Coupe de Tunisie 1/16e de finale : La JSManouba, premier qualifié
Les seizièmes de finale de la coupe de Tunisie de football ont commencé hier avec le premier match du programme. La JSManouba a réussi à se qualifier aux huitièmes de finale en battant le CSKhenis par 1-0 sur un but marqué lors des prolongations. Les autres rencontres se joueront sur plusieurs étapes à commencer par demain vendredi avec une grande partie lors du week end.
J.B.
Frontières tuniso-libyennes : Un remue-ménage et des questions
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le point frontalier de Ras Jedir est, encore une fois, au centre d’une nouvelle crise suite aux mesures prises par les autorités libyennes visant à lutter contre la contrebande. Que faire pour stabiliser une fois pour toutes cette région?
La ville de Ben Guèrdane, gouvernorat de Medenine, a été la semaine dernière le théâtre de plusieurs manifestations organisées par des commerçants tunisiens pour protester contre les nouvelles mesures mises en place par les autorités libyennes visant, selon le commandant en chef, Ali Chibani, chef du centre douanier de Zaouia, Libye, à «lutter contre la contrebande».
Dans la foulée, pas moins de 150 véhicules ont été saisis et l’importation des produits à partir de la Libye interdite. «On nous traite de criminels et de bandits. Les agents libyens ont agressé des voyageurs tunisiens et maltraité les femmes. Malheureusement, nos voisins libyens ont oublié ce que les Tunisiens avaient fait pour eux lors de la révolution libyenne », nous dira Chams Eddine, commerçant originaire de la ville de Ben Gardanne. Et d’ajouter: «La Tunisie avait accueilli plus de 1 million de Libyens et les avait logés et nourris pourtant le pays traversait à l’époque une grave crise économique. J’appelle les autorités tunisiennes à mettre fin à ces agissements pour sauvegarder la dignité des Tunisiens». Que faire, justement, pour stabiliser une fois pour toutes ce passage frontalier ?
En effet, le 2 février dernier, le responsable de la gestion du ministère libyen des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tahar Al-Baour, a effectué une visite officielle en Tunisie, à l’invitation du ministre des Affaires étrangères tunisien, Mohamed Ali Nafti. Selon une dépêche de l’agence TAP : «Cette visite vise à consolider les liens historiques et stratégiques entre les deux pays voisins. Cette rencontre s’inscrit aussi dans une dynamique de renforcement de la coopération tuniso-libyenne. Depuis plusieurs années, la Tunisie et la Libye travaillent conjointement à stabiliser leurs échanges économiques et à harmoniser leurs politiques régionales. Les discussions ont ainsi porté sur le commerce, l’investissement, la sécurité et la mobilité des citoyens entre les deux pays. La Tunisie est en effet l’un des principaux partenaires économiques de la Libye, avec des échanges commerciaux qui ont atteint plusieurs milliards de dinars ces dernières années». Sur le terrain, la réalité est malheureusement tout autre...Que faire, de fait, pour mettre fin à cette anarchie?
Deux poids deux mesures...
Interrogé à ce sujet, l’expert en économie et en finances, Mohamed Salah Jennadi, nous a confié: «La grande majorité de la population libyenne est concentrée dans la partie occidentale du pays, à proximité de la Tunisie, faisant d’elle l’une des destinations immédiates de nombreux Libyens en quête de soins médicaux ou de vacances. En fait, la Tunisie est le seul parmi sept pays voisins à avoir maintenu ses frontières ouvertes avec la Libye. De surcroît, la plupart des Libyens qui voyagent à l’étranger utilisent les aéroports tunisiens comme points de transit vers d’autres destinations. Plus de deux millions de Libyens et de réfugiés étrangers fuyant les violences de 2011 ont cherché refuge en Tunisie pendant des mois. Certains se sont même installés depuis en Tunisie s’intégrant ainsi en douceur avec la population locale. Ces données sont suffisantes pour affirmer l’importance de la Tunisie pour nos voisins libyens. Il faut savoir qu’au cours de la crise de 2011-2014, la Tunisie a joué un rôle majeur dans l’approvisionnement du marché libyen en produits de première nécessité. Elle a énormément contribué à soulager la pénurie de nombreux produits, y compris les produits alimentaires, et à répondre aux besoins urgents du pays. De fait, les autorités tunisiennes doivent profiter de cette situation dans les négociations avec leurs homologues libyens».
M.B.S.M.
L’E-Fest débarque à Ksar El Ferch, du 11 au 13 avril
Par Imen Abderrahmani
Après une longue éclipse, le rendez-vous musical E-Fest est de retour. La reprise est annoncée du 11 au 13 avril 2025 avec comme cadre Ksar El Ferch à Ghomrassen (Tatouine), joyau architectural de la région.
Alliant innovation musicale et patrimoine, la nouvelle édition de l’E-Fest promet une belle dynamique artistique et économique pour la région. C’est aussi une importante opportunité pour faire la promotion du tourisme culturel et saharien.
Considéré comme le plus grands des Ksours de la région de Tataouine avec une superficie de 13300 m2, Ksar El Ferch dans sa vocation première a été un lieu de rencontres et d’échange entre les tribus en plus de sa fonction initiale de grenier. Disposant de 280 ghorfas (chambres), ce lieu de mémoire et ce joyau architectural du sud-est du pays qui continue à faire de la résistance, témoignant de quelques pages importantes de l’histoire de la région est aujourd’hui le théâtre et le cœur battant de nombreuses manifestations artistiques, parmi lesquelles nous citons le Festival des Tambours de Ghomrassen, organisé en octobre dernier.
Orchestrée sous forme d’un E-Fest camp, la nouvelle édition de cette manifestation, dédiée aux cultures numériques et mettant l’accent à la fois sur l’innovation artistique et la richesse du patrimoine tunisien, propose une riche programmation culturelle avec à l’affiche des artistes locaux et internationaux. Parmi les invités de cette édition, nous citons Raina Rai (Algérie), Erkez Hip Hop (Tunisie), Zar Elektrik (Maroc/France) et Noura Mint Seymali (Mauritanie).
Entre la tradition et l’innovation
« E- Fest Camp vise à préserver le patrimoine culturel de la Tunisie tout en autonomisant les communautés grâce à l’art, la musique et la technologie. Au cœur du projet se trouve la restauration de Ksar El Ferch, un site historique symbolisant la résilience et la créativité dans le sud tunisien », lit-on sur le dossier de presse de ce rendez-vous.
Un pont entre le passé et le futur, entre la tradition et l’innovation, le festival, outre les concerts, a programmé un bouquet de formations visant à permettre aux participants d’acquérir de nouvelles compétences dans le podcasting, la création numérique, le théâtre et la réalité virtuelle (VR).
Des workshops et des résidences artistiques sont annoncés. « Inner Gouna » est l’un de ces rendez-vous proposés, permettant aux participants de vivre une expérience immersive inspirée de la pièce « Gouna : salle d’attente » du metteur en scène Ferhat Debech, production du Centre des arts dramatiques et scéniques de Médenine.
Parallèlement et quotidiennement, des discussions enrichissantes dans l’espace l’Agora abordant des questions artistiques contemporaines auront lieu, favorisant un échange libre entre experts et participants.
L’association Echos Electrik, organisatrice du festival, indique dans son communiqué de presse qu’ « En impliquant les communautés locales, en mettant en valeur des talents divers et en promouvant la durabilité, l’association souhaite inspirer une plus grande reconnaissance du patrimoine culturel tout en favorisant des connexions globales ».
Lancé depuis 2007, unique en son genre à l’époque, axé sur les cultures numériques, le festival qui fait cette année son come-back insufflera durant trois jours de la vie à ce somptueux « Ksar » et à toute la région.
Passionnés, intéressés, curieux, le programme complet avec les modes de billetterie et d’hébergement est à découvrir sur les réseaux sociaux, il suffit juste de cliquer : E-fest - Echos Electrik.
I.A.
Editorial : Douloureux retour de manivelle
Par Chokri Baccouche
Censée lutter contre les chèques sans provision, améliorer le climat des affaires et réduire l’endettement des consommateurs, la nouvelle loi sur les chèques a non seulement perturbé le budget des ménages mais semble également avoir porté gravement préjudice aux activités des petites entreprises. Depuis la promulgation des nouvelles dispositions, février dernier, un mot revient d’ailleurs sur toutes les langues comme un regrettable leitmotiv: blocage. Commerçants et consommateurs se plaignent et semblent complètement dépassés par cette nouvelle donne qui a pris au dépourvu tout le monde et qui a été ressentie comme un douloureux coup de massue. Les premiers déplorent une baisse drastique de leur chiffre d’affaires et les seconds se sentent frustrés et pour ainsi dire lésés de ne plus pouvoir régler leurs achats en échelonnant les paiements sur plusieurs mois, comme ils avaient coutume de le faire. Bref, ce tour de vis législatif, rendu du reste nécessaire pour lutter contre les chèques en bois, a des effets pervers sur les transactions commerciales et la dynamique économique d’une manière générale dans un pays déjà confronté à une grave récession.
Un exemple parmi tant d’autres: lors du dernier salon du meuble de Tunis qui s’est tenu au Parc des expositions du Kram, la moisson a été très mauvaise cette année. De l’avis de l’écrasante majorité des exposants qui ont pourtant proposé des produits alliant un excellent rapport qualité-prix, les ventes n’ont malheureusement pas du tout suivi et ce malgré l’affluence notable du public. En raison de la nouvelle loi, nombre de candidats au mariage l’été prochain, qui attendaient cette occasion pour passer leur commande, ont été contraints de rebrousser chemin bredouilles, car ils ne disposaient pas de la moitié de la somme requise en cash. N’ayant plus le droit de donner en gage un chèque postdaté, ils se sont retrouvés dans l’incapacité de réaliser leur rêve et doivent par conséquent trouver une autre solution pour s’en sortir à bon compte. Pratiquement, tous les secteurs sont logés dans la même mauvaise enseigne et subissent de plein fouet le douloureux retour de manivelle de la nouvelle loi qui n’a pas fini de révéler, décidément, toutes ses désagréables surprises.
Bref, on peut dire qu’il n’y a pas la joie et ça se voit. Ça se vérifie surtout au niveau de l’impact de cette nouvelle loi qui fait rejaillir une tendance négative particulièrement sur la consommation et la croissance économique qui ne devrait pas dépasser cette année 1,5% selon les prévisions du Fonds monétaire international. Les nouvelles restrictions sur les paiements par chèque ont par ailleurs une incidence sur la masse monétaire en circulation. Pis encore, le recours systématique au cash risque non seulement d’alimenter les circuits parallèles mais d’aggraver également les pressions inflationnistes.
Pour toutes ces raisons et non des moindres, de nombreux gourous de la finance et du business estiment que ce changement a été mal préparé et mis en œuvre à la hâte, sans que les décideurs n’en mesurent correctement son impact potentiel sur les transactions commerciales et les habitudes de consommation des ménages tunisiens. En d’autres termes, ce virage à 180 degrés a été trop brutal. Surtout pour les milliers de petites et moyennes entreprises, considérées comme le socle de l’économie tunisienne, qui usaient de ce moyen de financement pour pallier leur manque de trésorerie et la frilosité des banques à octroyer des crédits et qui se sont retrouvées du coup dans l’impasse.
Force est de reconnaitre cependant que les restrictions imposées n’ont pas que des mauvais côtés dans la mesure où elles vont logiquement pousser les entreprises à utiliser d’autres instruments financiers comme la traite bancaire qui permet à son créancier de récupérer son dû à une échéance fixée par son débiteur. Ce mode de paiement encadré a le mérite d’obliger les entreprises à justifier leur solvabilité et par conséquent limiter les risques de défaut de paiement. Dans ce même cadre, la généralisation du paiement par carte de crédit pourrait, à terme, remplacer progressivement le chèque. Mieux encore, les spécialistes s’accordent à penser que les banques seront désormais acculées à suivre la tendance et financer réellement l’économie faute et lieu de se contenter de jouer le rôle d’intermédiaire, ce qui n’est pas peu. Mais on n’en est pas encore là, car, dans l’immédiat, on peut dire qu’il y a beaucoup de tracas et un remue-ménage qui semble avoir actuellement grippé la machine économique beaucoup plus qu’elle ne l’était depuis quelque temps. Pour sortir de l’ornière et limiter les dégâts, tout le monde doit s’adapter en fait à la nouvelle donne. Aussi bien les Tunisiens qui devront adopter de nouvelles habitudes de consommation que les PME qui seront obligés de recourir à d’autres moyens de financement. Croisons les doigts pour que tout rentre dans l’ordre dans les plus brefs délais afin de ne pas compromettre davantage la relance de l’économie nationale qui tarde à être au rendez-vous…
C.B.
Publié aux Editions Elyzad, « L’éden à l’aube » remporte le Prix JesusParadis
« L’éden à l’aube » deuxième roman de l’écrivain palestinien Karim Kattan publié en 2024 aux éditions Elyzad s’est distingué en France en remportant la 6ème édition du Prix JesusParadis.
« Avec L’Éden à l’aube, Karim Kattan confirme la richesse de son univers littéraire hybride, mêlant oralité et culture classique, réalisme et merveilleux », peut-on lire sur le site de son éditeur tunisien. L’Éden à l’aube (336 pages) est un roman autour de « l’amour fou de Gabriel et d’Isaac dans une Palestine ardue, baroque et fabuleuse… ».
Les deux premiers livres en Français de Karim Kattan sont publiés publié chez le même éditeur Elyzad : « Préliminaires pour un verger futur », un recueil de nouvelles paru en 2017, finaliste du prix Boccace et « Le Palais des deux collines », roman lauréat du Prix des cinq Continents de la Francophonie 2021.
Les éditions Elyzad sont une maison d’édition tunisienne fondée en 2005 par Élisabeth Daldoul et basée à Tunis. Elle publie de la littérature en langue française.
L’ambition de cette maison est de proposer des textes qui reflètent une littérature vivante, moderne et exigeante qui s’inscrit dans la diversité, en faisant entendre des voix singulières, originales, unies par une langue commune correspondant à des engagements précis : tisser des passerelles, du Sud au Nord, de la Méditerranée à l’ensemble de l’espace francophone, pour faire lire le monde dans sa pluralité.
La ligne éditoriale s’articule autour d’auteurs confirmés, comme Leïla Sebbar, Tahar Bekri, Sophie Bessis ou bien encore Cécile Oumhani, tout en assurant un rôle de découverte de talents tels Yamen Manaï, Ilf-Eddine, Azza Filali ou Jadd Hilal.
Le Prix JesusParadis, initié en 2019 est doté de 700 euros, récompense l’auteur d’un deuxième roman. Il bénéficie du soutien financier de la mairie du 10ème arrondissement de Paris, et il est organisé en partenariat avec les librairies La plume vagabonde et Michèle Ignazi.
Le jury de cette année était composé de Anne Diatkine (journaliste), Vincent Dieutre (cinéaste), Jacques Braunstein (journaliste), Julien Thèves (auteur), Claude Combet (journaliste), Soline Nivet (architecte), Pauline Delabroy-Allard (autrice, lauréate du Prix JesusParadis 2023 pour ‘Qui sait’, Gallimard) et Phoebe Hadjimarkos Clarke (autrice, lauréate du Prix JesusParadis 2024).
Karim Kattan, écrivain palestinien né à Al Qods en 1989, a grandi à Bethléem. Il est docteur en littérature comparée et écrit en français et en anglais.
Il écrit de la fiction, des essais, et des poèmes, en anglais et en français. Ses livres sont traduits dans plusieurs langues.
Son recueil de nouvelles, « Préliminaires pour un verger futur » (2017 ; Elyzad poche, 2024), a été finaliste du Prix Boccace. En 2021, son premier roman, « Le palais des deux collines » (Elyzad poche, 2024) a reçu le Prix des Cinq continents de la francophonie.
« L’Éden à l’aube » paru le 25 août 2024, a été présélectionné pour plusieurs prix dont le Prix Renaudot 2024. Il est lauréat du Prix international Rotary – Pen Club 2024, du Prix La Cagnotte 2024 et du Prix littéraire du 2e roman de Laval 2024.
Démarrage à Madrid du programme culturel « Foco País Túnez 2025 »
Le ministère des Affaires Culturelles, a annoncé, hier, le jeudi 3 avril, le démarrage du programme « Foco País Túnez 2025 », un projet phare de coopération entre la Tunisie et la Casa Árabe, à Madridi.
« Foco País Túnez 2025 » jette la lumière sur la Culture tunisienne à travers une série d'événements culturels tuniso-espagnols qui seront organisés au cours des six premiers mois de cette année. Des projections de films, des expositions d'arts plastiques, des spectacles et des conférences sur le patrimoine commun et la coopération tuniso-espagnole sont au menu.
« Foco País Túnez 2025 » s'inscrit dans le cadre du programme de coopération entre le ministère des Affaires Culturelles, l'ambassade de Tunisie à Madrid et l’institution espagnole « Casa Árabe » à Madrid. Ce programme de coopération culturelle est organisé à l'occasion de la célébration du trentième anniversaire de la signature du Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération entre la Tunisie et l'Espagne conclu en 1995.
Lors d’une conférence au siège de la Casa Árabe, dans le cadre d’une visite de travail en Espagne, les 27 et 28 mars 2025, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a officiellement lancé le programme « Foco País Túnez 2025 ».
Ce programme vise à renforcer les liens culturels et civilisationnels entre les deux pays. Il constitue une plateforme pour promouvoir la culture tunisienne en Espagne, tout en encourageant les échanges économiques, académiques et humains entre les deux nations.
Le siège de Casa Árabe a abrité, ce jeudi 3 avril, la projection du film « Bab’ Aziz, le prince qui contemplait son âme » film écrit et réalisé par Nacer Khemir en présence du réalisateur qui participe également à une table ronde à l'issue de la projection.
La projection de ce long-métrage de fiction (96', 2005) est en guise d'hommage à l'un des principaux artistes tunisiens qui a influencé la scène culturelle et cinématographique en Tunisie et dans le cadre de la promotion des productions cinématographiques nationales à l'étranger, indique le ministère des Affaires Culturelles.
Synopsis: Perdues dans un océan de sable, deux silhouettes cheminent : Ishtar, une petite fille pleine d’entrain, et son grand-père Bab’Aziz, un derviche aveugle.
Elle le guide vers la grande réunion des derviches qui a lieu tous les trente ans, mais pour trouver cet endroit secret, il faut « écouter le silence infini du désert avec son cœur ». Leur voyage à travers l’immensité brûlante les amène, tel un jeu de pistes, à la croisée d’autres destins ».
L'École de Tunis sera à l’honneur à travers une exposition d'arts plastiques qui sera organisée à partir du 23 avril 2025. Un spectacle musical de Syrine Ben Moussa, voix emblématique de la musique arabo-andalouse, est également au line-up de « Foco País Túnez 2025 ».
Selon le site de Casa Árabe, « la Tunisie est au coeur de l’initiative « Foco País » à travers laquelle l'institution présente une série de programmes culturels et artistiques qui visent à rapprocher une partie de sa culture du cœur de Madrid et de Cordoue ».
L’institution madrilène souligne l’histoire millénaire de la Tunisie qui « est aussi riche qu’ancienne » rappelant la légendaire ville de Carthage, fondée vers 900 avant JC, qui rivalisa avec Rome pendant des siècles.
Casa Árabe présente des données historiques, culturelles et géographiques sur la Tunisie, notamment la langue arabe en tant que langue officielle du pays et « sa gastronomie, une délicieuse fusion d'influences méditerranéennes, arabes et amazighes ». Avec sa Côte montagneuse et verdoyante au Nord, ses plaines au Centre et un Sud aride, dominé par le désert du Sahara, la Tunisie est un pays disposant d'un cadre géographique assez diversifié, d’après la même source.
Casa Árabe souligne des relations entre l’Espagne et la Tunisie qui acquièrent une importance assez particulière. « Nous partageons une position stratégique en Méditerranée, servant de ponts entre l'Europe et l'Afrique, entre le Monde arabe et l'Occident », indique-t-on sur le site de l'institution.
La Tunisie a été le théâtre de plusieurs scènes emblématiques de la Saga Star Wars, dont la planète natale de Luke Skywalker, Tatooine, rappelle Casa Árabe.
De l’univers de fiction de la planète Tatooine du film Star Wars de George Lucas, la ville de Tataouine a emprunté son nom aux sagas cinématographiques qui ont fait sa réputation auprès des touristes étrangers. Sur les hauteurs du village berbère de Chenini et dans les pièces de Ksar Hdada, du nom d’un village à Ghomrassen, ont eu lieu les tournages de films cultes de l’industrie cinématographique hollywoodienne.
Casa Árabe est une institution publique qui possède deux sièges sociaux, l'un situé à Madrid et l'autre à Cordoue. Depuis sa création en 2006, Casa Árabe a rempli ses tâches de plateforme et d'outil actifs pour la diplomatie publique espagnole, avec des activités qu'elle a intégrées à celles d'un solide réseau de Maisons similaires.
Elle constitue le centre stratégique des relations de l'Espagne avec le monde arabe, un point de rencontre où différents acteurs et institutions, privés et publics, du monde des affaires, de l'éducation, du monde universitaire, de la politique et de la culture peuvent dialoguer, interagir, établir des lignes de coopération et entreprendre des projets communs.
Le Quotidien avec TAP
La Tunisie grimpe au classement FIFA
52e à la fin de l'année 2024, la Tunisie vient de monter en ce mois d'avril à la 49e place, gagnant trois rangs suite aux deux dernières victoires remportées contre le Liberia et le Malawi dans les éliminatoires de la coupe du monde 2026. Sur le plan Africain, le Maroc est 12e, l'Égypte 32e, l'Algérie 36e, la Côte d'Ivoire 41e et le Nigeria 43e.
J.B.
Suite à un incident technique : Un avion de Tunisair se pose en urgence à l'aéroport d'Ajaccio
Un Airbus de la compagnie Tunisair qui effectuait le vol entre Tunis et Paris-Orly s'est posé en urgence en milieu de matinée, hier mercredi, sur la piste de l'aéroport d'Ajaccio suite à un problème technique. L'appareil avait décollé à 7h50 de la capitale tunisienne avec à son bord 158 passagers. Il a été dérouté vers Ajaccio. Le pilote a demandé à se poser en urgence suite à ce qu'il a qualifié de "début d'incident électrique".
Les passagers ont tous été évacués et regroupés dans une salle d'embarquement. L'appareil est resté immobilisé alors que les passagers ont pu rejoindre Paris grâce à Air Corsica à 17h. La compagnie régionale a affrété un Airbus en direction de l'aéroport parisien.
Classement mondial de résilience économique et climatique : Un grand retard à rattraper pour la Tunisie
Par Hassan GHEDIRI
Notre pays affiche une faible résilience face aux chocs économiques et climatiques qui lui valent la 75e place au classement mondial.
Il s’agit d’un classement annuel utilisé par les investisseurs dans le choix des sites, la conception et la mise en œuvre de leur chaine d’approvisionnement et la prévision des pertes. Publié par le cabinet britannique FM Economic and financial solutions spécialisé dans l’analyse des risques, l’Index de résilience de 2025 classe la Tunisie à la 74e place mondiale sur un total de 130 pays avec le score de 54,2. La tête du classement est occupée par le Danemark, le seul pays qui coche toutes les cases de la résilience lui permettant de rapporter 100 points grâce à sa très grande productivité, le niveau d’instruction très élevé de sa population et sa cybersécurité robuste. Ce dernier indice vient en effet d’être introduit pour la première fois dans le mesure de la résilience des pays. Dans le classement, la cyber-résilience est mesurée à travers la combinaison des données collectées par le cabinet britannique avec les informations utilisées par les Nations unies dans l’élaboration de l’Indice mondial de la cybersécurité. Dans ce chapitre, la Tunisie semble faire des efforts et réussir tant bien que mal à se doter d’une certaine résilience, ce qui lui vaut le score de 74 points sur 100. Mais de manière générale, beaucoup reste à faire pour s’estimer vraiment un pays résilient face aux multiples risques macroéconomiques et climatiques.
La Tunisie devrait peut-être s’inspirer des pays africains qui réalisent des progrès époustouflants dans le classement mondial. Dans l’Index de résilience de 2025, trois pays africains, en l’occurrence le Ghana, le Nigeria et le Rwanda ont fait un bond spectaculaire en gagnant respectivement 17, 10 et 8 places dans le classement depuis 2021. Les facteurs pris en compte dans l’établissement de l’index comprennent des risques macroéconomiques, tels que l’inflation et les crises politiques, ainsi que des aléas physiques, comme l’exposition aux changements climatiques et la capacité de réponse aux risques.
Selon l’index de 2025, la Tunisie fait partie des pays fortement exposés aux risques climatiques et occupe la 24e place. Selon l’indice de résilience, notre pays est très vulnérable à ces changements et sa capacité de riposte demeure très faible, ce qui lui vaut un faible score de 22,7 points et la 71e place en terme de résilience climatique. De manière générale, ce sont les pays classés dans le top 50 de l’index qui sont souvent plus outillés pour se remettre de leurs pertes matérielles engendrées par les chocs avec une capacité de 30 % plus rapidement que les autres pays.
La résilience économique mesure la capacité à absorber les crises (inflation, dette, chocs climatiques, instabilité politique) tout en maintenant sa stabilité et sa croissance. Un bon score attire les investisseurs, améliore la confiance des marchés et permet une meilleure protection sociale. La Tunisie, confrontée à de multiples défis, doit donc renforcer sa résilience pour éviter des crises futures.
H.G.
A la Galerie Alain Nadaud- Gammarth : Murmures d’un jardin d’une cité millénaire…
Par Imen Abderrahmani
Très poétique, évocatrice, s’annonce la nouvelle exposition qu’accueille à partir du 05 avril, la galerie Alain Nadaud-Espace Sadika à Gammarth. « Murmures d’un jardin féérique des Aghlabides » ainsi s’intitule ce beau voyage printanier.
Ils sont quatre artistes de profils différents qui accompagneront le grand public, et surtout les adeptes de l’Espace Sadika dans ce rendez-vous printanier. Taoufik Behi, Rabaa Skik, Emna Kahouaji et Abdellatif Behi, un quatuor qui explorera les jardins de Kairouan et son héritage historique et mystique. Exploration en douceur qui ouvre grand et généreusement, devant le visiteur, les portes de l’imagination. Le titre poétique, recherché et surtout évocateur, « Murmures d’un jardin féérique des Aghlabides » fait rêver.
« Le mot « murmures » évoque une voix douce et discrète, presque imperceptible. Comme si les jardins eux-mêmes racontaient leur histoire à travers le temps. Il s’agit d’un dialogue intime entre le visiteur et la nature, où les arbres, les fleurs et les fontaines semblent chuchoter des souvenirs du passé.
Le terme « jardin ancestral » renforce l’idée d’un lieu ancien chargé de sagesse et d’héritage, un espace où l’histoire et la nature coexistent harmonieusement. Les jardins de Kairouan, avec leur symbolisme d’oasis et leur rôle dans l’histoire de la région, sont ici présentés comme des lieux physiques, mais aussi comme témoins silencieux d’un riche passé culturel et architectural », lit-on sur les notes de présentation de cette exposition qui offre à voir une bonne sélection de sculptures et de peintures qui se veut une interprétation artistique de ces « murmures », de ces « chuchotements »
A travers leurs œuvres, les artistes capturent l’essence des jardins, traduisant en formes et en couleurs ces « murmures »: le bruissement des feuilles, le clapotis de l’eau des bassins, le souffle du vent à travers les allées. Les sculptures pourraient évoquer la force et la sérénité de la nature, tandis que les peintures capturent la lumière et les nuances verdoyantes de ce paysage unique, lit-on sur la présentation de cette exposition qui invite à voyager hors du temps, à se laisser porter par l’âme d’un jardin, à se plonger au cœur de ce jardin porteur et témoin de tant d’histoires qu’a vécu cette ville millénaire au fil des siècles. Bouffée d’oxygène, cœur verdoyant de cette ville ancestrale, ce jardin est plus que d’un simple lieu de rencontre, il est témoin de la splendeur d’une civilisation du doigté de ses architectes et ses artisans, de ses liens particuliers qu’entretenait l’homme avec la nature.
Kairouan, la splendeur de la Cité
Fondée en 670, la ville de Kairouan a prospéré sous la dynastie aghlabide, au 9ème siècle. Malgré le transfert de la capitale politique à Tunis au 12ème siècle, Kairouan est restée la première ville sainte du Maghreb. Ses jardins, véritables joyaux cachés, ont longtemps été des lieux d’échanges intellectuels et spirituels, abritant poètes, penseurs et savants. Loin de l’agitation du monde, ils murmuraient les secrets des temps anciens, révélant, à ceux qui savent écouter, les mystères de la nature et les subtilités de l’âme humaine.
L’exposition met en lumière la splendeur de ces jardins, où la rigueur géométrique se marie à la luxuriance des plantes, symbolisant l’harmonie entre ordre divin et profusion terrestre.
À travers des œuvres contemporaines inspirées de ce patrimoine, des installations végétales et des reconstructions immersives, les visiteurs pourront redécouvrir les ambiances paisibles, les odeurs environnantes, et les jeux d’ombres et de lumière qui faisaient de ces jardins des lieux à la fois sacrés et enchanteurs, notent les organisateurs, incitant le grand public à faire la découverte, à sortir et à se laisser porter par le charme de cette cité millénaire, son héritage culturel et civilisationnel. L’exposition s’interroge également sur le présent de la ville, sur ces bassins qui ont permis à ces jardins d’être toujours verdoyants…
L’exposition sera marquée par un hommage à deux illustres artistes de Kairouan ; Le peintre Hammadi Skik père de Rabaa Skik qui nous quittés en 2011 ainsi que le poète Hassine Kahouagi, père de Emna Kahouagi, qui nous a quittés en 2017.
I.A.
Prix CANEX Book Factory 2025 pour l’édition en Afrique : Appel à candidatures ouvert
« Afreximbank » via son programme « Nexus de l’Afrique Créative » (CANEX), annonce la deuxième édition du « Prix CANEX Book Factory » pour l’édition en Afrique. Le prix total de 28000$, incluant 20000$ pour le lauréat, récompense les éditeurs africains. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au 30 avril 2025. La cérémonie aura lieu lors de l’Intra-African Trade Fair en septembre 2025 à Alger. Inscrivez-vous sur https://canex.africa/canex-book-factory
Rendez-vous avec Fadhel Jaïbi à Hammamet
Le Cercle de Mahmoud El Messadi, en partenariat avec le Centre Culturel privé « Fausse Note » organise une rencontre exceptionnelle autour de l’histoire du mouvement théâtral en Tunisie et de son cheminement novateur. Ce rendez-vous tentera d’explorer les transformations du théâtre tunisien et les nouvelles visions qui ont façonné son identité contemporaine.
« Pourquoi certains considèrent-ils le théâtre de Fadhel Jaïbi comme ‘élitiste et agressif’» ? « Est-ce un choix artistique ou une orientation personnelle ? », deux questions qui rythmeront cette rencontre dont l’invité est l’homme de théâtre tunisien Fadhel Jaïbi.
La rencontre aura lieu, demain, le 04 avril, à partir de 15h30, au siège du Centre Culturel « Fausse Note », Hammamet.
Paléo Festival de Nyon : La Tunisie y est
Le Paléo Festival de Nyon, l’un des plus grands festivals de plein air de Suisse, mettra cette année le Maghreb à l’honneur dans son traditionnel « Village du Monde ». Emel Mathlouthi et deux groupes tunisiens seront de la fête.
Prévue du 22 au 27 juillet 2025, cette 48ème édition prévoit dans sa programmation des têtes d’affiche internationales comme Will Smith, Macklemore et David Guetta, ainsi que des découvertes musicales venues des quatre coins du monde. En ce qui concerne la participation maghrébine, la Tunisie sera représentée par des sonorités variées portées par la voix d’Emel Mathlouthi, le groupe de rock psyché international « Al-Qasar and guests » et le duo tuniso-marocain « Aita Mon Amour ».
Icône de la pop, Emel (nom de scène) sera sur la scène du Paléo avec son univers envoûtant où se croisent électro, sonorités orientales et engagement. Depuis que son titre « Kelmti Horra » en 2011, elle n’a cessé de porter une voix libre et puissante.
Rassemblant des musiciens de différentes nationalités, le collectif psyché-rock international « Al-Qasar and guests » présentera un spectacle musical puisant dans les racines hypnotiques de la transe nord-africaine et dans la beauté des gammes arabes, avec l’énergie et le frisson du rock’n’roll et ce, avec, comme invités, la chanteuse soufie Mariam Hamrouni et les virtuoses du oud Nada Mahmoud et Mehdi Haddab.
Le duo « Aita Mon Amour » complètera cette programmation avec une rencontre entre la tradition des Chikhates marocaines et l’électro moderne. La marocaine Widad Mjama, voix puissante et envoûtante, redonne vie à cette tradition orale avec la complicité du multi-instrumentiste tunisien Khalil Epi. Ensemble, ils font vibrer ces chants ancestraux dans une dynamique nouvelle, où le passé et le présent se fondent en un souffle de liberté.
Avec une programmation ouverte à tous les styles, du rock au blues en passant par la chanson classique, rap, humour, funk/soul, reggae…, le Paléo Festival réunit chaque année plus de 250 000 spectateurs.
Editorial : Ni soumise, ni complice… - Par Hassan GHEDIRI
Par Hassan GHEDIRI
La Tunisie, représentée par une délégation dirigée par le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, a participé au «Sommet sur la sécurité des frontières : criminalité organisée et migration» accueilli par Londres les 31 mars et 1er avril 2025. Ce sommet a réuni 46 pays ainsi que plusieurs organisations régionales et internationales, dont l’Union européenne, le Conseil de l’Europe, l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), et des représentants des réseaux sociaux (X, Meta et TikTok).
Les délégations ont examiné les moyens de renforcer les mécanismes de coopération internationale pour lutter contre la migration irrégulière et les crimes transfrontaliers liés à ce phénomène.
Lors de ce sommet, Nouri a rappelé la position de la Tunisie en faveur d’une collaboration multilatérale dans la lutte contre les crimes liés à la migration irrégulière, notamment le blocage des flux financiers illicites. Il a réitéré l’appel de la Tunisie à partager les responsabilités entre toutes les parties prenantes, dans le respect des droits humains et des conventions internationales. Il a également souligné la nécessité de traiter les causes profondes de la migration irrégulière, en particulier les disparités socio-économiques entre les pays d’origine et de destination. Aucun État, même doté de ressources humaines et matérielles suffisantes, ne pourrait résoudre seul ce problème transfrontalier.
Les politiques européennes actuelles continuent à privilégier une approche 100% sécuritaire de la migration sans traiter ses causes économiques et sociales profondes, exerçant par le même fait une pression croissante sur la Tunisie pour qu’elle devienne une zone tampon où sont renvoyés un nombre grandissant de migrants.
Notre pays qui a toujours défendu une approche humaniste conforme à ses valeurs et au droit international ne doit pas accepter aujourd’hui d’être un gardien complice. Le ministre de l’Intérieur l’a dit clairement à Londres: la Tunisie ne sera jamais la «zone tampon» de l’Europe. Accepter ce rôle est synonyme de soumission. La montée des tensions entre Tunisiens et migrants subsahariens illustre la gravité des conséquences que pourrait subir notre pays en acceptant de jouer le rôle du gendarme.
La Tunisie ne peut assumer, seule, la responsabilité de la gestion des flux migratoires. Elle n’a d’ailleurs jamais cessé de plaider pour une approche globale, intégrant le développement économique des pays d’origine plutôt qu’une simple réponse sécuritaire. Toute coopération avec l’Europe doit donc reposer sur des conditions claires garantissant la souveraineté et les intérêts du pays. La Tunisie ne peut être réduite à un rôle de prison à ciel ouvert ou de bouclier sécuritaire pour l’Europe, et toute solution ignorant la vulnérabilité économique et sociale intérieure risque d’avoir des retombées désastreuses pour notre pays.
La priorité est, en effet, de protéger notre cohésion nationale. Avec un chômage atteignant 16 % et des régions entières marginalisées, ajouter la pression migratoire à nos défis internes est une bombe à retardement. La Tunisie n’a ni les moyens ni le devoir de gérer les conséquences des désordres africains et des politiques néocoloniales européennes. Elle assume certes sa part de solidarité envers les migrants, mais refuse d’être le bouc émissaire de l’échec des politiques européennes. L’Europe doit choisir : continuer vainement à dresser des murs, ou bien assumer sa responsabilité et s’attaquer au problème de la migration à la source…
H.G.
Immigration clandestine : Quelle voie de sortie pour une crise tenace?
Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que Kaïs Saïed appelle à intensifier les opérations de retour volontaire des migrants, que faut-il faire pour maîtriser le fléau de l’émigration aussi bien en Tunisie que dans le monde?
Impliquer les pays d’origine devient une nécessité...
Pendant que la Tunisie peine à contrôler les flux migratoires, le président de la République, Kaïs Saïed, est monté au créneau appelant à intensifier les opérations de retour volontaire des migrants. En effet, dans un communiqué publié datant du 28 mars dernier, le chef de l’Etat a appelé à intensifier les efforts pour augmenter les «retours volontaires» des migrants en situation irrégulière. Selon le site spécialisé «Infomigrant»: «Seulement» 1 500 personnes ont été rapatriées depuis le début de l’année, rapporte la présidence de la République tunisienne. Des dizaines de milliers d’Africains subsahariens vivent actuellement dans le pays. Le président tunisien, Kaïs Saïed, a, en effet, appelé l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) à intensifier ses efforts pour assurer les «retours volontaires» des personnes subsahariennes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine. «Seulement 1 544 migrants», en Tunisie, ont été rapatriés dans leurs pays depuis le début de l’année, a indiqué le président tunisien, dans un communiqué publié dans la nuit de mardi 25 à mercredi 26 mars.
Ce nombre «aurait pu être bien plus élevé si davantage d’efforts avaient été menés pour mettre un terme à ce phénomène inacceptable tant sur le plan humanitaire que juridique», peut-on lire dans la déclaration présidentielle. Kaïs Saïed a appelé «toutes les autres organisations» concernées par ce problème à soutenir également «davantage les efforts tunisiens visant à faciliter le retour volontaire des migrants irréguliers».
Selon certains observateurs, l’émigration dite clandestine n’est pas l’apanage de la Tunisie et il serait terrible de culpabiliser ceux et celles qui fuient la misère et la pauvreté pour conquérir un bien-être, fût-il illusoire et aléatoire. Il y aura toujours de migrants tant que les motifs de l’émigration n’auront pas disparu, insistent les plus avertis.
Hors contrôle ...
Selon les chiffres du site spécialisé «Infomigrants» : « Sur l’ensemble de l’année 2024, 7 250 migrants subsahariens vivant en Tunisie sont rentrés «volontairement» dans leur pays via l’Organisation internationale des migrations (OIM), a indiqué fin janvier le secrétaire d’État tunisien auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ben Ayed.
On estime que le nombre de migrants irréguliers en Tunisie se situe entre 20 000 et 25 000, selon les chiffres des ONG. Ils vivent dans des camps de fortune insalubres au milieu de champs d’oliviers autour de Sfax (centre-est), dans l’attente de tenter d’embarquer clandestinement sur un canot pour l’Europe. Que faire, de fait, pour mettre fin à ses drames?
Interrogé à ce sujet, la présidente de la Commission Éducation et Formation au sein de l’Association internationale de défense des droits de l’homme et des médias. Semia Jelassi, a indiqué : «La Tunisie tente tant bien que mal à lutter contre ce fléau tout en sauvegardant la dignité des migrants. S’agissant toutefois d’un phénomène international, notre pays ne peut pas faire face tout seul à cette question qui exige aujourd’hui une collaboration internationale. A mon avis, il faut revoir toutes les conventions signées et mettre en place une stratégie commune englobant toutes les parties y compris les pays d’origine, notamment les pays subsahariens qui doivent faire preuve de plus de responsabilité en contrôlant leurs frontières».
M.B.S.M.
















