Par Kamel ZAIEM
Cette fois-ci, la conférence de presse organisée pour présenter la nouvelle édition du Festival de Carthage est sortie de l’ordinaire. C’est que les journalistes se sont trouvés, et c’est une première, face au comité d’organisation et non un président chargé, comme de coutume, de l’organisation et du choix du programme.
C’est pour cette raison que les deux principaux thèmes qui ont animé le débat furent celui du président « inexistant » et la programmation, avant de faire marche arrière, de l’artiste française Hélène Ségara dont le choix a créé une polémique du fait de ses prises de position en faveur des sionistes.
A propos de l’absence d’un président pour cette nouvelle édition, le ministère des Affaires culturelles a décidé d’organiser ce prestigieux festival sans président et de charger le comité d'organisation en place durant les trois dernières éditions de faire le boulot. Aucune autre explication n’a été donnée à ce propos et Mme Hend Mokrani, la directrice générale de l’ENPFMCA qui chapeaute le comité et la conférence, a été avare en détails sur ce sujet.
Il en était quasiment de même pour la polémique suscitée par la programmation d’un spectacle avec Hélène Ségara, la cantatrice française, connue pour son penchant évident pour l’entité sioniste. Il s’agit, là, d’un inexplicable faux pas des organisateurs qui ont vite rectifié le tir et annulé cette soirée, sans donner d’autres informations sur ce qui s’est réellement passé.
Histoire d’affiches !
Ce qui s’est passé avec les affiches, avec certaines qui ont été retirées à la dernière minute et d’autres qui ont été modifiées, dénote la fébrilité qui a accompagné l’organisation malgré la bonne volonté et la détermination de ce «comité de secours» qui n’a peut-être pas trouvé le temps et les moyens pour faire mieux et pour éviter de telles aberrations.
A part ces deux couacs, la présentation du programme a été ordinaire avec des soirées qui ne manqueront pas d’être attirantes et intéressantes, et d’autres qui semblent plus qu’ordinaires et d’orientation plus commerciale qu’artistique.
A propos du volet commercial, rappelons que le budget de cette 59e édition est d’environ trois millions de dinars. Et comme l’esprit commercial fait partie des priorités du ministère de la Culture, le comité sera dans l’obligation d’assurer des rentrées d’argent conséquentes pour éviter tout déficit, et c’est ce qui explique, en grande partie, la hausse des prix de certains spectacles, surtout qui pourraient bien faire complet (Nassif Zeytoun, Latifa Arfaoui, Nancy Ajrem, Najoua Karam…).
Selon la représentante du ministère, «le festival présente une vision artistique contemporaine traduisant la richesse de la diversité culturelle et s’inscrit dans le cadre des orientation nationales visant à promouvoir l’action culturelle. Il s’agit d’un rendez-vous renouvelé avec la qualité artistique, l’engagement culturel et l’ouverture sur l’autre tout en demeurant authentique.»
Autre point positif de cette édition, la programmation de plusieurs soirées dédiées à soutenir la cause palestinienne.
K.Z.