Palais Ennejma Ezzahra, dont l’une des missions, outre l’édition phonographique, est la promotion et la diffusion de publications, d’études, de recherches et de monographies consacrées à la musique tunisienne, mais aussi aux musiques arabe et méditerranéenne.
A cette occasion, l’ouvrage collectif « Biographie et œuvres musicales de Mohamed Triki » sera mis en avant, comme exemple, lors d’une rencontre-débat, animée par le musicien-musicologue Anis Kalibi, le coordinateur scientifique du livre, avec la participation des professeurs Hichem Badrani, Makram Ansari et Mohamed Hédi Ben Jaafar.
Coédité par le CMAM et les Editions Sotumédias en 2021, cet ouvrage collectif rédigé en langue arabe retrace à travers 180 pages le parcours artistique de feu Mohamed Triki (1899-1998) à travers la scène musicale tunisienne du 20ème siècle, avec toutes les transformations qui s’y sont produites, les techniques utilisées pour la documentation, les enregistrements et la diffusion musicale ainsi que les différents modèles, styles musicaux et méthodes de compositions qui y ont circulé.
L’artiste, violoniste, compositeur (notamment de la musique du premier film musical tunisien et le premier réalisé en arabe en Tunisie en 1939 par le réalisateur français Jean-André Kreuzi) et chef d’orchestre Mohamed Triki, à la fois acteur et témoin de son époque, a marqué la culture musicale des Tunisiens par une vision esthétique qui a façonné l’identité de la musique tunisienne. L’ouvrage transcende la fragilité de la mémoire, consolide la place de Mohamed Triki dans l’imaginaire collectif et valorise son héritage artistique qui a impacté la musique maghrébine et arabe tout en expliquant et documentant l’importance de ses œuvres.
Au B7L9 : Outail Maaoui présente ses « Ombres d’Atlas »
Dans le cadre de sa programmation ramadanesque, la station d’art B7L9 propose ce soir, à son public, à partir de 21h30 « Ombres d’Atlas » de Outail Maaoui. Un concert live riche en sonorités, axé sur un dialogue entre les traditions de l’Atlas et les rythmes d’aujourd’hui.
Ce nouveau projet de l’artiste-violoniste explore les traditions sonores de la Méditerranée, faisant rencontrer les échos des montagnes de l’Atlas avec les sonorités contemporaines.
Dans la continuité de son travail de recherche musicale, Outail Maaoui tisse à travers ce projet un dialogue entre les musiques traditionnelles et contemporaines, favorisant les collaborations interculturelles et célébrant la diversité des cultures.
Avec « Ombres d’Atlas », l’artiste cherche à créer une expérience musicale immersive, capable de traverser les frontières culturelles et de toucher profondément les publics, tout en rendant hommage à la richesse du patrimoine musical méditerranéen.
Décès du sculpteur Abdelhamid Hajem
Le sculpteur Abdelhamid Hajem est décédé, hier, le mercredi 12 mars, à l'âge de 85 ans. L'annonce de sa mort a été publiée ce soir sur le réseau social de la direction des arts plastiques relevant du ministère des Affaires culturelles.
Né le 13 novembre 1940 à Sfax, il a fait ses études supérieures à l’Ecole des beaux-arts de Tunis où il obtient son diplôme en 1958, pour rejoindre, en 1960, l’Ecole Nationale Supérieure des beaux-arts de Paris, décrochant en 1967 et 1968deux diplômes de gravure en médaille et sculpture.
De retour en Tunisie, il a enseigné à l’Ecole des beaux-arts de Tunis. Il a exposé en Tunisie comme à l’étranger, notamment aux Pays-Bas, en Suisse et en Allemagne.
Il a été primé à maintes reprises parmi ces importantes distinctions, nous citons le Prix du la République Habib Bourguiba, en 1979, pour une sculpture réalisée en collaboration avec feu Zoubeir Turki.
Il est à noter qu’un livre d’art signé par le chercheur, universitaire et enseignant de l’histoire de l’art et d’esthétique Houcine Tlili intitulé « Abdelhamid Hajem, sculpteur du corps à corps » a vu le jour en 2021.
Avec des phases visibles en Tunisie : Éclipse lunaire totale du 13 au 14 mars 2025
Une éclipse lunaire totale, aura lieu, dans la nuit du 13 au 14 mars 2025, et ne sera pas entièrement visible en Tunisie, selon un communiqué publié mercredi par la Cité des Sciences de Tunis. Le phénomène de l’éclipse totale de Lune se produit lorsque la Lune, en phase de pleine lune, traverse l’ombre de la Terre.
À ce moment-là, le Soleil, la Terre et la Lune sont parfaitement alignés, projetant l’ombre terrestre sur la surface lunaire, ce qui lui donne une teinte rougeâtre, d’après le communiqué.
Bien que la Lune entre totalement dans l’ombre de la Terre, une partie de la lumière solaire continue à l’atteindre en traversant l’atmosphère terrestre. Celle-ci filtre les courtes longueurs d’onde (bleu et violet) et laisse passer les longueurs d’onde rouges. En Tunisie, l’éclipse totale ne pourra pas être observée en entier, car le Soleil se lèvera le 14 mars à 6h26, tandis que la Lune se couchera à 6h35.
Ainsi, seules les premières phases de l’éclipse seront visibles, notamment l’entrée de la Lune dans la pénombre de la Terre, une phase durant laquelle les changements de couleur sont difficilement perceptibles.
Bill Bazzi, nouvel ambassadeur des États-Unis en Tunisie
Donald Trump, le président américain, continue à nommer ses nouveaux ambassadeurs. Le dernier nommé nous intéresse plus que les autres puisqu’il s’agit de celui qui représentera les Etats-Unis en Tunisie. Et c’est Bill Bazzi, le maire de Dearborn Heights, dans le Michigan, qui sera à la tête de l’ambassade des Etats-Unis à Tunis, en attendant la validation de cette nomination par le Sénat.
Mardi, Donald Trump a annoncé sur le réseau social américain “Truth Social” son choix de nommer Bill Bazzi, en tant qu’ambassadeur des Etats-Unis en Tunisie. Il a salué le rôle de Bazzi dans sa réélection en 2024, déclarant: “Bazzi a travaillé dur pour nous aider à remporter cette victoire historique, et j’ai hâte de voir les grandes choses qu’il accomplira pour notre nation. Le futur ambassadeur a déclaré, mercredi, “éprouver une profonde affinité pour la Tunisie et ses institutions”. “Parmi les nombreux pays que j’ai visités au fil des années, j’éprouve une profonde affinité pour la Tunisie et ses institutions. J’ai eu l’occasion de rencontrer des parlementaires, de visiter des orphelinats, des écoles et des entreprises qui témoignent du dynamisme croissant du pays dans la région. Je suis enthousiaste à l’idée de retourner en Tunisie et d’y représenter, avec honneur, notre nation (…) Mon objectif est de promouvoir la paix et renforcer les relations diplomatiques et la coopération entre nos deux pays”, a-t-il dit sur les réseaux sociaux.
Au niveau de la parole, ça s’annonce bien, mais ce sont les intentions et l’action qui compteront le plus.
Ligue 1- 25e journée : L'ESS et le CSS s'imposent, l'EST de nouveau accrochée
Par Jamel Belhassen
La première tranche de la 25e journée a été marquée par la victoire de l'Etoile à Gabes, synonyme de rachat, le large succès du CSSfaxien face à l'ASS et celui de l'USBGuerdane devant le CABizertin.
JSO - EST 2-2
Au Zouiten, L'Espérance, dos au mur après son dernier semi- échec à Rades , à été rattrapée au score par deux fois. Finalement, sa domination n'a pas servi à grand chose, face à une JSOmrane , ultra défensive mais dangereuse sur les contres. Blaili a ouvert le score sur penalty tiré en deux temps, Zouaghi a égalisé, Sasse a redonné l'avantage aux siens avant de voir Khemissi égaliser de nouveau à la 97e devant une défense Sang et Or et un Memmiche étrangement passifs. Une parité qui fait du bien aux Omraniens et beaucoup de mal aux Esperantistes.
ASG- ESS 0-2
Appelés à réagir après la dernière défaite, l'Etoile a réussi à s'imposer à Gabes face à l'association locale par deux buts à zéro, œuvres de Abid et Chawat. A signaler l'expulsion de Gbo en seconde période. Une victoire qui remet les Saheliens en confiance.
CSS- ASS 4-0
Après plusieurs semaines où la réussite offensive faisait défaut, le CSSfaxien s'est défoulé contre l'ASSoliman en lui passant quatre buts inscrits par Mabrouk (csc), Winley, Sakouhi et Sakrafi. La sérénité s de retour dans le camp des Noir et Blanc.
USBG- CAB 1-0
A Ben Guerdane, l'Union locale a tempéré l'ardeur du CABizertin qui a réussi de belles sorties ces derniers temps. L'unique but de la rencontre à été marqué par Bida. Les tentatives des Cabistes pour revenir au score ont été vains. Voilà trois points précieux pour les Sudistes.
J.B.
Vérité dans l'œil du cyclone…
Par Chokri Baccouche
L’eurodéputée Rima Hassan est un sacré bout de femme au courage massif et au verbe sincère. Née dans un camp de réfugiés palestiniens en Syrie, cette militante de La France Insoumise, le parti politique de Jean Luc Mélenchon, est toujours droit dans ses bottes surtout quand il s’agit de dire la vérité, sans ambages ni fioriture quitte à mettre dans l’embarras ceux qui n’apprécient pas ses sorties tonitruantes. Et ils sont nombreux. Il n’y a que la vérité qui blesse dit-on, mais par les temps qui courent la vérité conduit son auteur droit vers l’échafaud sans aucune forme de procès. Il est traité en effet comme un paria et mis au banc du système sans ménagement. Et à ce titre, on peut dire que la brave Rima Hassan est dans la ligne de mire de ses pairs qui mènent à son encontre, ces derniers temps, une campagne de dénigrement sans précédent dans le but avoué de la vouer aux gémonies et l’opprobre sous des prétextes moralement inacceptables et politiquement incorrectes et très discutables. Près d’une centaine de sénateurs français ont enjoint, en effet, la présidente du Parlement européen Roberta Metsola à lever l’immunité parlementaire de Rima Hassan. Pour quel motif? Parce qu’elle a légitimé l’action du mouvement de résistance palestinien Hamas qu’elle a justifié, à raison, comme «une lutte armée dans un contexte de colonisation». Ses propos qui puisent pourtant leur force et leur légitimité de la charte de l’Organisation onusienne, ont provoqué un véritable tollé dans l’Hexagone politique et judiciaire. L’affaire a pris une ampleur telle que le ministre français de l’Intérieur a annoncé saisir le procureur de la République de Paris, par le biais de l’article 40 du Code de procédure pénale, au motif que les propos « proprement inacceptables » de Rima Hassan relèvent selon lui de « l’apologie du terrorisme ».
Pis encore, l’eurodéputée Marion Maréchal, la petite fille de Jean Marie Lepen le fondateur du Front National, le parti d’extrême droite, y a rajouté son petit grain de zèle en demandant la déchéance de nationalité de Rima Hassan. Et ce n’est pas tout : même le très controversé président de l’association des musulmans de Drancy, l’imam Chalghoumi, le gars qui avait déclaré y’ a pas longtemps que les fidèles devaient désormais dire «France Akhbar» au lieu du rituel «Allahou akhbar» ou «Dieu est Grand», s’est mis lui aussi de la partie. Au micro de Radio J, mercredi dernier, l’homme a, en effet, réclamé des sanctions sévères contre Rima Hassan, demandant qu’on «lui enlève la nationalité pour servir d’exemple».
Il est navrant de constater qu’au pays de la Déclaration universelle des droits de l’homme, les peuples qui luttent pour leur survie et cherchent à briser les chaînes de la servitude, de l’oppression et du fascisme le plus abject, sont assimilés par une certaine classe politique à des terroristes. Rima Hassan qui s’est attiré injustement les foudres des élus français n’a fait, pourtant, que rappeler le droit inaliénable et légitime du peuple palestinien de combattre l’occupation sioniste pour recouvrer sa liberté. La campagne de dénigrement dont elle fait l’objet est non seulement indécente et scandaleuse mais reflète également un parti pris flagrant en faveur de l’Etat hébreu qui en dit long sur ce qui se trame dans les coulisses du pouvoir dans l’Hexagone. On est bien loin de la politique modérée et équitable de cette France des grands De Gaulle ou de Jacques Chirac qui était donnée en exemple et constituait pour les peuples opprimés un véritable sanctuaire politique salvateur vers lequel ils se repliaient par temps de crise. Ce temps illustre où un certain Dominique De Villepin, alors ministre des Affaires étrangères, s’interposait avec sa verve de fin tribun et ses arguments puissants au Conseil de sécurité de l’ONU et rejetait avec véhémence les velléités belliqueuses des Etats-Unis de lancer leur guerre contre Saddam Hussein, est malheureusement révolu. Le comble dans tout cela, c’est que la politique des deux poids, deux mesures, est devenue la règle en France. L’ex-député Meyer Habib, un sioniste pur et dur devant l’Eternel, n’a pas été tancé, lui, par les députés hexagonaux comme l’a été Rima Hassan, malgré l’extrême gravité de ses déclarations. Pro-Netanyahu jusqu’à la moelle, l’homme avait provoqué en effet en 2023 un véritable tollé en qualifiant les populations palestiniennes de «cancer». Pis encore, on l’a même entendu proférer des propos cyniques en plein Sénat du genre «ça ne fait que commencer» en référence aux horreurs perpétrées par l’armée israélienne contre les populations civiles palestiniennes à Gaza. Malgré la plainte déposée à son encontre par 39 députés de gauche pour « apologie aux crimes de guerre », Meyer Habib s’en est sorti sans encombres; la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ayant rejeté la demande de levée de son immunité parlementaire au prétendu motif que «les propos tenus par un parlementaire dans l’hémicycle de l’Assemblée sont couverts, conformément à l’article 26 de la Constitution, par le principe d’irresponsabilité, lequel présente un caractère absolu et qu’aucune procédure ne permet de lever».
Dans leur regrettable embardée partisane contre Rima Hassan, les élus français commettent en réalité une bourde monumentale car en assimilant le mouvement de libération palestinienne à un groupe terroriste, ils jettent en fait l’opprobre sur leur propre mouvement de résistance qui a permis de tirer la France des griffes de l’occupation nazie durant la Seconde guerre mondiale. Sans le sacrifice de leurs ancêtres, ces élus n’auraient pu être là où ils sont aujourd’hui, stigmatisant la brave Rima Hassen qui incarne en fait la voie de la liberté et de la justice. Au profit aussi bien de son peuple que toutes les populations qui continuent de subir les vices et les sévices de la servitude et de l’occupation…
C.B.
Fléchissement des cours internationaux de pétrole : Quelles conséquences pour les prix à la pompe en Tunisie?
Par Hassan GHEDIRI
La dépendance aux importations de pétrole rend théoriquement avantageuse, pour notre pays, toute chute des cours internationaux. Concrètement, cela n’a jamais eu d’impact sur le portefeuille des Tunisiens…
Alors que les cours internationaux du pétrole poursuivent leur chute, atteignant un niveau historiquement bas avec le Brent à 69,28 dollars le baril, de nombreux pays ajustent rapidement les prix des carburants à la pompe. Cependant, en Tunisie, cette baisse ne se répercute que très lentement, voire pas du tout, sur les prix locaux de l’essence et du gasoil. Une situation qui perdure et qui ne manque pas de susciter des interrogations, d’autant plus que la quasi-totalité des hydrocarbures commercialisés et consommés en Tunisie sont importés et donc payés au dollar.
Les prix du pétrole poursuivent, en effet, leur chute entamée depuis début mars. Lundi, le prix du Brent, pour livraison en mai prochain, a plongé sous la barre de 70 dollars pour se situer à 69,28 dollars. Une chute que les spécialistes expliquent par la décision récente des pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) d’augmenter la production de barils ainsi que la volonté du président américain, Donald Trump, de ramener les cours du baril à un prix bon marché.
Fortement dépendante du marché international d’hydrocarbures pour répondre à ses besoins énergétiques, la Tunisie a importé près de 4,3 millions de tonnes de produits pétroliers, pour un coût avoisinant les 4 milliards de dollars, soit environ 10% de son PIB. Cette facture énergétique représente une charge considérable pour le Trésor public, déjà fragilisé par un déficit budgétaire chronique et une dette publique élevée.
La consommation nationale de carburants s’élève à environ 3,5 millions de tonnes par an, dont près de 60 % sont consacrés au transport routier. Cette dépendance aux importations rend théoriquement avantageuse toute baisse des cours internationaux du pétrole. Pourtant, les Tunisiens ne voient que très rarement ces baisses se traduire par une réduction significative des prix à la pompe.
Agir sur la subvention
L’une des principales raisons de cette inertie réside dans le système de subventions et de taxes appliqué par l’État tunisien. Le carburant commercialisé dans notre pays est en effet soumis à une fiscalité complexe, comprenant une taxe intérieure de consommation (TIC) et une TVA, qui représentent une part importante du prix final. Par exemple, sur un litre d’essence vendu à 2,500 dinars, près de 40 % du prix correspond à des taxes. A cette structure de prix, il faut ajouter le système de subventions sur les carburants, visant à limiter l’impact des fluctuations des cours internationaux sur les ménages et les entreprises. Ce système est très coûteux pour les finances publiques, comme le montrent les chiffres. En 2024, la subvention des hydrocarbures a par exemple coûté près de 2,3 milliards de dinars, soit environ 5% du budget de l’État. Lorsque les cours du pétrole baissent, l’État préfère souvent réduire le montant des subventions plutôt que de répercuter intégralement la baisse sur les prix à la pompe, afin de soulager le budget national.
Il faut également souligner que les difficultés structurelles de l’économie tunisienne ne laissent qu’une très petite marge de manœuvre au gouvernement dans un contexte de baisse significative des cours de pétrole. En effet, durant toutes ces dernières années, les gouvernements successifs ont toujours traité avec beaucoup de retenue la question des prix des hydrocarbures.
Pourtant, la réforme du système de subventions a été à l’ordre du jour à partir de 2019 lorsque la Tunisie s’était engagée dans le processus de négociation avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de la conclusion d’un accord de prêt. L’une des conditions émises par le bailleur de fonds pour le décaissement du prêt était justement la libéralisation des prix des carburants.
Alors, si aujourd’hui la baisse des cours internationaux du pétrole représente une opportunité pour la Tunisie de rationaliser les dépenses de subvention et réduire la facture énergétique, la structure des prix locaux continue à empêcher les consommateurs de profiter directement des réductions de prix à la pompe. Une réforme en profondeur du secteur énergétique, bien que complexe, est toutefois susceptible de mieux aligner les prix locaux sur les réalités du marché international tout en allégeant la pression sur les finances publiques.
H.G.
















