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Editorial : Bibi, Boby et les faux messies…

Par Chokri Baccouche

L’auteur d’une vidéo qui fait le buzz ces derniers jours sur les réseaux sociaux a trouvé une idée assez originale pour commenter à sa façon l’actualité internationale. Le cliché montre en effet, photos à l’appui, les chiens de garde les plus réputés ainsi que leur pays d’origine. On apprend ainsi que le Dogue argentin, le Kangal et le Cane Corso sont les cabots qui font, respectivement,  la fierté de l’Argentine, la Turquie et l’Italie.

Le dernier cliché à figurer sur ce qui semble être, a priori, un cours d’éducation canine montre le drapeau israélien trônant à côté de la bannière étoilée des Etats-Unis. Que font les deux fanions côte à côte au milieu de cette faune à quatre pattes ?

Comprenne qui voudra ! L’auteur de cette vidéo a fait en sorte qu’on n’a pas besoin d’un dessin pour saisir le sens de son message à savoir que la puissante Amérique n’est, ni plus ni moins,  qu’un molosse au service de l’entité sioniste. La comparaison est peut-être moralement discutable, mais d’aucuns diront qu’elle traduit bien la réalité.

Le parti-pris des Etats-Unis et leur soutien aveugle et inconditionnel en faveur d’Israël confirment de manière éloquente ce constat connu d’ailleurs de tous. Beaucoup plus qu’une simple alliance, l’appui des responsables américains en faveur du protégé israélien frise souvent le délire comme le confirme la dernière sortie fracassante de Mike Huckabee, l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël qui vient de créer une sacrée polémique.

S’exprimant lors d’une entrevue avec le commentateur conservateur Tucker Carlson, diffusée il y a quelques jours, le diplomate a laissé entendre qu’Israël avait des droits sur une grande partie du Moyen-Orient. Interrogé sur le sens d'un verset biblique parfois interprété comme accordant à Israël le droit sur les terres situées entre le Nil, en Égypte, et l'Euphrate, en Syrie et en Irak, Huckabee a répondu : "Ce serait parfait s'ils les prenaient toutes».

Les propos incandescents du diplomate-curé du village qui ont provoqué un tollé et l’ire de nombreux pays arabes, coulent en fait de source. Cet ancien pasteur baptiste est, en effet, un apôtre zélé du sionisme chrétien, une idéologie ténébreuse et délirante qui fonde son soutien politique pour Israël sur la conviction que l’État moderne d’Israël est une manifestation de prophéties inscrites dans la Bible – et que le sort même des États-Unis est prophétiquement lié à Israël.

Pur produit de ce courant qui repose sur une interprétation erronée des prophéties bibliques liant le retour des Juifs en Terre sainte à la fin des temps et à la bataille d'Armageddon, Huckabee est non seulement partisan d’Israël et du mouvement de colonisation en Cisjordanie,  mais également s’oppose depuis longtemps à la solution à deux États.

Les sionistes chrétiens dénient en effet toute existence d’un État palestinien. Leur vision est à la fois créationniste et eschatologique : il faut hâter l’arrivée de la Fin des temps. Une vision macabre que les membres de la secte cherchent à concrétiser par tous les moyens et à n’importe quel prix, fut-il en massacrant un peuple jusqu’au dernier, comme c’est le cas actuellement à Gaza.

Fait d’autant plus grave, ce courant adulateur de l’apocalypse a réussi à infiltrer tous les cercles du pouvoir aux Etats-Unis. Il compte d’ailleurs de nombreux adeptes influents parmi les cadres et les plus hauts responsables de l’administration Trump. C’est ce même mouvement qui aurait convaincu et poussé l’actuel locataire de la Maison Blanche à transférer, lors de son premier mandat, l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem.

Plus instructif encore : les sionistes chrétiens, qui comptent environ 20 millions de représentants aux États-Unis, ont versé des millions de dollars au cours des dernières décennies dans leur quête d’un Israël élargi. Ils ont parrainé la migration de milliers de juifs en provenance de Russie, d’Éthiopie et d’autres pays.

Ils contribuent à hauteur de plusieurs millions de dollars à la construction de nouvelles colonies dans les régions palestiniennes occupées afin d’y accueillir les migrants. Bref, les sionistes chrétiens qui exercent une énorme influence sur la politique étrangère de Washington sont, en fait, les véritables détenteurs des rênes du pouvoir aux Etats-Unis et incarnent en quelque sorte ce qu’on appelle communément l’Etat profond.

Les heurts et malheurs des Palestiniens et pour tout dire, de tous les peuples du Moyen-Orient, coulent ainsi de source. Ils ont pour noms sionisme politique juif et sionisme chrétien. Deux larrons en folie qui prônent une idéologie délirante fondée sur une interprétation fallacieuse de la religion.

Deux larrons dangereux surtout car les membres fanatiques de cette secte faussement messianique sont capables du pire comme le prouvent les tensions extrêmes qui prévalent actuellement au Moyen-Orient et les bruits de bottes américains liés à la guerre en gestation contre l’Iran.

La dernière trouvaille macabre des sionistes de tous bords consiste donc à tenter d’utiliser la Bible pour justifier le colonialisme moderne, les atrocités massives et le génocide.

Et pour couronner le tout, la concrétisation de ce projet démentiel a été confiée à un certain Benyamin Netanyahou, un autre «  illuminé », lui aussi bon pour la camisole, qui a la conviction inébranlable  d’avoir  été choisi par Dieu pour diriger le peuple juif. A part cela, tout va pour le mieux Madame La Marquise…

C.B.

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