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L’Univers codé : Les mystérieuses résonances entre mesures modernes et texte coranique

 Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Depuis des siècles, le Coran est étudié sous l’angle de sa spiritualité, de sa législation et de sa poésie. Pourtant, une branche plus contemporaine de l’exégèse s’attache à explorer une dimension radicalement différente : celle des constantes numériques.

Des chercheurs affirment que le texte contient des données précises sur la géologie terrestre et les distances géographiques, utilisant des unités de mesure comme le mètre, le kilomètre ou le mile, pourtant formalisées des millénaires après la révélation. Cette perspective propose que, derrière la langue arabe du VIIe siècle, se cache une structure mathématique universelle qui anticipe les découvertes de la science moderne.

L'un des exemples les plus cités concerne la sourate Al-Haqqah (69), verset 32, qui mentionne une chaîne d'une longueur de « soixante-dix coudées ». À l'époque de la révélation, la coudée était l'unité de référence, basée sur la longueur de l'avant-bras. Or, si l'on applique les conversions métriques actuelles, une coudée antique (estimée entre 45 et 46 centimètres) nous amène à un total d'environ 32 mètres.

La coïncidence réside ici dans le fait que ce résultat numérique correspond exactement au numéro du verset lui-même. Pour les partisans du miracle numérique, ce n'est pas un hasard, mais une preuve de l'omniscience d'une source qui connaissait déjà le système métrique bien avant sa naissance lors de la Révolution française.

Cette logique s'étend à la structure même de la Terre, notamment à travers la figure du fer. La sourate 57, intitulée « Al-Hadid » (Le Fer), occupe une place centrale dans ces recherches. On note souvent que la masse atomique du fer est de 55,8 (proche du numéro de la sourate 57) et que son numéro atomique est 26 (correspondant au numéro du verset mentionnant le fer si l'on compte la Basmala). Mais l'observation la plus spectaculaire concerne la profondeur du noyau terrestre.

Les géologues modernes s'accordent à dire que le fer solide se concentre dans le noyau interne, à une profondeur débutant environ à 5100 kilomètres sous la surface. En calculant le nombre total de versets depuis le début du Coran jusqu'au verset spécifique traitant du fer dans la sourate éponyme, certains chercheurs obtiennent précisément le chiffre 5100. Cette superposition entre le "compteur de versets" et la profondeur kilométrique du métal suggère une cartographie spirituelle de la planète intégrée au texte.

Entre cartographie céleste et géographie sacrée : le secret des distances

La géographie de l’Islam s'articule autour de deux pôles majeurs : la Mosquée Sacrée (Al-Masjid al-Haram) à La Mecque et la Mosquée Al-Aqsa à Jérusalem. Le lien entre ces deux lieux est établi dès le premier verset de la sourate Al-Isra (Le Voyage Nocturne). L'analyse numérique ici ne se limite plus aux numéros de versets, mais aux distances physiques qui séparent ces lieux saints sur la surface du globe.

En mesurant la distance "à vol d'oiseau" entre la Kaaba et le complexe d'Al-Aqsa, on obtient environ 1235 kilomètres. Convertie en miles (l'unité de mesure anglo-saxonne), cette distance affiche une valeur de 767 miles.

Le rapprochement avec le texte est saisissant : dans le corpus coranique, les occurrences ou les écarts entre les versets mentionnant ces deux lieux sacrés révéleraient le nombre 767. Ici, l’argument avance que le Coran utilise le mile comme étalon de mesure invisible pour valider la précision géographique de son récit.

Cette corrélation pose une question fascinante : comment un texte produit dans un contexte où les outils de géolocalisation et les mesures de précision par satellite n'existaient pas peut-il refléter des distances kilométriques ou en miles avec une telle exactitude ?

Ces phénomènes, regroupés sous le terme de « symétries coraniques », ne s'arrêtent pas là. Ils touchent également aux concepts temporels et astronomiques. On souligne souvent que le mot « jour » (yawm) apparaît 365 fois au singulier, correspondant à une année solaire, tandis que le mot « mois » (shahr) revient 12 fois. De même, le mot « mer » apparaît 32 fois et le mot « terre » 13 fois ; le ratio entre ces deux chiffres (32/45 et 13/45) donne approximativement 71,1 % et 28,8 %, soit les proportions exactes de l'eau et des continents sur la planète bleue.

Toutefois, cette approche invite à une double lecture. D'un côté, elle renforce la foi de nombreux croyants qui y voient une signature divine inaltérable, une preuve que le texte a été conçu par le Créateur des lois de la physique et de la géométrie.

De l'autre, elle appelle à une prudence méthodologique. Les critiques et certains théologiens rappellent que les méthodes de comptage des versets peuvent varier selon les écoles de lecture (comme les systèmes de Koufa ou de Médine), et que le choix des unités de mesure (mètres ou miles) peut parfois sembler arbitraire pour forcer la correspondance.

Malgré ces débats, la persistance de ces concordances entre les nombres du Coran et les mesures de notre monde physique demeure un sujet d'émerveillement. Qu'il s'agisse de la profondeur du fer à 5100 km, de la chaîne de 32 mètres ou de la distance de 767 miles entre les lieux saints, ces chiffres agissent comme des ponts entre l'ancien et le moderne. Ils suggèrent que le Coran ne se contente pas de parler à l'âme, mais s'adresse aussi à l'intellect mathématique, proposant une lecture du monde où le verbe et la mesure ne font qu'un.

En explorant ces codes, l'homme ne cherche pas seulement à valider sa foi par la science, mais à découvrir une harmonie cachée où chaque lettre et chaque chiffre occupent une place prédestinée dans l'architecture de la Création.

M.B.S.M.

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