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La marionnette, entre héritage vivant et économie créative

À Tunis, chercheurs et professionnels ont appelé à repenser l’art de la marionnette comme un patrimoine vivant, inscrit dans une dynamique de création, de transmission et de développement culturel durable.

 

Réunis lundi à la Cité de la culture, dans le cadre de la 7ème édition des Journées des arts de la marionnette de Carthage (JAMC), les participants à la conférence scientifique intitulée « L’art de la marionnette entre patrimoine immatériel et économie créative » ont souligné la nécessité de dépasser une approche strictement patrimoniale ou événementielle de cet art.

Ils ont plaidé pour son inscription dans une logique de sauvegarde active, capable d’en assurer la continuité et le renouvellement.

La rencontre, qui coïncidait avec la célébration du cinquantième anniversaire du Centre national des arts de la marionnette, a mis l’accent sur le rôle stratégique de la documentation et de la numérisation comme outils de valorisation, de diffusion et de production. Les intervenants ont appelé à une intégration plus affirmée de la marionnette dans les politiques culturelles nationales et dans les mécanismes de l’économie créative, afin de renforcer sa visibilité et de consolider la place du marionnettiste comme acteur culturel à part entière.

Dans son intervention, l’universitaire et artiste plasticien Wissem Gharsallah a plaidé pour une reconnaissance officielle de la marionnette en tant qu’art contemporain et industrie créative. Il a préconisé le passage d’une logique ponctuelle à un projet structurant de long terme, couvrant l’ensemble des régions, et reposant sur la recherche, l’évaluation, le lien entre formation et création, ainsi que le soutien au renouvellement esthétique, notamment à travers les croisements avec les arts visuels et numériques.

Abordant la question de la numérisation du patrimoine immatériel, la chercheuse irakienne Zainab Abdulameer a souligné que le théâtre de marionnettes constitue un système culturel dynamique, capable de s’adapter aux mutations sociales et technologiques sans perdre son identité. Une numérisation maîtrisée, a-t-elle estimé, permet d’élargir les publics, de renforcer l’archivage et de soutenir la recherche scientifique.

Enfin, Haïfa Jebss, directrice du desk Europe créative Tunisie, a présenté les opportunités de financement offertes par le programme européen, rappelant que la Tunisie y participe depuis 2017. Si 26 projets ont été financés à ce jour, aucun ne concerne encore l’art de la marionnette, a-t-elle relevé, appelant les acteurs culturels à développer des projets de coopération à long terme afin d’intégrer pleinement ce secteur dans l’économie créative.

 

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