Par Chokri Baccouche
N’ayant pas digéré sa déconfiture militaire face à l’Iran dans une guerre où il n’a atteint aucun des objectifs qu’il s’était fixé, le Premier ministre israélien Netanyahu a déversé tout son fiel, son dépit et sa frustration sur le Liban.
Moins de 24 heures à peine après l’annonce d’un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran, l’entité sioniste a lancé en effet une campagne de bombardements sans précèdent sur le pays du cèdre. Les frappes massives, avant-hier, sur Beyrouth, Tyr et la vallée de la Bekaa ont fait des centaines de morts et des milliers de blessés, majoritairement des civils.
S’étant cassé les dents contre le régime des mollahs qui lui a fait voir de toutes les couleurs au point de le contraindre d’accepter une trêve providentielle, Benjamin Netanyahu, vivement critiqué par l’opposition israélienne pour l’échec cuisant de son expédition militaire hasardeuse contre l’Iran, cherche à démontrer qu’il contrôle encore la situation.
Il n’y a pas de mots assez dur pour condamner la lâcheté et les crimes de guerre du Premier ministre israélien dont l’armée, la « plus morale du monde », a confirmé encore une fois le domaine où elle excelle le plus à savoir les massacres de masse des populations civiles et sans défense.
On le sentait venir ce carnage, connaissant Benjamin Netanyahu, un homme sans scrupule qui s’est forgé la réputation de ne jamais respecter les accords pour lesquels il s’est engagé. Pur produit du sionisme, le Premier ministre israélien n’a en fait qu’un seul principe idéologique à savoir celui de semer la mort et le fatras partout où il passe au mépris total du droit international. Sans remords ni regret et avec la conviction délirante d’accomplir une mission faussement messianique pour l’accomplissement de laquelle il a été personnellement désigné.
En attaquant le Liban, Netanyahu cherche de toute évidence à saborder la trêve fragile avec l’Iran qui lui a été imposée apparemment par Washington. Cette vile agression s’inscrit également dans le cadre de la nouvelle stratégie israélienne visant à créer des zones tampons à Gaza, en Syrie et au Liban, officiellement à des fins sécuritaires mais en réalité pour concrétiser des objectifs expansionnistes.
L’arrêt de la guerre contre l’Iran, signifie par ailleurs que le procès pour corruption contre Netanyahu devrait reprendre en principe dimanche prochain, chose que le Premier ministre israélien veut éviter à tout prix. Et le seul moyen devant lui permettre d’échapper du purgatoire, est de maintenir l’état d’urgence en Israël et surtout d’éterniser et d’étendre les guerres à travers toute la région.
On l’aura certainement deviné, avec le va-t-en guerre Netanyahu, la paix au Moyen-Orient n’est qu’illusion et chimère. La région est condamnée malheureusement à végéter dans les bas fonds de l’instabilité, des tensions permanentes et des bains de sang. Les responsables américains et iraniens devraient se réunir en principe aujourd’hui à Islamabad au Pakistan pour finaliser l’accord de cessez-le-feu conclu mardi dernier. La rencontre débouchera-t-elle sur un accord visant à mettre définitivement fin à la guerre ?
Difficile de répondre à cette question avec précision tant les impondérables sont nombreux. Tout dépend en fait du choix que devra faire la Maison Blanche à savoir continuer à suivre et soutenir l’agenda et les objectifs déstabilisateurs du protégé israélien ou donner, en revanche, une réelle chance pour l’instauration d’une paix durable.
Le président américain dont on dit qu’il a été embarqué contre son gré dans la galère de la guerre contre l’Iran par Benjamin Netanyahu, via une pression vicieuse liée au scandale Epstein, est appelé à faire cette fois-ci le bon choix et ce, dans l’intérêt bien compris de son pays mais également du reste du monde. A quelques mois des élections de mi-mandat et confronté à une opposition de plus en plus forte aux Etats-Unis qui réclame sa destitution, Donald n’a pas droit en fait à l’erreur.
On saura sous peu s’il aura assez de présence d’esprit et de lucidité politique pour s’émanciper de l’influence dangereuse qu’exerce sur lui Benjamin Netanyahu ou au contraire si la trêve fragile n’est que de la poudre aux yeux et un simple intermède propice à un nouveau redéploiement militaire servant les mêmes objectifs. Ce qui est sûr en tout cas, c’est que l’Iran est prêt à toutes les éventualités et garde un doigt sur la gâchette.
Ses dirigeants disent qu’ils n’accepteront la cessation des hostilités que lorsque les négociations auront abouti et que la trêve englobe également le Liban. On n’apprend pas à un vieux singe l’art de faire des grimaces…
C.B.

