contactez-nous au 71 331 000
Abonnement

Editorial : A bon entendeur, salut ! - Par Hassan GHEDIRI

Les patrons d’entreprises ne sont pas du tout satisfaits par la manière avec laquelle est géré le domaine des énergies renouvelables dans notre pays. Leur mécontentement, ils l’ont fait entendre très clairement devant la commission parlementaire chargée de l’industrie et de l’énergie lors d’une séance d’audition organisée récemment.

Des représentants des deux organisations patronales UTICA et CONECT ont fait part des difficultés que rencontrent les entrepreneurs souhaitant investir dans la production des énergies renouvelables.

La commission parlementaire qui a voulu prendre l’avis des spécialistes à propos des projets de lois relatifs à de cinq nouvelles autorisations d’investissement dans les énergies renouvelables, a pu prendre connaissance des principaux freins auxquels se heurtent les investisseurs tunisiens et étrangers et qui continuent à entraver la transition énergétique en Tunisie.

Les barrières au développement des alternatives aux énergies fossiles sont d’ordre juridiques et administratives ainsi que plusieurs autres complexités techniques concernant l’exploitation des infrastructures de la STEG, le raccordement aux réseaux et le stockage des énergies.

Tandis que le monde retient son souffle en priant pour que le conflit au Moyen-Orient ne se transforme pas en une guerre généralisée, l’énergie est plus que jamais placée au cœur des préoccupations de tous les pays. Depuis le début des hostilités, il y a exactement six semaines, tous les spécialistes ont mis en garde contre un embrasement durable de toute la région qui fournit environ 30% des besoins mondiaux de pétrole et du gaz.

Voyant le scénario catastrophique prendre forme après l’échec des négociations pour un cessez-le-feu et la détermination des Etats-Unis à semer le chaos dans la région, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a établi des prévisions très alarmistes pour les mois à venir.

Dans une note publiée avant-hier mardi, l’agence a dit craindre voir une part croissante de la population mondiale faire face à des pénuries d’énergies de plus en plus sévères à partir du deuxième trimestre de 2026.

Contraints de puiser dans leurs réserves stratégiques de pétroles, les pays importateurs vont tenter de trouver des barils dans une offre de plus en plus limitée. Des tensions qui font déjà envoler le prix de la livraison de barils de pétrole brut, atteignant avant-hier, d’après l’AIE, 150 dollars.

Cette guerre au Moyen-Orient qui enflamme les marchés de pétrole et du gaz dans le monde entier, serait en passe de pousser beaucoup de pays à se passer d’énergies fossiles. Elles se présente comme une occasion de rattrapage pour les pays dépendant énergétiquement et qui tardent à valoriser leur potentiel d’énergie renouvelables.

L’Etat tunisien qui observe, presque impuissant le déficit commercial historique du pays qui poursuit son creusement à cause de sa grande vulnérabilité énergétique, n’a aujourd’hui aucun prétexte pour ne pas enlever toutes les barrières réglementaires, administratives et techniques qui empêchent le développement des énergies renouvelables.

Il est complètement aberrant, en effet, de voir par exemple un pays comme l’Allemagne, avec un taux d’ensoleillement trois fois moins que celui de la Tunisie (1200 heures par an contre plus 3400 h/an) produire 60% de son électricité à partir des énergies propres, alors que ce taux ne dépasse pas 6% en Tunisie.

L’Allemagne ainsi que plusieurs autres pays ont su d’emblée que le soleil ne suffit pas pour réussir leur transition énergétique.  Ils ont compris qu’il faut qu’il y a d’abord et avant tout une volonté politique forte. A bon entendeur salut !

H.G.

Partage
  • 25 Avenue Jean Jaurès 1000 Tunis R.P - TUNIS
  • 71 331 000
  • 71 340 600 / 71 252 869