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Editorial : Agir en amont - Par Hassan GHEDIRI

Donald Trump a explosé de rage dimanche. Il a menacé dans un vocabulaire qui frôle la limite de la vulgarité d’ordonner la destruction de tous les ponts et les installations énergétique dans tout l’Iran. Une menace qui sera exécutée aujourd’hui, mardi 7 avril, comme il a expliqué à travers la publication incendiaire diffusée dimanche à travers son réseau Social Truth

Le très imprévisible président américain qui semble perdre son self-control en se voyant incapable d’atteindre les objectifs visés par l’offensive contre l’Iran dans les délais déterminés initialement, a posé, samedi soir, un nouvel ultimatum de 48 heures à Téhéran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. L’ultimatum qui expire aujourd’hui, a vite été rejeté par les forces armées iraniennes, ouvrant la voie à tous les scénarios imaginables.

En menaçant de faire « déchainer les enfers » sur l’Iran si elle n’abdique pas, Trump tente d’éviter les conséquences cauchemardesques d’une paralysie prolongée des chaines de ravitaillements mondiales de l’énergie. L’Ultimatum américain qualifié par les Iraniens de « stupide », traduit en effet l’angoisse grandissante qui s’empare du marché du pétrole dans le monde. C’est, en effet, ce que laissait entendre l’Organisation des pays exportateurs de pétrole et leurs alliés (Opep+) dans un communiqué publié dimanche 5 avril.

L’Organisation a retiré son appel à garantir la continuité de l’approvisionnement mondial en pétrole à travers la protection des voies maritimes, faisant notamment référence au détroit d’Ormuz bloqué par Téhéran et par lequel transitait un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elle a toutefois estimé que même si le conflit au Moyen-Orient prenait fin, l’approvisionnement en pétrole dans le monde va être durablement affecté au vu des dommages considérables subis par les installations énergétiques des pays du Golfe et dont la remise en état sera très couteuse et prendra beaucoup de temps. 

Une situation qui laisse entrevoir des jours difficiles pour le monde entier, surtout les économies déjà en souffrance. Selon toute vraisemblance, c’est l’Afrique qui se verra payer un lourd tribut à cette guerre. Quand on dit l’Afrique, la Tunisie est bel et bien concernée.

Une alerte ne laissant pas l’ombre d’un doute sur ce que l’ensemble du continent africain est sur le point d’endurer des suites de la guerre au Moyen-Orient, vient d’ailleurs tout juste d’être lancée par l’Union Africaine, la Banque africaine de développement et un nombre d’institutions onusiennes à travers un rapport publié samedi 4 avril.

Les auteurs dudit rapport pensent que le choc commercial provoqué par le conflit pourrait rapidement dégénérer en crise du coût de la vie dans tout le continent à cause de la hausse des prix de l’énergie et de l’alimentation, des coûts de transport et des assurances et des pressions sur les monnaies nationales ce qui est de nature à aggraver considérablement les déficits budgétaires des Etats.

L’on souligne dans le même document que plus le conflit dure plus les perturbations dans l'acheminement de l'énergie et des engrais s'aggravent, ce qui finira par ralentir davantage le rythme de la croissance en Afrique. Les pays qui importent l’essentiel de leurs besoins en pétrole et gaz, tel que ce le cas de la Tunisie, seront sévèrement touchés.

Le choc risque de se répandre pour affecter la sécurité alimentaire à cause des perturbations de production et d’approvisionnement d'engrais, ce qui fait augmenter leur coût et imiter leur disponibilité pour les agriculteurs, avait-on également averti.

Les choses étant ce qu’elles sont, les Tunisiens ne seront donc malheureusement pas au bout de leur peine. Eux qui observent depuis quelques temps, impuissants, leur pouvoir d’achat s’éroder sur fond de la mystérieuse envolée prix des denrées alimentaires essentielles des produits de consommation courante. Une situation qui perdure et qui donne du fil à retordre aux autorités publiques se contentant jusqu’ici des opérations coup de poing ciblant les circuits de distribution contre la spéculation, le monopole et les hausses injustifiées des prix.

Il est d’autant plus urgent d’agir en amont en soutenant la production nationale. La priorité doit être clairement recentrée sur un soutien structuré et durable aux agriculteurs et aux industriels, à travers des mécanismes d’encouragement ciblés, des incitations à l’investissement et des programmes de développement ambitieux.

Il s’agit notamment de faciliter l’accès au financement, de moderniser les filières de production, de sécuriser les intrants stratégiques et de renforcer les capacités de transformation locale.  C’est-à-dire bâtir une économie autonome capable d’assurer l’autosuffisance dans tous les domaines.

H.G.

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