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Rapatriement des 6500 djihadistes tunisiens de Daech : Que faire pour relever avec succès ce méga défis sécuritaire ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Le Premier ministre irakien a appelé les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants appartenant à Daech. Que compte faire la Tunisie de ses 6500 djihadistes ayant combattu avec ce groupe terroriste ?

Le Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani, a qualifié dimanche de “temporaire” le transfert de détenus de Daech depuis la Syrie vers des prisons irakiennes, appelant les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants appartenant au groupe terroriste. Il a ainsi exhorté les pays concernés à «rapatrier leurs ressortissants parmi les membres de Daech et à les traduire en justice afin qu’ils reçoivent leur juste châtiment».

De son côté, le président de l’Observatoire tunisien des droits de l’Homme, Mustapha Abdelkebir, a révélé dans un statut publié sur sa page Facebook et relayé par Business news qu’environ 24.000 détenus actuellement dans les camps et prisons des anciens bastions de l’organisation terroriste Daech devraient être transférés dans un premier temps vers l’Irak, avant un éventuel retour progressif vers leurs pays d’origine, précisant qu’environ 6500 Tunisiens figurent parmi ces prisonniers.

Abdelkebir a également indiqué que la Tunisie accueillerait, dans une première phase, les femmes et les enfants de nationalité tunisienne liés à Daech, puis, ultérieurement, le reste des combattants.

Mustapha Abdelkebir s’est, dans ce contexte, interrogé sur les mécanismes de prise en charge et le plan d’action du gouvernement, compte tenu de la complexité du dossier et des contraintes qu’il impose, avant de souligner que l’expertise de la Tunisie dans ce domaine lui permettrait de contenir les risques liés à ce dossier.

A rappeler qu’en juillet dernier, l’organisation Human Rights Watch a visité les trois camps du nord-est de la Syrie, contrôlés par les autorités kurdes soutenues par les États-Unis, qui détiennent des Tunisiens ainsi que d’autres femmes et enfants étrangers apparentés à des membres de l’EI. Que compte faire, alors, le gouvernement de ces djihadistes une fois rapatriés en Tunisie ?

Agir « au cas par cas »…

Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a indiqué : «Il faut préciser de prime abord que le gouvernement tunisien ne peut pas refouler des détenus dont la nationalité est établie.

La Constitution tunisienne interdit également de réfuter ou de retirer la nationalité ou d’empêcher ses citoyens de revenir dans leur pays. Donc, on doit se préparer à accueillir les 6500 combattants qui sont actuellement détenus soit encore dans les prisons syriennes ou ceux qui ont été transférés dans des prisons irakiennes.

S'il y a des combattants tunisiens qui veulent rentrer en Tunisie, la Constitution prévoit qu'on doit accepter tous les citoyens, mais il faut qu'ils passent par la justice et éventuellement la prison». Et d’ajouter : « A mon avis, il faut agir au cas par cas, car il y a parmi eux des femmes et des enfants. Ces derniers doivent être pris en charge par les autorités concernées, à savoir le ministère de la Femme, de la Famille, de l’Enfance et des Personnes âgées.

Il s’agit notamment de mobiliser une série de services et d’acteurs sociaux locaux tels que les enseignants, les psychologues, les services de santé, les organisations de la société civile (OSC) et le ministère de l’Intérieur. Des soins de santé mentale tenant compte des traumatismes et un soutien psychosocial plus large sont essentiels à la réussite et à la durabilité des activités de retour et de réintégration des enfants rapatriés et des autres membres de leur famille.

Pour les combattants (terroristes) certes, c’est à la justice de trancher et d’établir leur part de responsabilité, mais il faut aussi regarder au-delà de l’idéologie religieuse et d’identifier les facteurs beaucoup plus complexes et variés qui les ont amenés à rejoindre des groupes extrémistes islamistes, afin que tous les moteurs de la radicalisation puissent être traités au niveau individuel sur le long terme ».

M.B.S.M.

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