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Salon international du livre du Caire: Les ombres du passé valent à Chakroun le prix Néjib Mahfoudh

En revisitant les zones d’ombre de l’Histoire, Nizar Chakroun signe avec « Les Jours du Fatimide assassiné » un roman ambitieux qui lui a valu le Prix Néjib Mahfoudh du roman arabe.

 

Belle distinction pour cet écrivain tunisien dont le nom et les écrits résonnent bien ces dernières années sur la scène littéraire arabe. L’écrivain tunisien Nizar Chakroun a réussi, lors de la cérémonie de clôture du Salon international du livre du Caire dans sa 57ème édition à faire tourner les têtes, en décrochant le Prix Néjib Mahfoudh du roman arabe, dans sa première édition, pour son roman « Les Jours du Fatimide assassiné ».

Lancée cette année par le Salon international du livre du Caire, à l’initiative de la fille de Néjib Mahfoudh et avec l’appui du ministère de la culture égyptien, cette distinction vise à mettre en lumière des œuvres qui interrogent le passé tout en éclairant les tensions du présent. Le prix a suscité un fort engouement, avec 208 romans soumis à la sélection.

Publié en 2025 par Dar Safsafa pour l’édition, en partenariat avec Dar Miskiliani, le roman s’inscrit dans une zone de frottement féconde entre histoire et fiction. À partir d’un meurtre survenu à l’époque fatimide, le récit déploie une narration subtile qui explore les ressorts du pouvoir, les zones grises de la justice et la fragilité des vérités officielles. Le passé n’y est ni décoratif ni figé : il devient un espace de réflexion critique, traversé par des questionnements qui résonnent avec les violences et les ambiguïtés du monde contemporain.

Se déployant entre la Tunisie et l’Égypte, « Les Jours du Fatimide assassiné » circule avec fluidité entre les époques et les territoires. Cette traversée géographique et temporelle confère au roman une densité singulière, où l’enquête historique se double d’une méditation sur l’humain, la responsabilité et la mémoire.

Attribué pour la première fois, le Prix Néjib Mahfoudh du roman arabe rend hommage à l’une des figures fondatrices de la littérature arabe moderne. Romancier majeur, chroniqueur attentif des sociétés arabes, Néjib Mahfoudh demeure le seul écrivain arabe à avoir reçu le Prix Nobel de la littérature, en 1988, consacrant une œuvre d’une portée universelle.

Il est ainsi à noter qu’avant cette prestigieuse consécration, l’œuvre avait déjà retenu l’attention de la critique en figurant sur la liste longue du Prix international de la fiction arabe 2026 (anciennement le Booker arabe), confirmant la place croissante de Nizar Chakroun dans le paysage du roman arabe contemporain.

Imen. A.

Encadré

L’auteur en bref

Né en 1970 à Sfax, Nizar Chokroun est maître de conférences à l’université tunisienne. Il a été élu en 2011 doyen de l’Institut supérieur des arts et métiers de Sfax et a également exercé comme conseiller culturel au ministère de la Culture à Doha. Auteur prolifique, il compte plus de vingt ouvrages, allant de la poésie au roman, en passant par la critique artistique et la traduction. Son parcours est jalonné de distinctions, parmi lesquelles le Prix national de la poésie en Tunisie et le Prix arabe de la critique des arts plastiques, décerné par le gouvernement de Sharjah.

Parmi ses romans figurent « Bint Sidi Raïs » (2011), « La Cloche et le Minaret » (2018) et « Zoul Allah » (2022), ce dernier couronné Prix Béchir Khraïef du meilleur roman tunisien en 2023.

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