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Elles sont de plus en plus indiscrètes et fréquentes en Tunisie : Les maladies affectant les céréales sont à prendre très au sérieux

Par Hassan GHEDIRI

Tandis que les agriculteurs se débrouillent comme ils peuvent pour sauver leurs récoltes de blé, la propagation accélérée de certaines maladies rend incertain le résultat de leur labeur…

Après les rouilles du blé qui ont mis sur le qui-vive les autorités agricoles après la multiplication des infections dans de nombreuses exploitations de céréales au nord du pays depuis début mars, c’est désormais la septoriose, autre maladie particulièrement redoutée par les céréaliculteurs, qui commence à s’étendre progressivement dans les parcelles de blé en Tunisie.

Les  agriculteurs qui ont vu leur campagne de semis entravée par les difficultés d’approvisionnement en engrais, se retrouvent doublement pénalisés à cause de cette explosion des maladies affectant leurs cultures. Changement climatique aidant, les champignons se font de plus en plus indiscrets dans les parcelles du blé.

L’augmentation de l’humidité après les précipitations enregistrées au cours des dernières semaines dans la plupart des régions agricoles favorisent l’apparition des maladies.

Après avoir détecté à partir de fin février, des foyers de la rouille jaune dans plusieurs exploitations de blé au nord du pays, le ministère de l’Agriculture a appelé les agriculteurs à redoubler de vigilance pour prévenir la prolifération des maladies capable d’endommager leurs récoltes.

Comme la rouille jaune qui continue à donner du fil à retordre aux céréaliculteurs, l’émergence de la septoriose met en évidence un défi des maladies agricoles qui ont tendance à devenir fréquents et précoces en raison du changement climatique.

Mise en garde

Dans un communiqué publié mercredi dernier, le ministère chargé de l’Agriculture a en effet annoncé que des cas de septoriose et de taches bronzées ont été détectés dans des champs de blé des principales zones de production céréalière au nord du pays.

Le ministère a estimé dans le même cadre que le niveau d’infection nécessite une intervention urgente avant la propagation de la maladie aux feuilles supérieures. Des pluies prévues en ce mois d’avril pourraient accélérer davantage la propagation de cette maladie, doit-on mettre garde dans le même communiqué.

Ce phénomène observé dans beaucoup de pays de la Méditerranée particulièrement exposée au réchauffement du climat, incite les autorités à adapter leur politique agricole pour anticiper ces nouveaux défis. Plusieurs études prospectives font état d’un changement radical de la distribution géographique et temporelle des maladies affectant les cultures.

Les spécialistes croient d’ailleurs que pour un pays comme la Tunisie qui espère augmenter sa production afin de renforcer sa sécurité alimentaire et réduire sa dépendance à l’importation, il est primordial de suivre de très près ces évolutions à venir et à adopter les solutions à mettre en place pour y faire face.

Les scientifiques sont en effet unanimes à considérer que l’activité agricole dans le monde va être confrontée à un risque de maladies globalement plus fort. Les simulations suggèrent que les impacts conjugués du changement climatique seraient le plus souvent négatifs sur le rendement des blés.

Ce constat s’expliquer par l’élévation des températures automnales et hivernales qui favoriserait le développement des champignons, notamment ceux qui se nour¬rissent au dépend d’une plante vivante comme les rouilles du blé. Tandis que l’augmentation d’épisodes de pluies intenses combinée à des températures plus douces au printemps sont en passe d’accélérer les cycles des champignons tels que la septoriose.

Pour toutes ces raisons, une surveillance des épidémies est primordiale pour anticiper les risques et prévenir la perte des récoltes. Pour la Tunisie, qui importe plus de 80% de ses besoins de consommation en blé et qui espère accroitre son autosuffisance doit améliorer ses modèles de lutter contre les maladies affectant les grandes cultures.  

H.G.

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