contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Démission du secrétaire général de l’UGTT : Une manœuvre syndicale ou un signe d’un ras le bol général… ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

Quinze jours après, la démission de Noureddine Tabboubi de son poste de secrétaire général de l’UGTT continue à susciter plusieurs interrogations. Quel est le sort aujourd’hui de cette démission et son impact sur la grève générale prévue le 21 janvier?

Alors que le règlement intérieur de l’UGTT stipule que toute démission émanant de l’un de ses membres n’est recevable que 15 jours à partir de son dépôt au bureau d’ordre, la démission de son secrétaire général, Noureddine Tabboubi, continue d’interpeller les observateurs et certains estiment qu’il s’agit d’une manœuvre de nature à calmer une crise interne qui devient interminable. Que dit justement le règlement intérieur ?

Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya nous a confié : « Le règlement intérieur de l’Union générale tunisienne du travail stipule qu’une démission, comme celle de Noureddine Taboubi présentée le 23 décembre 2025, déclenche une procédure stricte : une convocation dans 15 jours pour l'intéressé afin d'expliquer ses motifs, une tentative de médiation, et la démission devient effective seulement si la décision est maintenue après ce délai ».

Selon, en outre, les dernières affirmations, il parait qu’aucune date n’est encore fixée pour entendre Noureddine Tabboubi, par le Comité du règlement intérieur concernant les motifs de sa démission.

Conjointement, une initiative lancée par vingt-deux anciens dirigeants de l’Union générale tunisienne du travail afin de rapprocher les points de vue des différents protagonistes et trouver une solution à la crise interne qui secoue la Centrale syndicale. Conduite par d’anciens secrétaires généraux adjoints tels qu’Ali Romdhane, Hédi Ghodhbani, Abdelmajid Sahraoui, Ridha Bouzriba ou encore Kamel Saâd, cette initiative vise aussi à convaincre le secrétaire général, Noureddin,e Tabboubi, et le secrétaire général adjoint, Anwar Ben Gaddour, de revenir sur leurs démissions.

Du côté de l’opposition syndicale, un appel a été lancé en vue de remplacer le bureau exécutif actuel par un Comité national provisoire qui aura pour mission d’assurer la période transitoire et organiser un congrès électif dans les plus brefs délais.

Une crise qui en cache une autre…

Secouée par une crise qui menace aujourd’hui sa propre existence, l’Union générale tunisienne du travail est à la croisée des chemins et même la tenue d’un congrès extraordinaire peut ne pas sauver la centrale syndicale si on ne procède pas à la refonte de la Centrale syndicale, estime le dirigeant au sein de l’opposition syndicale, Habib Jerjir. Idem pour le syndicaliste et ancien dirigeant Taieb Bouaicha.

Ce dernier a indiqué que la démission de Noureddine Tabboubi survient dans un contexte assez complexe suite à un cumul de crises qui secouent l’organisation depuis l’amendement du fameux article 20 ayant ouvert la voie à l’actuel bureau pour se présenter aux élections sans limitation de mandats.
Pour l’opposant syndical Habib Jerjir : « Ces démissions confirment un seul constat, à savoir  ce qui est construit sur un faux ne peut donner qu’un bureau exécutif fantoche constitué de putschistes.

Nous pensons, alors, que, moralement, les actuels dirigeants ne doivent pas se présenter aux prochaines élections et ouvrir la voie à une nouvelle génération de dirigeants afin d’assainir les instances de l’organisation syndicale et repenser l’action syndicale sur des bases solides de nature à rendre à l’Union générale tunisienne du travail son prestige et sa crédibilité et lui permettre de continuer son rôle dans la défense des droits des travailleurs ».

Et d’ajouter : « Nous proposons, en tant qu’opposition syndicale, une feuille de route pour sauver l’organisation de l’effondrement et la remettre sur la bonne voie afin de continuer de protéger les acquis de la classe ouvrière et défendre les intérêts des travailleurs ».

M.B.S.M.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869