Rétrospectives Avril 2023 : La fin du règne de Ghannouchi
Si un évènement est censé se graver dans la mémoire collective des Tunisiens, ce serait certainement la détention de Rached Ghannouchi, chef d’Ennahdha durant le mois d’Avril 2023
· C’est sûrement la date du 17 avril qui restera estampillée dans la mémoire collective des Tunisiens. Ce jour-là, les autorités arrêtent le chef d’Ennahdha, Rached Ghannouchi qui a régné tel le seul maître suprême depuis la chute de Ben Ali. L’ancien dirigeant du Parlement dissous n’a pas été épargné par la vague d’assainissement. Le 15 mai, le tribunal de Tunis spécialisé dans les affaires de terrorisme condamne Rached Ghannouchi, à un an de prison, pour « apologie du terrorisme », pour avoir qualifié les policiers de « tyrans » dans une déclaration.
Rétrospectives Mars 2023 : Installation du nouveau Parlement
En Mars 2023, à environ trois mois des élections législatives, le nouveau Parlement dans sa nouvelle version a été mis en place
· Le chef de l’Etat, Kaïs Saïed, a ordonné l’expulsion de la secrétaire générale de la Confédération européenne des syndicats, l’Irlandaise Esther Lynch. Elle a été accusée d’avoir pris part à une manifestation organisée par l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) à Sfax et d’avoir tenu des propos constituant une « ingérence flagrante dans les affaires intérieures de la Tunisie ».
· Le nouveau Parlement avec 161 nouveaux sièges est inauguré le 13 mars 2023. Il est présidé par Brahim Bouderbela, ancien bâtonnier des avocats. Il est à noter que, conformément à la nouvelle Constitution, les prérogatives du Parlement ont été significativement réduites par rapport à la constitution de 2014.
· Kamel Feki remplace l’influent Taoufik Charfeddine au ministère de l’intérieur. Le nouveau préfet sécuritaire a été nommé après la démission de Charfeddine, qui a pourtant eu la réputation d’être un fidèle au projet de Saïed et l’un des piliers lui ayant permis d’accéder à Carthage en 2019.
· Suite à l’appel aux migrants clandestins de quitter le territoire tunisien, la Banque Mondiale a décidé de geler tout nouveau financement à la Tunisie. A noter que le président de la République, Kaïs Saïed, a affirmé, le 21 février, que la présence d’immigrés clandestins provenant d’Afrique subsaharienne était source de « violence et de crimes » et qu’il fallait les rapatrier. Déclaration qui a visiblement déplu aux bailleurs de fond qui souhaiteraient que ces clandestins restent à jamais en Tunisie L’organisateur de la manifestation, le puissant syndicat UGTT, a appelé samedi le président tunisien à cesser « ces pratiques d’arrestations » et à « accepter le dialogue ».
La nouvelle loi française sur l’immigration : un endurcissement attendu
Le Parlement français a approuvé, en fin de l’année, la nouvelle loi sur l’immigration. Régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension, délit de séjour irrégulier rétabli, accès aux allocations sociales et familiales, voici tout ce qu’il faut savoir sur cette loi.
Le texte adopté par le Parlement contient plusieurs mesures phares, notamment la régularisation des travailleurs étrangers dans les métiers en tension.
Régularisations des sans-papiers dans les métiers en tension
Les préfets ont désormais un pouvoir discrétionnaire de régularisation des travailleurs sans-papiers dans les métiers en tension. Ils peuvent désormais accorder des titres de séjour d'un an, délivré au cas par cas, à condition d'avoir résidé en France pendant au moins trois ans et exercé une activité salariée durant au moins 12 mois sur les 24 derniers. Cette "expérimentation" ne s'appliquera que jusqu'à fin 2026.
Déchéance de nationalité et droit du sol : la majorité cède aussi
Il a également été décidé d’une possibilité de déchéance de nationalité, pour les binationaux condamnés pour homicide volontaire contre toute personne dépositaire de l'autorité publique.
Concernant le droit du sol, fini l'automaticité de l'obtention de la nationalité française à la majorité pour les personnes nées en France de parents étrangers. Il faudra désormais que l'étranger en fasse la demande entre ses 16 et 18 ans.
Il sera également impossible d’obtenir la naturalisation pour les personnes étrangères nées en France ayant été condamnés pour crimes.
Le délit de séjour irrégulier rétabli, pas d'enfants en centres de rétention
Il a aussi été décidé de rétablir le délit de séjour irrégulier. La peine encourue est fixée à 3750 euros d’amende.
En revanche, il a été décidé d’interdire l'interdiction de placer des étrangers mineurs en centre de rétention administrative figure dans le compromis final.
Du nouveau concernant les allocations sociales
Concernant le délai pour toucher les allocations sociales, les étrangers non travailleurs devront désormais justifier cinq ans de présence sur le territoire pour en bénéficier. Cependant, ces délais s’abaissent pour les travailleurs à 30 mois de présence sur le territoire pour toucher les allocations familiales et à trois mois pour l’aide personnalisée au logement (APL).
Quant à la réforme du texte relatif à l'Aide médicale d'Etat (AME), elle n’a pas été approuvé. Une révision aura lieu début 2024. Par contre, il a été décidé d’une restriction de l'accès au titre de séjour "étranger malade". Il ne sera accordé que s'il n'y a pas de "traitement approprié" dans le pays d'origine. Une prise en charge par l'Assurance maladie sera par ailleurs exclue si le demandeur a des ressources jugées suffisantes.
Le regroupement familial raffermi
Pour ce qui est du regroupement familial, il a été décidé de l’obligation d’une durée de séjour du demandeur de 24 mois, au lieu des18 mois stipulés par l’ancienne loi, outre la nécessité d’avoir des ressources "stables, régulières et suffisantes" et de disposer d'une assurance maladie, ainsi qu'un âge minimal du conjoint de 21 ans.
Révision du titre de séjour « étudiant »
La droite a obtenu l'instauration, sauf dans certains cas particuliers, d'une caution à déposer par les étrangers demandant un titre de séjour "étudiant", visant à couvrir le coût d'éventuels "frais d'éloignement".
Instauration des quotas
Le nouveau texte de loi comprend également l'instauration de "quotas" fixés par le Parlement, dont l’objectif est de plafonner "pour les trois années à venir" le nombre d'étrangers admis sur le territoire (hors demandeurs d'asile).
Tunisie : les accidents de la route ont fait 1188 morts en 2023
L’Observatoire national de la sécurité routière a affirmé que les accidents de la route ont fait 1188 morts jusqu’au 27 décembre.
Le nombre de décès à cause des accidents de la route a augmenté et est passé de 1057 en 2022 à 1188 en 2023.
En revanche, le nombre d’accidents de la route a légèrement diminué, passant de 5715 accidents enregistrés en 2022 à 5545 accident jusqu'au 27 décembre 2023.
Pour ce qui est du nombre de blessés, il a également connu une baisse, passant de 8184 en 2022 à 7613 jusqu’au 27 décembre 2023.
Les principales causes d’accidents de la route sont, selon l'Observatoire de la sécurité routière, le manque d'attention (40,14%), la vitesse (16,18%), et le non-respect des priorités (8,17%).
Garde nationale : 44 « takfiristes » arrêtés au cours du mois de décembre
Le porte-parole de la Garde nationale, le colonel-major Houssem Eddine Jebabli a affirmé que la sécurité et la protection des frontières restent un défi pour la Tunisie aujourd'hui.
Il a précisé qu'il existe une nouvelle stratégie dans la lutte contre les opérations terroristes, affirmant que la lutte contre le terrorisme persiste, et que les différentes entités sécuritaires sont prêtes.
Il a fait savoir que 44 « takfiristes », parmi les éléments extrémistes qui ont pu échapper à la surveillance administrative, ont été arrêtés au cours du mois de décembre. Tous ont été déférés devant la justice.
Dans le même cadre, le ministère de l’Intérieur avait annoncé, dans un communiqué, que l’unité spéciale de la Garde nationale et la Brigade des forces spéciales de l’armée, en coordination avec l’armée de l’air, ont éliminé trois terroristes dans les montagnes de Kasserine.
Des armes, des munitions et des explosifs ont été saisis.
De 37 milliards de dinars à 1 millions de dollars : tout ce qu’il faut savoir sur Affaire BFT
L’affaire de la banque franco-tunisienne (BFT) a enfin pris fin, après plus de 40 ans de déboires en justice. Une fin plutôt heureuse pour l’Etat tunisien.
En effet, le verdict arbitral rendu par le Centre international de règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI) concernant l’affaire de la BFT a été favorable à la Tunisie qui a été sommé de payer 1.162 million de dinars. La partie plaignante demandait pas moins de 37 milliards de dinars.
Le ministre des Domaines de l’État, Mohamed Rekik, s’est félicité du verdict et a expliqué que les plaignants demandaient un dédommagement de la banque entière : « nous avons contredit cette théorie, en expliquant que le dédommagement devrait être à hauteur des actions que possèdent la partie plaignante, plus les intérêts ».
Le CIRDI a adopté la théorie de la Tunisie et l’a condamnée à verser au partie plaignante la somme de 343 mille dinars, plus un intérêt annuel de 7,2% jusqu’au paiement définitif.
Saisie des actifs de la Tunisian Foreign Bank
Le Groupe de droit néerlandais, ABCI Investment, a obtenu, le 2 septembre 2019, la confirmation de la saisie des actifs de la Tunisian Foreign Bank (TF Bank) à Paris, suite à la réclamation faite par ABCI devant le Tribunal arbitral, CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements), d’être dédommagé pour l’expropriation de la Banque Franco-Tunisienne (BFT) en 1989.
Etablie à Paris, la TF Bank est détenue par l’Etat tunisien à travers la Société Tunisienne de Banque (STB) et BH Bank.
Le CIRDI a reconnu, en 2017, la responsabilité de l’Etat tunisien dans l’affaire de la BFT et rejeté toutes ses demandes en révision. Le groupe ABCI a proposé un règlement à l’amiable mais le gouvernement a refusé cette issue à maintes reprises.
Mohsen Hassen, expert financier et ancien ministre du Commerce, a précisé qu’en plus du milliard de dollars que coûtera ce verdict à la Tunisie, cette affaire aura des impacts sur l’image et la notation de la Tunisie.
De son côté, le chargé du contentieux de l’Etat, Chedli Rahmani a fait savoir que les informations faisant état d’une amende imposée à l’Etat tunisien à titre de dans l’affaire de la Banque franco-tunisienne (BFT) de 1 milliard de dollars est totalement sans fondement.
Il a précisé que le processus judiciaire dans cette affaire continue jusqu’en 2021, signalant par contre, qu’il y a eu une mise sous séquestre chez la TF Bank à Paris. Mais cette mesure n’est pas applicable car elle n’a aucune base valide et qu’elle contient des vices de formes.
La STB BANK a également publié un communiqué dans lequel elle a annoncé des précisions concernant l’affaire TFB. « Le processus arbitral relatif à cette affaire se poursuivra au minimum jusqu’à 2021, et que le procès à ce stade n’a concerné que le volet se rapportant à la compétence du CIRDI (centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements) », peut-on lire dans ledit communiqué.
Et d’ajouter : « Ce conflit est donc, purement et simplement, un conflit entre la BFT et le groupement financier ABCI, la STB BANK n’est en aucun cas partie prenante dans ce conflit La saisie conservatoire effectuée par ABCI Investment, le 28 Août courant par un notaire à Paris entre les mains de la TFB, n’a pas de fondement juridique du fait qu’ABCI ne détient pas un jugement à l’encontre de la STB BANK ».
La TF Bank a aussi publié un communiqué indiquant que les informations relayées concernant cette affaire sont erronées.
La dissolution de la BFT, sans incidence sur la scène financière tunisienne
La Commission de Résolution des Banques et des Établissements Financiers en situation compromise a organisé le 1er mars 2022 une conférence de presse sur la situation de la Banque franco-tunisienne (BFT), et sa dissolution judiciaire.
Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) et président de la Commission, Marouan Abassi a souligné que la BFT dispose de 5 agences, 72 agents, son capital est à hauteur de 5 millions de dinars et des engagements qui ont atteint 279 millions de dinars. Abassi est revenu sur le conflit entre le groupe ABCI Investments N.V et l’Etat tunisien, une affaire qui refait surface et objet de litige devant le CIRDI (Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements). Le gouverneur de la BCT a indiqué que face à l’impossibilité de régler techniquement cette affaire durant ces dernières décennies en dépit des tentatives de médiation et un long parcours contentieux, la BFT s’est trouvée dans l’impossibilité de retrouver ses équilibres financiers. Il est désormais en état de cessation de paiement. “Il n’est plus possible de la sauver”, a-t-il regretté.
Selon lui, la liquidation de cette banque semble la meilleure alternative pour mettre fin à cet interminable litige et cercle vicieux, rappelant que cette décision sera sans incidences sur le marché financier et monétaire tunisien dans la mesure où sa part de marché ne dépasse pas 0,02% de l’activité bancaire en Tunisie.
“Le Fonds de garantie des dépôts bancaires procèdera à l’indemnisation des clients dans la limite du plafond de 60 mille dinars pour chaque déposant dans un délai ne dépassant pas les 20 jours. Ceux qui ont plus de 60 mille dinars seront les premiers à être remboursés ultérieurement”, a-t-il spécifié.
Pour sa part, le directeur général du Fonds de garantie des dépôts bancaires, Jaâfar Khadech, a confirmé que le Fonds va procéder à l’indemnisation des déposants dans les délais légaux et qu’il veillera sur le bon déroulement du processus d’indemnisation.
S’exprimant sur la situation des agents et cadres de la BFT à l’issue de la liquidation judiciaire de la banque, le président de l’association professionnelle des banques et des établissements financiers, Mohamed Agrebi, a dit que 67 agents seront intégrés dans d’autres banques et que les salaires du mois de mars seront versées abstraction faite de la date d’intégration des fonctionnaires de la banque.
Il a ajouté que 10 banques cotées en bourse vont intégrer 80% des fonctionnaires de la BFT.
Rappelons que la commission de résolution des banques a indiqué qu’elle n’est chargée de statuer sur le dossier d’aucune banque et que le nombre des déposants auprès de la BFT est estimé à 7500, sachant que leurs droits sont garantis par la justice.
Et d’ajouter que la faillite de la BFT ne sera déclarée qu’à la suite de sa liquidation judiciaire.
La BFT en état de mort cérébrale depuis plus de 20 ans
L’analyste financier et président du Cercle des financiers, Abdelkader Boudriga, a dit que la Banque Franco-Tunisienne est la première banque déclarée en faillite de la sorte dans l’histoire de la Tunisie, quoique que cela soit attendu en tenant compte des difficultés que traverse la banque. Une banque déjà en état de mort cérébrale depuis une vingtaine d’années.
D’après lui, toutes les banques publiques sont passées par des difficultés à la fin des années 90 et que l’Etat a lancé plusieurs réformes en collaboration avec la BCT, en mettant fin à la dichotomie banque de développement et banque commerciale, soulignant que la BFT traversait depuis de très longues années des difficultés au niveau de sa gestion.
De même, la situation politique n’était pas propice pour déclarer la faillite de la banque. En outre, la Banque n’a pas évolué durant ces années et que ces fonctionnaires ambitionnent également de le quitter.
Le coût de redressement de la banque et les tentatives de son sauvetage étaient très exorbitants et la plainte déposée par l’un des actionnaires a compliqué davantage la situation de sorte qu’il est désormais impossible de tenter de le sauver.
“ Bien qu’elle soit tardive, l’annonce de la faillite de la BFT est une bonne décision”, a-t-il noté.
Encore du chemin à parcourir
Contrairement à ce qu’on peut croire, l’affaire BFT n’a pas pris fin avec la sentence du CIRDI. Le règlement du tribunal arbitral faisant partie du groupe de la Banque mondiale prévoit deux cas de figure.
En effet, la sentence du CIRDI concerne le volet financier, à savoir l'indemnisation que l'Etat tunisien va devoir verser à la société ABCI Investments Limited.
D'après l'article 62 du règlement du CIRDI, les parties peuvent consentir à la publication du texte intégral ou d'une version conjointement caviardée des documents visés au paragraphe. Le consentement à la publication des documents visés au paragraphe est réputé avoir été donné si aucune partie n'a soulevé par écrit d'objection à une telle publication dans les 60 jours suivant l'envoi du document.
A défaut du consentement des parties, le Centre publie des extraits de "toute sentence, décision supplémentaire d'une sentence, rectification, interprétation et révision d'une sentence, et toute décision sur l'annulation".
L'une ou l'autre partie peut introduire une demande d'interprétation, de révision ou d'annulation d'une sentence.
Demande d'interprétation
Ce recours doit mentionner "toute question sur laquelle la partie requérante estime que le Tribunal a omis de se prononcer dans sa sentence et toutes erreurs dans la sentence dont la partie requérante demande la correction".
La requête est rejetée si elle est soumise après le délai de 45 jours et la partie requérante en est informée immédiatement.
Le secrétaire général du CIRDi est sommé d’enregistrer la requête, informer les deux parties et transmettre à la deuxième partie une copie de la requête et de tout document joint.
Une fois réuni, le Tribunal fixe un délai pour la présentation des observations des parties concernant la requête et détermine la procédure à suivre pour son examen.
Demande de révision ou d’annulation
En cas de révision de la sentence, la demande doit comporter la modification souhaitée dans la sentence, le fait nouveau découvert et qu’il ait été inconnu du Tribunal et de la partie requérante avant le prononcé de la sentence.
Le délai accordé pour l'introduction d'une requête en révision est de 90 jours à partir de la découverte d'un fait de nature à exercer une influence décisive sur la sentence. La date butoir intervient à trois ans depuis le prononcé de la sentence.
Pour ce qui est de la demande en annulation, elle ne peut être acceptée qu’en cas de vice dans la constitution du Tribunal, excès de pouvoir manifeste du Tribunal, corruption d'un membre du Tribunal, inobservation grave d'une règle fondamentale de procédure et défaut de motifs, et ce dans un délai de 120 jours à partir de la découverte de l'un de ces éléments.
Selon l'article 52 du règlement du CIRDI, son secrétaire général doit appeler immédiatement le président du conseil administratif à procéder à la nomination d'un Comité, suite à l’enregistrement de la demande en annulation d'une sentence.
Si le Comité annule la sentence en totalité ou en partie, l'une ou l'autre des parties peut déposer auprès du Secrétaire général une requête pour soumettre le différend à un nouveau Tribunal. La requête doit être justifiée.
En cas d’annulation partiale de la sentence initiale, le nouveau Tribunal ne réexamine aucune partie de la sentence qui n'a pas été annulée.
Rétrospectives 2023 Mondiaux para-athlétisme : Raoua Tlili fait toujours le poids
Raoua Tlili a été sacré championne du monde de lancer de poids (T41) le 9 juillet 2023 à Paris. Les organisateurs des mondiaux de para athlétisme 2023 ne pouvaient rêver mieux comme première médaillée. La première finale des championnats du monde a sacré une légende de son sport, dimanche 9 juillet : la Tunisienne Raoua Tlili, qui a décroché son 5e titre en lancer de poids en 6 participations aux championnats du monde.
Lors de ses tout premiers Jeux paralympiques à Pékin, elle est tout juste majeure, mais remporte déjà une médaille d’or et établit un nouveau record paralympique. Depuis, elle a enchaîné les performances : elle a disputé toutes les olympiades depuis Pékin en lancer de disque et de poids, et elle a remporté huit médailles, six en or et deux d'argent. Une série presque parfaite qu'elle compte poursuivre à Paris en 2024.
Rétrospectives 2023 Ligue des champions : Manchester City sur le toit de l’Europe
Ils l’ont fait. Les joueurs de Manchester City ont remporté, samedi 10 juin 2023, la finale de la Ligue des champions face à l’Inter Milan (1-0) au stade olympique Atatürk, à Istanbul.
Il s'agit de la première Ligue des champions remportée par le club anglais, qui s’offre ainsi un "triplé" cette saison, lui qui a déjà gagné la FA Cup (contre Manchester United) et le championnat d’Angleterre.
Contrairement à la demi-finale retour contre le Real Madrid – qui avait vu dominer largement le tenant du titre –, les Cityzens, donnés favoris pour cette finale, ont souffert pour s'imposer face aux Nerazzurri, grâce au but réussi par Rodri (68’).
L'Inter ne parviendra finalement pas à revenir au score. Manchester City remporte la finale de la Ligue des champions, et succède au Real Madrid.
K.Z.
Retrospetives 2023 Mondial Handball : Le Danemark haut la main
Trois à la suite. Dimanche 29 janvier 2023, l'équipe du Danemark a remporté son 3e titre consécutif de champion du monde face à une équipe de France, jamais battue en finale d'un championnat du monde depuis 1993. Au terme d'un match à sens unique, les Bleus se sont inclinés 29-34 et devront attendre pour ajouter une septième étoile à leur palmarès.
Dans le match pour la médaille de Bronze, notons que l'Espagne est pour sa part venue à bout de la Suède (39-36) et termine donc sur la troisième marche du classement de ce Mondial 2023. L’Egypte, qui a raté de peu le dernier carré, a terminé à la 5è place après avoir battu la Hongrie (36-35).
Pour sa part, la Tunisie, décevante au sein de son groupe, s’est rachetée lors des matches de classement en battant la Macédoine du Nord, le Maroc et l’Algérie pour remporter la Coupe du président de l’IHF.
K.Z.
Rétrospectives sportives 2023, les moments forts de l'année
L’année 2023 a été riche en événements et exploits sportifs mémorables, aussi bien en Tunisie qu’à travers le monde. Dans cette rubrique, nous revenons sur les faits marquants d’une année sportive très animée.
Ballon d'Or : Lionel Messi, puissance 8
On l’y attendait et il a été au rendez-vous à Paris, le 30 octobre 2023, pour recevoir son huitième ballon d’Or. Un record quasiment impossible à battre. Un très grand huit au bout d'une saison 2022-2023 bouclée sans éclat avec le Paris Saint-Germain mais marquée par un sacre à la Coupe du monde avec l'Argentine qui a complété sa légende.
A vrai dire, Leo n'a jamais autant été Messi qu'au Qatar, où il a transformé une équipe d'abord moyenne et battue par l'Arabie saoudite (1-2) en machine de guerre entièrement dévouée à son leader. Messi a assumé ses responsabilités, été décisif lors de chacun des matches à élimination directe, maintenu le navire à flots en finale face à la France avec un doublé.
Dans le classement final du Ballon d’Or 2023, La Pulga a devancé Erling Haaland (Manchester City) et Kylian Mbappé (PSG), ses "successeurs" désignés pour les prochaines éditions.
Kamel Zaïem
Février 2023, le mois des arrestations en chaîne
L’évènement qui a marqué le mois de février 2023, c’était le déclenchement d’une série d’arrestation à l’encontre de moult personnalités publiques
- Depuis février 2023, on ne cesse de recenser les arrestations des personnalités politiques et autres figures publiques. Accusé, entre autre, d’atteinte à la sécurité de l’État, d’accointance avec des puissances étrangères ou d’intention de modifier la nature du régime, plusieurs personnalités publiques se sont retrouvées derrière les barreaux. Au lendemain du second tour des élections législatives, le ton et les couleurs de l’année ont été annoncés avec l’arrestation de Anis Kaabi, secrétaire général du syndicat des autoroutes. Le chef de l’État a laissé entendre que le temps de l’impunité est désormais révolu. « Si le droit syndical est garanti par la Constitution, ceci ne peut en aucun cas servir de couverture politique », a-t-il commenté en marge de l’arrestation précitée. Et ce, au grand dam des opposants tunisiens, mais pour le plus grand bonheur des citoyens exaspérés par un régime postrévolutionnaire qualifié de corrompu et d’injuste.
· Le début du mois de février a été marqué par l’arrestation de divers opposants politiques, tous accusés de « complot contre l’État ». Le bal a été ouvert le 13 février avec l’arrestation de Noureddine Bhiri, ancien ministre de la Justice appartenant à Ennahdha et de Kamel Eltaïef, figure emblématique du régime de Ben Ali, qu’on a cru jusque-là intouchable ! « L’accalmie » ne dure que quelques jours pour reprendre de plus belle le 22 février. Une autre vague d’arrestations pour les mêmes motifs a eu lieu. Celle-ci a concerné plusieurs membres du Front de Salut national dont Issam Chebbi et Chaïma Issa. Sont notamment interpellés, le directeur de la radio Mosaïque FM Noureddine Boutar, Jawher Ben Mbarek, leader dudit mouvement « citoyens contre le coup d’Etat » et diverses personnalités liées au parti islamiste Ennahdha. Le président Kaïs Saïed indique que les personnes interpellées sont impliquées « dans un complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État », les accusat notamment de vouloir « envenimer la situation sociale » en provoquant des « hausses de prix » et des « pénuries ».

Rétrospective Janvier 2023, un démarrage timide
L’année a commencé avec un évènement phare qui n’est pas des plus heureux : des élections législatives fades et un taux d’abstention très important
- Le gouvernement tunisien a présenté le 3 janvier 2023 son plan de développement pour 2023-2025. Il mise fortement sur les investissements du secteur privé, sur une véritable reprise de la production des phosphates et sur une agriculture plus robuste. Et ce, pour améliorer le pouvoir d’achat et contrer une inflation galopante qui s’installe près de 10 % sur un an. Ce programme fait aussi le pari d’une augmentation des investissements du secteur privé, « locomotive de la croissance » en Tunisie, en espérant qu’ils monteront à près de 60 % de l’investissement global d’ici à trois ans, ce qui nécessite, une « amélioration du climat des affaires » et des partenariats « public-privé » seront aussi facilités.
- Le nouveau scrutin local a peu suscité l’intérêt des électeurs. Le deuxième tour des élections législatives qui aboutit à la formation du Conseil national des régions et des districts n’a pas su drainer les foules avec un faible taux de participation de 11.22%. Il s’agit de la première élection depuis l’adoption de la nouvelle Constitution, entrée en vigueur le 16 août 2022 sous le régime de Kaïs Saïed. Certes, les taux de participation s’établissant ont été les plus faibles comparativement aux autres élections postrévolutionnaires (41,70 % en 2019), mais ce, s’expliquerait d’une part par le désenchantement des Tunisiens vis-à-vis du Parlement et de toute la classe politique, et des appels au boycott de la part des principaux partis politiques actifs sur la scène, s’accordent à dire plusieurs analystes.
Rétrospective sur l’année 2023 en Tunisie
Tout observateur averti l’aurait remarqué : En Tunisie, l’an qui tire à sa fin s’est inscrit sous le registre du « grand nettoyage », des pénuries et des... espoirs!
Année des pénuries
Si la Tunisie souffre d’une situation économique complexe depuis plus d’une décennie, l’année 2023 ne déroge pas à la règle et s’inscrit même parmi les années les plus difficiles. La crise est désormais multidimensionnelle où le pays souffre de difficultés budgétaires, d’une relance économique et commerciale qui peine à démarrer et d’une situation de pénuries et d’austérité imposée depuis la pandémie Covid-19 et la guerre en Ukraine. Moult denrées alimentaires comme le lait, le sucre, le café, l'huile végétale, la farine, le beurre et le riz se font de plus en plus rares. Les pénuries qui étaient dans les années précédentes plutôt épisodiques, s’installent dans la durée au cours de l’année 2023. Le taux du chômage et l’inflation qui va crescendo rajoutent une couche à la peine quotidienne des Tunisiens lesquels attendent depuis très longtemps un moment de répit ! Les réformes économiques visées par le gouvernement, la création d’emplois et la croissance économique n’ont hélas pas été concrétisées. Zoom sur une année complexe mois après mois
A.C.
La littérature en 2023 dans toute sa splendeur
A ces deux événements s'ajoutent le Comar d'or, rendez-vous tant attendu par les auteurs et les éditeurs, et également le prix de littérature de la Fondation Abdelwahab Ben Ayad (FABA), crée il y a déjà trois ans. Espace de révélations de talent et de célébration de la créativité, ces quatre rendez-vous à vocation différente ont pu en 2023 donner un nouveau souffle à la scène littéraire tunisienne. Nombreux sont les romans et les essais qui ont paru lors de cette année et qui sont actuellement en lice pour d'autres prix et distinctions à l'étranger.
Parmi les livres qui se sont distingués, nous citons "Je jalouse la brise du sud sur ton visage", doublement primé à la foire internationale du livre de Tunis et lors du Comar d'or 2023, "Piments et compagnie" de Héla Msellati qui a été élu meilleur livre francophone de cuisine en 2023 et "Barg Ellil" qui a valu à sa traductrice Samia Kassab Charfi le prix Ibn Khaldoun-Senghor 2023 de la traduction.
Il est à noter parmi les initiatives à saluer le lancement de la maison d'édition "Dar Khraïef" d'une collection "Théâtre" et de la maison d'édition "Arabesques" d'une collection "Poésie" intitulée "Sheen".
Mais on ne peut pas dire que la Culture a été bien servie pour autant ! La programmation culturelle durant ce 4e trimestre a connu un grand chamboulement. Tant de rendez-vous ont été suspendus et remplacés dans le cadre de la solidarité avec le peuple palestinien.
Imen ABDERRHAMANI
Arts plastiques tunisien en 2023
"Lettrisme en Tunisie : éclosion et évolution" et "Hédi et Noureddine Khayachi... Deux piliers de la peinture tunisienne en parfaite symbiose", deux grandioses expositions qui ont coloré l'année 2023 de multiples teintes au Musée national d'art moderne et contemporain de Tunis (MACAM). Et il ne s’agit pas des seuls grands événements de l'année ! Les Journées d'art contemporain de Carthage (JACC) ont réussi à insuffler une belle dynamique au secteur des arts plastiques, proposant aux professionnels, aux passionnés, aux étudiants et également au large public un éventail d'expressions et d'expériences plastiques de la Tunisie et d'ailleurs. L'artiste tunisien Raouf Gara a remporté le 1er prix de l'exposition nationale de cette 3ème édition des JACC.
Un autre grand événement mérite aussi d’être cité, celui qui a eu lieu en mai 2023 à la galerie Saladin. Ce dernier a accueilli le maître sculpteur Hechmi Marzouk et ses sculptures et dessins. L'année 2023 au Centre des arts vivants de Radès a été placée sous le signe du dynamisme et de la découverte. Des expositions rétrospectives à Safia Farhat, à Brahim Dhahak et à d'autres maîtres ont été au programme de l'année.
Le grand prix de la ville de Tunis pour les arts plastiques pour l'année 2023 a été attribué à l'artiste-plasticien Tarek Souissi pour son oeuvre "Amour". Une sculpture rendant hommage à la Palestine et à ses femmes a été réalisée et posée devant l'ambassade de Palestine en signe de solidarité avec la cause. L'œuvre est réalisée, à l'initiative du ministère des Affaires culturelles, par l'artiste Hassine Mokdadi avec Chokri Toujani.
I.A.















