Rencontre - La chercheuse et universitaire Fatma Lakhdar Maktouf : Pour un projet national renforçant la lecture auprès des enfants et des jeunes
Imen ABDERRAHMANI
Fine connaisseuse de la littérature pour enfants et du patrimoine tunisien, l’éminente chercheuse, écrivaine et universitaire Fatma Lakhdar Maktouf partage avec nos lecteurs son approche. Comme la musique, la lecture adoucit les mœurs!
Des enfants accros à leurs appareils. Des enfants qui boudent la lecture. Des enfants qui souffrent des difficultés psychiques et de maladies physiques à cause d’une longue exposition aux écrans. Nos enfants ne lisent plus ou rarement que lorsqu’il s’agit d’un devoir scolaire. Avec la montée de la violence scolaire, il faut penser au livre comme outil de sauvetage de nos enfants et de nos jeunes.
Fine connaisseuse de la littérature pour enfants, l’universitaire Fatma Lakhdar Maktouf, qui a figuré parmi les jurys de différentes compétitions du livre pour enfants, nous explique les raisons d’un désistement qui pèse lourdement sur les psychologies de nos enfants.
«Nous savons tous que les livres favorisent le développement de l’enfant à plusieurs niveaux. Pour rendre votre enfant accro à la lecture, il faut le familiariser avec le livre dès le bas âge. Alors, pour faire face à la pandémie numérique et pour pouvoir sauver son enfant de la dépendance aux écrans, il faut que le livre soit attractif, séduisant déjà dès la couverture sans également négliger l’importance d’une illustration bien soignée, adaptée au thème, recherchée qui fuit le déjà-vu dans d’autres livres», a expliqué l’universitaire Fatma Lakhdar Maktouf.
Ce n’est jamais un jeu d’enfants
«Il ne faut pas prendre la question de l’écriture pour enfants à la légère. Ce n’est jamais un jeu d’enfants. Le livre doit être attrayant, doit rivaliser avec la beauté de ces images que l’enfant voit sur son smartphone ou ordinateur. Il faut aussi que le contenu soit adapté à ce que vit l’enfant aujourd’hui. Et il faut également que la lecture ne soit pas présentée à l’enfant comme un calvaire ou une punition. Au contraire, c’est un agréable moment d’échange avec les autres s’il s’agit d’une séance de lecture à l’école ou à la maison, c’est un moment de découverte, de rêve, d’évasion, de création…», note l’écrivaine et chercheuse, rappelant l’expérience de nombreux pays européens où les livres pour enfants sont conçus comme des livres-jouets, vendus dans des coffrets attrayants pour les petits comme pour les grands.
«L’édition des livres pour enfants en Tunisie est encore loin de ce qu’on voit dans les salons et les foires du livre dans le monde, pour de nombreuses raisons. J’ai été agréablement surprise lors de ma participation à la 56è édition du Salon du livre du Caire qui a eu lieu fin janvier-début février de cette année par une maison d’édition du Sultanat d’Oman dont les livres pour enfants ont été de vrais bijoux, des livres d’art. Ils ont été d’une beauté dans l’exécution qui rivalisait avec les livres pour enfants des maisons d’édition françaises ou autres», souligne Fatma Lakhdar Maktouf, précisant qu’en l’absence d’un vrai mouvement de critique et médiatisation des livres pour enfants primés et des livres publiés, le résultat reste au-dessous des attentes.
Quel livre pour ados?
«L’écriture pour les jeunes est un exercice délicat. Le livre doit être attractif, attisant la curiosité de ce lecteur-adolescent aux besoins «spécifiques». En se penchant sur l’écriture pour les jeunes, il faut mettre dans la tête les enjeux psychiques de cette tranche d’âge et également étudier le message à véhiculer et analyser les expressions utilisées», précise-t-elle, ajoutant qu’en écrivant des romans de science-fiction ou historiques pour jeunes, bref, n’importe le genre, il faut bien se documenter sur le sujet pour pouvoir développer son écriture, ipso facto, réussir à attirer l’attention de ce jeune.
«Aujourd’hui, nous avons besoin d’un projet national qui prend en considération tous les maillons de la chaîne, avec des objectifs clairs pour faire évoluer le secteur de l’édition pour enfants et réconcilier nos petits et nos jeunes avec la lecture», déclare Fatma Lakhdar Maktouf, estimant que certains sujets peuvent aider à éveiller nos jeunes sur tant de questions d’actualité et développer leur sentiment d’appartenance à la Tunisie et de fierté d’être tunisien.
La Tunisie des arts et des sciences
«Nous avons dans notre héritage culturel et civilisationnel tant d’histoires et tant d’importantes réalisations qui pourraient séduire nos jeunes», explique la conférencière et la chercheuse qui, lors d’une conférence donnée récemment, dans le cadre de la 56è édition du Salon international du livre du Caire, février dernier, a rappelé le rôle fondamental de l’école médicale de Kairouan, ses fondateurs, ses innovations et les traces qu’elle a laissées dans la longue histoire de la médecine.
La chercheuse qui a déjà établi de nombreux manuscrits médicaux, qui ont été publiés dans des ouvrages référentiels tels que «Invitation des médecins» ou «Banquet des médecins» (Da’wat al-atibba) d’Ibn Butlan, lauréat du prix du CREDIF en 2002 et «Le traité de la mélancolie et d’autres œuvres» d’Ishq Ibn Imran, paru en 2023, dans les éditions de la Bibliothèque nationale tunisienne (BNT) et «Arabesques Editions» a mis l’accent sur l’apport des médecins kairouanais et leurs œuvres qui ont circulé et ont influencé autant le monde arabe que l’Europe latine. Sa conférence au Salon du livre du Caire a été une invitation pour le grand public pour lire et relire l’histoire de la Tunisie, pour découvrir sa richesse patrimoniale au-delà des clichés.
I.A.
Présidence du CIO : La Zimbabwéenne Kirsty Coventry plébiscitée
Le 10e président du Comité International Olympique sera donc une présidente : la Zimbabwéenne Kirsty Coventry a été élue présidente du CIO, il y a quelques jours, lors de la 144e session du CIO.
Ancienne nageuse âgée de 41 ans, elle était la seule femme candidate. Elle affiche un palmarès olympique impressionnant avec sept médailles, dont deux en or, en cinq éditions. Elle était l'athlète africaine la plus titrée de l'histoire olympique, elle est désormais la première présidente issue du continent africain.
Ministre des Sports dans son pays, elle a connu une ascension fulgurante au sein du CIO : entrée en 2013, elle a présidé la commission des athlètes, siège depuis 2018 à la commission exécutive et dirige la commission de coordination des JO-2032 de Brisbane.
"La jeune fille qui a commencé la natation au Zimbabwe il y a tant d'années n'aurait jamais pu rêver de ce moment", a-t-elle déclaré à l'annonce de sa victoire. "Je suis particulièrement fière d'être la première femme présidente du CIO, ainsi que la première originaire d'Afrique. J'espère que cette élection sera une source d'inspiration pour de nombreuses personnes. Aujourd'hui, un plafond de verre a été brisé et je suis pleinement consciente de mes responsabilités en tant que modèle."
Sept candidats à la succession de Thomas Bach se trouvaient sur la ligne de départ : outre Kirsty Coventry, le Français David Lappartient, le Britannique Sebastian Coe, patron de World Athletics, l'Espagnol Juan Antonio Samaranch Jr., et le Japonais Morinari Watanabe, le prince jordanien Faisal al-Hussein et le Britanno-Suédois Johan Eliasch étaient candidats.
L'élection s'est tenue à bulletin secret à 15 h 45. La 144e session a abouti en un seul tour à un vainqueur, a alors annoncé Christophe De Kepper, le directeur général de l'organisation. La retransmission a aussitôt été coupée une trentaine de minutes, avant que Thomas Bach en personne prenne la parole pour annoncer son héritière, qu'il aurait discrètement soutenue pendant la campagne.
"Il ne fait aucun doute que l'avenir de notre mouvement olympique est radieux et que les valeurs que nous défendons continueront à nous guider dans les années à venir", a salué l'Allemand.
Durant la 144e session, le 9e président en a profité pour souligner que les Jeux de Paris avaient représenté "le point culminant" de son "long voyage" à la tête du monde sportif, en voyant aboutir les réformes lancées dix ans plus tôt : parité chez les athlètes, impact environnemental limité par l'emploi d'infrastructures existantes, mais aussi première médaille pour l'équipe olympique de réfugiés et première nurserie au sein du Village olympique. Un héritage qu'il laissera désormais officiellement entre les mains de Kirsty Coventry le 23 juin prochain.
Selon le Mufti de la République : lundi prochain 31 mars, sera le premier jour de l'Aïd El Fitr
Le Mufti de la République, Cheikh Hichem Ben Mahmoud, a annoncé que lundi prochain 31 mars, sera le premier jour du mois de Chawal 1446 Hégirien et de l'Aïd El Fitr.
Des dates différentes selon les pays
La fête de l’Aïd al-Fitr, qui marque la fin du mois sacré du Ramadan, sera célébrée ce dimanche 30 mars 2025 dans de nombreux pays arabes, après la confirmation officielle de la vision du croissant lunaire. L’Arabie saoudite, le Qatar, les Émirats arabes unis, le Koweït, le Bahreïn, le Yémen et l’Irak ont tous annoncé que dimanche est le premier jour de l’Aïd pour l’an 1446 de l’Hégire.
Plusieurs pays ont confirmé la vision du croissant lunaire ce samedi 29 mars, annonçant ainsi que l’Aïd sera célébré demain, dimanche 30 mars : Arabie saoudite, Qatar, Émirats arabes unis, Koweït, Bahreïn, Yémen, Palestine et Liban.
Ces pays ont confirmé la vision du croissant lunaire ce samedi soir, validant ainsi l’entrée dans le mois de Chawwal à partir de dimanche.
En revanche, un groupe important de pays n’ont pas pu observer le croissant lunaire ce soir. Ils ont donc annoncé que dimanche sera le 30e jour de Ramadan et que l’Aïd al-Fitr sera célébré lundi 31 mars 2025 : Tunisie, Algérie, Égypte , Sultanat d’Oman, Syrie, Jordanie, Irak, Indonésie, Malaisie, Brunei, Pakistan, Inde, Bangladesh, Iran et Australie.
Ces différences reflètent, comme chaque année, les particularités des méthodes d’observation et d’interprétation religieuse entre les pays.
Editorial : Entre deux feux - Par Jalel HAMROUNI
Alors que l’entité sioniste poursuit ses frappes sur certains sites syriens, des médias israéliens font allusion à une possible confrontation entre l’entité sioniste et la Turquie en Syrie.
La Turquie et l’entité sioniste se sont rapidement immiscés dans le dossier syrien depuis la chute du régime de Bachar Al-Assad. L’entité sioniste a vite occupé la zone tampon avec la Syrie sur le plateau du Golan, telle que définie dans l’accord de désengagement de 1974. L’objectif affiché est d’empêcher la concentration d’organisations qu’elle qualifie de terroristes dans la région proche des territoires occupés, à moins qu’il n’y ait une armée syrienne organisée supervisant la frontière.
Mais l’étendue du contrôle de l’entité sioniste sur des zones en Syrie et les déclarations du ministre de la Défense, Yisrael Katz, selon lesquelles l’armée israélienne restera dans la zone de sécurité pour une période illimitée indiquent une intention sioniste à long terme. De ce fait, une confrontation entre l’entité sioniste et le nouveau régime syrien et son allié turc pourrait être inévitable.
En plus de l’intention d’établir une zone tampon le long de la frontière du plateau du Golan, les activités de l’entité sioniste ont pour objectif la création d’une ceinture de sécurité civile, et pas seulement militaire, visant à recruter la population druze concentrée dans la ville d’As-Suwayda en tant que force indépendante qui empêchera et freinera les activités des organisations hostiles, contrecarrant ainsi les ambitions d’établir un État syrien unifié.
La proposition de permettre aux Druzes d’opérer dans les territoires occupés, l’aide humanitaire que l’entité sioniste apporte dans les villages de la région et les activités des agents de renseignement en contact avec les dirigeants locaux renforcent la perception qu’il s’agit d’une opération à longue portée, qui rappelle la nature de la zone de sécurité établie au Liban pendant la première guerre de 1982.
Mais contrairement au Liban, où le pouvoir central n’existait pas pendant la guerre, la Syrie a un nouveau régime qui tente d’établir un État unifié basé sur l’aide économique et militaire de la Turquie, et le soutien de l’Arabie saoudite et du Qatar. Par conséquent, la stratégie israélienne d’exploiter la structure sectaire afin de construire des centres d’influence peut se retrouver en confrontation directe avec des forces régionales et internationales, notamment la Turquie.
En fait, Erdogan cherche à maintenir son influence sur la Syrie post-Assad à travers le soutien à certaines factions syriennes dans le nord du pays, ainsi qu’avec la présence diplomatique de la Turquie dans la capitale Damas pour devenir le premier pays à rouvrir les portes de son ambassade après la chute du régime Al Assad.
L’entité sioniste considère la Turquie comme un État ennemi qui cherche à remplacer la Russie en tant que sponsor militaire de la Syrie, et pourrait restreindre la liberté de son armée dans le ciel syrien et agir contre sa présence terrestre dans ce pays.
Jusqu’ici, la nouvelle administration syrienne se contente de condamner les agressions sionistes contre ses territoires qui ne cessent de se multiplier et de prendre de l’ampleur. Ahmed Al-Sharaa reste une figure suspecte, tant sur la scène syrienne interne que dans la communauté internationale. La couverture politique internationale et arabe qui se construit autour de lui laisse croire qu’il s’agit d’un pion dans un jeu régional qui se joue entre les grands.
Ces développements surviennent à la lumière d’un paysage international en mutation dans lequel la domination des puissances traditionnelles est en déclin, tandis que les pays de la région du Moyen-Orient réorganisent leurs alliances et leurs cartes pour servir leurs intérêts stratégiques. Au milieu de ces transformations, la région reste une arène ouverte aux conflits et aux tensions.
Alors que les équations de pouvoir régionales changent, les peuples de la région restent les grands perdants dans le jeu des intérêts majeurs et la refonte des cartes politiques.
J.H.
Mosquée de Soliman (Istanbul) : Une architecture impériale
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
La mosquée Süleymaniye ou mosquée de Soliman (en turc Süleymaniye Camii) est une mosquée impériale ottomane d'Istanbul, conçue par l'architecte Sinan pour le sultan Soliman le Magnifique et construite de 1550 à 1557.
La mosquée Süleymaniye et son complexe représentent une organisation urbaine étendue dans une vaste zone comprenant une école coranique (darülkurra), un hôpital, un bain public (hamam), un hospice, six collèges de théologie, des soupes populaires, des magasins, et les mausolées (türbe) du sultan Soliman et de son épouse Roxelane (Hürrem Sultan).
Cet édifice est situé sur l'une des collines d'Istanbul donnant sur la Corne d'or. La construction de la mosquée de Süleymaniye, à laquelle de nombreux artistes de l'époque (comme Ahmet Karahisar et son élève Hasan Çelebi pour les calligraphies) ont contribué, a été réalisée en tenant compte aussi bien de l'aspect global que des détails.
Les caractéristiques architecturales du monument en font l'un des plus remarquables de son genre : ses proportions harmonieuses — les dimensions intérieures de la mosquée sont de 70 m de long sur 61 m de large ; la lumière qui pénètre par les 138 fenêtres ; le dôme en cascade — de 27,5 m de diamètre et de 47,75 m de hauteur depuis le sol jusqu'à la clé de voûte —, percé de 32 fenêtres, supporté sur les côtés par des demi-coupoles. La mosquée est dotée d'un parvis à portiques couronnés de 28 dômes supportés par 24 colonnes monolithes antiques (2 en porphyre, 10 en marbre blanc et 12 en granite). Au centre de la cour se trouve un « şadırvan » (fontaine d'ablutions).
La silhouette de la Süleymaniye, avec ses quatre minarets (rappelant que Soliman était le quatrième sultan ottoman à Istanbul) effilés cerclés de dix balcons (Soliman était le dixième sultan de la dynastie ottomane), domine la ligne d’horizon de la rive méridionale de la Corne d'Or. C'est une des constructions les plus significatives de l'architecture turque ottomane. Sinan a réitéré le système porteur qu'il avait déjà utilisé dans la construction de la mosquée Bayezid à Istanbul. Ici, il a soutenu le dôme, en l'appuyant sur quatre piliers, par des demi-dômes en direction du mihrab d'entrée (le mihrab est une niche qui indique la direction de La Mecque). Les dômes et les demi-dômes transmettent leurs poids harmonieusement aux autres.
La mosquée est située dans une cour de 216 × 144 m, qui comprend également un türbe et un cimetière. À l’extérieur, les dimensions incluant la cour intérieure sont de 108 × 73 m. La mosquée mesure 59 m de long et 58 m de large à l'intérieur. La superficie de la cour est de 46 x 32 m. Le dôme principal mesure 53 m de haut, pour un diamètre de 27,25 m. La mosquée du sultan Selim II à Andrinople et la mosquée du sultan Ahmed à Istanbul atteignent des dimensions similaires. Sinan a installé dans le dôme central 64 récipients en argile, chacun de 0,5 mètre de diamètre, procurant une excellente acoustique.
La cour est entourée de quatre minarets, les deux faisant face à la mosquée étant plus hauts (81 mètres) que leurs homologues.
Dans le jardin derrière la mosquée principale se trouvent deux mausolées (türbe), où sont enterrés le sultan Süleyman Ier, son épouse Roxelane (Haseki Hürrem) et sa fille Mihrimah , sa mère Dilaşub Saliha et sa sœur Asiye, ainsi que les sultans Süleyman II, Ahmed II et la fille de Mustafa II, Safiye. En bordure du complexe se trouve le tombeau de l'architecte Sinan.
La mosquée de Süleyman était la fondation la plus ambitieuse de ce sultan, qui fit également construire des bâtiments publics remarquables dans le sud-est de l'Europe, en Anatolie, à La Mecque, à Médine, à Damas, à Jérusalem, à Bagdad, etc., afin de montrer et légitimer son pouvoir.
M.B.S.M.
Télévision tunisienne: « Oued El Bey » de Raouia Marmouch: Eclairages sur le bassin minier et ses militants
Par Imen Abderrahmani
De la fantasy historique, le feuilleton « Oued El Bey », malgré quelques critiques, mérite l’attention du spectateur pour l’histoire qu’il raconte et surtout pour ces excellents acteurs qui ne vous laissent pas indifférents.
Entre Gafsa et Tunis, se déroulent les évènements de « Oued El Bey », feuilleton diffusé sur la première chaîne tunisienne, en prime time, avec à l’affiche une pléiade d’acteurs chevronnés de différentes générations.
« Oued El Bey » qu’on traduit par « Le cours d’eau du Bey » est un grand et important quartier à Gafsa et où se déroule la majorité des évènements de ce feuilleton ou le fantastique ou l’imaginaire se croise avec le réel pour raconter la Tunisie d’avant-l’indépendance.
Critiqués par les Gafsiens pour la non-conformité du parler de certains acteurs avec le dialecte de Gafsa, critiqués par d’autres pour le travail des femmes dans les mines, jugé exagéré et irréel à l’époque, « Oued El Bey » est loin d’être un feuilleton historique dans le vrai sens du terme. S’inspirant des faits réels tels que la lutte des mineurs contre les autorités coloniales françaises, la lutte des Tunisiens de différentes classes sociales contre la colonisation pour l’indépendance, l’éducation des filles, le travail des femmes surtout dans les métiers réservés aux hommes comme les mines, le feuilleton est un beau récit, émouvant parfois, qui mérite d’être suivi…
Réalisée par la jeune et prometteuse réalisatrice RaouiaMarmouch, « Oued El Bey » apporte des éclairages sur le militantisme de la région du bassin minier et sa contribution dans le mouvement de libération nationale.
L’autre visage
Les décors bien étudiés qui rappellent cette époque, le feuilleton se démarque par cette poésie qui se dégage de ce jeu d’éclair-obscure qui ponctue certaines scènes même au cœur de la mine et du talent de nombreux acteurs qui ont porté l’histoire, réussissant à impliquer le téléspectateur. Parmi ces acteurs, nous citons Neji Kanawati qui a excellé dans le rôle de Souilah, un minier rebelle et syndicaliste, amoureux d’El Felha (Sawssen Maalej). Neji Kanawati sait bien séduire son spectateur par la justesse de son jeu et par les expressions très expressives de son visage.
Lauréat, lors des Journées théâtrales de Carthage, 2024, du prix du meilleur acteur, décerné par l’Union des artistes tunisiens, pour son rôle dans « Confessions » de Mohamed Ali Ben Said, Neji Kanawati a pu se distinguer, confirmant son talent du grand acteur au théâtre comme à la télé.
Mohamed Ali Tounsi, un autre acteur qui a réussi à imposer son talent dans le rôle de « Fadhel », jeune médecin, cultivé et syndicaliste. Captivant avec son jeu sincère, ce jeune acteur a su s’affirmer. Passant de la comédie (ses anciennes expériences théâtrales) au drame, Mohamed Ali Tounsi a bien traduit le tiraillement qu’a vécu les « intellectuels » à cette période-ci, qui travaillent et étudient dans des établissements contrôlés par les autorités coloniales françaises mais qui sont conscients de l’importance de lutter pour la liberté et pour l’indépendance.
Excellent casting
Aux côtés de Néji Kanawati et Mohamed Ali Tounsi, nombreux sont les acteurs qui se sont distingués tels que Yosra Massoudi dans le rôle de « Chiha », la belle et séductrice qui n’a en tête que devenir riche, Mohamed Hessine Grayaa dans le rôle du minier et syndicaliste, Mohamed Dahech dans le rôle de Daniel, cet exploitant français des mines qui s’est basé à Gafsa, Fareh Younsi dans le rôle de Hlala, ingénieur tunisien, originaire de Oued El Bey, au service de ses supérieurs français, Nedra Lamloum dans le rôle de la femme au foyer, cultivée et consciente de la conjoncture socio-politique… sans oublier également Sawssen Maalej, dans le rôle d’une jeune maman, syndicaliste qui travaille dans les mines, Wajiha Jendoubi, syndicaliste qui travaille dans les mines, Ali Khémiri dans le rôle du directeur d’un journal tunisien anti- colonial et Salah Jday dans le rôle de « Safi », un notable de Oued El Bey qui ne croit pas en l’importance de l’éducation surtout pour les filles et Latifa Gafsi qui est resté fidèle à son image de grande actrice. Mention spéciale au trio Salma Hobbi, Rabii Zammouri et Issam Abdennour qui a assuré la chanson du générique.
« Oued El Bey » aurait pu être meilleur, si les préparatifs ont commencé tôt. L’histoire est à suivre !
I.A.
Festival du film arabe de Malmö (MAFF): Quatre films tunisiens au programme
"Red Path "(Les enfants Rouges), Tanit d’or des 35èmes JCC, parmi quatre films tunisiens au programme du Festival du film arabe de Malmö (MAFF) qui aura lieu dans sa 15ème édition du 29 avril au 5 mai 2025, dans la ville de Malmö en Suède.
Le MAFF a dévoilé, jeudi, la liste des films au programme et des membres du jury des sections compétitives pour longs et courts- métrages.
"Red Path" film de fiction de Lotfi Achour et "Sudan, Remember Us" documentaire de Hind Meddeb sont retenus dans la Compétition des longs métrages composée de 12 films.
Lors des 35èmes Journées Cinématographiques de Carthage (JCC, 14-21 décembre 2024), « Red Path» a remporté le Grand prix du festival le prix du public.
"On The Edge" (Bord à bord) fiction de Sahar El Euchi, lauréat du Tanit de Bronze aux JCC 2024, est parmi une sélection de 11 films dans la compétition des courts- métrages.
"The Bridge" (Le pont) de Walid Matta, prix du meilleur long métrage de fiction de la compétition nationale aux JCC 2024, figure dans la section non compétitive "Arabian Nights " avec un film saoudien, "Il Signor" d’Aymen Khoja.
D’autres longs-métrages arabes récompensés aux JCC figurent dans la compétition notamment "Arzé" de la Libanaise Mira Shaib et "Salma" de Joud Said.
Le jury de la Compétition des longs métrages comprend l’actrice libanaise Takla Chamoun, le producteur marocain Karim Aitouna, la réalisatrice égyptienne Hala Khalil, la réalisatrice saoudienne Hind Al Fahhad et le producteur irakien Shaker K. Tahrer.
Le jury de la compétition des courts métrages est composé de la réalisatrice émiratie Aisha Alzaabi, la productrice égyptienne Sherin Magdy et l’acteur jordanien Monther Rayhnah.
Le programme comprend 35 films (23 longs- métrages et 12 courts- métrages) produits par 12 pays arabes, avec des coproductions de 10 pays occidentaux. En plus des deux sections compétitives et Arabian Nights, le festival propose des Projections Spéciales, Scolaires et Familiales.
Le célèbre acteur égyptien Ahmed Hilmy sera l’invité d’honneur du MAFF. Le film d’ouverture sera "Passing Dreams" du réalisateur palestinien Rashid Masharawi, coproduction entre la Palestine, la Suède, l’Arabie Saoudite et la France.
Le fondateur et président exécutif du Festival du Film arabe de Malmö, le suédois d’origine palestinienne Mouhamad Keblawi, a commenté le line-up de cette 15ème édition qui « rassemble une sélection des meilleures productions cinématographiques arabes récentes, reflétant la diversité culturelle et la richesse créative des cinéastes arabes ». Il a présenté une programmation "mettant en vedette des films puissants avec des thèmes fascinants et des visions de réalisateurs distinctives".
Le festival a décidé d’élargir les projections vers d’autres villes en dehors de Malmö, Lund et Landskrona, et ce partant de "son engagement à élargir le dialogue cinématographique et à faire connaître les films arabes à un public plus large".
Le MAFF promet une édition "remplie d’excellence artistique et de discussions significatives, renforçant la position de Malmö en tant que plateforme clé pour le cinéma arabe en Europe".
Fondé en 2011, le MAFF (Malmö Arab Film Festival) est devenu l’un des plus importants festivals dédiés au cinéma arabe en Europe. Le festival sert de plateforme aux cinéastes arabes pour présenter leur travail, s’engager dans un dialogue interculturel et se connecter avec des professionnels internationaux de l’industrie.
Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur: Kaouther Ben Hania, une carrière à l'honneur
A l'occasion de son quarantième anniversaire, le Festival International du Film Francophone (FIFF) de Namur (Belgique) célèbre huit figures majeures du cinéma francophone qui ont marqué son histoire, parmi lesquelles la cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania.
Créé en 1986, le Festival International du film francophone de Namur (FIFF Namur) est l’un des importantes manifestations cinématographiques mettant à l’honneur le film francophone. Pour cette nouvelle édition, il célèbrera la carrière de huit cinéastes qui se sont distingués, contribuant à l’enrichissement du catalogue artistique francophone. Parmi lesquelles la réalisatrice tunisienne Kaouther Ben Hania, « une cinéaste à la frontière du réel et de la fiction », écrit le FIFF qui se tiendra dans sa 40ème édition du 3 au 10 octobre 2025.
Faisant un retour sur quatre décennies de cinéma et de talents francophones, le FIFF invite les cinéphiles et le grand public à revivre les moments forts du festival à travers une rétrospective dédiée aux films et aux artistes qui ont façonné son histoire.
La cinéaste tunisienne Kaouther Ben Hania, figure incontournable du cinéma francophone, sera mise à l’honneur sur Sooner, la plateforme belge dédiée aux amoureux du cinéma qui donnera à re/découvrir à travers une rétrospective d'un large éventail d'œuvres, -des grands classiques aux films plus confidentiels, des productions belges et européennes aux œuvres primées à l'international- une filmographie qui émeut, choque et fait réfléchir, signée par Kaouther Ben Hania qui « bouscule les codes avec des films puissants, oscillant entre fiction et documentaire ».
Qu'il s'agisse de satire, de drame ou de témoignage poignant, son cinéma hybride frappe par son audace et sa profondeur : de « Le Challat de Tunis » (Bayard d'Or de la Meilleure Première Œuvre au FIFF 2014) à « Les Filles d'Olfa », en passant par « La Belle et la Meute » (présenté en compétition officielle au FIFF 2017) ou encore « L'Homme qui a vendu sa peau », sa filmographie explore les tabous, éclaire les réalités sociales et donne la parole à des figures féminines fortes.
Récompensée à Cannes et doublement nommée aux Oscars -une première pour une réalisatrice arabe- Kaouther Ben Hania s'impose comme une voix unique du cinéma contemporain, lit-on encore sur le site officiel du festival.
Le Festival International du Film Francophone de Namur (FIFF) est un événement cinématographique qui met en avant la diversité et la richesse du cinéma francophone. Depuis sa création en 1986, il met en lumière des œuvres engagées, audacieuses et innovantes, révélant de nouveaux talents tout en célébrant les figures majeures du septième art. Chaque année, le FIFF propose une programmation variée de courts et longs métrages, fictions, documentaires et animations. Ouvert aux vibrations du monde de la francophonie et de l'interculturalité, le festival constitue un espace d'expression et de rencontres et un tremplin pour les talents émergents.
Ramadan aux Etats-Unis : Des pratiques de plus en plus répandues et partagées
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
De Phoenix à Seattle, en passant par New York et Houston, les musulmans d'Amérique se regroupent dans les centres islamiques pour y prendre leur repas et effectuer ensemble la prière de Taraaweeh.
Aux Etats-Unis comme dans tout autre pays non-musulman, la mosquée remplie une fonction différente de celle qu’elle remplie dans les pays musulmans. En plus d’être l’endroit de la prière et du sermon du vendredi, elle est le centre islamique et la plaque tournante de toute la communauté musulmane. Elle est un point de rencontre pour les amis et le centre de toutes les activités de la communauté musulmane au cours du mois de Ramadan. Bon nombre de ses éléments préfèrent y rompre leur jeûne plutôt que le faire à la maison.
Les dernières années ont été pour les musulmans vivant aux Etats-Unis les années les plus difficiles, car ils ont eu à clarifier la nature de l’Islam, de ses enseignements et ont eu à clarifier leur position dans un pays non-musulman. Durant ce Ramadan, nombreux sont ceux qui, dans le but de faire connaitre l’Islam, ont invité les non-musulmans à se joindre à leurs Iftaars ou ont contacté les médias afin que ceux-ci couvrent d’une manière positive cet événement.
Les musulmans américains sont issus de toutes les contrées. Cela crée une ambiance multiculturelle qui reflète la vraie nature de l’islam qui est, avant tout, une religion universelle. Les repas de l’Iftaar sont aussi variés que les musulmans eux-mêmes, on y trouve un peu de tout : de la cuisine du sous-continent indien, de la cuisine du western américain aussi bien que des plats d’Extrême-Orient ou de la cuisine arabe.
Aux Etats-Unis, le mois sacré de Ramadan n’est plus une pratique totalement méconnue par la société américaine, dans la mesure où il est de plus en plus célébré en tant que symbole de partage et d’altérité, qui creuse son petit sillon dans une Amérique pluraliste et multiconfessionnelle.
Au cours des 20 dernières années, le Ramadan est devenu de plus en plus une tradition ancrée au sein de la société américaine. En 2016, le service postal américain (USPS) a créé un timbre “Spécial Eid Greetings”, orné d’une belle calligraphie dorée en célébration du mois sacré. Même le mot “Iftar”, le repas de rupture du jeûne, est devenu courant et a pris une ampleur sociale conviviale, rassemblant des fonctionnaires musulmans et non-musulmans travaillant au Capitole, au Pentagone ou au département d’Etat.
Par ailleurs, à l’occasion de ce mois, les actions caritatives se multiplient, et plusieurs associations musulmanes se mobilisent pour organiser des opérations de solidarité partout aux Etats-Unis.
Diverses initiatives de rupture du jeûne interreligieux fleurissent à travers le pays pendant le mois de Ramadan. Des mosquées et des associations musulmanes invitent les Américains d’autres confessions à partager le traditionnel repas d’Iftar avec leurs compatriotes musulmans.
“MakeSpace” est parmi les organismes communautaires musulmans actifs dans la Grande région de Washington qui encourage les familles musulmanes américaines à placer les repas de rupture du jeûne sous le signe du partage et à profiter de ce moment privilégié pour tisser ou renforcer les liens avec le voisinage, des connaissances, ou bien avec des collègues non-musulmans.
M.B.S.M.
Le taux directeur de la BCT ramené à 7,5% : Mieux que rien !
Hassan GHEDIRI
Après avoir obstinément maintenu son taux à 8% pendant plus de deux ans, la Banque Centrale a décidé d’alléger un tout petit peu sa politique monétaire tout en restant sur ses gardes…
Il a fallu beaucoup de temps pour enfin voir l’institut d’émission tenter d’apaiser les tensions qui planent sur l’économie et accablent les entrepreneurs. Attachée à une politique monétaire jugée excessivement restrictive qui se caractérise par des taux d’intérêt élevés, la Banque Centrale de Tunisie n’a pas désavoué, cette fois-ci, les observateurs qui ont parié sur un abaissement du taux directeur devenu presque inéluctable au vu du comportement de l’inflation au cours de ces derniers mois. Dans sa réunion avant-hier, le Conseil d’administration de la BCT a ainsi décidé de réduire de 50 points de base son taux directeur qui passe pour la première fois depuis janvier 2023 sous la barre de 8%. Selon la note explicative diffusée à cet effet, cette révision à la baisse se justifie par des signes de ralentissement montrés par l’inflation au mois de février dernier en s’établissant à 5,7% contre 6% en janvier. Une tendance qui incite, selon la BCT, à une révision à la baisse des perspectives de l’inflation au cours de la période à venir.
Dans la même note, l’on estime toutefois que les augmentations des salaires, aussi bien dans le secteur privé que public devraient occasionner des pressions à la hausse sur les coûts de production et stimuler davantage la demande. Une situation qui pourrait entraver une baisse plus sensible de l’inflation à court terme. Cela n’empêche cependant pas la BCT de croire qu’en termes de moyennes annuelles, le taux d’inflation devrait se situer à 5,3% en 2025 contre 7% enregistré au cours de l’année écoulée.
D’aucuns pensent aujourd’hui que le maintien, durant plus de deux années, le taux directeur à 8% a été une restriction excessive qui a beaucoup pénalisé les acteurs économiques et les ménages. Avec son resserrement monétaire, la BCT a certes pu contenir l’inflation, mais au prix d’un ralentissement économique notable. En 2024, la croissance a peiné à dépasser 1,5%, loin des niveaux nécessaires pour absorber le chômage et relancer l’investissement. Les entreprises, notamment les PME, ont souffert d’un accès restreint au crédit, tandis que la consommation des ménages a été freinée par des conditions financières strictes. Dans ce cadre, la baisse actuelle est perçue comme une bouffée d’oxygène, bien que timide. C’est ce que pense Ridha Chkoundali, professeur en Sciences économiques, à faculté des Sciences économiques et de Gestion de Nabeul.
Chkoundali estime en effet que la réduction du taux d’intérêt directeur de 50 points de base est une décision importante dans un contexte marqué par la perturbation des échanges commerciaux et par les nouvelles restrictions liées à l’entrée en vigueur de la loi sur les chèques qui sont venues entraver le principal moteur de croissance qu’est la consommation. Ces facteurs réunis rendent, selon Chkoundali, difficile d’atteindre le taux de croissance prévu cette année, qui est de 3,2 %.
Le spécialiste reste toutefois optimiste et pense qu’il vaut mieux tard que jamais. «Quelle soit décidée quelque peu tardivement et insuffisante parce que nous nous attendions à une baisse d’au moins 75 points de base, cette décision est de nature à redonner confiance aux investisseurs, car elle réduira le coût de l’investissement et contribuera ainsi à relancer la croissance économique dont nous avons besoin. Cette baisse permettra, ne serait-ce que modestement, de réduire les montants des remboursements des prêts pour les familles et les entreprises ayant souscrit des emprunts à taux variable. Chkoundali pense d’autre part que la décision de la BCT vient s’intégrer parfaitement dans la volonté du Chef de l’Etat de réviser le rôle de la Banque Centrale qui ne devait pas se limiter d’après lui à la lutte contre l’inflation mais de jouer pleinement son rôle dans la relance économique. «En attendant une réforme globale de la loi organique de la Banque Centrale, l’objectif est de consolider la coordination entre le gouvernement et la Banque Centrale pour lutter plus efficacement contre l’inflation tout en stimulant la croissance.
H.G.
Bourse de Tunis : Rendement élevé à l’échelle régionale
La Bourse de Tunis joue un rôle clé dans le financement de l'économie tunisienne, en offrant une alternative au financement bancaire traditionnel.
Ces dernières années, elle a renforcé ses activités et amélioré ses indicateurs de performance, contribuant ainsi de manière plus efficace au développement économique du pays.
Un rendement remarquable
À la fin février 2025, la Bourse de Tunis s'est classée parmi les meilleures bourses arabes, se hissant à la troisième place en termes de performance, avec un taux de 3,97%, et à la quatrième place pour les transactions, avec un taux de 3,24 %. La valeur des transactions a également connu une augmentation mensuelle significative de 25,81%.
Selon les données du Fonds Monétaire Arabe publiées le 24 mars 2025, l'indice composite des marchés financiers arabes a légèrement reculé de 0,06% en février 2025. Cette baisse s'explique par la performance mitigée des bourses arabes, avec six bourses en hausse et sept en baisse.
Conjoncture internationale et régionale
Les marchés financiers arabes ont connu des performances variées en février 2025, reflétant les tendances mondiales marquées par les inquiétudes liées au ralentissement de l'économie américaine, les tensions géopolitiques entre la Russie et l'Ukraine, ainsi que les incertitudes liées aux guerres commerciales et à la hausse des tarifs douaniers.
Le secteur de l'énergie a également été affecté, avec une baisse du prix du pétrole brut due à une augmentation de l'offre.
Secteurs prometteurs
Six bourses arabes ont enregistré des hausses, portées par des secteurs tels que l'immobilier, les télécommunications et les banques, ainsi que les services, les biens de consommation et les produits. En revanche, sept bourses ont subi des pressions de vente, notamment dans les secteurs de l'énergie, de la technologie, de l'assurance et des services publics, entraînant une baisse de la valeur marchande et des transactions.
Pour renforcer son rayonnement, la Bourse de Tunis accueillera la conférence annuelle de l'Union des Marchés Financiers Arabes les 13 et 14 mai 2025. Cet événement offrira une plateforme pour discuter des défis et des opportunités sur les marchés financiers régionaux et mondiaux. Les thèmes abordés incluront la modernisation du marché, le financement durable, l'impact de la technologie et les stratégies pour renforcer l'intégration régionale et la liquidité.
Cette conférence promet de stimuler le dialogue entre les régulateurs, les investisseurs et les acteurs du marché, ouvrant ainsi de nouvelles perspectives pour l'avenir des marchés financiers dans le monde arabe.
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Le ministère de la Jeunesse et des Sports décide la dissolution du BF de la FTTennis
La Fédération Tunisienne de tennis présidée par Salma Mouelhi vient d'être dissoute aujourd'hui par le Ministère de la jeunesse et des sports pour manquement. Les détails du manquement n'ont pas pas été précisés. Un bureau fedreral provisoire présidé par Lotfi Chelly a été mis en place.
J .B.
Editorial : Coup de bluff ou véritable menace?
Par Chokri BACCOUCHE
L’administration américaine revient à la charge, plus déterminée que jamais à obliger l’Egypte à accepter d’accueillir une partie de la population palestinienne déplacée de Gaza. En cas de refus, Le Caire se verrait privé de l’aide américaine et c’est à prendre ou à laisser. Selon le journal qatari Al Araby Al-Jadeed, ce message sans ambages, qui a valeur d’un véritable ultimatum de la «dernière chance», a été transmis le week-end dernier par le président des Emirats arabes unis, Mohammed bin Zayed, lors d’une brève visite surprise au Caire. La proposition actuelle implique le transfert de 500 000 à 700 000 citoyens palestiniens de la zone couvrant l’axe nord de Netzarim et les colonies dans le nord de la bande de Gaza. La bande de Gaza serait confinée à la zone située au sud de l’axe de Netzarim, jusqu’à la frontière actuelle avec l’Égypte, selon le plan. Pour forcer les autorités égyptiennes à avaler la pilule, les Etats-Unis ont promis de fournir, en échange de l’acceptation des personnes déplacées, des milliards de dollars pour soutenir la relance de l’économie égyptienne en difficulté.
Tu plies ou tu casses, tu acceptes ce qu’on te propose ou tu seras privé d’aide: telle est la teneur du message livré par les Américains qui mettent, pour ainsi dire, le couteau sous la gorge des Egyptiens afin de les inciter à accepter ce fait accompli, inédit il faut le reconnaitre dans l’histoire des relations internationales. Déterminé à aller jusqu’au bout de ses sombres intentions, le président américain fait monter la pression et place Le Caire dans une situation le moins qu’on puisse dire embarrassante au regard des enjeux énormes que ce dossier sensible implique au triple plan économique, sécuritaire et géopolitique. On sait en effet que l’Egypte bénéficie d’une aide américaine évaluée à 2,1 milliards de dollars, dont 815 millions en assistance économique, le reste en soutien militaire. Il s’agit d’une assistance financière assez importante qui contribue à maintenir à flot l’économie égyptienne. L’enjeu pour les autorités du Caire est donc non négligeable car, en cas de refus, l’aide américaine sera non seulement supprimée mais l’administration Trump pourrait également, de par son emprise sur les bailleurs de fonds internationaux, rendre l’accès aux financements étrangers très difficile pour le pays des Pharaons. Tout ceci sans compter bien sûr le fait que Washington pourrait décréter également, en représailles, un embargo sur les pièces de rechange destinées aux équipements militaires d’origine américaine qui accaparent une part très importante de l’arsenal égyptien.
Les autorités égyptiennes, qui se sont montrées fermes jusque-là en rejetant la proposition de Trump, vont-elles continuer à camper sur leur position ou au contraire céder au chantage américain? Pour des raisons objectives, les responsables égyptiens n’ont pas du tout intérêt à se plier aux exigences étasuniennes, car ils risquent de perdre largement au change avec des retombées potentiellement catastrophiques sur la stabilité du pays. En effet, si d’aventure ils venaient à accepter d’accueillir des déportés palestiniens, ils risqueraient non seulement de se mettre à dos l’opinion publique égyptienne, mais ils seront également tenus pour responsables d’avoir trahi et enterré définitivement la cause palestinienne. Qui plus est, la crédibilité de l’Egypte qui a initié, rappelons-le, un contre-projet au plan américain pour la reconstruction de Gaza, avalisé du reste par les pays arabes, sera sérieusement compromise. En fait, c’est la réputation de l’Egypte en tant que puissance régionale et un des acteurs clés au Proche-Orient qui est véritablement en jeu. L’aide américaine est peut-être assez importante certes, mais elle n’est pas aussi existentielle au regard des autres enjeux géopolitiques majeurs surtout que l’Egypte a de nombreux arguments politiques et stratégiques à faire prévaloir pour inciter l’administration Trump à revenir à de meilleures intentions et éviter, disons-le tout de go, de tenter le diable. Si Washington venait à mettre en œuvre ses menaces de supprimer l’aide américaine à l’Egypte, cela signifierait ipso facto que l’accord de paix avec Israël n’a plus aucune valeur. Bien plus, le forcing américain pourrait pousser également l’Egypte, qui a privilégié depuis l’indépendance du pays une politique pro-occidentale, à virer de bord vers le camp opposé en scellant de nouvelles alliances stratégiques avec des puissances montantes en Asie ou en Extrême-Orient. On doute fort d’ailleurs que les stratèges américano-israéliens aient occulté cette perspective dans leur calcul et c’est la raison pour laquelle on est en droit de penser que la «dernière chance» brandie par Washington à l’adresse des autorités égyptiennes s’apparente beaucoup plus à un coup de bluff qu’à une véritable menace.
Un coup de bluff vicieux et sournois visant à faire avaler la pilule amère de la soumission, la servitude et à compromettre définitivement l’avenir du peuple palestinien qui lutte pour sa survie et son indépendance. L’Egypte et tous les peuples libres ne sauraient tolérer et accepter une aussi abominable violation du droit international et un marchandage aussi bas de ceux qui prétendent être paradoxalement les gardiens du temple de la démocratie et de la liberté…
C.B.
Ligue des champions- 1/4 de finale aller - EST: Six blessés de retour avant Sundowns
L'Espérance qui s'apprête à négocier le quart de finale de la Ligue des champions contre Mamelodi Sundowns, mardi prochain à Pretoria, vient de récupérer plusieurs de ses blessés, ce qui est de nature à satisfaire Maher Kanzari, appelé à aligner une équipe équilibrée et prête à réussir ce délicat déplacement. Ainsi, les Ben Said, Toughai, Rodrigues, Jabri, Mouhli, Bouzaiene sont prêts à défendre les couleurs Sang et Or même s'ils ne sont pas à cent pour cent de leurs moyens. Des éléments qui ont manqué terriblement à l'équipe lors des derniers matches de championnat. Quant aux internationaux étrangers , Blaili, Konate et Mokwana, ils ont rejoint le groupe hier après avoir honoré leurs engagements avec leurs sélections respectives. Pour l'heure, seuls Aholo et Ben Ali sont indisponibles. Rappelons que la délégation esperantiste s'envole ce samedi à bord d'un vol régulier pour l'Afrique du Sud avec une escale à Dubai. L'arrivée à Pretoria est programmée pour dimanche et la rencontre contre Mamelodi Sundowns se jouera mardi 1er avril à partir de 14h (heure tunisienne).
Jamel Belhassen
Mosquée Sultan Salahuddin Abdul Aziz (Kuala Lumpur, Malaisie) : Des minarets pas comme les autres
Par Myriam Ben Salem-Missaoui
La mosquée Sultan Salahuddin Abdul Aziz Shah (en malais : Masjid Sultan Salahuddin Abdul Aziz ) est la mosquée d'État de Selangor , en Malaisie . Située à Shah Alam , elle est la plus grande mosquée du pays et la deuxième plus grande mosquée d' Asie du Sud-Est par sa capacité.
Sa principale caractéristique est son grand dôme bleu et argent . La mosquée possède quatre minarets , un à chaque angle. La mosquée a été commandée par feu le sultan Salahuddin Abdul Aziz , lorsqu'il a déclaré Shah Alam comme nouvelle capitale de Selangor le 14 février 1974. La construction a commencé en 1982 et s'est terminée le 11 mars 1988. La mosquée est également connue localement sous le nom de Mosquée bleue en raison de son dôme bleu .
La mosquée a la particularité d'avoir l'un des plus grands dômes religieux au monde, mesurant 51,2 m de diamètre et atteignant 106,7 m au-dessus du niveau du sol. Les quatre minarets, atteignant chacun 142,3 m au-dessus du niveau du sol, sont les troisièmes plus hauts du monde, après ceux de la mosquée Hassan II à Casablanca , au Maroc , et Djamaa el Djazaïr à Alger, en Algérie. Dans ses premières années, la mosquée a été répertoriée dans le Livre Guinness des records comme ayant le plus haut minaret du monde avant d'être supplantée par le minaret de 210 m de la mosquée Hassan II en août 1993. Cependant, la mosquée conserve toujours la distinction d'avoir le plus haut groupe de minarets du monde.
La conception de la mosquée Sultan Salahuddin Abdul Aziz Shah allie les styles malais et moderniste et des éléments d' architecture malaisienne et islamique sont intégrés aux finitions du bâtiment. De fins motifs décoratifs en khat ( calligraphie arabe ) ornent la courbure intérieure du dôme et certaines parties des murs. Ce travail calligraphique a été réalisé par le calligraphe égyptien Cheikh Abdel Moneim Mohamed Ali El Sharkawi. Des grilles en aluminium complexes ornent les portes, les fenêtres et les murs de la mosquée. Les fenêtres sont ornées de vitraux bleus pour atténuer la lumière pénétrant dans le hall. L'éclairage filtré qui en résulte confère une ambiance bleutée aux espaces intérieurs, évoquant une sensation de paix et de sérénité. Le haut plafond est orné de panneaux triangulaires en balau rouge et en ramin disposés en entrecroisement. Le dôme est construit en aluminium et la surface extérieure est revêtue de panneaux triangulaires en acier émaillé vitrifié, décorés d'une rosace de versets du Coran.
La salle de prière principale qui s'étend sur deux niveaux, est entièrement moquettée et climatisée . C'est l'un des plus grands espaces de ce type au monde. La galerie supérieure est réservée aux fidèles, tandis que le rez-de-chaussée abrite la réception, les bureaux administratifs, les salles de conférence, une bibliothèque et des salles de cours. La mosquée peut accueillir 12 600 fidèles et est suffisamment grande pour être visible depuis certains points de vue de Kuala Lumpur par temps clair.
La mosquée surplombe le Jardin des Arts Islamiques, un parc paysager inspiré du Jardin Coranique du Paradis. Ces 14 hectares de sanctuaire spirituel abritent neuf galeries présentant une riche palette d'arts islamiques tels que la calligraphie, la sculpture, la peinture et l'architecture. Le site est occasionnellement utilisé pour des spectacles islamiques traditionnels.
M.B.S.M.
















