Affaire de l’assassinat de Chokri Belaid : La peine de mort pour 4 accusés et réclusion à perpétuité pour 2 autres
Le verdict est enfin tombé dans l’affaire de l’assassinat de Chokri Belaid. Après plus de 20 heures de délibérations, ce verdict tant attendu a été prononcé à l’aube de ce mercredi 27 mars 2024.
Quatre accusés dans le cadre de cette affaire ont été reconnus coupables et ont été condamnés à la peine de mort alors que deux accusés ont écopé la peine de réclusion à perpétuité.
Par ailleurs, un non-lieu a été prononcé en faveur de cinq des accusés alors que les autres accusés ont écopé des peines de prison allant de deux à 120 ans..
Tous les accusés ont également été soumis à un contrôle administratif pour une durée allant de 3 à 5 ans.
Souad Massi en concert exceptionnel pour soutenir l'Orphelinat Diar Essebil
En ce mois sacré de Ramadan, le Mövenpick Hôtel du Lac Tunis se joint à l'Institut Français de Tunisie pour une soirée caritative inoubliable. Le samedi 30 mars 2024, le prestigieux hôtel accueillera la talentueuse chanteuse internationale Souad Massi pour un concert unique et exceptionnel au profit de l'orphelinat Diar Essebil.
Cette soirée promet d'être un événement mémorable qui marie harmonieusement tradition et modernité tunisiennes. Enrichissant sa tradition d'hospitalité, cette soirée spéciale s'inscrit dans le cadre des *Jours Heureux* ليامالزينة, une célébration de la culture ramadanesque tunisienne au Mövenpick Hôtel du Lac Tunis.
Placée sous le signe de la générosité et de la solidarité, cette initiative renforce notre engagement envers la responsabilité sociale et environnementale. Ainsi, les fonds récoltés lors de cet événement seront entièrement reversés à l'orphelinat Diar Essebil, soutenant ainsi leur mission vitale de venir en aide aux orphelins et enfants défavorisés.
Les billets sont disponibles en vente à l’hôtel aux prix de 80 DT et 50 DT, offrant ainsi à chacun l'opportunité de soutenir cette initiative.
K.Z.
Malgré la décision du cessez-le-feu, l’occupation poursuit son offensive
Le ministère de la santé à Gaza a annoncé, mardi 27 mars 2024, que le bilan des victimes de l’agression génocidaire sioniste dans la bande de Gaza, s’alourdit à 32 414 martyrs et 74 787 blessés, au 172 jour de la guerre, depuis le 7 octobre 2023.
Il a également indiqué que des milliers de victimes sont toujours sous les décombres et sur les routes, et que les ambulances et les secours ne peuvent pas les atteindre.
Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU avait adopté, lundi 25 mars courant, un cessez-le-feu immédiat à Gaza, l’armée de l’occupation a commis 8 massacres contre les familles palestiniennes, faisant 81 martyrs et 93 blessés, en 24 dernières heures, selon la même source.
SU Cup Cairo : La Croatie remporte le tournoi, la Tunisie troisième
Nouvelle parité vierge pour la Tunisie contre la Nouvelle Zélande mais victoire cette fois-ci aux tirs aux buts 4-2. Une petite consolation.
Face à la Nouvelle Zélande, Montacer Louhichi à opté une nouvelle fois pour une attitude prudente en première période où le gardien Ben Said s'est de nouveau illustré en détournant un penalty et des situations dangereuses devant un adversaire respectable. Après la pause, les Tunisiens passent au 4-3-2-1 pour menacer davantage le gardien d'en face sans réussite. Le 0-0 final a été suivi de l'exercice des tirs aux buts qui a souri aux camarades de Laidouni 4 tirs à 2. Dans la finale du tournoi, la Croatie a battu l'Égypte par 4 buts à 2 et a remporté meritoirement le trophée mis en jeu.
Jamel Belhassen
Aïd Al-Fitr : Attention aux jouets dangereux !
Les ministères de la Santé, du Commerce et du Développement des exportations ont appelé, via un communiqué conjoint publié ce mardi soir, les parents à éviter d'acheter les jouets qui menacent la sécurité des enfants, tels que des pétards, des babioles à lancer des balles, des cartouches, des flèches, des cibles laser et d'autres qu'on achète habituellement à l'Aïd Al-Fitr et qui peuvent causer de graves blessures physiques.
Les deux ministères ont également appelé les citoyens à s'éloigner des produits proposés en dehors des commerces réglementés, étant donné qu'ils n'ont pas été soumis à un contrôle officiel.
À cet égard, les deux départements ont invité les consommateurs à vérifier la présence de données obligatoires sur l'emballage extérieur du jouet liées, notamment, à l'âge de ľutilisateur et aux précautions d’emploi.
A noter que des services conjoints des deux ministères mènent des opérations de surveillance intensives, pendant cette période, pour traquer les jouets dangereux et non contrôlés, proposés par les commerces parallèles.
L’huile d’olive biologique tunisienne remporte 16 médailles d’or
L’huile d’olive biologique tunisienne a décroché 16 médailles d’or (8 Gold et 8 Extra Gold) au concours international «BIOL 2024» organisé en Italie.
Ce concours, non commercial, récompense les meilleures huiles biologiques dans le monde, sous la supervision du ministère italien des Politiques agricoles, alimentaires et forestières.
Les 16 entreprises tunisiennes gagnantes sont les suivantes :
EXTRA GOLD: 8 médailles
1- Adonis Olive Oil Picholine
2- Adonis Olive Oil Chemlali
3- Reserve Familiale Ben Ismail – Triomphe Thuccabor
4- Etablissement Hatem Chaabene – Singaris chetoui
5-Reserve Familiale Ben Ismail – Triomphe Thuccabor
6- Laperla – Société La Perle
7- Adonis Olive Oil Chetoui
8- Adonis Olive Oil koroneiki
GOLD : 8 médailles
9- Mazagan
10- Hinas Noilev El Verte
11- Junca
12 Gurza – Ben Salem Agr et transformation
13- Um Aljanna By Olissa
14- Fendri
15- Olea kotti – Dhoukar Bio
16- Adonis Olive Oil Sayeli
Il convient de rappeler que l’huile d’olive conditionnée tunisienne a décroché sept médailles d’or dont cinq médailles “Extra Gold” au concours international «Biol Novello» organisé en Italie en 2023.
Un juge impose des restrictions de parole à Trump
Le juge au procès pénal à New York de Donald Trump lui a imposé ce mardi des restrictions de parole, concernant en particulier les témoins, les jurés et le personnel du tribunal.
Cette décision du juge Juan Merchan est annoncée quelques heures après une publication de Donald Trump sur son réseau Truth Social attaquant le magistrat et sa fille.
À noter que le juge Juan Merchan présidera les débats au procès de l’ex-président, pour paiements dissimulés à une actrice de films X en 2016, à partir du 15 avril.
La chronique de Soufiane Ben Farhat : Génocide à Gaza- Feu le regretté Conseil de sécurité
Certains estiment qu’il vaut mieux feindre l’enthousiasme même de pacotille plutôt que de paraître comme des rabats-joie. Ainsi en est-il de la résolution du Conseil de sécurité de l’ONU de ce 25 mars 2024 en faveur d’un cessez-le-feu immédiat à Gaza. Le rappel des dates est nécessaire. Il s’agit bien de la première résolution du Conseil de sécurité pour un cessez-le-feu au bout de plus de 170 jours du génocide perpétré systématiquement et impunément par la soldatesque israélienne contre les civils palestiniens.
Autrement dit, cela aurait dû intervenir il y a plus de cinq mois, lorsque le génocide a commencé et a été reconnu comme tel par tous, exceptés bien évidemment les pays occidentaux, États-Unis d’Amérique en tête.
Et ce, malgré les multiples résolutions de l'Assemblée générale des Nations Unies, malgré les sentences de la Cour Internationale de Justice, malgré les rapports onusiens et des opérateurs et intervenants avec diverses casquettes sur le terrain. Sans parler bien évidemment des centaines de millions de personnes qui ont manifesté un peu partout dans le monde, et dans les pays occidentaux en prime, exprimant leur refus de ce génocide en temps réel et à huis clos.
La sale besogne au-delà de l’absurde
Lors du vote de la résolution au cours duquel les États-Unis s’étaient abstenus, on a bien applaudi dans la salle. Ce qui n’est guère fréquent au Conseil de sécurité particulièrement. Oui, mais au-delà de l’anecdote, qu’en est-il pratiquement ? Si les Palestiniens et le Hamas se sont empressés de saluer la résolution, les dirigeants israéliens en revanche l’ont stigmatisée et ont fait savoir qu’ils ne s’y plieront guère. Et ils poursuivent leur œuvre destructrice sans égards pour ladite résolution, et encore moins les états d’âmes effarouchées de maints dirigeants du monde dit libre.
Ayant une espèce de sauf-conduit tantôt tacite tantôt explicite, les Israéliens savent de quoi cela retourne. Au début, croyant pouvoir broyer Gaza et les Palestiniens en un tournemain, ils avaient sollicité deux à trois semaines des États-Unis d'Amérique et des pays occidentaux. A les en croire, l’objectif de leur expédition militaire serait atteint en quelques jours. En vérité, il s’agissait d’un triple objectif : détruire la résistance palestinienne et lui substituer un gouvernement ou des administrateurs croupions, neutraliser le labyrinthe de tunnels souterrains qui s’étendent sur plus de 500 km dans les profondeurs de Gaza et libérer les centaines d’otages israéliens aux mains des combattants du Hamas et d’autres factions de la résistance.
Cependant, piétinant et subissant de lourdes pertes, l’armée d’occupation israélienne n’a guère réussi à réaliser ne fut-ce qu’un seul de ces trois objectifs. Elle s’est rabattue alors sur les représailles et le nettoyage ethnique véritablement génocidaires des populations civiles palestiniennes. Jusqu’ici près de 33 mille Palestiniens ont été tués et on estime à plus de 12 mille ceux dont les dépouilles sont encore ensevelies sous les décombres et à plus de 75 mille le nombre de blessés.
Pour arriver à ce bilan tragique, encore que provisoire, le gouvernement du tristement célèbre Benjamin Netanyahou a dû solliciter une rallonge de deux mois auprès de ses alliés et mentors occidentaux, États-Unis en tête. Puis une autre rallonge, puis une autre. En fin de compte, les Américains, pris à partie par l’opinion internationale et l’écrasante majorité de l’opinion américaine proprement dite, ont donné le feu vert à Netanyahou et à ses soldats ivres de vengeance et de sang jusqu’au début du ramadan. Des dates-butoir réitérées et extensibles en vue d’accomplir la sale besogne au-delà de l’absurde en somme.
Les cadavres dans le placard de l’Occident
Si cette guerre a permis aux multitudes généralement trompées et flouées à tout bout de champ de comprendre quelque chose, elle aura permis de saisir la portée de l’ordure occidentale lancée à la face de l’humanité.
Aujourd’hui, la soi-disant humanité bien pensante occidentale nord-atlantique traîne bien des cadavres dans son placard. D’abord, il y a les notions fourre-tout telles celles de “nations civilisées”, de “monde libre”, de “pays démocratiques”, de “modèle à suivre”. Des concepts globalisants et réducteurs en sus de bien d’autres constructions idéologiques relevant des rapports de force iniques et dominateurs et de la logomachie verbeuse et filandreuse plutôt que d’autre chose.
Il faut savoir qu’un peu partout dans le monde il y a désormais une conscience vive internationale ouvertement anti-occidentale et anti-israélienne. La collusion entre les politiques impérialistes et l’existence même d'Israël est devenue manifeste. D’ailleurs, il y a une sympathie universelle désormais pour la Palestine et la cause palestinienne. Et même la solution dite des deux États ne convainc plus personne. Aux yeux de l’opinion mondiale, il y a désormais la Palestine et les droits inaliénables et imprescriptibles de son peuple.
Mais il est fort à parier qu’il y a encore d’autres cadavres dans le placard de l’Occident. Au premier chef, tout le système de la légalité internationale érigé au lendemain de la Deuxième guerre mondiale, le Conseil de sécurité de l’ONU en premier lieu. Avec le réveil de l’ours russe, du dragon chinois, des pays du BRICS et le retour en force du Sud global, il y a fort à parier que les choses changeront sous peu. Et même si de pareilles institutions subsisteraient encore un peu, elles sont désormais discréditées et subissent une profonde crise de légitimité -et d’utilité- auprès de l’opinion commune aux quatre coins de la planète.
Disons-le sans ambages. Dans un futur proche on parlera volontiers de “feu le regretté Conseil de sécurité”. Rien n’est éternel et ce qui est injuste et inique est promptement destiné à disparaître. Parce que, malgré tout, l’histoire a un sens. Et ses sentences sourdes sont irrépressibles.
S.B.F
La Tunisie doit rembourser 1,5 milliard de dinars de dettes
La ministre des Finances Sihem Boughdiri Namsia a dévoilé que la Tunisie envisage de rembourser une dette extérieure de 1,5 milliard de dinars sous forme de prêt au cours du mois d’avril 2024. Namsia a précisé que les engagements financiers de la Tunisie atteignent près de 25 milliards de dinars cette année, soulignant que l'Etat a remboursé une somme de 3 milliards de dinars “en une seule journée”.
Lors d’une session plénière de l’Assemblée des Représentants du Peuple tenue, ce mardi 26 mars 2024, portant sur un projet de loi visant à ouvrir un bureau du Fonds qatari pour le développement en Tunisie, la ministre a montré que les besoins financiers pour l’année 2024 s’élèvent à environ 28 milliards de dinars. Elle a souligné que malgré des options limitées, la priorité reste la stimulation de la croissance tout en maintenant les investissements. Elle a rappelé, à cet égard, que le gouvernement a récemment approuvé plusieurs projets de développement.
La ministre a également souligné l’impératif de travailler en 2024 sur l’attraction des investissements et l’augmentation des taux de croissance au-delà de la normale en incitant l’investissement et en trouvant les financements nécessaires.
Tunisie - Nouvelle Zélande : Pas beaucoup de changements prévus
Le staff technique des Aigles de Carthage abordera le match de ce soir contre la Nouvelle Zélande, pour le compte du match de classement du tournoi SU Cup Cairo en Egypt, avec l’intention de refaire confiance à la majorité des joueurs qui ont été alignés au départ du premier match contre la Croatie.
A priori, la défense à trois a donné pleine satisfaction et on retrouvera, ainsi, le trio Bronn, Jelassi, Abdi dans l’axe avec les deux excentrés Haddadi, à gauche et Kechrida à droite.
A l’entrejeu, Aïdouni et Ben Romdhane seront au rendez-vous, tout comme Achouri en attaque. Reste à savoir si Louhichi et Boussaidi vont opter pour un avant-centre de métier (Jaziri ou Jouini), ou faire évoluer Rafia dans poste avancé.
Ainsi, la formation probable serait la suivante :
Béchir Ben Saïd, Ali Abdi, Oussama Haddadi, Dylan Bronn, Hamza Jelassi, Wajdi Kechrida, Nader Ghandri (ou Jaziri), Aissa Laïdouni, Mohamed Ali Ben Romdhane, Elias Achour, Hamza Rafia (ou Saifallah Letaïef).
Le match, prévu à 21h00, sera retransmis par Al Watania 2.
K.Z.
Transport aérien : Nouvelair opte pour des offres promotionnelles importantes
Engagée à offrir à ses passagers des expériences de voyage exceptionnelles et accessibles, Nouvelair annonce une offre promotionnelle à l’occasion du lancement de ses nouvelles destinations sur l’Espagne et le Maroc au départ de Tunis.
Cette offre spéciale permet aux voyageurs de profiter de prix imbattables pour découvrir le charme oriental de Casablanca, succomber au dynamisme de Barcelone ou encore découvrir la beauté royale de Madrid.
Cette offre est valable pour tout achat effectué entre le 15 mars et le 1er avril 2024, dans la limite du stock disponible, et pour une période de voyage comprise entre le 1er avril et le 30 juin 2024.
Il reste encore quelques jours pour réserver et profiter de ces réductions.
ARP : le projet de loi relatif à la création d'un bureau du Fonds qatari du développement en Tunisie rejeté
L'Assemblée des représentants du peuple (ARP) a rejeté, aujourd’hui, le projet de loi relatif à la convention sur la création d'un bureau du Fonds qatari du développement en Tunisie, avec 51 pour, 36 contre et 25 abstentions.
Examinée hier par la commission des relations extérieures, ladite convention ne fait pas l’unanimité. Certains députés la considèrent comme une opportunité, alors que d’autres y voient une atteinte à la souveraineté nationale.
Il est à rappeler que le Fonds qatari du développement a suscité une vive polémique et deux recours d’inconstitutionnalité ont été déposés sous l’ancien Parlement pour empêcher la convention relative à l’ouverture de son bureau en Tunisie.
EST – ASEC Mimosas : plus de 25 mille supporteurs autorisés
Il a été décidé, lors de la réunion sécuritaire relative au match qui opposera l'Espérance sportive de Tunis à l'ASEC Mimosas, d’autoriser plus de 25 mille supporteurs à assister à la rencontre.
En effet, 9050 billets, à 35 dinars, seront mis en vente pour le match qui s’installe dans le cadre du quart de finale aller de la Ligue des champions, outre les 16400 abonnés « sang et or ».
La rencontre aura lieu samedi prochain à partir de 22 heures au stade Hamadi Agrebi de Radès.
Migrants tunisiens décédés en Italie : Début des procédures d'exhumation
Les services de communication du ministère des Affaires étrangères, de l'Immigration et des Tunisiens à l'étranger ont annoncé aujourd'hui que les autorités italiennes ont commencé le processus d'exhumation des corps de six migrants tunisiens en vue de leur rapatriement en Tunisie.
Cette opération se déroulera en deux étapes cette semaine, avec le transport de trois corps par voyage. Un représentant de la société funéraire italienne chargée de l'opération a été accueilli et les documents nécessaires lui ont été fournis.
Depuis le signalement du naufrage d'une embarcation de migrants au large de Trapani le 26 octobre 2023 et du repêchage des corps, le ministère des Affaires étrangères a pris plusieurs mesures pour faciliter le rapatriement des victimes.
Le saviez-vous ? Inhumé dans l'hôpital la Rabta, Dr. Ernest Conseil, tout un combat contre la peste
Alors que l'exode du personnel médical en Tunisie se poursuive, enregistrant une hausse d'une année à une autre et l'hémorragie ne s'arrête pas, dépoussiérons quelques fragments du patrimoine médical tunisien et jetons-nous de la lumière sur l'un des médecins français au parcours atypique qui a marqué de son empreinte la recherche scientifique grâce à ces années passées en Tunisie.
Comme Charles Nicolle, Ernest Conseil, en débarquant à Tunis en 1906, ne savait pas qu'il ne s'agit pas de quelques années à passer dans cette terre d'Afrique mais plutôt d'une vie. Une vie dédiée à la recherche, à l'étude et à la découverte.
Porté par sa passion pour la Tunisie, pays où il a vécu plus que vingt ans et où il a pu mener jusqu'au bout ses recherches, Ernest Conseil a choisi de terminer sa vie à Tunis, là ou il est inhumé. La sépulture qui existe jusqu'aujourd'hui à l'enceinte de la Rabta, hôpital où il a exercé pour de longues années et où il a mené ses nombreux combats médicaux, en témoigne.
Médecin et grand biologiste, Ernest Conseil (1979 à Charleval- 1930 à Tunis), contemporain de Charles Nicolle, de Charles Comte et de nombreux pasteuriens de l'époque, est arrivé en Tunisie en 1906 pour exercer à l’hôpital Sadiki (aujourd’hui hôpital Aziza Othmana). La conjoncture a été délicate avec la propagation de l'épidémie de typhus qui a ravagé la ville. Et C'est ainsi qu'il décide de consacrer sa thèse à cette épidémie.
Que des grands combats
Brillant, encouragé par Charles Nicolle, Ernest Conseil passait ses jours et nuits entre les consultations, l'observation et les recherches qu'il menait dans un petit laboratoire qu'il a aménagé. « Au cours de ces essais, Conseil se contamine par piqûre d’un doigt. Il contracte une ostéomyélite qui met ses jours en danger, le torture pendant des semaines, fait de lui, traîtreusement, un esclave des narcotiques et le laisse infirme d’un bras. » a raconté Charles Nicolle.
La vie sauvée, Ernest Conseil ne baisse pas les bras, poursuivant ses travaux et c'est grâce au soutien de Charles Nicolle, il devient en 1909 directeur du Bureau municipal d’hygiène de Tunis, qui vient d’être créé, et médecin chef du lazaret de la Rabta pour les contagieux.
"Pendant la Grande Guerre, en avril 1915, il va s’engager dans la mission médicale française en Serbie. Affecté à l’hôpital de Valievo, il se trouve vite confronté à une grave épidémie de typhus. Puis, à la fin de 1915, devant la poussée des Autrichiens et des Bulgares, il est obligé à une marche de retraite d’un mois dans des conditions épouvantables à travers les montagnes enneigées du Monténégro. Souffrant de gelures aux pieds, il doit subir l’amputation de plusieurs orteils. De retour à Tunis en 1916, il y poursuit ses travaux et sa collaboration avec Charles Nicolle, parfois empêchés pas ses problèmes de santé. A la fin de 1929 il va encore s’illustrer dans l’épidémie de peste pulmonaire qui menace Tunis", précise de nombreuses sources, mettant l'accent sur le rôle majeur qu'a joué Dr Ernest Conseil dans la lutte contre la peste qui a opté dans sa démarche pour l'isolement des malades puis sur l'isolement en masse, misant, parallèlement au traitement, sur le côté hygiénique, transformant même la prison civile de la ville en lazaret.
Réussissant avec son équipe à sauver Tunis et à freiner l'épidémie, Ernest Conseil a été le héros qui a sauvé la Tunisie d'une catastrophe sanitaire.
Quelques mois plus tard, épuisé, Dr Ernest Conseil tire sa révérence.
Charles Nicolle rend hommage à Conseil
"Nous pleurons le meilleur de nous, un grand Médecin et un grand cœur. Mieux qu'un autre, je pourrais vous parler du Médecin. Nos efforts ont été unis depuis vingt ans; nos idées se sont si intimement mêlées que je ne sais plus, moi-même, dans l'oeuvre commune, ce qu'un y apporta et ce qui revient à l'autre. C'est pourquoi j'ai scrupule d'en parler et je n'en ai pas le courage au moment où le plus jeune quitte l'aîné.
(...) Dans ce pays, où des nations, des races diverses se pressent avec un désir commun d'union, contre lequel nulles fautes, nulles jactances ne prévaudront, vous avez été le ciment de la concorde.
L'œuvre civilisatrice n'est jamais, hélas ! que l'acte de quelques individus. Vous avez été l'un de ceux là. Vos amis les indigènes le savent. Notre deuil est leur deuil. Vous aviez leur respect, leur dolent sourire. Leurs larmes, les nôtres nous rapprochent.
Soyez béni pour cette communion sur votre tombe.
Si vous comptiez sur plus, sur ce qui paie ici bas le commun des actions des hommes, avantages matériels, honneurs vous n'avez rien reçu. Tous nous en ressentons l'injustice. Elle offense. J'en frémis et je me tais C'est que je crois entendre votre parole indulgente et sereine. Ce jour est vôtre. Soyez obéi de mes lèvres, pour ce jour.
Et puis, vous avez raison. Il suffit d'une œuvre comme la vôtre pour racheter bien des défaillances sociales. Il suffit de quelques hommes comme vous, aux vertus tout humaines, pour qu'on ne désespère pas des hommes.
Merci au nom de tous ceux que vous avez aimés, réconfortés, soulagés, guidés; merci, Conseil", a noté Charles Nicolle dans son discours prononcé, lors des obsèques de Dr. Conseil, le 6 juin 1930.
Imen.A.
















