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Administration publique : Cette bureaucratie mère de tous les obstacles...

 Par Myriam BEN SALEM-MISSAOUI

L’incapacité de nos municipalités à agir efficacement témoigne d’une bureaucratie excessive qui gangrène toute l’administration tunisienne. Que faire pour mettre fin à cette lourdeur procédurale dont le citoyen est la principale victime ?

A croire certains agents, même pour acheter de la fourniture bureautique, il faut passer par plusieurs commissions, « c’est ce qui explique l’absence parfois de papiers pour imprimerdes extraits de naissance ou tout autre document administratif», nous dira un agent exerçant dans les services de l’état civil relevant d’une municipalité de la place. A qui incombe, par ailleurs, la responsabilité ?

Pour le Tunisien lambda, la réponse est simple, à savoir notre administration souffre d’une bureaucratie excessive qui freine son action. Pour les experts, en revanche, il est temps de revoir tout le système et mettre de la souplesse dans les procédures.

En chiffres, la bureaucratie est considérée comme un obstacle par plus de 80% des chefs d'entreprise, elle entrave l'efficacité administrative et le quotidien des citoyens. Cet état de fait a poussé le député à l’Assemblée des Représentants du Peuple, Badreddine Gammoudi, à appeler au démantèlement de ce qu’il appelle le «parti de l’administration» (une expression utilisée pour décrire un réseau constitué de hauts cadres et de responsables au sein de l’administration tunisienne).

Le député affirme, en effet, que « le parti de l’administration est à l’origine de la corruption en Tunisie et de la lenteur de son développement ». Idem pour le professeur universitaire en sciences économiques, Ridha Chkoundali, qui à chaque fois qu’il est interrogé sur l’administration tunisienne, il n’hésite pas à exprimer son mécontentement et sa colère face à la bureaucratie et aux lenteurs administratives qui entravent le quotidien des citoyens. Que faire pour mettre fin à cette lourdeur procédurale dont le citoyen est la principale victime ?

Réformes tous azimuts …

Pour le spécialiste en sciences économiques, Ridha Chkoundali : « Ce qu’il faut faire, c’est une révolution législative, une réforme administrative profonde qui réduise le nombre de documents, de certificats et de procédures, et qui fasse de la numérisation le seul moyen pour le Tunisien pour traiter avec l’administration, au lieu des visages sinistres et lugubres que nous voyons dans la plupart des bureaux de l’administration tunisienne ».

Nous avons interrogé, également, l’activiste et juriste Salem Chérif, lequel nous a déclaré : « Je pense qu’il est urgent d’appliquer à la lettre les prérogatives de la stratégie « Smart Gov 2020 ». Cette stratégie vise, en effet, à évoluer vers une administration efficace, inclusive et ouverte au service du citoyen et de l’entreprise.

Selon le gouvernement, la réforme de l'administration va s'accélèrer en 2026, alignée sur le plan de développement 2026-2030, en se concentrant sur la digitalisation, la formation aux nouvelles technologies et la modernisation de la fonction publique. Cela doit passer par la simplification des procédures, l'interopérabilité des données et la création d'une administration ouverte et dématérialisée ».

Et d’ajouter : « Le temps est venu aussi pour repenser la relation administration-citoyen qui doit être basée sur la confiance en supprimant tout simplement la procédure dite de la légalisation de signature synonyme d’une perte de temps énorme aussi bien pour les usagers que pour l’administration.

Bien évidemment, le numérique demeure la solution idéale et efficace pour mettre fin à toutes les pratiques bureaucratiques en mettant l’accent sur le développement des infrastructures numériques, l'extension de la couverture internet dans les zones rurales, et la mise en place de nouveaux services en ligne dans différents secteurs tels que la santé, l’éducation et la justice ainsi que le remplacement des autorisations et des patentes par des cahiers des charges adaptés à chaque secteur ».

M.B.S.M.

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