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Assassinat de Seif-al-Islam Kadhafi

: Quel impact sur la crise libyenne et les pays voisins ?




Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

L’assassinat de Seif-al-Islam Kadhafi aura certainement ses effets sur la crise libyenne. Qu’en est-il des pays voisins dont notamment la Tunisie ?

Seif al-Islam Kadhafi, le fils de l’ancien leader libyen, Mouammar Kadhafi, a été tué mardi dernier lors d’un accrochage dans la ville de Zintan où il vivait depuis son arrestation au mois de novembre 2011.

Selon, effet, le conseiller et proche collaborateur du fils de l’ancien Guide libyen, Abdullah Othman, « quatre hommes armés ont fait irruption dans sa résidence après avoir désactivé le système de surveillance vidéo. Ils l’ont ensuite abattu». Depuis, tous les soupçons se sont dirigés vers le maréchal Khalifa Haftar, chef de l’Armée nationale libyenne basée à l’est et au sud de la Libye.
Pour l’activiste Salem Chérif : « Ce n’est pas la première fois que Haftar cherche à éliminer Seif-al-Islam.

Entre 2014 et 2015, le Maréchal avait tout fait pour qu’on lui remette le fils de Mouammar Kadhafi par la milice qui le détenait à l’époque, en l’occurrence la milice de Ajmi Atiri. En 2019, l’un des chefs de Zintan, à savoir Ibrahim Madani, avait révélé que le Commandement général de l’Armée nationale libyenne, dirigée par le Maréchal Khalifa Haftar, lui avait demandé d’éliminer Seif-al-Islam contre plusieurs privilèges dont notamment des postes clés dans cette armée.

De ce fait, pour moi, le seul qui a intérêt à éliminer le fils de Kadhafi est Khalifa Haftar et son armée».
Le premier à avoir réagi à cet assassinat est le président du Conseil présidentiel libyen, Mohamed Al Menfi. Ce dernier a déclaré que cet assassinat a pour objectif d’avorter les efforts vers une réconciliation nationale et l’organisation d’élections libres et transparentes. Quel est, de fait, l’impact de cet assassinat sur la crise libyenne et les pays voisins dont la Tunisie ?


Vers un nouvel enlisement…

Tous les observateurs étaient unanimes quant à la réussite du Sommet tripartite tenu à Tunis fin janvier dernier et qui a réuni les trois ministres des Affaires étrangères tunisien, algérien et égyptien en plus de représentants de l’ONU. « Il fallait étouffer dans l’œuf ce sommet qui visait à aider les frères libyens à mettre fin à la crise et baliser le terrain pour la tenue d’élections libres et transparentes.

Mais il parait que certaines parties ne veulent pas d’un compromis et d’un règlement définitif à la crise, d’autant que Seif al-Islam Kadhafi avait toutes les chances de remporter ces élections », nous dira le juriste et activiste Salem Chérif.

Et d’ajouter : « A voir, par ailleurs, les réactions de plusieurs chefs militaires basés soit à Tripoli soit à l’ouest de la Libye dont celle de Moussa Ibrahim, dernier porte-parole officiel de Mouammar Kadhafi, qui a livré une déclaration virulente dans laquelle il accuse des forces internes et étrangères de vouloir saboter toute perspective de réconciliation nationale en Libye.

Selon lui, l’assassinat de Saïf al-Islam Kadhafi ne relève pas d’un simple fait divers sécuritaire, mais s’inscrit dans une logique politique délibérée. Moussa promet même une vengeance sans précédent. Pour moi, nous nous dirigeons vers un nouvel enlisement et il n’est pas écarté de voir la Libye basculer dans une guerre civile. Si c’était le cas, les pays voisins seraient certainement affectés par cette nouvelle escalade.

La Tunisie est appelée, alors, à rester très vigilante et surveiller de près l’évolution de la situation, notamment au niveau de nos frontières avec la Libye. D’une manière générale, je dirais que la crise libyenne, persistante depuis 2011, impacte profondément la Tunisie, agissant comme un facteur de déstabilisation économique et sécuritaire.

Elle fragilise la croissance tunisienne par l'arrêt fréquent du commerce (formel et informel), menace la sécurité nationale et engendre des crises humanitaires liées à la migration ».


M.B.S.M.

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