Coupe de Tunisie (16e de finale) : L’ESZ et le CSS en force, le CA, l’ESS et le ST avec le minimum
Par Kamel Zaïem
La troisième journée des matches de la Coupe de Tunisie n’a pas apporté de nouvelles surprises même si les favoris, à part le CSS, ont dû suer pour l’emporter et pour passer au prochain tour.
C’est le CSS qui a été le plus prolifique. Certes, il avait affaire à un adversaire modeste (US Zriba), mais il a fait preuve d’une bonne efficacité (0-5) avec un quadruplé signé Omar Ben Ali.
A Tataouine, le Club Africain a frappé en temps opportun, juste avant la mi-temps grâce à Ali Youssef, avant de gérer son avance, non sans avoir tremblé à quelques reprises. L’essentiel a été fait dans un match qui permet aux Clubistes de terminer leur saison avec un esprit conquérant.
A Métlaoui, l’Etoile locale a fait illusion durant une seule mi-temps avant de subir la loi d’une ES Zarzis qui a bien appris à gagner de tels matches et qui peut remercier son attaquant Youssef Snana, auteur d’un doublé.
Au Bardo, le Stade Tunisien a dominé sans faire preuve d’efficacité. Face à un bon et courageux Olympique de Sidi Bouzid, les Stadistes ont juste fait l’essentiel grâce à un penalty réussi par Ghazi Ayadi aux ultimes minutes de la première mi-temps.
Il en était de même pour l’Etoile du Sahel, longtemps accroché face aux divisionnaires du SS Mornag avant de trouver le chemin des filets par son buteur Firas Chawat.
L’AS Soliman a mené d’entrée face au GS Om Laarayes grâce à Dhiaedine Jabri et Amenallah Mejhed et a préservé son avance jusqu’au bout malgré le but tardif réussi par les miniers par l’intermédiaire de Oussama Saïdi.
Le dernier match a permis à l’AS Jelma de s’imposer (1-0) face PS Sakiet Eddaier grâce à un but de Aymen Guesmi et de rester en course dans une compétition qui lui donne de l’appétit.
K.Z.
Résultats
UST – CA (0-1)
ESM – ESZ (0-2)
ST – COSB (1-0)
SSM – ESS (0-1)
GSOL – ASS (1-2)
USZ – CSS (0-5)
ASJ – PSSE (1-0)
25e anniversaire du décès de Habib Bourguiba : Son œuvre continue à marquer les esprits
Par Kamel ZAIEM
C’était jeudi 6 avril 2000. Vers 10 heures du matin, la Radio nationale a annoncé le décès de Habib Bourguiba, l’ancien président de la République, le « Combattant suprême » et le bâtisseur de la Tunisie moderne.
Cette triste nouvelle va pousser le président Ben Ali à décréter un deuil national de sept jours et le transfert de la dépouille de l’illustre disparu à la maison du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), à Tunis, vendredi 7 avril, pour lui rendre un ultime hommage et se recueillir à sa mémoire, avant de le conduire, le samedi après-midi, à sa dernière demeure au mausolée de sa famille, à Monastir, sa ville natale.
Pour les Tunisiens, une glorieuse page de l’histoire du pays venait d’être tournée, mais Bourguiba, qui a toujours su marquer les esprits, restera à jamais en mémoire. C’est aussi paradoxal que logique ; Bourguiba est mort, mais le bourguibisme, quasiment « enterré » par Ben Ali, a commencé, ce jour-là, à revivre. C’est que, 25 ans après cette journée historique, son souvenir reste intact, son œuvre continue d’inspirer et son héritage demeure profondément ancré dans l’âme tunisienne.
Dès la première année de l'indépendance, Bourguiba inaugure un train de réformes législatives, dont le fleuron reste le code du statut personnel (CSP). Promulgué le 13 août 1956, il accorde à la femme des droits sans équivalent dans le monde arabe. Il abolit notamment la polygamie et la répudiation, et exige, pour le mariage, le consentement mutuel des futurs époux. Cette attaque contre les sources de la discrimination contre les femmes fait des Tunisiennes des privilégiées au Maghreb et au Proche-Orient.
En devenant le premier président de la République, le 25 juillet 1957, après avoir aboli la monarchie dans un climat de liesse générale, Habib Bourguiba poursuit son projet de construction d'un État moderne. Il voit dans la gratuité de l'enseignement, auquel il accorde une bonne part du budget de l’Etat, le meilleur outil de lutte contre le sous-développement. Un pari qu’il a réussi pour mettre le pays au diapason de la modernité.
Autre témoignage de la grandeur de ce Président et Leader hors normes, le jour de ses funérailles, la Tunisie a vu défiler des chefs d’État et des dirigeants du monde entier, venus lui rendre hommage. Le président français Jacques Chirac, le leader palestinien Yasser Arafat, ainsi que plusieurs dirigeants africains, arabes et européens y étaient. Cette présence massive témoignait du respect et de l’admiration qu’inspirait Bourguiba bien au-delà des frontières tunisiennes. Son engagement en faveur du dialogue et de la paix, notamment sur la question palestinienne, lui avait valu une reconnaissance internationale, et sa disparition a marqué bien au-delà du monde arabe. Ce fut un moment solennel, une reconnaissance mondiale de son rôle dans la lutte pour l’indépendance et la construction d’un État moderne.
Les Tunisiens, reconnaissants, continuent, d’ailleurs, à considérer son long règne, jusqu’au 7 novembre 1987, comme « le bon vieux temps ». Il aura toutes les raisons du monde à se considérer quasiment « unique » dans son genre : « Il ne sera pas facile de remplacer un homme comme moi. Sur le plan sentimental, il y a entre le peuple tunisien et moi quarante ans de vie passée ensemble, de souffrances subies en commun, ce qui n'existera pas avec celui qui viendra après moi ». Prononcées en 1972, ces paroles immodestes de l'ex-président de la Tunisie, Habib Bourguiba, ont retrouvé, dès l'annonce de son décès, le jeudi 6 avril 2000, leur force prophétique.
Sacré Bourguiba…
K.Z.
Editorial : Remue-ménage planétaire…
Par Chokri BACCOUCHE
C’est une véritable guerre commerciale de grande ampleur que le président américain vient de déclarer au reste du monde en imposant un droit de douane plancher supplémentaire de 10% sur toutes les importations et par des majorations prohibitives pour les pays jugés par Washington particulièrement hostiles en matière commerciale. Face à la dette astronomique de son pays où l’inflation atteint des sommets jamais connus auparavant, Donald Trump a lancé une offensive protectionniste le moins qu’on puisse dire spectaculaire dans l’espoir de redresser la barre et sortir les Etats-Unis de cette zone de très fortes turbulences qui menace de faire s’écrouler tout l’édifice. Et il n’est pas allé de main molle si l’on se réfère aux taux exorbitants imposés à certains pays qui se sont retrouvés dans la ligne de mire de cette attaque commerciale américaine très agressive qui dégage également et à mille lieues à la ronde des relents politiques et géostratégiques.
Sans surprise, la Chine occupe la tête du peloton des pays ciblés. Ses produits feront dorénavant l’objet d’une nouvelle taxe à l’importation de 34% qui viennent s’ajouter aux 20% de droits de douane additionnels déjà en place. Qu’il s’agisse de pays alliés ou «ennemis», tous vont passer en fait à la moulinette à des degrés variables bien sûr, histoire de ménager quelque peu certaines commodités politiques circonstancielles. C’est ainsi que les marchandises provenant de l’Union européenne devront supporter 20% de taxes supplémentaires, contre 24% pour le Japon, 26% pour l’Inde et 46% pour le Vietnam. Avec des taxes fixées à 28%, le «made in Tunisia» n’a pas été épargné non plus par le tsunami fiscal américain qui a mis la planète financière sens dessus-dessous à en croire les dernières statistiques. En effet, quelques heures après les annonces du président américain présentées comme une «déclaration d’indépendance économique», la Bourse de Tokyo a accusé le coup enregistrant une chute de près de 3% au moment où celles de Francfort perdait 2,45% à l’ouverture, Paris 2,15% et Londres 1,44%. Le capital étant lâche par définition, la panique a affecté les principaux marchés financiers, faisant craindre le pire pour l’économie mondiale en proie déjà à une grave récession.
Passé le choc de cette surtaxation douanière décidée par la Maison Blanche, la «résistance» s’organise. Les réactions des pays lésés par les nouvelles mesures trumpiennes oscillent en effet entre appels au dialogue en vue d’aboutir à une «solution négociée» et menaces de bras de fer. C’est le cas notamment de la France qui a dit prévoir, dans le cadre d’une contre-offensive européenne en cours de négociation, «d’attaquer les services numériques». Même si personne n’a annoncé pour l’heure une riposte claire, il n’est pas exclu que certains pays comme la Chine, qui a exhorté Washington à «annuler immédiatement» ces droits de douane, le Japon qui a estimé que l’allié américain pourrait avoir enfreint les règles de l’OMC et leur accord bilatéral ou l’Australie qui a dénoncé un «geste qui n’est pas celui d’un ami», seraient tentés d’envisager à leur tour des mesures de représailles à l’encontre des produits américains.
Bref, tout est loin d’être pour le mieux dans un monde de plus en plus aux abois. Aux guerres létales, comme celle qui se déroule actuellement à Gaza, vient s’ajouter un conflit commercial majeur aux retombées potentiellement catastrophiques sur l’économie mondiale avec des effets particulièrement négatifs pervers sur les pays vulnérables. Ce qui se passe actuellement sur la planète ne prédit rien de bon. Il est annonciateur d’un surcroît de tensions à tous les niveaux et de bouleversements majeurs semblables aux mouvements de plaques tectoniques. Un nouvel ordre mondial est en passe de naître dans la douleur qui va remettre inévitablement en cause les anciennes alliances et imposer de nouveaux équilibres géopolitiques. Il importe dans ce remue-ménage planétaire que la Tunisie adopte une nouvelle stratégie et envisage un redéploiement économique pour être en phase avec les changements profonds qui s’opèrent à l’échelle internationale. Tout en renforçant les partenariats traditionnels avec l’Union européenne, notre pays peut et doit nouer de nouvelles alliances et diversifier ses relations de partenariat, notamment avec les pays asiatiques et de l’Extrême-Orient, dans la perspective de conquérir de nouveaux marchés à l’export et d’ouvrir de nouveaux débouchés pour les produits tunisiens. A quelque chose malheur est bon. L’offensive protectionniste de Trump souligne avec force la nécessité impérieuse pour notre pays de s’adapter à la nouvelle donne dans un monde qui change à la vitesse de la lumière. Et qui fait peu de cas aux retardataires et à ceux qui s’obstinent à dormir sur leurs lauriers. La Tunisie peut s’en sortir à bon compte à la condition de prendre le train en marche…
C.B.
L'Espérance bat l'Etoile et remporte le championnat de Tunisie de volley-ball
Nouveau titre de champion, le 25e de sa riche histoire, pour L'Espérance de Tunis qui a battu cet après-midi l'Etoile du Sahel par 3 sets à 1( 25-12. 22-25, 25 -17 et 25-17) dans le cadre de la cinquième journée du play off. Encore une fois les Sang et Or prouvent ,si besoin est, qu'elle n'a pas de rival dans cette discipline depuis des années déjà.
J.B.
Coupe de Tunisie- 1/16e de finale : Le CSMsaken élimine l'O.Beja, l'USBG bat le CAB aux tirs aux buts
Par Jamel Belhassen
La seconde partie des seizièmes de finale de la coupe de Tunisie à été marquée par l'élimination de l'O.Beja, club de Ligue 1 par le CSMsaken, divisionnaire, syr le score de 1 à 0 avec un but de Boukadida à la 72e. Les autres rencontres de ce samedi ont vu EGSGafsa battre l 'ESHSousse (2-1) et l'ASGabes s'imposer à Jebdouba face à la Jeunesse locale (1-0). Le sommet de la journée entre l'USBGuerdane et le CABizertin est allé aux prolongations et ce sont les Sudistes qui vont se qualifier aux tirs aux buts (5-4) après le (0-0) des 120 mn. . De son côté, la JSKairouan s'est qualifiée aux dépens de Sfax R. Sport (1-0) grâce au bureau de Fatnassi. Les seizièmes de finales se poursuivront demain, dimanche, lundi et mardi.
J.B.
Programmé au festival « Vues d’Afrique »: « Les enfants rouges » de Lotfi Achour poursuivent leur mission
Par Imen Abderrahmani
Sélectionné dans plus d’une cinquante de grands festivals, lauréats de seize prix y compris le grand prix des Journées cinématographiques de Carthage (JCC), « Les enfants rouges » de Lotfi Achour, un film qui explore le traumatisme et raconte la résilience.
Figurant dans la compétition officielle des longs-métrages de fiction de la 41ème édition du Festival international de cinéma « Vues d’Afrique », l’une des importantes plateformes dédiées aux cinémas africains dans sa diversité et sa richesse, « Les enfants rouges » sera projeté aujourd’hui, le 5 avril et le mardi 8 avril, en avant-première québécoise.
Se poursuivant jusqu’au 13 avril, le festival dont le coup d’envoi a été donné avant-hier et dont les actes se déroulent à Montréal se veut un espace de rencontre et d’échange entre les passionnés du 7ème art, entre les cinéastes africains et canadiens, et un cadre de promotion du dialogue interculturel.
Pour son 3ème long-métrage, Lotfi Achour a su faire de cette histoire locale, tunisienne, une histoire universelle, touchante. « La douleur est-elle une norme universelle » ? La réponse de Achour à travers son film « Les enfants rouges » et son impact sur le public là où il est projeté ne peut qu’être positive, affirmative. La souffrance des « enfants rouges » n’est-elle pas celle des enfants qui vivent dans des pays déchirés par les guerres, des enfants soldats dans quelques régions de l’Afrique, des enfants palestiniens… ?
Inspirée des faits réels, d’une tragédie nationale qui l’a profondément bouleversé comme tous les Tunisiens ou presque, le film raconte une période douloureuse de l’histoire de la Tunisie, une période politiquement turbulente marquée par la montée du terrorisme.
Qui assume ?
Avec un peu de recul, avec presque 9 ans depuis l’assassinat brutal de deux bergers frères (Mabrouk et Khalifa Soltani) par les terroristes dans les monts de Mghila, Lotfi Achour raconte son histoire choquante, rappelant les Tunisiens à la vigilance et s’interrogeant sur l’impact du traumatisme non seulement sur les enfants de la région, témoins de cette tragédie mais aussi sur toute une génération qui a été exposée jour et nuit à cette terreur. Le film suit au départ deux adolescents Nizar et Achraf pour raconter au milieu et à la fin le parcours douloureux mais aussi courageux de Achraf…
Comme chaque jour, les deux cousins Nizar, 16 ans et Achraf 14 ans, arpentent les chemins serpentés de la montagne pour faire paître leur troupeau… Un jour alors qu’ils s’amusaient, les deux adolescents sont attaqués par des Jihadistes. Accusé d’être un indic de l’armée, Nizar 16 ans, est décapité sous les yeux de son cousin. Effrayé, Achraf a été chargé par les djihadistes à porter la tête coupée de son cousin en guise de message à la famille. Les larmes yeux, tant de souvenirs se bousculent dans la tête, l’adolescent parvient enfin à retrouver le chemin de retour pour annoncer à la famille la catastrophe…
La tête conservée dans le réfrigérateur, face à l’indifférence glaçante des autorités locales qui tardent à venir, émettant des réserves et des conditions pour intervenir, Achraf est obligé de se joindre au reste de sa famille pour aller récupérer le corps de son cousin, afin de l’enterrer.
Hommage aux deux bergers, un salut à ces communautés rurales qui ont affronté avec courage la terreur des djihadistes, le film raconte sous différents angles l’impact psychologique de ce traumatisme, s’interrogeant sur le destin des enfants qui vivent dans des zones de conflit.
Co-production internationale, « Les enfants rouges » réunit au casting outre les professionnels comme Salha Nasraoui, Latifa Gafsi et Mounir Khazri, des jeunes acteurs qui ont été formés à cette occasion, parmi lesquels nous citons : Ali Hlali (Achraf) et Yassine Samouni (Nizar), dans les deux premiers rôles.
I.A.
Donald Trump déclare la guerre commerciale au monde entier : Quelles conséquences sur l’économie tunisienne?
Hassan GHEDIRI
Les produits tunisiens entrant sur le sol américain se verront imposer 28% de droits de douane. Un véritable coup de massue pour les exportateurs d’huile d’olive…
Imperturbable, le président américain est décidé d’aller jusqu’au bout dans son plan de protectionnisme commercial qu’il a enclenché dès les premières heures après sa prestation de serment le 20 janvier denier à la Maison Blanche. Donald Trump, qui a entamé son deuxième mandat avec une déclaration de guerre aux géants du commerce international, notamment la Chine et l’Union européenne, a décidé d’élargir son offensive commerciale en annonçant mercredi la signature d’un décret imposant des «droits de douane réciproques» au monde entier. Par défaut, tous les produits importés aux Etats-Unis seront taxés à hauteur de 10%.
Dans le tableau brandi durant son discours, l’on peut constater que de nombreux pays subiront des surtaxes dont la Tunisie. En effet, malgré son maigre échange avec le pays de l’Oncle Sam, notre pays sera directement affecté par cette guerre sans merci déclarée par le 47e président des USA. La Tunisie sera taxée à hauteur de 28%, soit plus que l’UE (20%). Evoquant ainsi le principe de réciprocité avec la Tunisie, en réponse à des tarifs douaniers de 55% perçus par la Tunisie sur les produits américains.
Le président américain qui a qualifié sa décision d’une forme «gentille» de réciprocité a annoncé qu’elle entrera en vigueur (demain) 5 avril pour les droits de douane d’au moins 10% et le 9 avril pour ceux visant les géants comme la Chine et l’UE.
Il faut noter qu’en 2024, la balance commerciale de la Tunisie avec les États-Unis a enregistré un excédent en faveur de la Tunisie. Se composant essentiellement d’huile d’olive, les exportations tunisiennes ont atteint la valeur de 2 milliards de dinars au cours de l’année écoulée. Comment va se manifester l’impact de ces nouvelles mesures sur la Tunisie et le reste du monde?
Joint à cet effet, l’analyste et ancien ministre du Commerce, Mohsen Hassan, nous a expliqué que les relations commerciales entre la Tunisie et les USA s’inscrivent dans le cadre de ce que l’on appelle le Système de Préférences Généralisées (SPG) des Etats-Unis d’Amérique qui bénéficie à 119 pays dans le monde. Ainsi, pour la Tunisie, ce programme s’applique à près de 3500 produits et elle est aujourd’hui le 13è fournisseur du marché américain grâce à des exportations principalement agricoles telles que l’huile d’olive et les dattes, ainsi que certains produits des industries électrique et mécanique et du textile (jeans). Les exportations tunisiennes vers le marché américain sont en fait dominées par les produits agricoles (environ 80 %). «D’ailleurs, la Tunisie est le premier fournisseur de dattes sur le marché américain, et jusqu’à hier ces produits bénéficient d’une exonération totale des droits de douane. Pour ce qui est de l’huile, et selon les chiffres de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri), 17,2% des exportations tunisiennes réalisées entre novembre 2024 et janvier 2025 ont été destinées au marché américain. Et notre interlocuteur de considérer que, grosso modo, l’on peut dire que la Tunisie réalise un déficit très léger avec ce marché avec des exportations ayant atteint, en 2024, 359,7 millions de dinars, contre des importations qui avoisinent les 480 millions de dinars.
Presque insignifiant
Ceci étant dit, les échanges commerciaux avec le pays de l’Oncle Sam ont un poids presque insignifiant dans le commerce extérieur global de la Tunisie et ce malgré les avantages du SPG. Cette politique protectionniste instaurée par Trump, par laquelle les droits de douane sur les produits tunisiens seront portés à 28%,, aura pourtant des effets directs et indirects sur l’économie nationale. L’effet immédiat attendu, selon Mohsen Hassan, se manifestera à travers la baisse des exportations tunisiennes, en particulier les dattes, l’huile d’olive, le textile et certaines industries mécaniques et électriques. Notre interlocuteur croit en effet que la Tunisie risque de perdre en compétitivité sur ces produits par rapport à la concurrence, ce qui se traduira par une baisse de la demande. Ceci n’aura toutefois que de très faibles incidences eu égard à la faiblesse des échanges avec les USA.
Hassan estime cependant que la Tunisie ne manquera pas de tirer profit du protectionnisme américain qui doit se répercuter sur les cours du pétrole avec des baisses attendues du prix du baril qui se négocie aujourd’hui à 70 dollars après avoir été au-dessus de 80 dollars au début de l’année, sachant que budget de 2025 a été établi sur l’hypothèse de 74 dollars le baril. D’où l’importance pour la Tunisie de réduire sa facture énergétique et maîtriser davantage son déficit énergétique budgétaire. Ceci reste toutefois tributaire des changements géostratégiques dans le monde surtout avec l’éventualité d’une guerre contre l’Iran pouvant entraîner une flambée des prix.
L’autre facteur qui pourrait profiter à l’économie tunisienne est lié à la dévaluation du dollar face à l’euro, qui entraînera une baisse du coût des importations et réduira, ne serait-ce que légèrement, le service de la dette.
S’agissant, maintenant, des effets négatifs indirects, cela concerne, selon notre interlocuteur, nos partenaires traditionnels, en particulier les pays de l’Union européenne. Il est prévu que les politiques protectionnistes et de guerre commerciale des États-Unis entraînent une récession prolongée dans l’espace de l’Union européenne réduisant la demande extérieure et donc une baisse des exportations tunisiennes vers les pays de l’UE.
Pour amortir les chocs provoqués par la guerre commerciale américaine, Mohsen Hassan pense que la Tunisie doit revoir ses politiques commerciales à même de diversifier ses partenaires en s’ouvrant davantage sur l’Afrique, l’Asie du Sud et de l’Est, l’Amérique latine. Il s’agit ensuite de renforcer notre relation avec les pays de l’UE, d’autant plus que 80 % de nos échanges avec l’UE se font avec seulement 3 pays, d’où l’importance de se déployer sur le reste de ce gigantesque marché
L’autre point concerne le niveau des investissements directs étrangers. «Il y a des dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement dans monde, ce qui pourrait être une opportunité pour la Tunisie si elle parvenait à mettre en œuvre une diplomatie économique active et efficace qui permet d’améliorer l’attractivité des investissements en quête de nouveaux marchés. La Tunisie pourrait être une plateforme pour les exportations vers l’Afrique et l’Europe. «Pour résumer, je pense que la Tunisie ne sera pas affectée de façon directe du protectionnisme américain mais pourra subir des retombées indirectes qui imposent des mesures préventives claires et efficientes.
H.G.
La Tunisie à l'Exposition Universelle Osaka 2025 : Pour un partenariat dans les domaines de l’innovation et des technologies
La Tunisie se prépare à marquer de son empreinte l’Exposition Universelle «Expo 2025 Osaka», qui se tiendra du 13 avril au 13 octobre 2025 sur l’île artificielle de Yumeshima, à Osaka dans la région du Kansai au Japon. Placé sous le thème « Concevoir la société du futur, Imaginer notre vie de demain », cet événement d’envergure mondiale attend près de 30 millions de visiteurs issus de 170 pays du monde entier.
A cette occasion, une journée d'information dédiée à l’annonce officielle de la participation tunisienne à Expo 2025 Osaka, a été organisée ce vendredi 4 avril 2025 à la Maison de l'Exportateur-Tunis, et ce,en présence du Commissaire Général de la Tunisie à cette exposition, Mourad Ben Hassine, de S.E. l’ambassadeur du Japon en Tunisie, Takeshi Osuga. Les membres du Comité nationale de pilotage Expo 2025 ont participé à cet évènement ainsi que des représentants des médias et des personnalités, ayant pris part aux travaux préparatifs.
Dans ce cadre, M. Mourad Ben Hassine a déclaré : « Le Pavillon national reflète la singularité de la Tunisie par son passé, son présent et son futur, sur une thématique que nous avons adoptée depuis le démarrage des préparatifs : « Partenariat dans les domaines de l’innovation, la science et les technologies ». Et d’ajouter : « A travers l’architecture du Pavillon National, nous avons essayé de faire un pont entre les deux cultures japonaise et tunisienne ».
Pour sa part, S.E. l’ambassadeur japonais a exprimé sa joie de voir la Tunisie prendre part à cet événement : « C’est la troisième fois que le Japon accueillel’Exposition Universelle (1970, 2005 et 2025). Les Expositions Universelles, qui se tiennent tous les cinq ans pour une durée de six mois, constituent les plus grands évènements dans le monde, notamment en termes de visiteurs. D’ailleurs l’Expo 2025 Osaka accueillera environ 28 millions de visiteurs, y compris 3,5 millions d’étrangers ». Et de conclure : « Je suis ravi de voir la Tunisie participer et contribuer au succès de cet évènement majeur ».
Système éducatif : Cette réforme qui tarde à venir…
Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Alors que le président de la République appelle à mettre en place le Conseil supérieur de l’éducation, pourquoi la Tunisie peine à entamer la réforme de son système éducatif?
Lors de son entretien avec Nourredine Nouri, ministre de l’Éducation, le président de la République, Kaïs Saïed, a abordé le projet de décret relatif à l’organisation administrative et financière du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, ainsi que celui concernant son règlement intérieur. Selon une dépêche de l’agence TAP. le chef de l’État a réaffirmé l’importance de cette institution constitutionnelle, créée en vertu du décret n°2 de l’année 2024, daté du 16 septembre 2024. Il a souligné que le secteur de l’éducation, à l’instar d’autres services publics, a subi une destruction systématique depuis le début des années 1990, ce qui a conduit à la situation actuelle. Des dizaines de milliers d’élèves en ont été victimes, tandis que des filières sans avenir ou aux perspectives très limitées ont été mises en place. Selon le communiqué publié à minuit, le président a également dénoncé les programmes et méthodes éducatives adoptés par le passé, affirmant qu’ils n’étaient pas innocents. Selon lui, ces choix avaient été justifiés par une volonté de «tarissement des sources», mais au final ce sont les esprits qui ont été appauvris et la pensée critique qui a été étouffée.
En effet, le système éducatif tunisien a, selon tous les spécialistes, montré ses limites. «L’échec des différentes réformes entamées jusqu’ici a aggravé la situation d’où l’urgence d’un vrai débat autour du système de l’enseignement», nous dira l’activiste Salem Chérif. Et d’ajouter». Et dire que le système éducatif tunisien faisait la fierté du pays dont le premier défi après l’indépendance était d’éradiquer l’illettrisme, de fournir au pays une génération de formateurs dans tous les domaines. Plusieurs réformes ont été menées depuis et qui ont porté notamment sur l’arabisation de l’enseignement, la répartition des cycles et la diversification des filières, l’approche par compétences, l’ouverture des horizons professionnels des enseignants et autres. Malheureusement, cette réforme a montré également ses limites. Notre système produit aujourd’hui plus de chômeurs que de compétences».
De fait, certains indicateurs témoignent des défaillances de ce système: l’infrastructure des établissements scolaires se dégrade d’année en année, la violence se répand, le danger de délinquance guette au détour des écoles, collèges et lycées, d’autant que le décrochage scolaire avoisine les 100 000 élèves par année. La fracture ou l’enseignement à plusieurs vitesses inquiète aussi: inégalités régionales, urbaines, course effrénée pour le soutien scolaire mené trop souvent en dehors de toute déontologie, dichotomie privé/public. Que faut-il, alors, faire pour rendre plus efficace notre système éducatif?
Une approche globale...
Dans une déclaration accordée à Mosaïque FM, l’universitaire expert auprès de l’UNESCO, spécialiste en Sciences de l’éducation et des pédagogies de l’enseignement, Mourad Bahloul, a indiqué que le projet de réforme du système éducatif doit se dérouler en cinq étapes, à savoir le point de départ est le diagnostic, un critère essentiel de la réforme suivi par la création d’un modèle de réforme incluant les aspirations et les objectifs généraux de cette réforme.
La troisième étape nécessite, quant à elle, une stratégie pour l’activation de cette réforme, portant sur les contenus, les horaires, le système d’évaluation et le système disciplinaire. A la quatrième phase, il faut établir un réseau de normes et d’évaluations scientifiques objectives, afin d’observer l’étendue de l’impact de ces réformes. La cinquième et dernière étape sera consacrée aux ajustements nécessaires.
Selon l’intervenant, l’étape du diagnostic a commencé depuis 2011, la reprendre maintenant n’est qu’une perte de temps, souligne-t-il. «D’ailleurs, cette étape a abouti à plusieurs constats, tels que la baisse des performances de l’école tunisienne et la hausse des phénomènes de redoublement, d’échec et d’abandon scolaire», a-t-il dit. Et de poursuivre : «A cela s’ajoutent le flou et l’improvisation au niveau des affectations, le peu d’effort déployé pour encadrer les enseignants et l’accroissement des inégalités sociales ainsi que la tension dans le rapport entre les différentes parties éducatives et une fêlure dans le rapport de l’élève au savoir».
Pour notre expert; «Le diagnostic existe, des travaux académiques ont été présentés dans ce cadre et des tentatives de réforme éducative menées, mais vite avortées, pour une raison ou une autre, comme celle de 2012 qui consistait en un projet pour établir une méthodologie pour la réforme. Mourad Bahloul considère, en fait, que la question des réformes éducatives en Tunisie est restée une simple relance des textes, mais la réalité est toujours la même, puisque l’apprentissage se fait par la transmission verticale des connaissances. L’intervenant s’est ainsi interrogé : «Dans quelle mesure les réformes éducatives ont-elles bouleversé le niveau de réalité du système éducatif ?»
L’invité de Midi Show estime que l’investissement dans l’éducation devrait être l’une des priorités stratégiques nationales pour l’État. «Comment un pays peut-il se développer en dehors de son système éducatif?», s’est-il demandé.
Pour lui, investir dans l’éducation, c’est investir dans l’économie, la santé... et dans l’évolution de la société, en général.
M.B.S.M.
L’artiste plasticien Tarek Fakhfakh célèbre le printemps avec « Butterfly »
L’espace Concept Store Sameh Habachi (Cité de la culture) accueillera « Butterfly », exposition personnelle de l’artiste plasticien Tarek Fakhfakh et ce à partir du 12 avril au 03 mai 2025.
Organisée avec le soutien de la Maison des Arts du Belvédère, cette exposition semble annoncer le printemps et le beau temps. Pour le vernissage, il est prévu à 18h00, à la galerie, située au cœur de la Cité de la Culture.
A la Fnac- La Marsa : « La dictée pour tous » pour le 12 avril
L’événement éducatif et culturel international autour de la langue française « La Dictée pour Tous » aura une escale en Tunisie et ce le 12 avril 2025, à partir de 10h30 à la Fnac- La Marsa.
Grande dictée francophone, cet événement est ouvert aux élèves du primaire, aux collégiens, aux lycéens et aux adultes, vise à valoriser la diversité linguistique et culturelle, lit-on sur la page de Fnac Tunisie.
Ce rendez-vous tunisien est organisé en collaboration avec Fnac Tunisie et les Editions Arabesques. Les gagnants de chaque niveau auront l’opportunité de participer à la grande finale en France, aux côtés des finalistes de toutes les régions du monde qui prennent part à cette initiative.
Trois figures tunisiennes aux parcours diversifiés, impliquées dans des domaines artistiques et culturels variés seront les lecteurs officiels de la « Dictée pour Tous » en Tunisie. Il s’agit de Sonia Salhi, professeure de français et rédactrice notamment des textes du concours de « La Dictée pour Tous », Myriam Soufy, enseignante, comédienne, plasticienne, voyageuse et poète ainsi que l’acteur franco-tunisien Hamdi Hadda.
Conçu pour favoriser l’accès à la lecture et à l’écriture au plus grand nombre, le concept de « La Dictée pour Tous » est encouragé et parrainé par des personnalités notamment du monde des lettres, des artistes, des sportifs.
Depuis 2013, un championnat de dictées géantes a été lancé en France en collaboration avec les municipalités, les associations et les établissements scolaires, permettant aux plus jeunes comme aux plus âgés de participer ensemble, favorisant ainsi l’échange et la transmission des savoirs.
Les textes sont extraits d’œuvres classiques et modernes, mettant en avant les plus grands noms de la littérature française : Victor Hugo, Molière, George Sand, Colette, Albert Camus, Marguerite Duras, et bien d’autres. En parallèle, des textes inédits et personnalisés sont écrits par Sonia Salhi afin de proposer des dictées modernes et accessibles.
Festival de la Méditerranée en Images- PriMed : Dernier délai pour postuler le 27 avril
Le Centre Méditerranéen de la Communication Audiovisuelle (CMCA) a lancé l’appel à candidatures pour la 29ème édition du Festival de la Méditerranée en Images, PriMed. La date limite d’inscription des films est fixée au 27 avril 2025.
Cette nouvelle édition se tiendra du 29 novembre au 6 décembre 2025 à Marseille. La compétition internationale annuelle pour le Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen, met en lumière les documentaires et reportages qui explorent les enjeux, la culture, le patrimoine et l’histoire des pays du bassin méditerranéen. Elle a pour objectif de promouvoir et de récompenser des œuvres se distinguant par la qualité de leur contenu et leur créativité artistique en offrant une plateforme d’échange pour les professionnels de l’audiovisuel, favorisant ainsi le dialogue et la coopération entre les pays du bassin méditerranéen.
Le Primed est ouvert à tous les auteurs, réalisateurs, producteurs et diffuseurs dont les œuvres contribuent à une meilleure compréhension des réalités méditerranéennes. Les documentaires, reportages et films d’enquête soumis doivent aborder des thématiques en lien avec les sociétés et les vies des hommes et des femmes de cette région.
Un jury international, composé de professionnels de la télévision et du cinéma (réalisateurs, producteurs, journalistes, diffuseurs) ainsi que de personnalités spécialistes du monde méditerranéen, attribuera six prix répartis en six catégories.
Le Grand Prix du documentaire « Enjeux Méditerranéens » récompense un documentaire ou un reportage de plus de 30 minutes traitant d’un sujet d’actualité en Méditerranée, mettant en perspective les événements et donnant la parole aux protagonistes.
Quant au Prix « Mémoire de la Méditerranée », il distingue un film de plus de 30 minutes qui, avec ou sans archives, fait revivre des faits du passé, des histoires individuelles ou collectives, ainsi que des lieux de mémoire en Méditerranée. Le Prix « Première Œuvre Documentaire » valorise le talent d’un réalisateur n’ayant pas réalisé plus de trois films, y compris ceux produits dans un cadre scolaire ou de formation (durée supérieure à 30 minutes).
En ce qui concerne le Prix « Art, Patrimoine et Cultures de la Méditerranée », il récompense un documentaire de plus de 30 minutes valorisant l’expression artistique (musique, arts plastiques, spectacles vivants, arts visuels), le patrimoine (sites, monuments, œuvres d’art, archéologie, architecture) ou toute autre forme d’expression culturelle en Méditerranée (folklore, traditions).
Pour le Prix « Jeunes de la Méditerranée », il est décerné par un jury de lycéens de la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur et de pays euro-méditerranéens, récompensant une œuvre sélectionnée par le CMCA. Enfin, le « Prix du Meilleur Court Méditerranéen » (Prix du Public) est attribué à un documentaire ou un reportage de moins de 30 minutes, abordant un sujet lié à la Méditerranée.
Prix du design de l’Institut du monde arabe 2025 : Ouverture de l’appel à projets pour la troisième édition
Ce prix a pour ambition de mettre en lumière les designers émergents et confirmés du monde arabe dans une optique de démonstration des savoir-faire, du génie productif et de la création de nouveaux matériaux.
Après deux premières éditions ayant rencontré un succès et un écho remarquables, à l’image du dynamisme et de la créativité des designers du monde arabe, l’IMA indique qu’il est heureux d’ouvrir l’appel à projets pour son Prix du design 2025.
Les projets doivent avoir été créés entre le 1er septembre 2022 et le 20 mai 2025. Les candidats doivent être ressortissants de la Ligue arabe ou développer leur production dans la géographie de l’un des pays de la Ligue arabe. La date limite d’envoi des dossiers le 20 mai 2025.
Les projets seront distingués dans les catégories suivantes: « Prix Talent émergent », « Prix Impact Arab Bank Switzerland », « Prix de l’artisanat contemporain » et « Grand prix ».
Les projets finalistes pour chaque catégorie seront annoncés au mois de mai. Les projets retenus seront soumis aux membres du jury, composé d’éminentes personnalités du monde du Design.
Les lauréats recevront leur prix lors d’une cérémonie à l’Institut du monde arabe à Paris en septembre 2025 (en partenariat avec Paris Design Week). Une exposition consacrée aux candidats sélectionnés et aux lauréats se tiendra dans les espaces de l’IMA du 5 au 15 septembre 2025.
Editorial : Rompre avec les réflexes du passé - Par Hassan GHEDIRI
Le déficit courant de la Tunisie semble prendre une nouvelle fois sur une courbe ascendante après avoir suivi une trajectoire baissière depuis 2022. Dans son rapport sur la balance des paiements et position extérieure globale de la Tunisie du mois de mars, la Banque centrale de Tunisie marque en effet un redémarrage du déficit de la balance courante se situant, fin février dernier, à 1.654 millions de dinars (MD) contre seulement 113 MD à la même date de 2024. Conjugué en PIB, ce déficit s’avère encore plus alarmant. En fait, il a été quasiment multiplié par 9 en un an, passant de 0,1 à 0,9% du PIB. L’on est certes loin du record de 3,5% du PIB atteint en 2002, mais compte tenu les tensions extérieures et intérieures auxquelles se confronte l’économie nationale et les incertitudes qui montent, la Tunisie risque de ne plus maîtriser ses déficits si elle refuse toujours de renoncer aux politiques économiques stériles qui étranglent la croissance et bloquent la compétitivité.
L’on doit tout de même admettre que, théoriquement, un déficit n’est pas toujours une mauvaise chose. Car comme le disent tous les d’économistes «ça dépend». Dans toutes les théories économiques, un déficit peut toujours être qualifié de bon ou de mauvais selon les causes qui l’ont engendré. Généralement, comme l’expliquent ces mêmes théories, le déficit courant est un résultat tout à fait logique et naturel du manque de compétitivité de l’économie qui se traduit tout simplement par un excédent des importations par rapport aux exportations. Pour ce qui est de la Tunisie, son déficit courant, la BCT l’a justement expliqué par le creusement du déficit commercial en ce malgré les bons revenus générés par le tourisme et la diaspora. Le problème pour la Tunisie c’est que son déficit est caractérisé par un manque de compétitivité, parce que, dans d’autres cas, il peut aussi résulter d’un excédent d’investissements par rapport à l’épargne, signifiant par le même fait que l’économie est hautement productive et en pleine croissance. Cela nous permet d’affirmer que la Tunisie n’a pas un «bon» déficit.
Jusqu’à nouvel ordre, notre pays continuera à accumuler des engagements et ne saura se libérer du cercle vicieux de l’endettement parce qu’à l’heure actuelle, nous gaspillons les fonds empruntés dans des dépenses qui n’améliorent nullement la production et n’aident point au redémarrage des moteurs de croissance. Non, il ne s’agit aucunement d’employer les recettes portées par les protectionnistes, qui croient à tort que les exportations sont «bonnes» et les importations «mauvaises», oubliant que sans exportations les importations n’existeraient pas.
Un déficit n’est pas condamnable en soi, parce que nombreux sont les pays qui affichent des déficits courants élevés tout en maintenant une croissance solide. Pour dire que le vrai défi pour la Tunisie n’est pas de réduire mécaniquement son déficit, mais de le rendre soutenable, voire utile, en le transformant en un outil de développement plutôt qu’en un fardeau. Pour ce faire, il y a des chantiers qui doivent être engagés avec comme base fondamentale la compétitivité. La Tunisie ne peut et ne doit plus se contenter d’être une économie à faible valeur ajoutée. Elle doit se fixer des objectifs plus ambitieux en s’orientant vers des secteurs à fort potentiel industriel, technologique et commercial. Tout dépendra de la volonté de rompre avec les réflexes du passé et à franchir les frontières injustement dessinées par les anciens colonisateurs.
H.G.
L'affaire Blaili: verdict reporté au 11 avril
Par Jamel Belhassen
La Ligue Nationale de Football Professionnel réunie cet après-midi pour statuer sur le cas Youssef Blaili qui a été l'auteur lors du match entre l'Espérance et la JSOmrane d'un geste obscène a décidé de reporter le verdict au 11 avril après avoir entendu le joueur algérien et son avocat. Ces derniers ont affirmé que ledit geste était l'expression de la joie après le but inscrit et qu'il était effectué en face des travées réservées aux responsables esperantistes et ne visait nullement le public adverse tout en rappelant qu'en Algérie ce geste n'est point condamnable sans oublier qu'à la fin du même match, le joueur de la JSO Chiheb Zoghlami a été l'auteur du même geste obscène et n'a point été convoqué. On pourrait aussi penser que ce report est dicté par la proximité du match retour de la Ligue des champions entre L'Espérance et Mamelodi Sundowns. Programmé pour le mardi 8 avril courant.
J.B.
















