Le street artiste et graphiste Skander Tej invité de « La fabrique des arts »
L’Alliance Française de Tunis organise dans le cadre de son forum culturel « La fabrique des arts » une rencontre, demain, le mercredi 26 mars 2025 de 21H00 à 22h30 sur le thème « Art, rue et transformation sociale » avec Skander Tej, artiste peintre, graphiste et street artiste, dont les fresques murales et installations land art comme celles réalisées à Djerba et Kerkennah redéfinissent les espaces publics et interrogent notre rapport à l’environnement.
A travers des projets communautaires comme « 24 villages, 24 gouvernorats », il mêle dans ses fresques réalisés dans des écoles et des hôpitaux, art et engagement communautaire, transformant les murs en véritables récits visuels.
Cette rencontre se veut une plongée dans le processus créatif de l’artiste, explorant comment l’art peut être un vecteur de changement social et écologique.
Tunisie-Malawi (2-0) : Une victoire à l'usure
Par Jamel Belhassen
Les Aigles de Carthage ont bien sué avant de faire la différence en fin de match pour assurer trois points précieux sur le chemin de ls coupe du monde 2026
Face à un Malawi qui a opté pour un bloc défensif, la Tunisie a éprouvé des difficultés pour créer des occasions de but malgré une possession de la balle continue.
On a dû attendre la 15e minute pour voir une première alerte des visiteurs sur un tir de Lungu repoussé par Dahmen. A la 19e, Ben Slimane a vu son tir contré à quelques mètres de la cage de Thole. Les Majbri, Sliti ,Achouri et consorts ont manqué d'espaces pour trouver la faille dans une forêt de jambes adverses. A la 44e, une attaque de la droite a failli aboutir à un but de Malawi. La tête de Ngulu a percuté la transversale de la cage de Dahmen. Les Tunisiens ont eu chaud. A la reprise.un léger mieux est constaté. Mastouri puis Abdi ratent de peu la mire ( 48e et 49e). Sliti manque un but tout fait en tirant sur le gardien (54e). Aaron se fait exclure pour somme d'avertissements ( 64e). Achouri raté un tête- à- tête ( 75e) avec le gardien. Finalement, Jaziri qui a remplacé Mastouri trouva le chemin des filets de la tête à la (87e). Il était temps, diriez-vous. Suivra un penalty pour faute sur Abdi (90e). Achouri réussit le tir (2-0). Ce fut la délivrance après une longue lutte. Avant le coup de sifflet final, Dahmen sauve un penalty de Ngulu.
Formation de la Tunisie
Dahmen, Ghorbal, Abdi, Talbi, Bronn, Laidouni, Ben Slimane ( Letaief 46e), Majbri, Sliti ( Sassi 77e) Mastouri ( Jaziri 77e), Achouri
J.B.
Classement
1 Tunisie 16 Pts
2 Namibie 12 Pts
3 Liberia 10 Pts
4 Guinée Équatoriale 7 Pts
5 Malawi 6 Pts
6 Sao Tome et Principe 0 Pt
Interview - Jamila Chihi : Habiba, une femme combattante comme la majorité des Tunisiennes
Elle est Habiba dans la série «Harissa Land». Jamila Chihi nous raconte la genèse de ce personnage qui a marqué les mémoires des Tunisiens et surtout les accros de la Harissa. Rencontre.
Le personnage de Habiba vous a libérée du personnage de Zeyneb de la sitcom «Choufli hall». Comment avez-vous trouvé la composition de ce personnage?
J’ai adoré la composition du personnage. C’est un nouveau rôle, très différent de mes précédents rôles, il m’a permis de sortir de ma zone de confort, de me renouveler en tant qu’actrice, de me réinventer. Habiba est une femme débrouillarde, combattante comme la majorité des femmes tunisiennes. C’est une femme qui veut aider sa famille, qui cherche à être plus ou moins indépendante sur le plan financier et qui, pour atteindre son objectif, s’est donnée à la confection de la Harissa. A travers ce rôle, je salue toutes les femmes porteuses de projets, toutes les femmes qui militent pour avenir meilleur… Habiba est une femme persévérante, qui croit en la notion de la famille, et qui, d’une manière ou une autre, sans le savoir, préserve un aliment phare de la tradition culinaire tunisienne. Elle commence par la Harissa piquante et elle finit avec le makroudh, avec toute sa douceur et sa symbolique.
Contrairement à tous les personnages de la série, Habiba avait un style vestimentaire très particulier. Soit un foulard fleuri sur les cheveux, soit une fleur ornant également sa chevelure sans également ce rouge à lèvres, présent dans tous les épisodes
Belle remarque. Sur ce plan, Habiba me ressemble beaucoup. C’est une femme qui, malgré les problèmes qui surgissent au sein de sa famille de temps à autre, malgré un mari qui n’aime pas la Harissa et qui s’oppose à ce projet, elle tient à avoir une attitude positive, à véhiculer des ondes optimistes, à ne pas sombrer dans les problèmes. On a beaucoup travaillé sur le look de Habiba, moi, Zied Letaïem, Jamel Madani et toute l’équipe, nous avons voulu qu’elle sorte du déjà-vu, de l’image classique véhiculée sur la femme au foyer.
Habiba, une femme qui aime les couleurs et qui communique à son entourage une certaine harmonie, de la vie, de l’espoir.
Comment avez-vous trouvé Riadh Hamdi dans le rôle du frère et quel est le secret de cette alchimie?
Il faut dire d’abord que le casting a été réussi. J’ai déjà joué avec Riadh Hamdi dans «Porto farina» de Brahim Letaïef. On se connait alors. Pour Jamel Madani, on a déjà collaboré beaucoup ensemble. Pour cette fois-ci, Ridah Hamdi joue le rôle de mon frère. Professionnel, le jeu sincère, il n’est pas à présenter. Dans «Harissa Land», nous avons formé un superbe duo. Il y avait cette attente qui nous a permis de donner le plus, de marquer la mémoire des spectateurs, de faire quelques clins d’œil sur la solidarité entre les membres de la famille… A mon avis, l’un des points forts de «Harissa Land» est le casting. D’ailleurs, malgré que le sujet initial abordé soit sérieux, il y avait de la comédie.
Quelles sont les productions télévisées ramadanesques qui ont capté votre attention?
— Je ne vous le cache pas, j’ai suivi «Rafle» et «Fitna», j’ai vraiment aimé la performance des acteurs, l’histoire et sa mise en scène. Et également «Harissa Land» en tant que produit fini. Il y a certes d’autres productions qui méritent le détour mais comme toutes les productions sont diffusées en prime-time, le suivi devient difficile. Après Ramadan, certaines œuvres seront rediffusées sur nos chaînes de télévision ou sur les plateformes, ça sera pour moi le moment adéquat pour tout suivre à tête reposée. On ne peut pas évaluer d’après 5 mn du visionnage ou même un épisode. En tant qu’actrice, je vois que cette année, il y a eu une nette évolution dans les productions télévisées. Je salue les efforts de la Télévision nationale et les chaînes privées, espérant que cette dynamique perdurera.
Dans quelques jours, nous célébrons la Journée mondiale du théâtre, le 27 mars, qu’avez-vous préparé en tant que directrice du Pôle théâtre et arts scéniques du Théâtre de l’Opéra?
Pour nous acteurs et actrices, metteurs en scène et metteuses en scène, dramaturges et techniciens du théâtre, ce jour revêt une grande importance. Au Théâtre de l’Opéra, et au Pôle Théâtre et arts scéniques, nous avons toujours un programme spécial pour mettre en exergue ces artistes d’ombre et de lumière, ces faiseurs de rêve.
Pour cette année, il y aura comme toujours de la musique, de la bonne ambiance et ce à partir à 21h00. A la place des théâtres, il y aura le nouveau spectacle de Benjemy et Haithem Hadhiri. Pour la cérémonie officielle qui commence aussi, à 21h30, au Théâtre de l’Opéra, nous proposons au début de la soirée une lecture de la Déclaration de la Journée mondiale du théâtre puis il y aura un hommage à des artistes qui ont marqué de leurs empreintes la scène théâtrale nationale, à savoir Mouna Noureddine, Raouf Ben Amor, Latifa Gafsi, Bahri Rahali, Fatma Ben Saïdane et Mounir Argui. Un hommage-posthume sera rendu à Fethi Haddaoui et Amara Melliti.
La soirée se poursuivra au Théâtre de l’Opéra avec un concert de «Si Lemhaf». Parallèlement, le Théâtre des Régions abritera, à partir de 22h30, une nouvelle représentation de «Bakhara» de Sadok Trabelsi qui a été le 21 mars, dans une représentation exceptionnelle à Gabès. A minuit, le Centre des arts dramatiques et scéniques du Kef présentera sa nouvelle création «Sous pression» de Rayane kayraouani. La célébration se poursuit et le public aura rendez-vous à 1h20 avec «Fake silence», production de «Be Actor Studio» et encadrement de Meryem Hassan.
Que proposez-vous d’original pour cette soirée?
Une belle surprise pour la fin de la soirée. La clôture de cette fête sera avec la projection d’une pièce de théâtre qui a été filmée à l’époque, il y a plus de cinquante ans. Eh oui, un demi-siècle, précisément en 1971. Il s’agit de «Juha et l’Orient tourmenté» (Juha wel charq al haiîr), production du Théâtre du Sud à Gafsa. La pièce est signée par Mohamed Raja Farhat pour le texte et l’adaptation et Fadhel Jaïbi pour la mise en scène. Comme vous voyez, nous commençons juste après l’Iftar pour terminer avec Al-Imsek et nous espérons comme les précédentes éditions accueillir à cette soirée-ci des centaines de visiteurs. Cette œuvre qui est en bon état est un document de l’époque car on voyait toute l’ambiance, c’est-à-dire on voit le public du théâtre dans les années 70 et c’est très beau, surtout ces femmes avec sefsari. Un coup de cœur!
Quels sont les nouveaux projets sur lesquels se penche actuellement votre département?
— Nous nous penchons sur l’examen des candidatures que nous avons reçues pour les deux appels à projets de production et de coproduction. Nous cherchons des projets innovants qui ont un impact, qui font évoluer la pratique théâtrale. Nous voulons que nos œuvres contribuent à la dynamisation de la scène théâtrale, et également à la découverte de nouveaux talents. Dès que la commission achève ses travaux, nous pensons au vif du sujet: la production.
Mosquée Cheikh Zayed (Abu Dhabi) : Un symbole de tolérance et d’ouverture
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
La mosquée « Sheikh Zayed », avec sa superficie totale de 22 412 mètres carrés et sa capacité à accueillir jusqu'à 40 000 visiteurs, est la plus grande mosquée des Émirats arabes unis et la seizième au rang mondial. Son nom vient du Sheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane, le premier président des Émirats arabes unis et commanditaire de l'édifice.
Elle contient le plus grand tapis artisanal au monde. Elle est située à Abu Dhabi, à l'est de la capitale du même nom, à 10 km de la cathédrale saint Joseph
C'est l'émirat le plus grand et le plus riche des sept États membres des Émirats arabes unis. Sa construction s'est étendue de 1995 à 2007, soit 12 ans de travaux pour un coût total d'environ 2 milliards de dirhams des Émirats arabes unis (environ 400 millions d'euros) et est le fruit d'une collaboration d'ingénieurs et d'artisans internationaux, et de 2 500 ouvriers.
À Abu Dhabi, les 200 mosquées locales sont interdites d'accès aux non-musulmans, mais cette mosquée fait exception, et les touristes peuvent la visiter.
Pour l’histoire, le Sheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane décida de faire construire une mosquée à Abu Dhabi, sa capitale, pour que ce lieu de culte en devienne le symbole national mais aussi une preuve de tolérance et d'ouverture sur le monde pour l'islam. Même s'il mourut en 2004, avant la fin de sa construction, son fils Khalifa ben Zayed Al Nahyane, qui lui succéda au pouvoir, continua le projet et donna le nom de son père à l'édifice terminé. Le Cheikh Zayed a été enterré dans la cour de la mosquée.
M.B.S.M.
Coupe du monde 2026, ce soir à 22h00 Tunisie -Malawi : Consolider son leadership
Jamel Belhassen
Les Aigles de Carthage joue ce soir à Rades une carte importante sur la route de la coupe du monde 2026 face au Malawi. Une rencontre à réussir absolument pour consolider la première place du groupe. La dernière victoire remportée au Liberia a donné des ailes aux Aigles et ce soir devant son public, la Tunisie est appelée à sortir le grand jeu pour aller au bout de ses intentions. Les camarades de Dahmen auront à se montrer vigilants derrière et inspirés devant pour gagner et faire un grand pas vers le Mondial. Il ne reste plus qu'à souhaiter bonne chance aux Abdi, Laidouni, Mastouri et consorts pour poursuivre leur marche triomphale dans ce groupe vraiment à leur portée.
Classement actuel
Tunisie 13 Pts
Namibie 11 Pts
Liberia 7 Pts
Malawi 6 Pts
Guinée Équatoriale 6 Pts
Sao Tome et Principe 0 Pts
J.B.
Economie numérique : Pour une valorisation accumulée des talents tunisiens
À l'horizon des prochaines années à venir, le marché de l'emploi en Tunisie se prépare à une transformation significative, influencée par des tendances mondiales et des défis locaux.
Des dynamiques importantes façonneront le paysage professionnel local alors que la numérisation et l'automatisation continueront de redéfinir les rôles au sein des entreprises.
Mutation cruciale
C'est dans ce contexte que la Tunisie se trouve aujourd'hui à un tournant décisif de son développement économique et technologique, où l'adaptation rapide aux innovations numériques est devenue une nécessité pour les entreprises, petites et grandes, afin de rester compétitives. Le marché de l'emploi évolue rapidement, témoignant de cette transformation.
Les compétences numériques, actuellement indispensables, sont au cœur des enjeux pour la survie et la croissance des entreprises tunisiennes. Des domaines comme l' intelligence artificielle , la cybersécurité et la science des données sont devenus prioritaires, en particulier avec l'émergence de start-ups innovantes et la volonté des grandes entreprises de moderniser leurs activités.
Défis majeurs
La Tunisie aspire à devenir un pôle technologique d'ici 2050, mais de nombreux défis restent à relever, notamment en matière de formation et d'infrastructures. Le développement web et le marketing digital ont connu une augmentation de 30% des offres d'emploi au cours des deux dernières années, offrant une demande croissante dans ces secteurs.
Des opportunités également émergentes dans des domaines comme la fintech et le commerce électronique , des industries en plein essor qui attirent des investissements étrangers, offrant ainsi de nouvelles perspectives aux jeunes diplômés tunisiens. En parallèle, des compétences transversales, telles que la gestion de projet, la maîtrise des outils de gestion de contenu et le cloud computing , deviennent de plus en plus centrales, renforçant l'importance des compétences numériques dans la croissance des entreprises.
Questions d'employabilité
Toutefois, cette transition numérique n'est pas sans obstacles. Selon une enquête spécialisée, 40 % des entreprises locales estiment ne pas disposer des talents internes nécessaires pour réussir leur transformation numérique. Cela souligne l'importance de la formation continue qui doit préparer à la fois les jeunes et les professionnels plus expérimentés aux exigences du marché du travail, notamment dans les domaines de la programmation et de la sécurité informatique .
Ces formations représentent une opportunité cruciale pour les entreprises, leur permettant d'améliorer leur compétitivité à long terme. Le Forum Ibn Khaldoun insiste également sur le fait que cette transition numérique est incontournable pour que les entreprises tunisiennes puissent rivaliser sur la scène internationale.
La qualité de l'enseignement supérieur , tant public que privé, en Tunisie joue un rôle fondamental dans cette transformation numérique. Les universités et instituts tunisiens, reconnus pour l'excellence de leur formation, notamment dans les domaines de l'ingénierie et des technologies de l'information, préparent efficacement les étudiants aux exigences du marché mondial.
L'avenir de la Tunisie dépendra donc de sa capacité à maintenir cette qualité d'enseignement, à encourager la formation continue et à favoriser la coopération entre les secteurs public et privé.
Prêt-à-porter /Aïd El Fitr : Ces prix qui laissent un arrière-goût amer
Par Hassan GHEDIRI
Les familles tunisiennes se débrouillent pour ne pas laisser les dépenses de l’Aïd grignoter davantage leur pouvoir d’achat. Le renchérissement des prix semble toutefois promettre un arrière-goût amer…
Demain débute la quatrième et dernière semaine du mois de ramadan. Dans les commerces, l’effervescence est palpable. Cela fait quelques déjà que les familles tunisiennes ont entamé la traditionnelle course contre la montre pour préparer l’Aïd El-Fitr. Une fête incontournable quel que soit les sacrifices que l’on devait consentir dans le budget des ménages fortement laminé par le renchérissement de la vie.
Dès les premières heures de la journée jusqu’au tard la nuit après la rupture du jeûne et la prière des tarawih, les villes grouillent de monde. Il était à peine 10h hier au centre de Tunis, et déjà les rue Jamel Abdennaceur et la rue Charles de Gaulle, ainsi que les centres commerciaux tels que Palmarium, sont pris d’assaut par des foules venues des quatre coins de la capitale. Les trains et les métros déversent des flots de personnes se précipitant pour faire le tour des magasins en quête des bonnes affaires pour célébrer dignement la fête de l’Aïd.
Dans les boutiques de prêt-à-porter, règne une ambiance festive malgré des prix pas tout à fait au gout de toutes les bourses. Des parents, souvent accompagnés de leurs enfants, parcourent les rayons à la recherche des articles adapté à leur porte-monnaie. Une mission pas du tout aisée par ces temps de morosité économique. Après trois semaines de dépenses importantes pour les repas de rupture du jeûne, les budgets sont serrés. Les prix affichés dans les vitrines continuent à défier les lois de la gravité et poursuivre leur montée vertigineuse. Dans son enquête de mois de février relative à l’évolution de l’indice des prix à la consommation, l’INS a souligné une hausse d’environ 10 % des prix de l’habillement par rapport à la même période de 2024. Une situation qui pousse beaucoup de ménage à serrer davantage leur ceinture. Comme c’est cas de Sami, père de trois enfants âgés de 6 à 12 ans et qui avoue être obligé de renoncer à certains achats pour ne pas dépasser mon budget.
Plusieurs parents avaient pris leur disposition pour atténuer les effets de cette fausse des prix sur leur portemonnaie en profitant des soldes d’hiver qui ont duré plus de huit semaines et qui ont pris fin mars 2025. «J’ai acheté les vêtements de mes enfants pendant les soldes. Les prix étaient bien plus raisonnables», confie Leïla, une mère de deux enfants. Mais pour ceux qui n’ont pas pu en profiter, la recherche d’articles abordables relève du défi.
Face à la hausse généralisée des prix, de nombreuses familles se tournent vers les friperies, où les vêtements de seconde main sont vendus à des prix attractifs. «Au regard des prix exorbitant affiché dans la plupart des commerces, la friperie est une véritable bouée de sauvetage pour beaucoup de Tunisiens», note Karim, jeune père de famille qui travaille dans le bâtiment. «Je suis adepte de la fripe dans laquelle je peux habiller mes deux garçons à moindre coût, même si ce n’est pas du neuf mais c’est de bonne qualité», dixit-il.
En plus des vêtements les familles tunisiennes s’attachent également à préparer les gâteaux traditionnels de l’Aïd. Les commerces dédiés aux fruits secs et autres ingrédients indispensables pour la préparation des pâtisseries traditionnelles ne désemplissent pas. Même constat pour les prix: c’est presque interdit aux revenus modestes. Certains prennent quand même le risque de dépenser au-dessus de leur capacité «Les amandes et les pistaches coûtent cher, mais on ne peut pas faire l’impasse sur les gâteaux de l’Aïd», explique Fatma, une mère de famille rencontrée dans une épicerie à la rue d’Espagne.
Tradition oblige, les préparatifs pour la fête de l’Aïd El-Fitr pousse beaucoup de familles tunisiennes à se débrouiller pour ne pas laisser les dépenses excessives grignoter davantage leur pouvoir d’achat. Mais, le renchérissement des prix semble déjà leur promettre un arrière-goût amer.
H.G.
A la Galerie Saladin : Exposition commémorative du 10ème anniversaire de la disparition du peintre et écrivain Foued Zaouche
Dix ans après la disparition de l’illustre peintre et écrivain Foued Zaouche, son œuvre renaît sous les projecteurs à travers une exposition rétrospective qui se tiendra du 25 au 28 mars 2025 à la Galerie Saladin à Sidi Bou Said. Initiée et portée par sa famille, cette exposition rend hommage à la mémoire d’un artiste dont le regard sensible a su capturer la richesse et l’authenticité des traditions tunisiennes.
Le vernissage, prévu le 25 mars, revêt une grande symbolique : il marque le dixième anniversaire de sa disparition à l’âge de 71 ans et inscrit cette rétrospective dans une démarche de transmission et de mémoire, honorant l'héritage d'un artiste dont le pinceau et la plume ont profondément marqué la scène artistique et culturelle tunisienne.
Né à Tunis le 26 juin 1944 et décédé le 25 mars 2015, Foued Zaouche a été formé à l’art dès l’âge de 29 ans à Paris, où il perfectionne son approche de l’anatomie, de la perspective, de la gravure et de la sculpture. Suivant un courant pictural naturaliste, il explore le portrait, la peinture d’histoire, la scène de genre et le patrimoine tunisien. Ses toiles immortalisent le quotidien tunisien : cafés animés, salons de musique, traditions locales, mais aussi paysages et natures mortes. Sa peinture, dans la pure tradition de la peinture de chevalet, se distingue par une approche minutieuse du détail et une palette vibrante qui donne vie à des scènes empreintes de réalisme et d'émotion.
La carrière artistique du regretté Foued Zaouche prend son envol en 1979 avec une première exposition personnelle à la galerie Jean Camion à Paris, suivie d’une seconde l’année suivante. De retour en Tunisie, il expose à la galerie Yahia en 1981, avant d’entamer une collaboration prolifique avec le musée de Sidi Bou Said, où il organise vingt-deux expositions entre 1982 et 2007. En 2010, il inaugure son propre espace, « L'Atelier du dedans », à Gammarth dans la banlieue nord de Tunis.
Cette rétrospective ne se limite pas à son œuvre picturale : elle met également en lumière son travail d'écrivain et de chroniqueur en présentant sept romans et un livre d’art. A travers ses écrits, Foued Zaouche porte un regard critique sur la société, la politique et la culture tunisiennes.
Parmi ses ouvrages figurent « Regards » (1999), « L’Affrontement » (2001), « La Fiancée de Amor » (2002, en français et en arabe), « Mensonges » (2003), « Le Maître du jeu » (2004), « L’Homme, ce Cro-Magnon de la conscience » (2007) et « Chroniques » (2008). Il a également collaboré avec le magazine « Réalités » et Leaders, partageant ses analyses et réflexions sur des sujets d’actualité, de société, de politique et de culture.
Cette avant-première, qui aspire notamment à faire re/découvrir l’œuvre de Foued Zaouche aux nouvelles générations et à valoriser le patrimoine culturel tunisien à travers son art, préfigure une grande rétrospective qui aura lieu du 31 mai au 22 juin 2025, nourrie par plusieurs de ses toiles, où chaque trait, chaque couleur et chaque forme raconte l'âme de ses coups de pinceau.
Le Quotidien avec TAP
Joué au « Tunis, Théâtres du Monde » : « Sucre: An Ice Cream for a Nice Crime » ... Quand la douceur du sucre porte le poids de l’esclavage
La salle « Le 4ème Art » à Tunis a accueilli, dans la soirée du dimanche 23 mars 2025, la performance théâtrale et dansée « Sucre: An Ice Cream for a Nice Crime », mise en scène par Abdoulaye Trésor Konaté de la Côte d’Ivoire, dans le cadre de la troisième édition de la manifestation « Tunis, Théâtres du Monde » (du 20 au 27 mars 2025).
Cette œuvre artistique propose une expérience scénique fusionnant jeu corporel dramatique, histoire, musique et lumière, dévoilant ainsi les complexités de l'héritage de l’esclavage et de la domination coloniale. Ici, le sucre se transforme en un symbole d’une douceur illusoire, masquant des crimes coloniaux et une longue histoire de souffrance et de servitude.
Dès les premières secondes du spectacle, le public se trouve face à une mise en scène non conventionnelle : sur un sol recouvert de grains de sable et de sucre éparpillés, un danseur au corps épuisé, au regard perdu, évolue comme une entité portant en elle le poids de l’esclavage, toujours présent malgré le passage du temps. Les mouvements alternent entre chutes et redressements, entre rotations et arrêts soudains, comme si le corps dialoguait avec lui-même, cherchant à s’extraire d’un cycle infini d’exploitation et de domination. Dans cette dramaturgie du geste, les mots deviennent superflus : c’est le corps qui parle, qui exprime la douleur, mais aussi la résistance.
« Sucre: An Ice Cream for a Nice Crime » porte à premier coup d’œil intrigue. Il repose sur une contradiction linguistique frappante et porte en lui une multitude de significations. Le sucre, souvent associé à la douceur et au plaisir, cache pourtant une histoire sombre, intimement liée au colonialisme, à l'esclavage et à l'exploitation économique des colonies africaines. Il représente ici une matière première transformée en marchandise mondiale, dont la production a eu un impact dévastateur sur la vie de millions d’esclaves forcés de travailler dans les plantations. Ainsi, le titre joue sur cette dualité entre la douceur apparente et la réalité brutale, mettant en lumière le contraste saisissant entre la forme et la profondeur du récit historique.
« Ice Cream » et « Nice Crime », un titre évocateur/provocateur
L’expression « An Ice Cream » évoque l’enfance et l’innocence, mais le fait de l’associer à un contexte de « crime » crée un effet de tromperie. Elle devient une métaphore puissante de la manière dont l’exploitation économique et le colonialisme ont été dissimulés sous des apparences séduisantes et attractives, cachant en réalité des siècles de souffrance.De même, la combinaison « Nice Crime » (Beau Crime) crée une sorte de choc sémantique à la fois évocateur et provocateur. Habituellement, un crime est un acte inhumain et condamnable ; or, le qualifier de « nice » (agréable) dissimule une ironie mordante. Cette juxtaposition inattendue reflète le paradoxe fondamental du spectacle : comment les atrocités du colonialisme et de l’esclavage ont-t-elles pu être présentées, voire acceptées, sous une forme socialement et économiquement légitimée ? Comment l’exploitation continue-t-elle aujourd’hui sous des formes modernisées, sans être perçue comme intrinsèquement violente ? Ce questionnement lève le voile sur l’illusion qui entoure l’histoire coloniale et ses répercussions contemporaines.
Un choix visuel puissant
L’un des éléments clés du spectacle réside dans l’utilisation du sucre comme élément visuel et métaphorique sur scène. Depuis le XVIIème siècle, le sucre est devenu l’une des marchandises les plus prisées sur les marchés européens, mais derrière cette douceur apparente se cache l’histoire tragique de millions d’êtres humains réduits à l’esclavage pour cultiver la canne à sucre dans les Caraïbes et les Amériques. Le spectacle manipule cette substance comme un miroir du système colonial : tout comme le sucre a été transformé en un produit de luxe pour l’Europe, les corps des esclaves ont été réduits à de simples instruments de production.
Dans la mise en scène, le sucre envahit l’espace, s’accroche aux corps, s’insinue dans les mouvements comme un fardeau invisible mais omniprésent. Ce choix visuel simple, mais puissant, confronte le spectateur à une question essentielle : comment les structures d’exploitation du passé continuent-elles à se reproduire aujourd’hui sous d’autres formes ?
L’espace théâtral ne sert pas seulement de cadre au jeu dramatique : il devient lui-même un élément dramatique à part entière. Le sol sablonneux, recouvert de sucre, crée un paysage visuel troublant, où chaque pas, chaque chute, chaque frottement du corps contre la terre résonne comme un écho du travail forcé, de l’épuisement et de la lutte. Le sucre, sous les projecteurs, semble d’abord scintiller, presque séduisant, avant de révéler sa nature suffocante et collante -une métaphore des chaînes invisibles que l’histoire impose au corps noir.
L’éclairage joue également un rôle crucial : des lumières chaudes évoquent le soleil des plantations, tandis que des tons froids rappellent la brutalité des usines modernes. A certains moments, les projecteurs illuminent le sucre au sol, lui donnant un éclat presque hypnotique -une fausse promesse de richesse et d’abondance, dissimulant en réalité l’exploitation qui le sous-tend-.
Le corps, outil de résistance
L’ensemble du spectacle repose sur le langage du corps, à travers des mouvements chorégraphiques d’une grande précision. Derrière leur fluidité et leur esthétique harmonieuse, ces gestes expriment une profonde douleur. Certaines séquences gestuelles se répètent en boucle, renforçant une impression d’enfermement, d’une souffrance qui se prolonge à travers les générations.
Parfois, le danseur se redresse, lutte, cherche à briser ce cycle infernal, mais l’épuisement le rattrape, et son corps s’écroule à nouveau sous le poids d’un héritage historique inéluctable. Pourtant, même dans la chute, il y a une trace de révolte : un refus de céder face à la fatalité.
À travers ce spectacle, Abdoulaye Trésor Konaté interroge la condition humaine et les formes contemporaines d’exploitation. L’esclavage, autrefois matérialisé par des chaînes, des navires négriers et des plantations, se perpétue aujourd’hui sous des formes plus insidieuses : travail forcé, domination économique, discriminations systémiques, consumérisme aliénant.
Le spectacle ne cherche pas à imposer une réponse, mais plutôt à susciter réflexions sur la relation entre passé, présent et avenir. Il nous rappelle que les cicatrices de l’histoire ne disparaissent pas – elles se transforment et prennent de nouveaux visages. Sommes-nous prêts à les voir, à les reconnaître et à les affronter ?
Avec « Sucre: An Ice Cream for a Nice Crime », la scène devient un lieu de mémoire et de résistance, où le corps, malgré la douleur, résiste, danse et proclame son existence.
Ramadan au Caire : Ça se vit dans les rues !
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
En Egypte en général et au Caire en particulier, le Ramadan se vit de manière très spéciale avec une animation populaire particulière et des coutumes qui ne s’usent jamais.
Les rues du Caire vont s’agiter quelques instants après le coucher du soleil et son appel à la prière, avec ses marchands vendant de tout, du Basboosah (un dessert traditionnel fait de farine de semoule, de yogourt et de noix de coco) au Faanoos (lanterne) de jasmin. Les papiers multicolores suspendus comme des bannières entre les bâtiments annoncent la présence du plus important des mois.
Les prunes séchées, les abricots et les dates circulent dans toutes les cuisines de la ville. Les enfants aussi bien que les adultes se délectent du traditionnel "eddeen Qamar", une épaisse boisson à base d’abricot et de feuilles d'abricot. Les maisons sont semblables à des magasins d'alimentation, remplies Kunaafah et gorgées du sirop des bonbons Qataayif.
"Le mois de Ramadan en Egypte se vit dans les rues," dit Nora Hussein, une mère de deux enfants qui a passé 25 Ramadans au Caire. «Les enfants sont tellement heureux et les gens semblent si proches les uns des autres."
Tous les jours, les Égyptiens se rappellent les aspects importants de ce mois de jeûne par la mise en place de tentes dans les rues où les plus nécessiteux peuvent recevoir un Iftaar (repas de rupture du jeûne) gratuitement. Les chauffeurs de taxi sont à leur manière tout heureux dans leurs vieilles voitures noires et blanches à la recherche de clients allant manger dans les restaurants dans la zone de Tahreer Square ou vers le bas de la corniche d'Alexandrie.
"Le mois de Ramadan en Égypte est unique au monde», explique Hussein, souriant rien qu’à l’évocation de son nom. "Je ne sais pas comment un endroit dans le monde pourrait être plus vivant que cette ville. Même les pyramides et le Nil semblent s'animer."
M.B.S.M.
Appel à candidatures pour trois résidences artistiques en France
Les appels à candidatures pour les résidences artistiques 2025-2026, initiés par l’Académie des beaux-arts en partenariat avec la Cité internationale des arts, sont désormais ouverts jusqu’au 6 avril 2025. Trois programmes sont proposés : arts visuels, chorégraphie et architecture & paysage, chacun offrant une résidence à Paris à partir du 3 septembre 2025.
Ouverts aux artistes de toutes nationalités, ces programmes s’adressent à des professionnels disposant d’au moins cinq années de pratique artistique ou d’un diplôme dans leur discipline. Les candidats doivent également justifier d’une expérience de diffusion à l’échelle nationale ou internationale.
Ces résidences offrent un accompagnement sur mesure : rencontres avec les académiciens, participation à des expositions et événements, interventions lors des séances de l’Académie, séminaires et visites professionnelles. Les résidents rejoignent une communauté dynamique de plus de 300 artistes de toutes disciplines et origines, en immersion au cœur de la scène artistique parisienne.
Ce dispositif s’inscrit dans une politique active de soutien aux artistes portée par l’Académie des beaux-arts, en lien avec son réseau de partenaires internationaux tels que la Villa Médicis, la Villa Albertine ou encore le Château de Lourmarin. Il renforce également l’engagement de la Cité internationale des arts en faveur de la création contemporaine et de l’accueil artistique.
Les frais de transport ne sont pas pris en charge, et les candidats ne doivent pas avoir bénéficié d’une résidence antérieure à la Cité. Toutes les informations et les modalités de candidature sont disponibles sur le site de la Cité internationale des arts.
Edito : Bien-être et bonheur : Nous sommes encore loin ! - Par Kamel ZAIEM
Les Tunisiens sont-ils moins heureux et moins épanouis qu’avant ? Le rapport sur le bien-être et le bonheur dans le monde place la Tunisie à un rang relativement décevant avec un quotidien pas très gai. Faut-il croire à ce classement ? De toute façon, les spécialistes en la matière vont sûrement nous révéler les raisons qui nous empêchent de…nager dans le bonheur.
Pour revenir à ce classement, établi par le World Happiness Report 2025 et publié le 20 mars par l'ONU, notons que la Finlande conserve sa position de pays le plus heureux au monde, tandis que la Tunisie se classe au 113e rang.
Notre pays, avec un score de 4,8 sur 10, occupe la 113e place, juste derrière le Maroc (112e) et bien loin de l'Algérie, qui se hisse au 84e rang avec un score de 5,4.
Ce classement est établi à partir de six critères principaux : le PIB par habitant, le soutien social, l'espérance de vie en bonne santé, la liberté, la générosité et la perception de la corruption.
Il faut reconnaître que la Tunisie, victime d’une dizaine d’année d’« enfer » après 2011 qui ont coupé l’élan d’un pays mis sus sur orbite pour mieux avancer à tous les niveaux, peine à améliorer le bien-être de sa population avec les séquelles de cette sombre période, dont notamment le chômage des jeunes, l'instabilité économique persistante, les tensions sociales, la baisse du pouvoir d'achat et une perception élevée de la corruption qui semblent peser lourdement sur le moral des Tunisiens. Cette situation place le pays au quatrième rang maghrébin, juste devant la Mauritanie (114e).
Parmi les pays du Maghreb, l'Algérie se distingue en occupant la 84e place mondiale et la 3e position sur le continent africain. Pourtant, on voit chaque année les Algériens arriver par millions pour faire le plein de bonheur et pour profiter de meilleures conditions de détente en Tunisie et à bas prix par rapport à ce qu’ils paient chez eux.
A titre indicatif, la Tunisie était classée au 98e rang de ce rapport en 2016 et 102e en 2017. En 2018, elle a chuté à la 111e place.
D’après cette étude, le classement de l’Algérie devant ses deux voisins est logique. Le Maroc et la Tunisie, bien qu’étant dans la même région, enregistrent des scores de bonheur inférieurs. Au Maroc, la population exprime une forte perception des inégalités économiques, un facteur influençant négativement la satisfaction de vie. En Tunisie, les difficultés socio-économiques persistantes sont des éléments qui pèsent sur le moral des habitants.
Avec un tel classement, la Tunisie est appelée à se déployer encore plus pour se rattraper et pour rendre ses citoyens plus heureux. Et ce ne sont pas uniquement les facteurs économiques qui assurent ce bonheur. Ailleurs, on « enseigne » le bonheur aux élèves pour mieux adapter et orienter leur bien-être.
En effet, les écoles allemandes ont intégré un nouveau sujet dans leurs programmes : le Bonheur. Cette initiative innovante vise à enseigner aux élèves comment atteindre et maintenir un état de bien-être. Les élèves explorent ce qui rend l’amitié significative et, par extension, ce qui contribue au bonheur. En discutant des qualités d’une bonne relation amicale, les jeunes apprennent l’importance du respect, de la fiabilité et de la confiance.
Selon des spécialistes allemands qui ont encouragé cette initiative, ce cours aide les élèves à améliorer leur estime de soi, à trouver leur propre formule de bonheur, à apprécier les petites choses de la vie quotidienne et à gérer les effets négatifs des réseaux sociaux sur leur bien-être.
Verra-t-on, dès lors, le bonheur enseigné dans nos écoles ? A vrai dire, avec les balbutiements et les changements fréquents de politique d’enseignement, on en est encore très loin !
K.Z.
Le nouvel album d’Anouar Brahem « After the Last Sky » sortira le 28 mars
Huit ans après "Blue Maqams", le maître tunisien du oud Anouar Brahem revient avec un nouvel album intitulé "After the Last Sky", dont la sortie est prévue pour le 28 mars 2025. Le titre est inspiré d’un vers du poète palestinien Mahmoud Darwish, également utilisé il y a 40 ans, par Edward Said, pour une méditation sur l’exil et la mémoire.
Enregistré en mai 2024 à l’Auditorio Stelio Molo RSI de Lugano (Suisse) sous la direction de Manfred Eicher, ce projet réunit un quartet international composé de Dave Holland (contrebasse), Django Bates (piano) et pour la première fois Anja Lechner (violoncelle), aux côtés de Brahem au oud. Ce nouvel ensemble entame parallèlement une tournée européenne qui passera par la France, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et la Belgique.
"After the Last Sky" explore la question de l’exil, de l’identité et du déracinement à travers une musique de chambre délicate, marquée par une forte charge émotionnelle et politique. Les compositions mêlent les modes arabes traditionnels aux influences jazz et classiques, dans une esthétique minimaliste et introspective. Le jeu de Dave Holland, déjà remarqué dans Thimar (1998), offre à Brahem un appui essentiel. Le piano aérien de Bates et la profondeur du violoncelle de Lechner enrichissent un univers sonore toujours plus ouvert.
L’album est également marqué par les réflexions du journaliste Adam Shatz, auteur d’un essai sur Frantz Fanon. Il replace la musique de Brahem dans un continuum esthético-politique, en lien avec le combat palestinien et les tensions actuelles. Selon lui, les titres des morceaux sont des "indicateurs d’écoute" pour qui veut saisir les intentions de l’artiste.
Anouar Brahem reste fidèle à sa vision : une musique profondément enracinée mais universelle, exigeante mais accessible, méditative mais engagée. Un artiste libre, qui continue de tracer son propre chemin, hors des sentiers battus, au croisement des traditions et de la modernité.
Affaire des nourrissons décédés à l’hôpital de la Rabta : verdict attendu le 4 avril
La chambre criminelle n°17 de la Cour d’appel de Tunis a décidé de mettre l’affaire concernant la mort des nourrissons à l’hôpital de la Rabta en délibéré, avec un jugement prévu pour le 4 avril prochain.
La procureure de la République près le tribunal de première instance de Tunis avait ordonné l’ouverture d’une enquête pour élucider les circonstances de la mort de plus de quinze nourrissons à l’hôpital de la Rabta au cours des dernières années. À la suite de l’enquête, un responsable de la maintenance au ministère de la Santé, la cheffe du service et un pharmacien de l’hôpital ont été poursuivis en liberté pour homicide involontaire.
La cheffe de service et le pharmacien ont été condamnés à huit mois de prison, tandis que le responsable de la maintenance a vu son affaire classée sans suite.
Golf : La Tunisie vibre au rythme de deux tournois ALPS Tour
Lors de la journée du samedi 22 mars marquée par des vents modérés s’intensifiant vers les derniers trous, l’Espagnol Álvaro Hernández Cabezuela a remporté le Tunisian Golf Open 2025.
Ce tournoi qui rentre dans l'ALPS Tour, circuit professionnel européen de golf masculin, vient de se dérouler au Residence Golf Tunis dans la période qui s’est étalé du jeudi 20 au samedi 22 mars.
Avec un score total de 13 sous le par (69-62), Cabezuela a livré la meilleure performance de la journée, décrochant ainsi sa deuxième victoire de la saison en seulement quatre tournois. L’Italien Jacopo Vecchi Fossa et l’Espagnol Rocco Repetto terminent ex æquo à la deuxième place avec un score de 11 sous le par.
La cérémonie de remise des prix a été rehaussée par la présence du ministre du Tourisme, Soufiane Tekaya. Cette présence significative du ministre visait à soutenir l’organisation de ce type de tournoi de golf, qui représente un apport touristique et sportif certain pour la Tunisie, d’autant plus que ces tournois s’inscrivent dans le cadre des efforts promotionnels continus de l’Office National du Tourisme Tunisien en vue de diversifier l’offre touristique, de rompre avec la saisonnalité et d’assurer la visibilité de la destination comme un haut lieu de qualité.
Classement de l’ordre du mérite de l’ALPS Tour après le Tunisian Golf Open 2025
Avec sa victoire, Álvaro Hernández Cabezuela prend la tête du classement avec 14 794,88 points. Quentin Debove recule à la deuxième place avec 10 026,00 points, tandis que Javier Barcos Garbayo complète le podium avec 9 758,50 points.
Il est à rappeler que le Tunisian Golf Open 2025 a été organisé en partenariat avec l’Office National du Tourisme Tunisien (ONTT), la Fédération Tunisienne de Golf, The Residence Tunis et avec l’appui de KIA Motors, JII Sports et Nouvelair.
Après le succès du Tunisian Golf Open 2025, la caravane des 120 golfeurs de l’ALPS Tour a mis le cap, dès samedi soir, sur Tabarka pour enchaîner avec le tournoi « La Cigale Golf Open 2025 », qui se déroulera officiellement du mardi 25 au jeudi 27 mars.
Ils profiteront des journées du lundi et du mardi pour découvrir « La Cigale Tabarka Golf », son parcours exceptionnel (Par 72, 6 306 mètres) et son club-house, qui a méritoirement intégré le cercle prestigieux du golf haut de gamme.
Ils enchaîneront ensuite avec le tournoi dès le mardi, pour un nouveau tour d’élégance dans notre pays, qui fera certainement « swinguer » leurs cœurs et marquera leur esprit.
















