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Alors que son instance administrative nationale se réunira aujourd’hui : Qui peut sauver l’UGTT de l’effondrement ?

Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

La démission du secrétaire général de l’UGTT deviendra effective le 17 janvier, quel est alors le sort de la grève générale du 21 janvier lorsqu’on sait que le préavis de cette grève doit être signé par le secrétaire général en personne ?

Le rapporteur du Comité du règlement intérieur au sein de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a annoncé dans un communiqué rendu public hier que les membres de l’Instance administrative nationale ont été convoqués à une réunion qui se tiendra aujourd’hui mercredi 14 janvier 2026, à partir de 9h00, au siège de la Centrale syndicale à Tunis.

Cette réunion intervient dans un contexte de crise marqué notamment par la démission du secrétaire général, Noureddine Taboubi, et du secrétaire général adjoint, Anouar Ben Gaddour. Selon, en effet, l’article 132 du règlement intérieur, la réunion de l’instance administrative vise à rapprocher les points de vue entre les deux groupes dits de dix et de cinq. Les membres de l’instance administrative tenteront aussi d’instaurer un climat de réconciliation, de mettre un terme aux conflits internes et de faire prévaloir le respect des règles régissant l’organisation syndicate portant sur les questions relatives aux dossiers qui divisent les deux parties, ainsi qu’à consolider les relations entre les différentes structures et à mettre fin aux violations et aux dérives enregistrées ces derniers mois.

Conjointement, le secrétaire général adjoint de l’Union générale tunisienne du travail, Salah Eddine Salmi, a affirmé que la démission du secrétaire général de l’organisation, Noureddine Taboubi, deviendra effective le 17 janvier, conformément à l’article 219 du règlement intérieur.

Pour rappel, Noureddine Taboubi ne s’est pas présenté à la première convocation, fixée au 3 janvier, et qu’il a également manqué la deuxième convocation. En attendant, c’est le flou total qui entoure le sort de cette démission puisque cette démission ne pourrait ne pas être entérinée que dans une seule hypothèse : un retrait de la démission par Noureddine Taboubi qui est le seul concerné par cette procédure.

Tous ces rebondissements interviennent alors que la Centrale syndicale se prépare à une échéance d’une extrême importance, à savoir la grève générale prévue pour le 21 janvier. Quel est, justement, le sort de cette grève et que disent les analystes de l’avenir de l’Union générale tunisienne du travail ?

Flou total...

Interrogé à ce sujet, l’avocat Me Houssem Eddine Ben Aliya estime que «  Faute de préavis envoyés dans les délais légaux, la grève générale du 21 janvier est devenue caduque sans même être officiellement annulée ». Et d’ajouter : « L’instance administrative nationale qui devrait se réunir aujourd’hui est appelée à trancher et décider du sort de cette grève même si, légalement parlant, les délais de préavis ont expiré».

De son côté, l’activiste Rached Ben Hcine nous a confié : « Je joints ma voix à celle de l’ancien dirigeant syndicaliste, Kacem Ifiya, qui a appelé dans une déclaration à la presse nationale à une sortie de crise via un sursaut interne et une commission conjointe regroupant la direction et l’opposition.

L’objectif étant d’auditer les congrès défaillants, d’assainir les structures et de gérer la transition, sans candidature future pour ses membres. Dans ce contexte, il exhorte les dirigeants de la centrale syndicale à l’autocritique tout en insistant que la solution est syndicale et non politique ».

Pour le dirigeant au sein de l’opposition syndicats, Habib Jerjir: « La priorité aujourd’hui est de sauver l’organisation syndicale du chaos et du désordre qui règnent en maitres depuis 2022, date du congrès de Sfax. Un congrès qui nous a conduits là où nous sommes aujourd’hui avec des démissions et une centrale syndicale affaiblie.

C’est pourquoi, il y a urgence en la matière pour sauver l’organisation qui est menacée dans sa propre existence en désignant un comité national qui aura pour mission d’assurer la période transitoire en attendant la tenue du prochain congrès ».

Jerjir a, en outre, appelé à un retour aux valeurs démocratiques au sein des instances dirigeantes afin de permettre à tous les syndicalistes d’exprimer leurs points de vue et leurs positions en toute transparence ».

M.B.S.M.

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