Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Le dernier rapport World Population Prospects prévoit un taux de natalité assez faible en Tunisie pour l'année 2025, ce qui confirme le constat que le phénomène de vieillesse de la société est bien réel...
Avec 160 mille naissances prévues en 2025, la dynamique démographique est qualifiée par les Nations unies de faible. Quelles sont les causes de cette réticence des Tunisiens qui ne veulent plus de beaucoup d'enfants ?
La Tunisie traverse une mutation démographique sans précédent. Selon les derniers chiffres publiés par l’Institut national de la statistique (INS) dans une note relayée par gnet news. En effet, l’année 2024 a été marquée par une baisse significative du nombre de mariages et de naissances, confirmant une tendance qui s’accentue depuis plusieurs années. Selon, également, les Nations unies, l'année 2025 ne sera pas meilleure et la dynamique démographique demeure modérée voire faible.
Selon la même note, seuls 70 942 mariages ont été enregistrés en 2024, contre 78 115 en 2023, soit une baisse de près de 10 %. Les naissances suivent la même trajectoire : 133 322 nouveau-nés en 2024, contre 147 242 l’année précédente, soit une diminution de plus de 14. 000 en un an.
Le dernier recensement national de 2024 met justement en lumière l’ampleur de ce basculement. Le taux de fécondité s’établit désormais à 1,7 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations fixé à 2,1. Le taux de croissance démographique annuel plafonne à 0,87 % sur la période 2014–2024, son plus bas niveau depuis l’indépendance. Quelles sont, en outre, les effets de ce fléau ?
Vieillesse...
Interrogé à ce sujet, Me Houssem Eddine Ben Atiya, spécialiste dans les affaires matrimoniales, nous a confié : " En s'appuyant sur la note publiée par gnet, j'estime qu'au- delà des chiffres, ce repli reflète des transformations profondes de la société tunisienne : recul de l’âge au mariage, maternité retardée, impact de la conjoncture économique sur les choix familiaux, et montée de l’individualisation au détriment du modèle de la famille élargie ".
Et d'ajouter : " Les conséquences s’annoncent lourdes. La pyramide des âges se redessine rapidement avec moins de jeunes et davantage de seniors, une évolution qui risque de fragiliser encore davantage un marché du travail déjà saturé, des systèmes de santé sous pression et une sécurité sociale menacée ".
Me Houssem Eddine Ben Atiya estime aussi " sans politiques volontaristes en matière de natalité, d’emploi et de protection sociale, la Tunisie pourrait, dans les prochaines années, se retrouver face à une équation démographique et économique difficile à résoudre".
M.B.S.M.

