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Journées de Carthage des Arts de la Marionnette : La création tunisienne distinguée lors d’une édition record

Par Imen Abderrahmani

 

Deux œuvres tunisiennes ont été distinguées lors de la clôture de la 7ème édition des Journées de Carthage des Arts de la Marionnette, un rendez-vous qui a confirmé l’élan international et le renouveau de cet art en Tunisie.

 

Le rideau est tombé, dimanche soir, dans une ambiance festive, sur la 7ème édition des Journées de Carthage des Arts de la Marionnette (JAMC), avec un palmarès spécial marqué par la distinction, pour la première fois, de deux œuvres.  

Créé cette année et parrainé par le Théâtre de l’Opéra de Tunis, le prix de la meilleure œuvre de marionnettes tunisienne a été attribué, ex æquo, à « Les Fourmis et la Paix » de Hassen Sallemi et à « Tidinit » de Hafedh Khalifa, saluant la richesse et la diversité de la création nationale.

Organisée à la Cité de la Culture, la cérémonie de clôture s’est déroulée en présence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, de diplomates, d’artistes et d’un public venu nombreux célébrer un art ancestral toujours en dialogue avec son temps. Joyeuse, riche en couleurs et en émotions, la cérémonie a été une sorte de consécration d’une semaine dense, rythmée par les spectacles, les rencontres et les échanges.

Prenant la parole, le directeur de la 7ème édition des JAMC et directeur général du Centre national de l’Art de la Marionnette, Imed Mediouni, a souligné que « le festival a fait de la Tunisie un véritable carrefour de cultures. Des troupes venues de plusieurs pays ont proposé des œuvres qui ont enrichi la mémoire esthétique du public, rappelant que la marionnette est un langage universel capable d’interroger les réalités humaines et sociales ».

Nouveaux horizons…

Organisée du 1ᵉʳ au 8 février 2026, cette édition a battu tous les records, tant par son affluence que par son ampleur artistique. Le bilan est significatif : 45 spectacles, 120 marionnettistes représentant 16 pays, et une programmation déployée dans cinq gouvernorats de l’intérieur, confirmant la volonté de décentralisation culturelle portée par les JAMC.

Cette édition a également été marquée par la célébration du cinquantième anniversaire du Centre national de l’Art de la Marionnette, une date symbolique qui a donné lieu à un hommage appuyé aux pionniers de cette discipline en Tunisie. Cinquante ans de création, de transmission et d’expérimentation, inscrits sous le signe du renouveau et de l’ouverture sur l’avenir.

Parmi les nouveautés, le concours national de lecture « Le Bon Lecteur », organisé en partenariat avec la maison d’édition Dar Matar, a rencontré un large succès. Plus de mille élèves du primaire y ont participé, en présentant des résumés de contes en arabe, en français et en anglais. Les lauréats se verront offrir une expérience symbolique et ludique : un voyage de découverte à bord d’un « avion de tourisme ».

Les marionnettes, ce miroir du monde contemporain

Au-delà de la scène, les JAMC 2026 ont également été un espace de réflexion et de formation, à travers des ateliers destinés aux étudiants et aux amateurs, ainsi que des séminaires scientifiques consacrés à l’identité et à l’expérimentation dans l’art de la marionnette.

Au fil des éditions, la marionnette s’affirme bien au-delà du simple divertissement. Elle devient un outil d’apprentissage, de sensibilisation et parfois même de guérison, capable d’accompagner l’enfant dans la découverte du monde, l’expression des émotions et la construction de l’imaginaire. À travers ses formes, ses voix et ses récits, elle aborde des thèmes essentiels et relance le débat sur des sujets d’actualité tels que l’environnement, la place du livre, la solidarité et l’amitié, avec une force pédagogique singulière, accessible et profondément humaine. Les Journées de Carthage des Arts de la Marionnette ont pleinement assumé cette dimension, en plaçant l’enfant au cœur de leur projet culturel. Elles s’adressent également aux adultes, pour qui la marionnette permet de dire et d’exprimer ce que le verbe seul peine parfois à formuler, faisant de la scène un lieu de questionnement critique et de résistance sensible.

En investissant non seulement les scènes de Tunis mais aussi celles des régions de l’intérieur, le festival a semé, là où il s’est installé, des graines de curiosité et d’éveil. Dans le regard des enfants, émerveillés et attentifs, se lisait la promesse d’un futur où l’art ne se contente pas de distraire, mais participe à former des esprits libres, sensibles et ouverts au monde. À Tunis comme à l’intérieur du pays, la marionnette a rappelé qu’elle demeure l’un des plus beaux langages pour parler à l’enfance… et, à travers elle, à l’humanité tout entière.

 

Imen.A.

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