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Crise de l’UGTT : L’opposition syndicale appelle au remplacement de l’actuel bureau exécutif par un comité national provisoire…

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

L’opposition syndicale a tenu récemment une conférence de presse dans laquelle elle a appelé à la formation d’un comité national provisoire qui aura pour mission d’assurer la période transitoire en attendant de la tenue du prochain congrès de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT).

Selon le dirigeant au sein de ce collectif qui représente plusieurs courants syndicalises opposés à l’actuel bureau exécutif, Habib Jerjir: « La priorité aujourd’hui est de sauver l’organisation syndicale du chaos et du désordre qui règnent en maitres depuis 2022, date du congrès de Sfax. Un congrès qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui avec des démissions et une centrale syndicale affaiblie.

C’est pourquoi, il y a urgence en la matière pour sauver l’organisation qui est menacée dans sa propre existence en désignant un comité national qui aura pour mission d’assurer la période transitoire en attendant la tenue du prochain congrès ». Jerjir a, en outre, appelé à un retour aux valeurs démocratiques au sein des instances dirigeantes afin de permettre à tous les syndicalistes d’exprimer leurs points de vue et leurs positions en toute transparence.

Il n’est pas logique que l’Union générale tunisienne du travail, qui a été toujours un porte-flambeau des valeurs démocratiques, soit aujourd’hui déchirée par les luttes intestines à cause de l’égoïsme de certains dirigeants».

A l’origine, par ailleurs, de cette crise, l’article 20 de l'Union Générale Tunisienne du Travail qui constitue un point de discorde majeur entre les dirigeants de l’organisation.

Adopté lors d'un congrès controversé en juillet 2021, l’amendement de cet article permettait la prolongation des mandats des dirigeants de l'organisation syndicale, allant à l'encontre de la règle de limitation précédente, et provoquant une crise interne profonde et des accusations de dérive démocratique visant à reconduire le secrétaire général Noureddine Taboubi, une situation qui continue de secouer la centrale syndicale avec des débats sur le prochain congrès.

Flou…

Justement, c’est la date de ce congrès qui continue à diviser l’organisation syndicale. A cet effet, Habib Jerjir estime que c’est à ce comité national provisoire de fixer la date de ce congrès électif : « Nous pensons que, moralement, les actuels dirigeants ne doivent pas se présenter aux prochaines élections et ouvrir la voie à une nouvelle génération de dirigeants afin d’assainir les instances de l’organisation syndicale et repenser l’action syndicale sur des bases solides de nature à rendre à l’Union générale tunisienne du travail son prestige et sa crédibilité et lui permettre de continuer son rôle dans la défense des droits des travailleurs ».

Frida Dahmeni écrivait dans un article publié dans ‘’Jeune Afrique’’ : « L’UGTT, malgré des dérives, des trahisons et des coups bas, a survécu à toutes les crises, et la mémoire des anciens est toujours vivace. Leurs portraits accrochés aux murs du siège de la centrale, place Mohamed-Ali, à Tunis, disent en effet la singularité de ces patriotes que réunit une très haute idée de la Tunisie.

Les parcours du pionnier Mohamed Ali el-Hammi, du héros fondateur Farhat Hached, de son compagnon de lutte, Habib Achour, et de leur héritier Houcine Abassi, éclairent toutes les spécificités d’une centrale complexe qui a fait de l’action syndicale un acte patriotique. Elle a joué un rôle majeur lors de la lutte pour l’indépendance en s’appropriant des thématiques anticoloniales qui ont marqué la genèse du mouvement syndical tunisien».

M.B.S.M.

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