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Le FMI craint une crise énergétique d’une ampleur inédite dans le monde : La Tunisie s’expose à des scénarios cauchemardesques…

Par Hassan GHEDIRI


Pour s’adapter à un contexte économique et géopolitique instable et incertain, la Tunisie devrait déployer des mesures permettant anticiper tous les scénarios…

Dans son nouveau rapport sur les perspectives de l’économie mondiale publié mardi 14 avril, le Fond monétaire international (FMI) a considéré que les pays importateurs de produits de base particulièrement vulnérables et présentant déjà des fragilités économiques et financières, risquent de subir des dégâts très importants à cause de la guerre au Moyen-Orient.

Dans l’avant-propos de son rapport, le FMI dresse un tableau pas tout à fait reluisant de la situation. « Les perspectives de l’économie mondiale se sont brusquement assombries à la suite du déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, le 28 février 2026.

La fermeture du détroit d’Ormuz et les graves dommages causés aux installations de production essentielles dans la région qui tient une place centrale dans l’approvisionnement mondial en hydrocarbures pourraient provoquer une crise énergétique d’une ampleur inédite » a averti l’institution de Bretton Wooods qui s’est vue contrainte de revoir à la baisse les perspectives de croissance mondiale établies en janvier.

Dans un scénario défavorable caractérisé par des hausses plus fortes et plus durables des prix de l’énergie, la croissance mondiale ralentirait davantage pour atteindre 2,5 % en 2026 et l’inflation accélérerait à 5,4 %, met-on en garde dans le nouveau rapport. Et d’enchainer avec un scénario encore plus grave, où les infrastructures énergétiques touchée par le conflit au Moyen-Orient   subiraient davantage de dégâts, les répercussions seraient encore plus considérables.

Alors qu’il avait tablé en janvier, c’est-à-dire avant le déclenchement de la guerre sur un taux de 3,3%, le FMI croit que si ce deuxième scénario se concrétise, la croissance mondiale serait ramenée à seulement 2 % en 2026, tandis que l’inflation globale se placerait au-dessus des 6 % d’ici 2027.

Priorités absolues

Aujourd’hui que les tentatives de trouver un accord sur un cessez-le-feu permanent ont échoué laissant place à l’escalade avec la décision des Etats-Unis d’imposer un blocus du détroit d’Ormuz et de bloquer le trafic ciblant les navires liés à l'Iran pour assécher ses exportations pétrolières, les inquiétudes du FMI sont devenues réelles. Les tensions pourraient encore s’exaspérer et déclencher la plus grave crise énergétique de l’ère moderne, estime-t-on dans le même sens.

Les économies particulièrement vulnérables, à l’image de la Tunisie, un creusement du déficit budgétaire et une augmentation de la dette publique, sont à appréhender, d’autant plus que les réserves budgétaires sont déjà réduites. De tels facteurs pourraient exercer une pression sur les taux d’intérêt à long terme et, par ricochet, sur les conditions financières générales, note par ailleurs le FMI.

Pour s’adapter à un contexte économique et géopolitique en profonde mutation, il est donc nécessaire de déployer des mesures permettant de faire face à différents scénarios à l’échelle mondiale, estime-t-on.

La priorité absolue, pour les pays qui risquent d’être gravement touchés par les répercussions d’un confit prolongé, est de préserver la stabilité des prix et la stabilité financière, de garantir la viabilité des finances publiques et de mettre en œuvre rapidement des réformes structurelles, met en garde le FMI dans son rapport.

Et d’insister sur la vigilance des banques centrales qui devraient se tenir prêtes à agir de manière claire et résolue, en veillant à ce que des chocs prolongés sur l’offre ne déstabilisent pas les politiques de lutte contre l’inflation.

H.G.

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