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Les ambassadeurs des pays du Golfe arabe reçus par le ministre des Affaires étrangères... : La Tunisie vers un rôle clé entre le Golfe et l’Iran ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens de l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a reçu, mardi, les ambassadeurs des pays membres du conseil de coopération du Golfe (CCG) accrédités en Tunisie. Comment interpréter ce pas diplomatique de la part de la Tunisie ?

Dans une dépêche de l'agence TAP, on apprend que le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens de l’étranger, Mohamed Ali Nafti, a reçu, mardi dernier, au siège du département, les ambassadeurs des pays membres du conseil de coopération du Golfe (CCG) accrédités en Tunisie.

Il s’agit des ambassadeurs du Royaume d’Arabie saoudite, de l’État du Koweït, de l’État du Qatar, du Royaume de Bahreïn, du Sultanat d’Oman et des Émirats arabes unis. Cette rencontre a été l’occasion de réaffirmer les relations de fraternité, de coopération et de partenariat entre la Tunisie et les pays du CCG, cite un communiqué du département.

Il a été également question de débattre des derniers développements régionaux survenus dans la région du Golfe et du Moyen-Orient et de discuter de leurs graves répercussions sur les fondements de la sécurité et de la stabilité régionale et internationale, rapporte la même source.

Lors de cette rencontre, Nafti a réitéré l’attachement de la Tunisie aux règles du droit international, réaffirmant le rejet catégorique de notre pays de toute forme agression contre l’intégrité territoriale des ces pays frères et leurs territoires et ressources. il a à ce propos exprimé la pleine solidarité de la Tunisie avec ces pays et sa reconnaissance envers leur soutien constant apporté à la communauté tunisienne y résidant.

De leur côté, les ambassadeurs des pays du CCG ont exprimé leur gratitude et leur reconnaissance envers la Tunisie pour la position de solidarité de la Tunisie envers leurs pays, réaffirmant leur engagement à poursuivre les concertations et la coordination afin de mettre fin aux violations qui affectent la sécurité et la stabilité de leurs pays. Comment interpréter ce pas diplomatique de la part de la Tunisie ?

Médiation...?

A ce sujet, l'avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a confié : " Il faut retenir ce message très fort qui confirme l'attachement de la Tunisie au droit international qui garantit la souveraineté des pays. Aussi, la Tunisie se doit de respecter le statut de la Ligue Arabe qui impose aux pays membres d'être solidaires les uns des autres ".  Au vu des bonnes relations qui lient la Tunisie aux différents protagonistes de ce conflit, certains observateurs estiment que la Tunisie peut jouer un rôle de médiateur entre l'Iran et les pays du Golfe Arabe.

Selon, en effet, Me Ben Atiya : " Cette rencontre s'inscrit dans le cadre d'une grande action menée par les pays du Golfe Arabe qui multiplient les concertations en vue de mobiliser les pays arabes et musulmans en faveur d'une motion contre l'Iran à l'ONU et au sein des autres instances internationales.

L'on sait que jusqu'ici la Russie et la Chine s'opposent à une condamnation des attaques iraniennes contre ses voisins sous prétexte de son droit à l'autodefense. Ces deux puissances vont même considérer cette guerre menée par les USA et son allié Israël comme une agression contre l'Iran. Il faut prendre également en considération que la Tunisie a le droit de défendre ses intérêts.

Il faut savoir que la Tunisie compte 150 mille résidents dans les pays du Golfe Arabe et il est dans la logique des choses de les protéger contre d'éventuelles représailles ".
En somme, cette rencontre entre Mohamed Ali Nafti et les représentants du Conseil de coopération du Golfe traduit un positionnement diplomatique mesuré de la Tunisie, fondé à la fois sur le respect du droit international, la solidarité arabe et la défense de ses intérêts stratégiques.

Entre soutien politique aux pays du Golfe, prudence face aux équilibres internationaux et possibilité d’un rôle de médiation, Tunis semble chercher à préserver sa neutralité active dans un contexte régional de plus en plus tendu.

M.B.S.M.

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