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Editorial : Un scénario apocalyptique …

Par Chokri Baccouche

L’information donne proprement la chair de poule si elle venait à être confirmée : de nombreux médias internationaux font état ces derniers jours de la démission d’une personnalité associée à l’Organisation des Nations unies. Il s’agit de Mohamed Safa, un diplomate doublé d’un défenseur mondialement reconnu du droit international, des droits de l’homme, de la justice sociale et de l’action climatique.

Pourquoi ce jeune avocat d’origine libanaise, qui occupait le poste de représentant permanent auprès de l'ONU pour une organisation non-gouvernementale appelée Patriotic Vision, a-t-il rendu le tablier et claqué la porte ?

Dans une lettre de démission publique et des messages partagés sur les réseaux sociaux, notamment sur la plateforme X, l’homme a affirmé qu'il quittait ses fonctions car l'ONU se préparerait, selon lui, à l'éventualité de frappes nucléaires américaines sur l'Iran.

Il a accusé certains hauts responsables de l'organisation d'être influencés par de "puissants lobbys" et de se focaliser sur des opérations de secours post-frappes plutôt que de s'opposer fermement à une telle escalade. Malgré le caractère extrêmement grave de ces allégations, l’ONU est restée de marbre, imperturbable et n’a pas daigné apporter la moindre réaction ? Comme s’il s’agissait d’un fait divers banal qui ne méritait aucune réponse officielle.

Le flegme apparent de l’ONU cache un embarras dans le sens que les terribles accusations de Mohamed Safa sont fondées sur des preuves formelles et indiscutables ? L’hypothèse est d’autant plus plausible qu’on imagine mal que ce jeune avocat, qui jouit de surcroit d’une excellente réputation à l’échelle internationale, puisse formuler des accusations aussi graves sur un simple coup de tête.

Dans les faits, l’éventualité d’un scénario aussi macabre et dangereux n’est pas à écarter non plus, et pour cause ! On sait en effet qu’en agressant l’Iran, la coalition américano-sioniste s’est retrouvée enlisée dans un bourbier inextricable sans savoir comment s’en sortir.

Non seulement le régime des mollahs tient le coup, mais il fait voir à ses agresseurs de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel. Bref, selon de nombreux experts, le président américain,Trump, et son alter-ego israélien, Benjamin Netanyahu, sont capables, face à une telle débâcle et en dernier recours, d’envisager le pire, c’est-à-dire recourir à l’arme nucléaire pour sortir du piège qu’ils ont eux-mêmes construit et éviter ainsi les revers potentiellement désastreux au double plan politique et militaire d’une longue guerre d’usure.

L’option nucléaire qui a été évoquée à maintes reprises par les dirigeants extrémistes du gouvernement sioniste reste, dans ce cas, la seule alternative devant permettre de changer le cours de cette sordide guerre qui tourne actuellement au cauchemar pour les Etats-Unis et Israël.

La démission de Mohamed Safa n’est pas un simple geste symbolique : c’est un signal d’alarme rouge sur l’inhumanité et l’hypocrisie de la gouvernance mondiale. Cette décision met en lumière l’évidence que l’ONU, supposée être la gardienne de la paix, est devenue un théâtre où la morale est sacrifiée sur l’autel des intérêts des puissances nucléaires.

Il est désarmant — et moralement scandaleux — de constater que les prédateurs d’un ordre mondial régi par la loi de la jungle peuvent envisager une frappe nucléaire en toute quasi-impunité, tandis que d’autres nations sont vilipendées pour des programmes de défense nettement moins menaçants.

Ce double standard n’est pas une aberration ponctuelle : il est le cœur battant d’un ordre mondial cynique où la force prime sur le droit, où le sang des innocents n’est qu’un calcul stratégique.

Les risques d’une éventuelle frappe nucléaire sur l’Iran sont bien évidemment incalculables : des villes rayées de la carte, des radiations qui traversent frontières et océans, un chaos humanitaire planétaire. Face à une perspective aussi apocalyptique, l’ONU ne doit point rester impassible, comme si le génocide pouvait être “contrôlé”.

Véritable cri de rage, la démission de Mohamed Safa est, en réalité, un avertissement que le monde ferait bien de prendre au sérieux avant qu’il ne soit trop tard.

Il incombe aujourd’hui à l’ensemble de la communauté internationale d’agir et de réagir en conséquence afin de prévenir et éviter un scénario aussi apocalyptique qui fait peser une lourde menace existentielle non seulement sur le peuple iranien mais également tous les pays de la région voire bien au-delà. Les terribles séquelles des deux bombes atomiques larguées par les Etats-Unis sur Hiroshima et Nagasaki qui sont toujours aussi vivaces sont suffisantes en principe pour rappeler à l’humanité le danger que représente la terreur nucléaire…
C.B.







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