Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Sous prétexte de la répression des manifestants, les USA menacent de frapper l’Iran. Quel est l’impact d’une attaque américaine sur la région ?
Alors que les manifestations continuent à secouer presque tout l’Iran, certains experts pointent du doit les services de renseignements sionistes et américains qui seraient derrière ce «soulèvement populaire».
Conjointement, la tension monte d’un cran entre l’Iran et les USA. En effet, le président américain, Donald Trump, envisage de faire pression sur le pays et étudie plusieurs réponses militaires "très fortes" qui lui seront proposées aujourd’hui mardi 13 janvier, lors d'une réunion avec de hauts responsables de l'administration.
Selon le Wall Street Journal, « différents scénarios sont possibles : le déploiement d'armes cybernétiques secrètes contre des sites militaires et civils iraniens, l'imposition de nouvelles sanctions contre des personnalités du régime ou des secteurs de l'économie iranienne, ou encore des frappes militaires ».
Une autre option évoquée est la mise en place en Iran de terminaux Starlink, le service Internet par satellite d'Elon Musk, permettant aux manifestants de contourner la récente coupure d'internet dans le pays - Donald Trump devrait bientôt rencontrer Elon Musk pour en discuter, a-t-il fait savoir ce dimanche dernier.
Réaction de l’Iran : «Si les États-Unis entreprennent une action militaire contre la République islamique ou les territoires occupés, les bases militaires et navales américaines seront considérées comme des cibles légitimes», a prévenu Mohammad Baqer Qalibaf, le président du Parlement iranien.
L’Iran s'est dit cependant « prêt à des négociations », à condition qu'elles soient "équitables, avec des droits égaux et fondées sur le respect mutuel", a précisé hier le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. Le pays "ne cherche pas la guerre, mais est tout à fait préparé pour", a-t-il ajouté. Quel est l’impact, justement, d’une attaque américaine sur la région ?
Une guerre généralisée ?
Pour l’avocat Me Houssem Eddine Ben Atiya : « Même si le président américain entretient volontairement le flou entre usage de la force et négociation, tous les scénarios sont sur la table. Selon lui, les dirigeants iraniens l’auraient appelé ce week-end pour tenter d’ouvrir des discussions. Une démarche qui ne l’empêche pas de réfléchir à plusieurs options. Cela étant, une intervention militaire comporte de nombreux risques.
Téhéran a déjà promis de s’en prendre aux intérêts américains et israéliens dans la région en cas d’attaque. Il existe aussi le danger de provoquer des victimes civiles et de rallier une partie de la population iranienne au régime face à ce qu’il percevrait comme une agression américaine. Selon plusieurs observateurs occidentaux, le contexte politique pèse également.
À moins d’un an des élections de mi-mandat, Donald Trump ne veut pas froisser une partie de son électorat avec une nouvelle opération militaire à l’étranger, après les frappes de juin et la capture de Nicolas Maduro au Venezuela ».
De son côté, l’universitaire et juriste Salem Chérif estime : « Comme l’a souligné le diplomate britannique, James Landale, l'Iran pourrait frapper des cibles américaines au Moyen-Orient, comme des camps des forces spéciales en Irak, des bases militaires dans le Golfe et des missions diplomatiques dans la région.
Les forces mandatées par l'Iran – le Hamas et le Hezbollah – sont peut-être très affaiblies, mais les milices qui le soutiennent en Irak restent armées et intactes.
Les États-Unis craignaient de telles attaques et ont retiré une partie de leur personnel. Dans leurs messages publics, ils ont fermement mis en garde l'Iran contre les conséquences de toute attaque contre des cibles américaines.
Si, par ailleurs, l'Iran ne parvient pas à endommager l'armée bien protégée d'Israël et d'autres cibles, il pourra toujours pointer ses missiles vers des cibles plus faciles dans le Golfe, en particulier des pays dont l'Iran pense qu'ils ont aidé et encouragé ses ennemis au fil des ans. Donc, on se dirige vers une guerre généralisée qui embrasera toute la région du Golfe ».
M.B.S.M.

