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Blocus du détroit d'Ormuz : Quand les Américains cherchent à impliquer tout le monde...

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

* L’échec des négociations a réintroduit le risque lié au détroit d’Ormuz dans les prix du pétrole, poussant le brut au-dessus de 100 $.
* Les marchés ont réagi malgré l’absence de fermeture totale du détroit, ce qui a montré à quel point Ormuz est vulnérable aux perturbations.
* L’évolution à venir dépendra de la mise en œuvre des mesures, du trafic maritime et du fait que cette prime de risque s’estompe ou se renforce


La décision du président américain Donald Trump d’imposer un blocus du détroit d'Ormuz et de poursuivre tous les navires qui paient des frais de passage à l’Iran interpellé les observateurs. Quel est l›objectif de cette nouvelle escalade américaine ?

L’armée américaine a annoncé qu’elle commencerait à mettre en œuvre un blocus de tout le trafic maritime entrant et sortant. Elle a précisé que les autres navires seraient toutefois autorisés à traverser le détroit d’Ormuz s’ils ne se dirigent pas vers des ports iraniens. La décision du président américain, Donald Trump, de fermer le détroit d’Ormuz a immédiatement entraîné une hausse des prix du pétrole et suscité des craintes de pressions économiques accrues à l’échelle mondiale.

De son côté, le conseiller militaire du guide suprême iranien, Mohsen Rezaee, a affirmé que son pays « ne permettra pas » un tel blocus, indiquant qu’il dispose de « leviers de pression importants encore inexploités » pour y faire face. Idem pour le porte-parole du commandement unifié des forces armées iraniennes, « Khatam al-Anbiya », qui a déclaré lundi dernier que « la sécurité des ports dans le Golfe arabe et la mer d’Oman doit être assurée pour tous ou pour personne », selon l’agence de presse Fars News Agency.

Le porte-parole a qualifié l’imposition par les États-Unis d’un blocus des ports iraniens d’« acte illégal s’apparentant à de la piraterie ». Il a ajouté que les forces iraniennes « mettront en œuvre de manière décisive un mécanisme permanent de contrôle du détroit d’Ormuz à la suite des menaces américaines », affirmant qu’elles n’autoriseront pas le passage de ce qu’il a décrit comme des « navires ennemis ». Il a précisé que « les autres navires pourront continuer à transiter par le détroit, à condition de respecter les règles imposées par les forces armées iraniennes ».

Cette nouvelle escalade intervient après l’échec des négociations d’Islamabad visant à conclure un accord entre Washington et Téhéran, ce qui menace le cessez-le-feu conclu la semaine dernière et qui avait suscité l’espoir d’une résolution rapide du conflit.

Les négociations, menées par le vice-président américain J. D. Vance et le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf, ont échoué en raison de divergences concernant l’avenir du programme nucléaire iranien. De fait, les observateurs craignent que cette nouvelle escalade n›enflamme les marchés et ne provoque une hausse vertigineuse des cours du pétrole.

Les marchés s’enflamment ...

Pour l’expert, Mohamed Salah jennadi:» Il s’agit d’un véritable choc pétrolier provoqué par le blocus annoncé par les USA du détroit d’Ormuz et qui a frappé les marchés après que les discussions entre les États-Unis et l’Iran au Pakistan se sont terminées sans accord. Et même s’il ne s’agit pas d’une fermeture totale du détroit d’Ormuz. puisque les Américains ont indiqué que les navires circulant entre des ports non iraniens pouvaient toujours traverser le détroit, les marchés ont réagi comme s’il s’agissait d’un risque pour l’approvisionnement.

Le brut américain a, en effet, augmenté de 8 % pour atteindre 104,24 dollars le baril, tandis que le Brent a progressé de 7 % à 102,29 dollars. Par ailleurs, les contrats à terme sur les actions américaines se sont orientés à la baisse lors des premières transactions. Il faut savoir également que marchés ont réagi comme si les risques d’approvisionnement avaient fortement augmenté.

Les flux transitant par le détroit d’Ormuz en 2024 et au premier trimestre 2025 ont représenté plus d’un quart du commerce maritime mondial de pétrole et environ un cinquième de la consommation mondiale de pétrole et de produits pétroliers. Dés lors une voie d’une telle importance n’a pas besoin d’être totalement fermée pour faire grimper les prix : il suffit juste qu’elle paraisse moins fiable.

Ainsi le cours du pétrole n’a pas bondi parce que le détroit d’Ormuz a été totalement fermé, mais parce que le marché a cessé de faire confiance à la capacité de cette route à fonctionner normalement. En effet, la mesure américaine était limitée aux ports iraniens, mais les traders l’ont tout de même considérée comme un risque pour l’approvisionnement, car le détroit d’Ormuz est trop crucial pour pouvoir absorber de nouvelles perturbations sanréaction .

Et de conclure : «Les contrats à terme ont reculé car le marché a considéré la hausse soudaine du pétrole comme un choc macroéconomique, et non comme un mouvement limité au secteur de l’énergie. Les premières estimations ont montré une baisse des contrats à terme sur le Dow de 0,8 %, de 0,5 % pour les contrats à terme sur le S&P 500 et de 0,9 % pour ceux du Nasdaq, tandis que le pétrole brut est remonté au-dessus de 100 $. Il s’agit d’un mouvement d’aversion au risque, et non d’une rotation sectorielle».

M.B.S.M.

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