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La vie de Mohamed - Le tournant décisif de la bataille : Entre stratégie, doute et retournement inattendu

Face à une coalition puissante et déterminée, la situation des musulmans semblait désespérée. Les forces confédérées, composées de plusieurs tribus arabes alliées à certains groupes juifs, encerclaient la ville et menaçaient d’anéantir toute résistance.

Pourtant, au cœur de cette tension extrême, un événement inattendu allait bouleverser le cours des choses. Un homme nommé Nu‘aim ibn Mas‘ud, appartenant à la tribu des Ghatfān, décida d’agir. Bien qu’il fît partie des forces ennemies, il avait été touché par l’Islam et cherchait un moyen d’aider discrètement les musulmans.

Conscient qu’il ne pouvait affronter seul toute une armée, il opta pour une stratégie plus subtile : semer la discorde entre les alliés. Il commença par se rendre auprès des Banū Qurayza, une tribu qui avait rompu son pacte avec les musulmans.

Il leur fit remarquer que les confédérés, étant des étrangers, pourraient facilement se retirer en cas de danger, les laissant seuls face aux conséquences de leur trahison. Cette perspective inquiéta profondément leurs chefs. Profitant de leur hésitation, Nu‘aim leur suggéra de demander des garanties aux confédérés, sous forme d’otages. Selon lui, si ces derniers étaient sincères dans leur alliance, ils accepteraient sans hésiter.

Quand la ruse renverse une armée

Après avoir semé ce doute, il se rendit auprès des chefs des forces païennes et leur tint un discours tout aussi stratégique. Il les mit en garde contre une possible trahison des Banū Qurayza, insinuant que ces derniers pourraient demander des otages dans le but de les livrer ensuite aux musulmans pour regagner leur faveur. Il leur recommanda de tester immédiatement la loyauté de leurs alliés en leur demandant de participer sans délai à une attaque conjointe.

Les deux camps, influencés par ces conseils, commencèrent à se méfier l’un de l’autre. Lorsque les confédérés proposèrent une attaque immédiate, les Banū Qurayza refusèrent, invoquant le respect du sabbat et leur inquiétude face à une éventuelle fuite des alliés arabes. Ils exigèrent en retour la remise d’otages. Cette demande renforça les soupçons des confédérés, qui y virent une preuve de duplicité. Dès lors, la confiance s’effondra, et avec elle la cohésion de l’alliance.

Ce climat de suspicion eut un effet dévastateur sur le moral des troupes. Le courage céda la place à l’incertitude, et l’ardeur guerrière se dissipa. La nuit venue, les soldats regagnèrent leurs tentes dans un état de confusion et d’inquiétude. C’est alors qu’un événement inattendu survint : un vent violent se leva, balayant le camp des confédérés. Les tentes furent arrachées, les marmites renversées et les feux éteints. Dans une culture où le feu allumé était considéré comme un signe favorable, son extinction fut perçue comme un mauvais présage.

Déjà fragilisés par le doute, les confédérés interprétèrent ces événements comme un signe de malheur. La panique se propagea rapidement. Certains commencèrent à plier bagage, d’autres crurent à une attaque imminente. En quelques heures, une armée massive de plusieurs dizaines de milliers d’hommes se dispersa dans la nuit, abandonnant le champ de bataille sans combat.

Selon les récits, Abu Sufyan lui-même, surpris par cette retraite soudaine, quitta précipitamment les lieux après avoir été informé de la débâcle. Lorsque l’aube approcha, le terrain était désert. Les musulmans, qui avaient résisté pendant des jours dans des conditions difficiles, découvrirent que le danger s’était dissipé presque miraculeusement.

Le Prophète Muhammad envoya alors Hudhayfah ibn al-Yaman vérifier la situation. Malgré le froid intense, ce dernier traversa le champ de bataille et confirma que les ennemis avaient fui. Cette victoire inattendue marqua la fin d’une épreuve particulièrement éprouvante.

Cependant, tout n’était pas encore terminé. Les Banū Qurayza devaient répondre de leur rupture de pacte. Le Prophète rassembla ses compagnons et se dirigea vers leurs fortifications. Lorsqu’on leur demanda des explications, ils ne montrèrent aucun regret et adoptèrent une attitude hostile, allant jusqu’à proférer des insultes. Un siège s’engagea alors, durant lequel la résistance s’organisa de part et d’autre.

Au fil des jours, la situation des assiégés devint critique. Ils demandèrent l’intervention de Abu Lubaba ibn Abd al-Mundhir pour les conseiller. Celui-ci leur suggéra d’accepter le jugement du Prophète, tout en laissant entendre, par un geste involontaire, la gravité de leur situation. Troublés, ils refusèrent finalement cette option et préférèrent confier leur sort à Sa’d ibn Mu’adh, un chef respecté de leurs anciens alliés.

Pendant ce temps, des divisions internes apparurent parmi eux. Certains reconnurent leur faute et envisagèrent des solutions pacifiques, tandis que d’autres restèrent inflexibles. Un de leurs chefs, Amr ibn Sa’di, exprima son désaccord avec la position dominante et quitta les lieux après avoir appelé à la raison.

Finalement, Sa’d ibn Mu’adh fut chargé de rendre un jugement. Malgré les pressions de sa propre tribu pour faire preuve de clémence, il affirma qu’il jugerait avec justice et impartialité. Les deux parties acceptèrent sa décision, marquant ainsi la dernière étape de cet épisode historique complexe, où stratégie, foi, divisions et circonstances extraordinaires se sont entremêlées pour façonner le destin des protagonistes.

(A suivre...)

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