contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Mouton de l'Aïd El Kebir : A 2000 dt, c'est le Tunisien qui est sacrifié par les spéculateurs...!




Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

A l'approche de l'Aid El Kebir, les prix des moutons s'enflamment notamment sur les réseaux sociaux où les spéculateurs tentent d'imposer leur diktat. Que compte faire le gouvernement pour réguler le marché ?



Entre ce que dit les communiqués officiels et la réalité du marché, la différence concernant le prix des moutons de l'Aid El Kebir est énorme. En effet, les prix des moutons pour l'Aïd 2025/2026 en Tunisie affichent une forte hausse, se situant généralement entre 1 000 et 1 800 dinars, avec des modèles dépassant les 2 000 dinars. Le prix au kilogramme vif est fixé à 21,900 DT dans les points de vente réglementés, bien que le marché libre atteigne des niveaux supérieurs.

Sur les réseaux sociaux, les spéculateurs tentent d'imposer leur diktat et fixer leurs propres prix. Certaines sources évoquent des prix avoisinant les 3000 dt. Comment expliquer ces hausses des prix et que faire pour lutter contre la spéculation dans le secteur de la viande?

Selon les deux ministère du Commerce et de l'agriculture, tout un programme à été mis en place afin de faire face à la forte demande liée à l'Aid El Kebir.

En plus de l'importation de 20 mille têtes, la Société Allouhoum a été chargée de réguler le marché. De son côté, l'Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche a appelé les éleveurs à obtenir la carte professionnelle d’agriculteur afin de la présenter lors des contrôles routiers et dans les points de vente des moutons de l’Aïd, dans le but de fermer la voie aux intermédiaires et aux spéculateurs, et d’organiser la vente des sacrifices de l’Aïd.

C’est ce qu’a confirmé, Anouar Harthi, membre du bureau exécutif de l’Union, chargé du commerce intérieur, du marketing et des circuits de distribution. Harthi a également invité les citoyens à se diriger vers les points de vente organisés pour acheter leurs moutons, précisant qu’un accord de principe a été conclu lors d’une réunion de travail tenue ce matin entre le ministère de l’Intérieur, le ministère du Commerce et l’Union des agriculteurs, fixant le prix du kilogramme vif des moutons de l’Aïd à 21,900 dinars.

Il a ajouté que les agriculteurs peuvent se rendre à l’union locale ou régionale la plus proche afin d’obtenir la carte d’agriculteur, après présentation des documents requis.

Que faire pour résoudre cette question une fois pour toute?

Repenser notre modèle d'élevage...

Interrogé à cet effet, l'activiste, Salem Chérif, nous a indiqué :" Le débat autour de la hausse des prix de la viande en Tunisie se poursuit, entre un citoyen qui se plaint des prix élevés et un éleveur qui se plaint du coût de l’alimentation animale. Les deux parties détiennent une part de vérité, mais la cause profonde est liée à l’ensemble de la chaîne de production.

Le principal problème réside dans la race ovine tunisienne, qui ne grandit pas rapidement et nécessite plus de temps pour atteindre le poids souhaité, en plus d’un faible rendement reproductif comparé à d’autres races. Il est proposé d’introduire la race Dorper sud-africaine, connue pour sa croissance rapide, sa résistance à la chaleur et à la sécheresse, et sa capacité à atteindre des poids élevés en peu de temps par rapport aux races locales.

Cette race se distingue par une croissance rapide (elle peut atteindre environ 40 kg en près de 3 mois), ainsi qu’une fertilité plus élevée et la possibilité de se reproduire plus d’une fois par an, ce qui augmente considérablement le rythme de production. La proposition inclut un programme d’importation et de distribution de 20 000 agneaux et brebis aux éleveurs, avec un soutien initial de l’État, dans le but de créer de petits projets ruraux, améliorer la production et réduire progressivement les prix.

Selon cette vision, il serait possible en quelques années de rééquilibrer le marché et de réduire significativement le prix de la viande, en réformant le système de production plutôt qu’en se contentant de solutions superficielles.". Et d'ajouter :" Cette approche n'empêche pas le gouvernement d'agir en faveur d'une stratégie plus fiable pour lutter convenablement contre la spéculation. Cela demande plus de contrôle au niveau des circuits de distribution et des marchés ".

Au-delà de l’indignation et des promesses, la question reste entière : réguler ponctuellement ne suffira pas sans une réforme profonde et durable de toute la filière. Entre spéculation, coûts de production élevés et limites du modèle d’élevage actuel, seule une stratégie cohérente et à long terme pourra réellement soulager le consommateur… et redonner espoir aux éleveurs.



M.B.S.M.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869