Par Chokri Baccouche
Les appels à la destitution du président américain Donald Trump se multiplient ces derniers temps aux Etats-Unis. La dernière personnalité en date à demander l’activation du 25ème amendement de la Constitution n’est autre que l’ancien directeur de la CIA John Brennan qui joint sa voix à celles de nombreux démocrates. Interrogé, lundi dernier, sur la chaîne d’information américaine MS Now, l’ex-responsable du renseignement s’est montré particulièrement sévère à l’égard du locataire de la Maison-Blanche.
«Je pense que le 25e amendement a été rédigé en pensant à Donald Trump», a-t-il affirmé, estimant que le président républicain est «clairement déséquilibré» et fait preuve d’une «incompétence flagrante». John Brennan a également dénoncé le «narcissisme» et la «mégalomanie» de Donald Trump, accusant son administration de multiplier les «mensonges».
Au cœur des inquiétudes de l’ancien patron de la Central Intelligence Agency : le rôle de commandant en chef, qui confère au président américain le pouvoir ultime, notamment en matière nucléaire. Pour faire plus simple, John Brennan se fait du sang d’encre et estime en son âme et conscience que Trump constitue «un trop grand risque pour qu’on le laisse continuer à être commandant en chef » dés lors qu’il est la seule autorité habilitée à appuyer sur le bouton rouge capable de déclencher l’enfer atomique.
Citoyens et citoyennes du monde, voilà ce qu’on appelle une « bonne nouvelle » : à la tête de la première puissance mondiale qui dispose d’un arsenal nucléaire capable de pulvériser toute la planète, il y a un gars qui a cassé au moins un câble, parait-il, si ce n’est tous les câbles réunis ou presque. Les seules attaches encore viables, sont à peine suffisantes pour permettre à leur proprio de comprendre correctement la signification d’une vache sur un panneau de signalisation routière en rase campagne.
Oui, oui on est tous mal barré et même qu’on a intérêt à se tenir à carreaux et éviter d’énerver le Monsieur pour une raison ou une autre…
Quand l’ancien big boss de la CIA rompt de cette manière les réserves d’usage et parle ainsi de la plus haute autorité du pays, cela ne peut conférer à l’affaire un jugement politique d’une gravité institutionnelle exceptionnelle. Il faut dire que John Brennan n’est pas le seul à évoquer ouvertement cette question extrêmement sensible qui accapare depuis quelques temps l’attention de l’opinion publique au pays de l’oncle Sam.
Le comportement erratique du locataire de la Maison-Blanche, qui a menacé récemment de rayer l’Iran de la carte et s’en est pris à pas mal de monde y compris au pape Léon XIV, relance le débat sur sa santé mentale. Même certains de ses anciens alliés et conseillers se demandent s’il n’est pas de plus en plus instable et le qualifient de “manifestement dérangé”, souligne “The New York Times”.
Auteur de déclarations à l’emporte-pièce de plus en plus échevelées et confinant souvent à la grossièreté, couronnée par des menaces contre tous ceux qui s’opposent à sa vision ubuesque, le président américain renvoie en effet l’image d’un autocrate fou, ivre de son pouvoir.
Le débat sur la santé mentale de l’actuel locataire de la Maison Blanche n’est pas nouveau outre Atlantique comme le confirme le livre sorti en 2017 et édité par Bandy X. Lee une psychiatre américaine renommée.
Dans cet ouvrage d’une haute teneur scientifique, pas moins de 27 psychiatres et psychologues sont arrivés à la conclusion, dans leurs essais, que « la santé mentale du président affecte celle des Américains, et qu'il expose le pays au risque grave de l'emmener dans une guerre, et de saper la démocratie en raison de la dangerosité pathologique de sa personnalité ». Ils soutiennent, par conséquent, que la présidence de Trump représente une urgence qui impose aux psychiatres américains d'alerter la population.
A la lecture de toutes ces données, on peut dire que tout se suit et s’explique désormais. Plus exactement, on comprend mieux le pourquoi du comment et les causes profondes des extravagances et autres faits ou plutôt méfaits dont le président Trump s’est rendu coupable depuis son retour fracassant à la Maison Blanche.
Un come back qui sent le soufre et dont on mesure aujourd’hui les effets pervers à travers le sacré fatras qui règne actuellement dans le monde mais qui n’est pas près malheureusement de connaitre de sitôt son épilogue.
Pour des considérations objectives, il est fort à parier qu’ils sont très nombreux les citoyens du monde à joindre leurs voix à celles des démocrates américains pour réclamer l’activation du 25ème amendement de la Constitution U.S. Le plus tôt serait d’ailleurs le mieux dans l’intérêt de tous les peuples de la planète…
C.B.

