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Le saviez-vous ? La Hikaye palestinienne, patrimoine de l’UNESCO

Il était une fois… Une expression magique qui continue à nous émerveiller, à nous ouvrir les portes de l’imagination et du rêve. Une expression qui nous mènent vers ces terres lointaines où vivent les djinns et aux forêts cachées par la magie des sorcières, qui nous fait voler comme des oiseaux dans le ciel et grimper le haricot magique pour attraper l’oie aux œufs d’or…Mais savez-vous que le 20 mars est la journée mondiale du conte ? Et oui ! Le 20 mars, c’est la journée de l’Indépendance de la Tunisie, c’est aussi la Journée mondiale du bonheur, c’est la journée mondiale de la francophonie et la journée mondiale du conte.

Vingt ans déjà depuis l’annonce de ce rendez-vous annuel en 2004, la Journée mondiale du conte se veut une célébration et une préservation d’une tradition orale qui a traversé le temps et qui a marqué nos esprits d’enfant et d’adulte, un hommage à ces conteurs et conteuses de talent qui tissent leur histoire fil par fil, détail par détail, témoignant d’une riche imagination et d’un talent inné pour raconter, pour narrer des histoires.

Salut les conteurs de la Tunisie

La célébration de cette journée est passée sous silence en Tunisie malgré l’existence d’un bon nombre de conteurs professionnels et qui ont réussi ces dernières années à s’imposer et dans les performances attirent un important public qui n’est pas constitué seulement des enfants. Parmi ces conteurs, nous citons, Salah Souiai Merzougui, Youssef Baklouti, Raeda Guermazi, Alaeddine Ayoub, Hichem Derwich… et n’oublions pas Nacer Khémir qui ont réussi à sauvegarder la tradition.

Il est ainsi à noter que la mémoire collective tunisienne garde bel et bien le nom de Abdelaziz Al-Aroui (1898-1971) comme le doyen des conteurs tunisiens et le porteur de la mémoire orale nationale.

 

Dramaturge, journaliste et chroniqueur, il a marqué des générations par sa voix typique. Ses contes qui ont été à l’époque diffusés à la radio tous les dimanches, jouissaient d’une grande popularité. Par la suite, ces contes ont été adaptés à la télévision. Le succès a été au rendez-vous. Racontés dans le dialecte tunisien, les contes de Al-Aroui touchent au plus profond de l’âme. Intelligent, Abdelaziz Al-Aroui a su bien doser le récit avec une petite leçon moralisatrice pour éveiller et éduquer la conscience collective des Tunisiens, à cette époque, postcoloniale. Dans son domaine, Abdelaziz Al-Aroui a été un leader. Cinquante ans déjà depuis son départ, il continue à être une référence. Un livre réunissant l’ensemble de ses œuvres a été édité par l’Institut du patrimoine de Sharjah en hommage à un parcours exceptionnel et un talent sans égal.

La Hikaye palestinienne pour sauver la mémoire

Il est l’une des plus anciennes formes de communication, le conte a servi depuis des siècles  à la préservation de la culture et des traditions des communautés du monde. Porteur de la mémoire sociale, le conte est un patrimoine culturel qui permet de réserver le patrimoine linguistique qui demeure un enjeu majeur.

La Palestine dans sa quête de la sauvegarde de sa mémoire et de la protection de son héritage a réussi en 2008 à inscrire la Hikaye Palestinienne sur liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Savoir-faire ancestral, la Hikaye, cet art de narrer, est pratiquée par les femmes.

 

 

« La Hikaye est habituellement racontée à la maison pendant les soirées d’hiver, lors d’événements spontanés et conviviaux réunissant de petits groupes de femmes et d’enfants. Les hommes y assistent rarement car leur présence est considérée inconvenante. La narration tire sa force expressive du langage utilisé, de l’intonation, du rythme du discours et des effets de voix, ainsi que de l’aptitude de la conteuse à captiver l’attention de l’auditoire pour le transporter dans un univers d’imagination et de fantaisie. La technique et le style de narration obéissent à des conventions linguistiques et littéraires qui le distinguent des autres genres narratifs populaires. La langue employée est un dialecte palestinien, le fallahi en milieu rural ou le madani en milieu urbain. Presque toutes les Palestiniennes de plus de 70 ans sont des conteuses de Hikaye, et ce sont principalement elles qui perpétuent la tradition. Mais il n’est pas rare que des filles et des garçons se racontent ces histoires pour s’entraîner ou simplement pour le plaisir », lit-on sur la fiche de ce dossier palestinien, publiée sur le site officiel de l’UNESCO. La même source note que les bouleversements incessants de la vie sociale dus à la situation politique actuelle en Palestine constituent également une menace pour la survie de la Hikaye.

Alors, n’hésitez pas à fermer les yeux et laissez-vous porter par la magie de « Il était une fois ! » !

Imen ABDERRAHMANI

 

 

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