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Etats-Unis : Démission du directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme

Joseph Kent, qui vient de démissionner, accuse Israël et certains cercles d’influence à Washington d’avoir poussé l’administration de Donald Trump à intervenir sur la base d’une menace qu’il estime inexistante.

Le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme (NCTC), Joseph Kent, a présenté sa démission ce mardi, devenant ainsi le premier haut responsable de l’administration Trump à quitter ses fonctions en raison de l’engagement militaire américain en Iran. Dans sa lettre de démission adressée au président et publiée sur le réseau social X, il justifie son départ par un désaccord fondamental avec la politique étrangère de la Maison Blanche.

« Je ne peux, en conscience,  soutenir la guerre en cours en Iran », écrit Joseph Kent, brisant ainsi la réserve habituelle des responsables du renseignement. « L’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation, et il est clair que nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby. »

Extrait de sa publication:

« Dès le début de cette administration, de hauts responsables israéliens et des membres influents des médias américains ont lancé une campagne de désinformation qui a totalement sapé votre programme « L’Amérique d’abord » et semé des sentiments pro-guerre afin d’encourager une guerre contre l’Iran. »

« Cette chambre d’écho a servi à vous tromper et à vous faire croire que l’Iran représentait une menace imminente pour les États-Unis, et qu’une frappe immédiate vous assurerait une victoire rapide. C’était un mensonge, la même tactique qu’ont employé les Israéliens pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak, qui a coûté la vie à des milliers de nos meilleurs soldats. Nous ne pouvons plus commettre cette erreur. »

Cette démission soulève des questions juridiques de fond. Plusieurs experts en droit international rappellent en effet que la notion de « menace imminente » constitue habituellement un prérequis indispensable pour justifier une action militaire unilatérale au regard du droit international.

La Maison Blanche n’avait pas réagi dans l’immédiat à ces informations, tout comme le Bureau du directeur du renseignement national, dont dépend le NCTC.

Cette défection surprise a pris de court les milieux du renseignement américain. Joseph Kent passait pour un proche de la directrice du renseignement national, Tulsi Gabbard, laquelle observe un silence remarqué depuis le début des hostilités avec Téhéran. Absente des débats publics et des plateaux télévisés, Mme Gabbard n’est réapparue que lors d’une cérémonie officielle rendant hommage aux soldats américains tombés en Iran plus tôt ce mois-ci.

Le départ de ce responsable, qui occupait l’un des postes les plus sensibles de l’appareil sécuritaire américain, pourrait fragiliser un peu plus une administration déjà sous pression depuis le début de ce conflit controversé.

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