Par Chokri Baccouche
Il se passe des choses, décidément, chez les mondains, les politiciens et autres « grands » de ce monde. Côté cours, il y a les bonnes manières et des codes qui doivent être scrupuleusement respectés. Du genre, il est nécessaire d’avoir une posture droite à table, les mains visibles, mâcher la bouche fermée, ne pas saucer et attendre la maitresse de maison ou le maitre de céans.
Pour faire bonne impression dans le cercle select de la Jet Set, il faut également éviter les sujets clivants lors des conversations et écouter attentivement ses interlocuteurs, sans monopoliser la parole. Et dans un cadre formel, un léger baisemain ou une inclinaison devant la meuf d’un président, d’un riche businessman ou un puissant nabab, est fortement recommandé.
C’est ce qui distingue les « gens bien sous tous rapports » comme on dit, des goujats, réputés pour leurs manières frustres et qui n’ont aucun savoir-vivre. Côté jardin en revanche ou plutôt basse-cour, il se passe bien des choses aussi chez cette « élite » qui affectionne l’art de patauger dans les eaux glauques de la débauche comme le confirme l’affaire Epstein qui fait sensation ces derniers jours à l’échelle internationale.
Le scandale qui porte le nom de ce délinquant sexuel a éclaboussé un nombre impressionnant de personnalités de la haute sphère et de la haute société. Homme d’affaires américain mondain, Jeffrey Epstein entretenait un trafic sexuel pédocriminel très lucratif.
Des têtes couronnées, des chefs d’Etat et de gouvernement, des ministres et des milliardaires réputés comptent parmi ses clients assidus. Le bon Epstein ne faisait pas les choses à moitié pour satisfaire les vices de ses « illustres invités ». Il organisait en leur honneur des orgies très suggestives animées par de jolies nymphettes dont l’âge ne dépasse pas les 17 ans, qu’il prenait soin de faire convoyer dans ses innombrables « nids d’amour » interdit à bord de Lolita Express, son jet privé.
Les vidéos liées à ce scandale nous apprennent un bout sur les mœurs cachées et les fantasmes des « grands » de ce monde. Une des séquences qui a fait le tour du monde montre un prince, à quatre pattes, en train de faire le coq de la Bruyère au-dessus d’une nénette dont le visage a été masqué. Pour exprimer comme il se doit le défoulement de tous ses sens, son altesse royale s’est inspirée apparemment de la Chèvre de Monsieur Seguin.
Devenu une véritable « boite noire » pleine à craquer de secrets embarrassants, Jeffrey Epstein s’est suicidé dans sa cellule en août 2019, dans des circonstances étranges. On l’avait retrouvé au bout d’une corde alors que ses geôliers avaient pourtant veillé à le placer dans une cellule « anti-suicide ».
La mort de ce joyeux luron porté sur le « sexe sans complexe », n’a pas été finalement d’une grande utilité pour tous les gentils membres de son club qui vont devoir aujourd’hui répondre de leurs actes amoraux et vicieux devant la justice.
Chez les « grands » de ce monde, il n’y a pas que les affaires salaces qui font la une de l’actualité et accaparent les feux de la rampe. On fait tout aussi bien les choses dans le domaine de la corruption, l’enrichissement illicite, l’évasion fiscale et le blanchiment d’argent, comme le prouvent les nombreux scandales qui ont éclaté ces dernières années.
De l’affaire Wikileaks au scandale UBS en passant par la China Leaks, les Offshore Leaks, les Luxembourg Leaks et autres Swiss Leaks, on en a appris un bout sur les pratiques frauduleuses des « élites mondiales » et des gouvernants. Non contents d’amasser des fortunes colossales par des moyens très suspects, ces derniers prennent soin de cacher leur magot dans des paradis fiscaux à travers des sociétés écrans.
Un magot évalué à plusieurs centaines de millions de dollars pour certains, provenant d’activités illicites comme le trafic d’armes, de diamants ou le financement du terrorisme, comme l’avait révélé en 2015 l’affaire Swiss Leaks qui a éclaboussé pour rappel et entre autres, plusieurs dirigeants africains.
La nouvelle salve de documents compromettants liés à l’affaire Epstein, rendus publics vendredi dernier par la justice américaine, promet des rebondissements spectaculaires dans les jours à venir.
A travers les trois millions de pages accablantes, bien d’autres secrets devraient être, en effet, révélés dans cette affaire scabreuse qui met en lumière les mécanismes d’impunité et d’opacité au sein des élites mondiales sur fond d’une justice à deux vitesses qui prévaut un peu partout dans le monde.
Les scandales Wikileaks, Swiss Leaks, Luxembourg Leaks et China Leaks confirment l’évidence que cette élite sans scrupule est devenue, particulièrement dans les pays pauvres, non pas la solution mais l’origine même du problème du sous-développement et de la misère qui affectent de nombreux peuples aux quatre coins de la planète…
C.B.

