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La vie de Mohamed - La trahison des Banū Qurayza : Quand Médine fut menacée de l’intérieur et de l’extérieur

Lors de la bataille du Fossé, l’une des périodes les plus critiques de l’histoire de Médine, les musulmans se retrouvèrent confrontés à une situation extrêmement dangereuse. 

Non seulement une immense coalition de tribus arabes marchait contre eux, mais une menace interne surgissait également. Les Banū Qurayza, une tribu juive de Médine liée par un pacte avec les musulmans, finirent par rompre leur alliance et par participer à un complot qui aurait pu provoquer la chute de la ville.

Au départ, les Banū Qurayza étaient liés aux musulmans par un traité d’alliance. Même s’ils n’étaient pas obligés de participer directement aux combats aux côtés des musulmans, ils avaient au moins l’obligation de protéger leur secteur de la ville et d’empêcher l’ennemi d’entrer par leur côté. C’est pour cette raison que le Prophète avait laissé cette partie de Médine sans défense militaire importante, convaincu de la loyauté de cette tribu.

Mais les Banū Qurayza savaient parfaitement que les musulmans leur faisaient confiance. Lorsqu’ils décidèrent finalement de se ranger du côté des tribus arabes hostiles, ils choisirent de le faire discrètement afin de ne pas alerter les musulmans.

Leur plan était dangereux : ils devaient attaquer la ville par l’arrière pendant que l’armée confédérée attaquerait de front. Si ce plan réussissait, Médine serait prise en étau et les musulmans seraient incapables de résister.

Pendant ce temps, l’armée ennemie tenta de franchir le fossé creusé autour de la ville. Les assaillants imaginèrent une nouvelle stratégie : ils placèrent des archers sur des hauteurs afin de viser les groupes de musulmans qui défendaient la tranchée.

Leur objectif était d’affaiblir progressivement les défenseurs. Dès qu’un point faible apparaîtrait dans la ligne musulmane, les cavaliers ennemis tenteraient de traverser le fossé pour établir une tête de pont. À partir de là, ils espéraient pouvoir faire passer leurs troupes et lancer une attaque massive contre la ville.

Les attaques se succédèrent donc rapidement et sans relâche. Les défenseurs musulmans étaient constamment en état d’alerte, repoussant les offensives les unes après les autres. La pression était si intense qu’un jour entier passa sans que les musulmans puissent accomplir toutes leurs prières quotidiennes à l’heure prescrite. Cette situation attrista profondément le Prophète, qui déclara : « Ô Dieu, punis les infidèles, ils ont perturbé nos prières. »

Une ville assiégée et la menace venue de l’arrière

Cette parole montre à quel point, même dans les circonstances les plus critiques, le Prophète restait attaché à la pratique de la prière. Médine était assiégée, la mort semblait proche pour les hommes, les femmes et les enfants, mais son souci principal demeurait le culte de Dieu. Les musulmans accomplissent la prière cinq fois par jour, et maintenir cette pratique pendant un combat aussi intense était extrêmement difficile.

Pendant que les confédérés attaquaient de front, les Banū Qurayza planifiaient une attaque par l’arrière. Leur intention était d’entrer dans la ville et de frapper les zones où se trouvaient les femmes et les enfants, pensant que ces endroits seraient faiblement protégés. Ils envoyèrent même un espion pour observer la situation et vérifier combien de gardes surveillaient les familles musulmanes.

Cet espion arriva près de l’enceinte où les femmes et les enfants s’étaient réfugiés et commença à examiner les alentours. À ce moment-là, un seul homme était chargé de la garde, et il était malade. Safiyya, la tante du Prophète, remarqua le comportement suspect de cet individu. Elle alla voir le gardien malade et lui suggéra d’arrêter l’espion avant qu’il ne rapporte ses observations à l’ennemi.

Mais le gardien, trop affaibli par la maladie, refusa d’intervenir. Safiyya décida alors d’agir elle-même. Elle prit un bâton et attaqua l’espion. Aidée par d’autres femmes présentes sur place, elle réussit à le maîtriser et à le tuer. Plus tard, il fut confirmé que cet homme était bien un espion envoyé par les Banū Qurayza.

Cette découverte inquiéta profondément les musulmans. Ils réalisèrent que la partie de la ville qu’ils pensaient sûre était désormais menacée. Pourtant, l’intensité des combats au niveau du fossé était telle que presque toutes les forces musulmanes étaient mobilisées pour la défense principale.

Malgré cette situation difficile, le Prophète décida de détacher une partie des combattants pour protéger les familles. Sur les environ douze cents musulmans mobilisés, cinq cents furent envoyés à l’intérieur de la ville pour assurer la sécurité des femmes et des enfants. Il ne restait donc que sept cents hommes pour défendre la tranchée contre une armée de dix-huit à vingt mille soldats. Face à une telle disproportion, certains musulmans commencèrent à perdre courage.

Ils vinrent voir le Prophète pour lui exposer la gravité de la situation et lui demander de prier pour eux, voire de leur enseigner une prière particulière pour cette épreuve.

Le Prophète leur répondit : « Ne craignez pas. Demandez seulement à Dieu de vous protéger contre vos propres faiblesses, d’affermir vos cœurs et d’apaiser votre anxiété. » Lui-même se mit à prier intensément, demandant à Dieu de faire échouer les plans de l’ennemi et d’accorder la victoire aux musulmans.

Dans ces moments difficiles, les hypocrites présents parmi les musulmans révélèrent leur véritable attitude. La peur les domina, et ils commencèrent à chercher des prétextes pour quitter le champ de bataille. Certains prétendirent que leurs maisons étaient sans défense et demandèrent la permission de rentrer. En réalité, ils cherchaient seulement à fuir.

Le Coran mentionne cet épisode en rappelant que certains disaient : « Nos maisons sont exposées », alors qu’elles ne l’étaient pas réellement. Leur seul objectif était d’éviter le combat.

La situation des musulmans était extrêmement critique. Ils étaient attaqués de toutes parts, leurs yeux étaient troublés par la peur et leurs cœurs semblaient remonter dans leurs gorges. Cette épreuve mit leur foi à rude épreuve. Certains commencèrent même à douter et à penser que les promesses de victoire étaient illusoires.

Mais tous ne réagirent pas de la même manière. Les véritables croyants, en voyant l’armée ennemie, se rappelèrent les avertissements qu’ils avaient reçus auparavant. Pour eux, cette attaque n’était pas une surprise mais une confirmation de ce qui avait été annoncé. Au lieu d’affaiblir leur foi, la situation renforça leur détermination et leur obéissance.

Parmi eux se trouvaient des hommes qui avaient juré fidélité à Dieu et qui restèrent fidèles à leur engagement. Certains avaient déjà donné leur vie dans ce combat, tandis que d’autres attendaient encore l’occasion de le faire.

Pendant ce temps, les attaques ennemies continuaient. À plusieurs reprises, des chefs de guerre importants réussirent presque à franchir le fossé, mais les contre-attaques musulmanes les forcèrent à se retirer. Au cours d’un de ces affrontements, un chef ennemi nommé Nawfal fut tué.

Les confédérés craignaient que son corps ne soit mutilé, comme ils avaient eux-mêmes mutilé les corps des musulmans lors de la bataille d’Uhud. Ils offrirent donc une forte somme d’argent pour récupérer son corps. Le Prophète refusa toute récompense et leur permit de l’emporter librement, rappelant ainsi que l’islam interdit la mutilation des morts. Les combats continuaient jour et nuit.

Le Prophète lui-même participait à la surveillance des zones les plus fragiles du fossé, malgré l’épuisement. Une nuit particulièrement froide, il se leva à plusieurs reprises pour surveiller une partie endommagée de la tranchée. Un compagnon, Sa‘d ibn Waqqas, vint finalement prendre la relève pour lui permettre de se reposer. Mais même dans ces moments, le Prophète rappelait que la priorité était la sécurité de la communauté et la défense de la ville.

Ainsi, la bataille du Fossé devint l’un des moments les plus éprouvants pour les musulmans. Assiégés par une coalition puissante et menacés de trahison à l’intérieur même de la ville, ils durent faire preuve d’une grande patience, d’un courage exceptionnel et d’une foi profonde pour surmonter cette épreuve historique.

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