Cinq soirées composeront le programme de la 11ème édition de « Tarnimet », le rendez-vous ramadanesque que propose La Rachidia, du 7 au 14 mars 2026. Rencontre qui célèbre l’héritage musical tunisien et qui rend hommage aux pionniers.
Par Imen Abderrahmani
Baptisée en hommage au chef d’orchestre et compositeur tunisien Mohamed Triki (1899-1998), cette édition s’attache à redonner vie à son héritage et à célébrer les artistes qui ont marqué l’histoire de la musique tunisienne.
Membre fondateur de La Rachidia dès 1934, Triki a contribué au développement d’une musique tunisienne authentique et exigeante, en en assurant la direction artistique et en inspirant plusieurs générations d’interprètes.
Le programme ramadanesque « Tarnimet » constitue non seulement une occasion de préserver et de promouvoir ce riche patrimoine musical, mais surtout de mettre en lumière et soutenir les jeunes artistes, qui, par leurs voix et leur talent, perpétuent et font résonner ce véritable trésor de la musique tunisienne.
Fidèle à son héritage, cette 11ème édition invite nostalgiques et mélomanes à des veillées musicales riches en émotions et en résonances ramadanesques. Les spectacles débuteront à 21h30 au siège de La Rachidia, à la médina de Tunis, à l’exception de la soirée d’ouverture, prévue le 7 mars au Théâtre municipal de Tunis et où le public aura rendez-vous avec la Troupe de La Rachidia qui présentera « Nouba mhayyer sika ».
Le programme comporte entre quatre autres concerts avec à l’affiche Mohamed Ali Chebil, le 8 mars, Malek Lakhoua qui présentera, le 12 mars, son projet « Project », mêlant musique tunisienne et sonorités du jazz et Cheikh Naoufel Zariat qui sera présent, le 13 mars avec un spectacle intitulé « Nassim Al Wassl ». La soirée de clôture, le 14 mars, verra le retour de la Troupe de la Rachidia avec un nouveau projet intitulé « Layali Zmen ».
La Rachidia, gardienne de la mémoire musicale
En 2025, La Rachidia a célébré ses 90 ans, un anniversaire marqué par un colloque au Centre des musiques arabes et méditerranéennes Ennejma Ezzahra (CMAM) et une série de concerts illustrant son rôle central dans la musique tunisienne. Dans ce cadre, un ouvrage retraçant l’histoire de cette institution emblématique a été publié, mettant en lumière son patrimoine et les figures qui l’ont façonné. Créée en 1934 par une élite d’hommes politiques, d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes sous la direction de Mustapha Sfar, alors « Cheikh el Medina », l’histoire et le parcours de cette institution est riche de noms, de dates, de souvenirs… Porteuse de quelques pages importante de l’histoire de la musique en Tunisie, la Rachidia doit son appellation à Mohamed Rachid Bey, souverain passionné de musique et de poésie, qui enrichit la tradition musicale tunisienne par les influences andalouses et turques.
Hier comme aujourd’hui, cette institution a pour mission de préserver le malouf et ses variantes, de documenter le patrimoine musical et de former de nouvelles générations d’artistes. L’histoire de La Rachidia est jalonnée de grandes figures de la musique tunisienne, telles que Khemaïs Tarnane, Mohamed Triki, Salah Mehdi, Mohamed Sâada, Kaddour Srarfi, Taher Gharsa, Abdelhamid Ben Aljia…, qui ont toutes contribué à faire de l’institution un pilier incontournable du patrimoine musical tunisien. Tant de belles voix tunisiennes comme Chefia Rochdi, Saliha, Olaya, Ali Riahi… ont contribué au rayonnement de cette structure artistique. Tant d’autres ont pris la relève dépoussiérant et transmettant ce précieux héritage comme Noureddine Béji, Zied Gharsa, Alya Belaïd et Dorsaf Hamdani.
Avec « Tarnimet 2026 », La Rachidia continue de transmettre et de valoriser le patrimoine musical tunisien, offrant un pont vivant entre tradition et modernité, invitant le public à redécouvrir l’âme et la richesse de la musique tunisienne, une musique qui continue à faire de la résistance, à vivre et à séduire.
Imen. A.

