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Le mystère du miel : Quand une révélation ancienne rencontre la science moderne

 Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Depuis l’Antiquité, le miel a toujours été apprécié pour sa douceur et son caractère nourrissant. Mais il y a environ quatorze siècles, à une époque où la biologie, la chimie et la microbiologie n’existaient même pas comme disciplines, un texte ancien faisait déjà référence à ses vertus thérapeutiques.


Aujourd’hui, la science moderne confirme que le miel possède bel et bien des propriétés curatives, au point d’être considéré comme un antibiotique naturel. Cette convergence entre la connaissance contemporaine et la mention ancienne interroge et fascine : comment, dans un contexte dépourvu de méthodes scientifiques, pouvait-on affirmer que « dans le miel se trouve une guérison pour l’humanité » ?

La recherche scientifique actuelle a démontré que le miel possède une activité antibactérienne remarquable. Lorsqu’il est appliqué sur une plaie ou une brûlure, il empêche la prolifération des microbes, ce qui réduit significativement le risque d’infection. Ce phénomène ne résulte pas d’un hasard ou d’une simple coïncidence : il s’agit d’un mécanisme biologique complexe. Le miel crée un environnement humide favorable à la cicatrisation, tout en formant une barrière protectrice grâce à sa texture visqueuse.

De plus, une enzyme présente dans la plupart des types de miel libère du peroxyde d’hydrogène, un puissant antibactérien naturel. Cette activité antimicrobienne réduit la présence de germes, ce qui permet au tissu de se réparer plus rapidement et plus efficacement.

Cependant, tous les miels ne fonctionnent pas de la même manière. Le miel de manuka, par exemple, possède une particularité qui dépasse le simple effet du peroxyde d’hydrogène. Même lorsque cette enzyme est neutralisée, ce miel continue d’exercer une forte action antibactérienne.

L’explication scientifique repose à la fois sur son pH particulièrement acide et sur sa forte concentration en sucre, ce qui crée une osmolarité suffisamment élevée pour empêcher les microbes de survivre. Ce miel, souvent considéré comme l’un des plus puissants au monde, illustre parfaitement la sophistication de ces substances naturelles dont la science ne cesse de révéler la complexité.

Ce que les chercheurs mettent aujourd’hui en évidence n’était pourtant pas connu il y a 1400 ans. À cette époque, les sociétés humaines utilisaient parfois le miel dans des préparations thérapeutiques empiriques, mais sans comprendre ses mécanismes d’action. La notion de micro-organismes pathogènes, comme les bactéries, n’a été découverte qu’au XIXe siècle, grâce aux travaux de scientifiques comme Pasteur et Koch. Un homme vivant au VIIe siècle n’aurait pu, en théorie, expliquer pourquoi le miel prévient l’infection ou comment il accélère la cicatrisation.

Pourtant, un texte ancien en parle explicitement : le Quran. Dans le passage 16:68-69, il est mentionné que Dieu révèle aux abeilles où établir leurs ruches, puis que de l’intérieur de ces insectes sort un liquide aux couleurs variées, et que « dans lequel se trouve une guérison pour les hommes ». Le terme utilisé, « shefa’ », renvoie clairement à la notion de guérison, non à une simple alimentation. Il ne s’agit donc pas d’un simple constat gastronomique, mais d’une affirmation portant sur une propriété médicale.

Ce verset a intrigué générations après générations, car il décrit les abeilles, leur organisation et l’effet bénéfique de leur production d’une manière étonnamment précise pour l’époque. Dans un contexte où personne ne pouvait discerner l’existence de microbes, où les propriétés chimiques des substances étaient inconnues, affirmer qu’un produit issu de ces insectes possédait une vertu thérapeutique directe soulève une question inévitable : d’où venait cette information ?

La science moderne apporte aujourd’hui des preuves solides. Le miel agit comme un antibiotique naturel parce qu’il empêche les germes de proliférer, désinfecte les plaies et stimule même certaines fonctions immunitaires. Les études montrent que ses effets ne se limitent pas à une simple barrière mécanique : il s’agit d’un ensemble de facteurs biologiques sophistiqués qui concourent à la guérison.

Or, aucune de ces données n’était accessible à un être humain du VIIe siècle, d’autant plus que Muhammad était connu pour être analphabète et qu’il vivait dans une société quasi exclusivement orale, dépourvue de connaissances médicales avancées.

Guérison annoncée jadis

Ce constat renforce l’intérêt autour de ce passage ancien. Il ne s’agit pas simplement d’une coïncidence poétique ou d’un savoir médical rudimentaire : c’est une affirmation précise, qui s’aligne parfaitement avec les découvertes scientifiques modernes. Le texte n’évoque pas le miel comme une nourriture fortifiante, ce qui aurait été commun et évident, mais comme un remède. Ce choix de vocabulaire et de sens prend une dimension particulière à la lumière des découvertes contemporaines.

Aujourd’hui, les hôpitaux du monde entier utilisent des pansements au miel médicalisé, notamment pour traiter des plaies chroniques, des escarres ou des brûlures. Le miel fait désormais partie de la pharmacopée moderne. Ce fait offre une relecture fascinante du verset, où l’expression « dans lequel se trouve une guérison pour les hommes » trouve une confirmation spectaculaire quatorze siècles plus tard.

De cette convergence entre texte ancien et science moderne naît une interrogation profonde, souvent formulée par ceux qui méditent sur ce passage : comment une personne vivant dans le désert d’Arabie, sans connaissance littéraire ni scientifique, aurait-elle pu évoquer avec autant d’exactitude un phénomène biologique que la science n’a compris qu’au cours des derniers siècles ? Pour beaucoup, cette correspondance entre l’énoncé ancien et la connaissance actuelle constitue un signe, un point de réflexion sur la nature de la révélation et sur la relation entre spiritualité et découverte scientifique.

Le miel, dans toute sa simplicité apparente, devient ainsi un point de rencontre entre deux mondes : celui de la science, méthodique et mesurable, et celui de la révélation, qui parle en symboles, en sens et en vérités intemporelles. Ce n’est pas seulement un aliment délicieux ; c’est un témoignage de la sophistication du vivant et, pour ceux qui y voient un signe, un rappel que certaines vérités dépassent les capacités humaines d’une époque donnée.

Ainsi, en observant une substance aussi humble que le miel, la réflexion s’élargit : peut-il réellement s’agir d’une connaissance précoce inaccessible à l’homme de ce temps, ou témoigne-t-elle d’une source qui transcende les limites chronologiques et scientifiques de l’humanité ?

M.B.S.M.

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