Patrimoine- Djerba: Les mosquées Sidi Jmour et Sidi Zayed nécessitent une urgente intervention
Des travaux urgents devraient être effectués pour la restauration et conservation de deux monuments religieux dans l'île de Djerba, la mosquée Sidi Jmour et celle de Sidi Zayed.
La mosquée Sidi Jmour est parmi les 31 sites et monuments contenus dans le dossier d’inscription de l’Ile de Djerba au patrimoine mondial.
L'Ile de Djerba a été officiellement inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco le 18 septembre 2023, lors de la 45e session élargie du Comité du patrimoine mondial réunit à Riyad, en Arabie Saoudite.
La correspondante de TAP à Médenine, a indiqué, ce lundi 14 octobre, que les mosquée Sidi Jmour et Sidi Zayed, ont fait l'objet d'une visite d'inspection par une équipe d'experts relevant de l'Institut National du Patrimoine (INP), la Déléguée aux Affaires Culturelles régionales et le Directeur régional pour les Affaires Religieuses à Médenine.
Dans une déclaration à la TAP, la Déléguée aux Affaires culturelles régionale de Médenine, Naima Haddar, a souligné que cette visite a été faite en raison des fissures majeures constatées dans le bâtiment de la mosquée Sidi Jmour ainsi que l'état délabré de la mosquée Sidi Zayed.
Elle a indiqué que les travaux seront effectuées dans les meilleurs délais par les experts de l'INP et après l'approbation de l'Agence de protection et d'Aménagement du Littoral (APAL).
Une fois l'étude technique pour la réhabilitation de la mosquée Sidi Jmour est effectuée, des fonds seront recherchés auprès des citoyens et un compte courant sera ouvert à cet effet, a expliqué la responsable régionale.
S'agissant de la mosquée Sidi Zayed, la responsable a fait savoir que les interventions couvriront l’intérieur du bâtiment et l'aménagement de son espace extérieur. Elles seront faites moyennent des financements offerts par la société civile à Djerba. Les Fonds seront exploités une fois l'instrument juridique mis en place.
Il est à rappeler qu’au mois de janvier 2023, la société civile à Djerba avait tiré la sonnette d'alarme sur l'état de conservation de la Mosquée Sidi Jmour dont la situation nécessitait une intervention urgente. Une délégation composée par des membres des associations actives dans le secteur du patrimoine sur l'Ile, le maire de Djerba-Ajim, des représentants de la municipalité de Houmet Essouk et des experts de l'INP s'était rendue sur le lieu de ce monument.
La visite avait permis de constater les dégâts ayant touché ce monument en vue de sa restauration urgente. En attendant d'entamer les travaux de restauration, il a été convenu de placer des barrières autour du monument en vue d'empêcher les visiteurs d'approcher les zones qui constituent un danger pour leur sécurité.
Le Quotidien avec TAP
Production de l’huile d’olive : Des prévisions en forte hausse
La Tunisie se prépare à enregistrer sa plus grande production d'huile d'olive en cinq ans, un fait qui pourrait redéfinir le paysage économique du pays.
Avec une récolte estimée à 300 000 tonnes, cette hausse significative est le résultat d'une combinaison de conditions climatiques favorables et de pratiques agricoles améliorées. Dans un contexte global où l'huile d'olive tunisienne est de plus en plus prisée, cette production pourrait également renforcer la position du pays sur le marché international.
Conditions climatiques favorables
Les agriculteurs tunisiens ont bénéficié cette année de conditions climatiques particulièrement favorables, notamment des précipitations adéquates et des températures modérées. Ces éléments ont permis aux oliviers de prospérer, entraînant une augmentation significative des rendements par arbre.
De plus, les efforts déployés pour moderniser les techniques agricoles, notamment l'utilisation de variétés d'olives plus résistantes aux maladies, ont contribué à cette embellie. Les experts estiment que ces améliorations pourraient devenir la norme, offrant un avenir prometteur pour l'industrie oléicole tunisienne.
Un impact économique positif
La production accrue d'huile d'olive ne se limite pas seulement à des chiffres impressionnants. Elle a également des implications économiques profondes pour la Tunisie. L'huile d'olive représente une part essentielle des exportations agricoles du pays, et une récolte record pourrait générer des revenus significatifs pour les agriculteurs locaux.
En outre, cela pourrait stimuler l'emploi dans les zones rurales, où la culture de l'olive est une source vitale de subsistance. Les autorités tunisiennes envisagent également d'intensifier leurs efforts marketing pour promouvoir l'huile d'olive tunisienne à l'étranger, renforçant ainsi sa réputation sur les marchés internationaux.
Enjeux environnementaux et de durabilité
Alors que la Tunisie se dirige vers cette récolte exceptionnelle, les enjeux de durabilité et de respect de l'environnement prennent également de l'importance.
Les producteurs sont de plus en plus conscients des impacts environnementaux liés à leurs pratiques agricoles. Ainsi, plusieurs initiatives visent à promouvoir une agriculture durable, intégrant des méthodes biologiques et réduisant l'utilisation de produits chimiques. Cette démarche non seulement répond aux attentes croissantes des consommateurs soucieux de leur santé, mais elle contribue également à préserver les ressources naturelles du pays.
En capitalisant sur ses atouts naturels et en adoptant des pratiques durables, la Tunisie pourrait non seulement atteindre ses objectifs de production mais aussi renforcer son image sur la scène mondiale.
Nouveau prix pour Marwen Trabesli et son film "A moitié d'âme"
"A moitié d'âme" de Marwen Trabelsi a remporté le prix du meilleur film de la compétition des courts-métrages à la 4ème édition des Rencontres cinématographiques et numériques de Cotonou (ReCiCo) au Bénin. D'une durée de 26 mn, le film réunit au casting, dans les rôles principaux l’homme de théâtre Abdelkader Ben Said et la petite-fille Emna Halfaoui.
C'est l'histoire d'un père qui s'est trouvé dans l'obligation de vendre son âme pour sauver la vie de sa petite fille souffrante. Le film dénonce cette société matérialiste, dénudée d'humanité.
Il est à rappeler que le film a figuré dans 70 sélections officielles et a remporté plus de 10 prix internationaux.
Fête de l’Evacuation : Il y a 61 ans, les Français quittaient Bizerte
Il aura fallu sept ans et des centaines de morts pour que la décolonisation totale et entière de la Tunisie soit enfin effective. C’était à Bizerte, dernière fraction de territoire encore aux mains des Français, le 15 octobre 1963. Le récit de cette évacuation a été publié par le magazine « Jeune Afrique », dont voici le contenu…
Le 15 octobre 1963, sept ans après l’indépendance de la Tunisie et deux ans après la bataille de Bizerte, les bâtiments de la marine française quittent la rade de la ville. Vers 14 heures, lors d’une cérémonie discrète, un officier décroche le drapeau bleu blanc rouge. Il le plie en quatre, le met sous son bras et rejoint le navire amiral, qui sera le dernier à quitter le port.
L’évacuation du dernier soldat français se termine vers 15 heures. Les quais où, jusqu’à la veille, trois cargos, douze navires de guerre, un porte-avions, trois mille hommes et des tonnes de matériel attendaient d’être embarqués sont étrangement déserts. Les Français laissent cependant derrière eux deux pistes de décollage, une base aérienne avec hangar et bâtiments, une base aéronavale, un hôpital, des immeubles administratifs, une tour de contrôle, des installations souterraines inachevées, du matériel de contrôle, de radio, de protection contre les incendies, des quais, des bassins et, surtout, une quinzaine de techniciens pour assurer l’entretien des installations et la formation de Tunisiens capables de prendre la relève.
Au même moment, l’aviso Destour, battant pavillon rouge et blanc, apparaît à droite de la rade. À son bord, un petit groupe de responsables tunisiens qui regardent le dernier bateau français s’éloigner. Parmi eux, Bahi Ladgham, vice-président et secrétaire général du Néo-Destour, Taïeb Mehiri, Hassib Ben Ammar, Mahjoub Ben Ali…
Vers 16 heures, un officier français ouvre la grande porte de fer, un énorme trousseau de clefs à la main. Le bateau accoste à l’endroit même où était amarré le navire amiral français. Une petite foule, qui a envahi le port, entonne l’hymne national et lance des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »). Bahi Ladgham hisse le drapeau tunisien sur la base, puis annonce solennellement au téléphone à Habib Bourguiba, président du parti et chef de l’État : « Mission accomplie. » Bizerte, « dernière séquelle de l’ère coloniale », selon les mots de Bourguiba, est enfin rendue aux Tunisiens. Dans les rues de la ville, c’est la liesse. Bientôt, la joie s’étendra à tout le pays.
Achèvement de la décolonisation
Depuis le retrait des troupes françaises du territoire tunisien en 1958, Bourguiba n’avait cessé de revendiquer l’achèvement de la décolonisation par l’évacuation de la base navale. Pour faire taire les surenchères nationalistes, tant à l’intérieur (Salah Ben Youssef) qu’à l’extérieur (Nasser), il voulait obliger les Français à rendre Bizerte, et non la recevoir de leurs mains, à un moment choisi par eux.
Le général de Gaulle, aux prises avec le drame algérien, n’entendait se laisser « rien dicter ni arracher soit du dedans, soit du dehors», comme il disait. La rencontre entre les deux hommes, en février 1961, au château de Rambouillet, non loin de Paris, tourna au dialogue de sourds. L’affrontement était donc devenu inévitable entre deux leaders enfermés dans des logiques antagonistes.
Les hostilités, déclenchées le 19 juillet 1961, se prolongèrent jusqu’au 23 au matin. Les forces en présence étaient très déséquilibrées: un corps d’élite français bien entraîné et une armée tunisienne courageuse, mais fort peu expérimentée et mal équipée, adossée à des volontaires plus gênants qu’utiles. Bilan des pertes : côté français, 27 militaires tués et une centaine de blessés ; côté tunisien : 632 morts, dont 330 civils.
L’évacuation des troupes françaises sera fêtée solennellement le 15 décembre 1963, à Bizerte, envahie par plus de 300 000 personnes. La postérité retiendra l’image de Bourguiba triomphant au milieu de deux figures du nationalisme arabe, Nasser et Ben Bella, qui n’avaient jusqu’alors cessé de fustiger les « compromissions » du leader tunisien avec l’Occident.
Avec la France, tout était déjà rentré dans l’ordre. Les relations diplomatiques ayant été rétablies, Paris avait repris son aide. On avait presque oublié, des deux côtés, le bras de fer entre Bourguiba et de Gaulle, deux combattants de la liberté qui s’étaient laissé entraîner dans un conflit stupide.
Présidentielle 2024 : Une nouvelle condamnation contre Ayachi Zammel
Selon le porte-parole officiel du tribunal de première instance de Tunis 2, la Chambre correctionnelle près le Tribunal de Première Instance de Tunis 2 a condamné l'ancien candidat à la Présidentielle Ayachi Zammel à une peine d'un an et deux mois de prison et à l'interdiction de voter pour chacun des cinq procès intentés à son encontre, pour suspicion de falsification de parrainages des élections.
La membre de l'équipe de campagne électorale de Zammel et trésorière du parti "Azimoun", Siwar Bergaoui, a été condamnée, quand à elle, à une peine de deux ans et quatre mois de prison, d'après la même source.
La destruction de Gaza selon le chercheur Didier Fassin : "le monde occidental n’aura plus de leçon de droits humains à donner"
La destruction à grande échelle de Gaza et la mort sous les bombes israéliennes de plus de 41 000 Palestiniens, dont une large majorité de civils, se sont accomplies sous le regard passif des principaux pays occidentaux. Une "abdication morale", selon le chercheur Didier Fassin, qui décrypte dans un récent essai la genèse de "l'acquiescement à l'anéantissement de Gaza".
La tour Eiffel s'est éteinte pendant quelques minutes, lundi soir, pour commémorer les quelque 1 200 victimes de la série d'attaques terroristes du 7-Octobre en Israël. "Cet attentat ignoble, le premier pogrom du XXIe siècle, a plongé le Proche-Orient dans un chaos où les victimes civiles se comptent en dizaines de milliers", a indiqué la mairie de Paris, sans préciser que ces dernières étaient en majorité des femmes et des enfants palestiniens tués par l'armée israélienne. En un an de bombardements sur Gaza, les autorités parisiennes n'ont pas utilisé la Dame de Fer pour dénoncer le terrible bilan humain dans l'enclave palestinienne.
L'extrême violence de l'attaque du Hamas, organisation considérée comme terroriste par l'Union européenne et les États-Unis, avait aussitôt provoqué une vague de soutien à Israël. L'intensité des destructions à Gaza et le bilan humain sans précédent des représailles israéliennes ont finalement amené plusieurs dirigeants occidentaux à appeler à un cessez-le-feu. "Je pense qu'aujourd'hui, la priorité, c'est qu'on revienne à une solution politique, qu'on cesse de livrer les armes pour mener les combats sur Gaza", a déclaré le président français Emmanuel Macron lors de l'émission "Etcetera" sur France Inter, enregistrée le 1er octobre.
Pour Didier Fassin, enseignant à Princeton et professeur au Collège de France, où il est titulaire de la chaire "Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines", c'est d'abord le sens moral de l'Occident qui s'est éteint depuis les attaques terroristes du 7-Octobre.
Dans son récent ouvrage "Une étrange défaite – sur le consentement à l'écrasement de Gaza", le sociologue et anthropologue examine comment de nombreux responsables occidentaux ont accepté "la réalité statistique que les vies de civils palestiniens valent plusieurs centaines de fois moins que les vies de civils israéliens et l'affirmation que la mort des premiers mérite moins d'être honorée que celle des seconds".
Le chercheur y égrène les multiples raisons qui ont poussé de nombreux dirigeants occidentaux à apporter un "soutien inconditionnel" à Israël, tout en soulignant que cet appui militaire et diplomatique, conjugué à des restrictions sur les mouvements de solidarité avec les Palestiniens, distinguent la destruction de Gaza des autres grands massacres commis ailleurs dans le monde.
Dans ce qui suit, Didier Fassin en parle sans détours à France 24…
Dans votre livre, vous revenez sur les deux interprétations des attaques du 7-Octobre : massacre antisémite ou révolte contre une puissance occupante. En quoi l'interprétation du massacre antisémite a-t-elle favorisé le soutien des pays occidentaux ?
Il est indiscutable que le 7-Octobre a été vécu en Israël et parmi de très nombreux Juifs de la diaspora comme un traumatisme profond et durable. L'interprétation de l'attaque sanglante comme pogrom a été imposée immédiatement, non seulement par le gouvernement israélien mais aussi par les responsables politiques et une partie des élites intellectuelles du monde occidental, y compris par le président français qui a parlé du plus grave massacre antisémite de notre temps. Selon cette analyse, les soldats et les civils tués le 7-Octobre ne l'ont pas été en tant qu'ennemis ou oppresseurs, mais en tant que Juifs.
Ce crime odieux justifiait alors un châtiment exemplaire, d'autant que l'argument du droit à l'autodéfense, qui n'avait néanmoins jamais été évoqué à propos des Palestiniens victimes des violences de l'État hébreu, était avancé par les gouvernants occidentaux.
La seconde interprétation a provoqué un vif débat dans les pays occidentaux. Un an après, quelles sont les conséquences du rejet de cette interprétation ?
La seconde interprétation de l'incursion meurtrière en a fait un acte de résistance – ce qui ne justifie pas les exactions contre les civils israéliens. Cette offensive avait été rendue inévitable par le blocus qui asphyxiait le territoire et sa population, une brutalisation qui faisait de plus en plus de victimes, un arbitraire qui permettait d'emprisonner sans charges et surtout une disparition de la question de Palestine des agendas internationaux.
Selon cette analyse, qui correspond au document publié par le Hamas, les organisations palestiniennes, ignorées et isolées, privées de la possibilité de négocier le respect de leurs droits, se sont trouvées acculées, n'ayant d'autre solution qu'une opération militaire. Ce récit fait l'objet d'une interdiction par les autorités et d'une stigmatisation dans les médias, pouvant conduire même à des actions en justice.
La police de la pensée, qui a imposé la première interprétation et condamné la seconde, a eu deux conséquences : l'exclusion de toute perspective historique pour comprendre les faits et la légitimation de représailles sans limites pour les punir.
Vous montrez dans votre livre plusieurs exemples de la façon dont certains médias importants aux États-Unis et en France ont repris le récit israélien. Est-ce à dire qu'ils ont une responsabilité dans ce que vous appelez la fabrication du consentement à l'anéantissement de Gaza ?
Les grands médias occidentaux ont d'abord connu un phénomène de sidération après l'attaque sanglante du 7-Octobre. Ils ont repris la communication du gouvernement israélien, ont parlé de pogrom contre des Juifs, ont évité toute mention des décennies d'occupation et d'oppression des Palestiniens, ont reproduit le discours sur la menace existentielle pesant sur l'État hébreu et ont conduit des reportages presque uniquement sur le traumatisme, réel, des Israéliens, en se contentant de statistiques de mortalité dans la bande de Gaza sans donner à voir la souffrance des habitants. Ils ont ainsi contribué à la représentation des faits qui a légitimé la guerre d'anéantissement.
Une illustration du parti pris des grands médias est la désignation de la guerre à Gaza par l'expression "guerre Israël-Hamas", comme si les civils ne constituaient pas en réalité l'essentiel des victimes et comme si certains dirigeants israéliens n'avaient jamais annoncé leur volonté d'effacer ce territoire de la carte par l'usage de la force.
Dans votre ouvrage, vous affirmez à ce propos que "l'anéantissement de Gaza" a été ouvertement annoncé par plusieurs responsables israéliens…
L'intention génocidaire du gouvernement israélien, de nombre de responsables politiques et de certains chefs militaires, à laquelle font écho de nombreux messages de soldats et de simples citoyens, ne fait guère de doute. Le président de l'État hébreu dit que la nation palestinienne toute entière est responsable et doit être écrasée. Le Premier ministre évoque un ennemi biblique dont le châtiment consiste en une mise à mort des hommes et femmes, des nourrissons et des nouveau-nés. Le ministre de la Défense parle d'animaux humains en appelant à agir en conséquence. Le ministre de la Sécurité nationale considère que tous sont des terroristes et doivent être détruits. Le leitmotiv est qu'il n'y a pas d'innocents. Même l'assassinat d'enfants trouve une justification dans le fait qu'ils deviendraient des terroristes.
Et cette intention se traduit bien dans les actes, par les massacres sous les bombes de civils, la réduction des habitants à la famine par le blocus de l'aide humanitaire, la dévastation du territoire et de tout ce qui y rend la vie possible.
C'est ce qui a mené la Cour internationale de justice (CIJ) à demander à Israël d'empêcher tout acte éventuel de "génocide" à Gaza ?
L'intention et les actes sont suffisamment probants pour que la CIJ, malgré sa prudence, déclare le génocide plausible. Néanmoins, les pressions de nombre de pays occidentaux, dont les États-Unis, l'Allemagne ou la France, pour que ce crime ne soit pas reconnu, sont d'autant plus intenses que leurs gouvernants risquent de se trouver eux-mêmes accusés de complicité, ce qui s'est déjà produit dans le cadre de procès.
Au regard de l'histoire, il est difficile d'imaginer que, dans le futur, on puisse récuser le génocide des Palestiniens par l'État hébreu. À cet égard, le travail des chercheurs n'est pas conditionné par les décisions des juges.
Après plusieurs mois de guerre, certains pays occidentaux comme la France ont exigé un cessez-le-feu et une solution politique qui impliquerait la création d'un État palestinien. Quelle est la crédibilité de ces déclarations ?
Ce sont des déclarations sans conséquences. Il ne coûte rien de les faire, puisqu'elles n'engagent à rien et ne sont suivies d'aucune mesure visant à leur traduction concrète, telles que le boycott des ventes d'armes et les sanctions internationales qui ont joué un rôle important dans la chute du régime d'apartheid en Afrique du Sud. Ce sont donc des déclarations inoffensives et Israël le sait bien, même si son Premier ministre fait semblant de s'en indigner.
Dans le cas de la France, elles sont même incohérentes puisque son vote aux Nations unies en faveur de la création d'un État palestinien a été contredit par le chef de l'État qui a indiqué que le moment n'est pas opportun.
Quelles sont les conséquences en matière de relations internationales de ce que vous décrivez comme une "abdication morale" de l'Occident au sujet de la dévastation de Gaza ?
Un abîme s'est creusé entre le monde occidental et une grande partie du reste du monde. Il est clair que le premier n'aura plus de leçon de droits humains à donner à la seconde. Sa crédibilité en la matière était déjà fortement contestée. Elle sera durablement affectée par son implication dans la destruction des Palestiniens de Gaza. C'est donc une perte du point de vue de cette autorité morale que revendiquent les pays occidentaux. Mais il leur reste la force, qu'ils parviennent à imposer en de nombreux endroits de la planète tant sur le plan militaire que sur le plan économique.
Tunisie - Pour un appui durable des PME
Les petites et moyennes entreprises (PME) en Tunisie jouent un rôle fondamental dans l'économie nationale.
Elles représentent plus de 95 % du tissu entrepreneurial et contribuant à environ 50% du produit intérieur brut (PIB). Cependant, malgré leur importance, ces entreprises font face à des obstacles considérables qui entravent leur développement et leur pérennité.
Un secteur vital
Les PME tunisiennes sont souvent considérées comme le moteur de l'économie. Elles génèrent plus de 70 % des emplois dans le secteur privé et sont essentielles à la création d'innovations et d'opportunités économiques. Toutefois, ces entreprises souffrent d'un accès limité au financement, un problème qui s'est aggravé ces dernières années.
Selon les données de la Banque mondiale, la proportion d'entreprises signalant le manque de financement comme un obstacle majeur a presque doublé entre 2013 et 2020. Cette situation a conduit à une augmentation alarmante du nombre de faillites, mettant en péril non seulement les entreprises elles-mêmes, mais aussi les emplois qu'elles créent.
Défis à lever
L'accès au financement est sans doute l'un des principaux freins à la croissance des PME tunisiennes. D’après des études récentes, le pourcentage d'entreprises considérant le manque de financement comme un obstacle majeur a presque doublé entre 2013 et 2020, passant de 21,9% à 43,9%.
Les banques, souvent réticentes à accorder des crédits aux petites entreprises en raison de leur fragilité financière, exacerbent cette situation. Ce durcissement des conditions d'accès aux crédits a conduit à une augmentation alarmante des faillites au sein de ce secteur vital. En effet, environ 200 000 PME étaient en situation de faillite en 2023, un chiffre qui illustre la gravité de la crise.
Un autre obstacle majeur réside dans le manque de compétences professionnelles au sein des PME. La dégradation du système éducatif et le taux élevé de décrochage scolaire ont contribué à une main-d'œuvre souvent mal qualifiée. Ce phénomène limite non seulement la productivité des entreprises, mais également leur capacité à innover et à s'adapter aux exigences du marché.
Les PME se trouvent donc dans une position délicate, où elles doivent non seulement faire face à la concurrence accrue, mais aussi investir dans la formation de leurs employés pour rester compétitives.
Enfin, les réglementations strictes du marché du travail représentent un défi supplémentaire. Ces règles poussent souvent les entreprises à se tourner vers l'économie informelle pour réduire leurs coûts. En conséquence, les PME formelles se retrouvent désavantagées par rapport à celles qui opèrent en dehors du cadre légal, ce qui nuit à la compétitivité globale du secteur. La complexité des procédures administratives et les lourdeurs bureaucratiques sont également citées comme des freins significatifs au développement des PME.
Attentes de la loi n°41-2024
Pour revitaliser le secteur des PME en Tunisie, il est essentiel que le gouvernement mette en œuvre des politiques proactives. Cela nécessite l'établissement de mécanismes financiers adaptés qui facilitent l'accès au crédit et encouragent l'innovation.
Des initiatives comme l'Initiative Équipe Europe, qui investit près de 270 millions d'euros pour soutenir les PME tunisiennes, témoignent d'une volonté d'améliorer la situation. Toutefois, ces efforts doivent s'accompagner d'une réforme administrative visant à simplifier les procédures et à réduire les coûts liés à la création et à la gestion des PME.
Les PME tunisiennes se trouvent à un moment charnière. Leur capacité à surmonter les obstacles actuels dépendra non seulement des mesures adoptées par le gouvernement et les institutions financières, mais également de leur propre résilience et de leur capacité d'innovation. En soutenant ce secteur dynamique, la Tunisie peut renforcer son économie tout en offrant des perspectives d'emploi durables pour ses citoyens.
La récente loi n°41-2024, notamment son article 412 ter, qui vise à réduire le taux d'intérêt sur les prêts à long terme, apporte un espoir de soulagement pour de nombreux emprunteurs, en particulier les petites et moyennes entreprises. Cette mesure concerne les emprunts d'une durée supérieure à sept ans et s'applique aux prêts ayant déjà trois années de remboursement pour des taux d'intérêt supérieurs à 8 %.
La balance alimentaire enregistre un excédent de 1529,7 MD à fin septembre 2024
La balance commerciale alimentaire a enregistré un excédent de 1529,7 MD au cours des neuf premiers mois de 2024, contre un déficit de 764,7 MD durant le même période de l’année précédente, enregistrant, ainsi, un taux de couverture de 130,4% à fin septembre 2024, contre 86,7% à fin septembre 2023, a fait savoir, lundi, l'ONAGRI.
En termes de valeur, les exportations alimentaires ont enregistré une hausse de 31,5%, alors que les importations ont baissé de 12,5%. L’excédent enregistré est, essentiellement, le résultat d’une part de la hausse des exportations de l’huile d’olive (+56,9%), des dattes (+25,9%) et des produits de la pêche (+3,7%) et d’autre part de la régression des importations du sucre (-42,6%) et des céréales (-20,2%).
Une hausse du prix moyen à l’exportation de l’huile d’olive (26,75 DT/kg) a permis d'enregistrer une croissance de 54,6% par rapport à l’année précédente. En outre, les prix à l’exportation ont observé une hausse de 21,8% pour les agrumes, de 5,4% pour les produits de la pêche et de 3,5% pour les dattes, par rapport à la même période de l’année précédente.
Pour ce qui est des prix à l’importation des produits céréaliers, ils ont enregistré une baisse variant entre 13% et 26%. Les prix à l’importation ont connu une baisse de (-13,3%) pour le blé dur, de (-20,4%) pour le blé tendre, de (-26,0%) pour l’orge et de (-24,0%) pour le maïs. Il en est de même pour le prix des huiles végétales (-14,4%) et du lait et dérivés (-6,6%) contre une hausse de (+10,1%) pour le sucre.
L’excédent de la balance commerciale alimentaire a participé à baisser le déficit de la balance commerciale globale de 11,3%. Ainsi, les exportations alimentaires ont représenté 14,1% des exportations totales, alors que les importations alimentaires ont représenté 8,4% des importations totales.
Pour rappel, le déficit de la balance commerciale globale du pays à fin septembre 2024 a enregistré une baisse de 3,4% à -13496,9 MD, à fin septembre 2024.
Ons Jabeur : la dégringolade continue
Pour la Tunisienne Ons Jabeur, la chute vers les profondeurs du classement WTA se poursuit d'une manière vertigineuse.
Naguère seconde derrière l'inévitable Swiatek, Ons qui a multiplié les contre-performances depuis un an et demi, a quitté successivement le top 10, fragilisée aussi par une blessure à l'épaule qui l'a poussée à se retirer de plus d'un tournoi, elle a quitté le top 20 pour se classer dernièrement à la 29e place.
Aujourd'hui, elle se trouve au 33e poste après avoir raté plus d'un tournoi pour se réserver un repos jusqu'à la fin de l'année en cours. Souhaitons-lui un prompt rétablissement et un rapide retour sur les courts avec un physique pimpant pour renouer avec les victoires et retrouver un classement qui sied à son prestige et à son niveau réel.
J.B
Hommage vibrant à Lotfi Bouchnak au Festival de la musique arabe au Caire
Un vibrant hommage a été rendu au chanteur et compositeur tunisien Lotfi Bouchnak lors de l’ouverture du 32ème Festival de la Musique arabe, organisé au Caire (Égypte) et dédié cette année à la mémoire du compositeur-interprète égyptien Sayed Darwiche.
Au total : Dix-neuf personnalités du monde culturel arabe ont été honorées lors de la cérémonie d’ouverture du festival, qui s’est tenue ce week-end et se poursuivra jusqu’au 24 octobre.
Parmi ces figures emblématiques du paysage culturel arabe, figurent les chanteurs Mohamed Mounir (Égypte), Foued Zbadi (Maroc) et le compositeur libanais Zied Rahabani.
Lors de cette cérémonie organisée à l’Opéra du Caire, un hommage posthume a également été rendu aux poètes égyptiens Houssine Essaïed et Mâamoun Chennaoui ainsi qu’au chanteur et compositeur égyptien Ahmed Hajjar.
Lotfi Bouchnak a profité de sa prestation sur scène pour saluer la bravoure et la détermination des peuples palestinien et libanais.
Le programme de la 32ème du Festival de la musique arabe prévoit au total 47 concerts, avec la participation de 113 artistes issus de 20 pays.
L’homme de théâtre et chansonnier Mohammed Mourali n’est plus
L’homme de théâtre et chansonnier Mohamed Mourali est décédé ce dimanche après- midi à l’âge de 92 ans. Membre pendant de longues années de la troupe municipale de théâtre, il s’était illustré aux côtés de grands acteurs sous la direction d’Aly Ben Ayed.
Parmi ses rôles phares, sa participation en 1967 à la célèbre pièce de théâtre « le Maréchal », une adaptation du « Bourgeois Gentilhomme » de Molière, aux côtés de Mouna Noureddine, Hamda Bettijani et Noureddine Kasbaoui.
Il s’est fait un nom dans les années soixante et soixante-dix du siècle dernier avec son interprétation de chansons humoristiques, devenues populaires dans les milieux tunisiens et qui se sont bien ancrées dans la mémoire collective.
Le défunt Mohammed Mourali appartenait à la génération de Hédi Semlali, Mohammed Jarrari, et Ridha Al Hajjam et ses chansons se distinguaient par un ton satirique et critique de la situation sociale tunisienne à cette époque.
Il a également collaboré dans plusieurs séries télévisées. Mohamed Mourali est le père de l’actuel ministre de la Jeunesse et des Sports Sadok Mourali.
La Tunisie compte 96 mille véhicules administratifs
Le contrôleur général des domaines de l’État et des affaires foncières et coordinateur général des équipes conjointes de contrôle des véhicules administratifs, Mohamed Bouhlal, a fait savoir qu’il existe environ 96 mille véhicules administratifs en Tunisie, y compris les tracteurs.
Il a précisé, au micro de la Radio nationale que l’Etat dispose de 45 mille véhicules, les établissements publics de 37 mille et les localités collectives du reste.
Bouhlal a souligné que nombre de ces véhicules est considéré comme personnel, affirmant que certains véhicules administratifs sont utilisés à des fins personnelles secondaires, permettant ainsi à leurs détenteurs de les utiliser à des fins personnelles, bien qu’elles soient octroyées dans le cadre de missions officielles.
Avant Iles Comores- Tunisie : des changements dans les trois compartiments
Comme attendu, la formation rentrant connaîtra demain plusieurs changements avec l'espoir de voir un rendement bien meilleur après la déconvenue du match aller.
Ainsi, en défense, Kechrida prendra la place de Bouchniba, au milieu Skhiri sera associé à Laidouni et Hannibal remplacera Ben Romdhane. En attaque, un ailier sera incorporé à droite.
Il s'agira de Mejri pour animer ce couloir alors que Msakni retrouvera le flanc gauche, son poste de prédilection. De quoi donner à la sélection un aspect plus équilibré et davantage efficace.
J.B
Meurtre d'une pharmacienne aux Jardins de Carthage : Le mari aux arrêts
Le juge d'instruction du Tribunal de première instance de Tunis a ordonné la détention d'un mari suspecté d'être impliqué dans le meurtre de sa femme, retrouvée à l'intérieur de leur domicile au début du mois d'octobre, dans la région des Jardins de Carthage (banlieue nord de Tunis).
Selon les informations relayées par Mosaïque FM, une alerte a été lancée aux agents de sécurité des Jardins de Carthage, faisant état de la découverte de la dépouille d'une pharmacienne à l'intérieur de son domicile avec des traces de violences sur différentes parties de son corps. Les soupçons se sont portés sur son mari, qui s'est enfui en utilisant la voiture de la victime.
D'après la même source, une équipe de la garde frontière à Tabarka a réussi à arrêter le mari dans la soirée de ce dimanche. Le véhicule a ,également, été saisi.
Après consultation du juge d'instruction chargé de l'enquête, il a été décidé de placer le mari en détention dans l'attente de prendre les mesures judicaires adéquates à son encontre.
Le Hezbollah réussit à tuer 4 soldats israéliens
Quatre soldats israéliens ont été tués dans l’attaque du Hezbollah contre une base militaire, a annoncé l'occupation dimanche soir.
Au moins 60 personnes ont également été blessées dimanche en Israël dans une zone proche de la ville d’Haïfa (nord), où le Hezbollah libanais avait revendiqué une attaque de drones, selon la même source.
Plus tôt, le Hezbollah avait annoncé que ses combattants avaient tiré des « drones explosifs sur un camp d’entraînement de la brigade Golani à Binyamina, au sud d’Haïfa ».
















