Par Hassan GHEDIRI
L'inflation progresse rapidement dans le monde, les cours du pétrole ont presque doublé depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, la BCT se patiente mais elle est prête à réagir…
Dans le monde, l’inflation progresse rapidement. En Tunisie, il faut attendre les enquêtes de l’INS sur l’évolution de l’indice des prix à la consommation des ménages courant mars pour voir si l’inflation a bel et bien repris une trajectoire ascendante comme l’avaient auguré les résultats de février. Tout laisse toutefois croire qu’après avoir reflué depuis mi 2025, l’inflation s’apprête de revenir sur une pente croissante et ce malgré les anticipations de la Banque centrale de Tunisie (BCT).
Toutes les banques centrales seraient en effet très bientôt amenées à durcir graduellement leurs politiques monétaires au fur et à mesure de l’intensification des tensions sur les cours du pétrole. Depuis le début du conflit au Moyen-Orient, le prix du baril a presque doublé, ce qui a, par exemple, poussé la Banque centrale européenne à annoncer, il y a une semaine, qu’elle relèverait ses taux si le choc énergétique venait à s’enraciner, impactant par ricochet les prix des biens et services.
La haute autorité monétaire de la zone euro qui venait de développer ses modèles de surveillance et d’anticipation de l’inflation évalue actuellement si la flambée des prix de l’énergie nécessiterait de prochains relèvements des taux.
Du côté de la BCT, la vigilance est aussi de mise. Constatant l’accentuation des pressions inflationnistes externes sur les équilibres économiques et financiers en Tunisie, son conseil d’administration a laissé entendre dans le communiqué publié à l’issue de sa réunion tenue avant-hier lundi se tenir prêt (à agir) « pour ajuster les instruments à sa disposition afin de préserver le processus désinflationniste et de maintenir l’inflation à des niveaux soutenables ».
Le Conseil, qui a estimé dans le même contexte que les pressions inflationnistes externes risquent de se transmettre dans la chaine de formation des prix, semblait presque hésiter à maintenir inchangé le taux d’intérêt directeur de la BCT à 7%. L’institut d’émission devait cependant souligner que l’évolution des tensions géopolitiques au Moyen-Orient constitue des facteurs de risque majeurs pour les perspectives de l’inflation en Tunisie. Ce qui se répercutera immanquablement sur l’orientation future de sa politique monétaire.
Sur le qui-vive, la BCT a donc décidé de maintenir son taux inchangé depuis la révision à la baisse opérée début janvier. Un taux qui n’arrive pourtant pas à apaiser le mécontentement de la majorité des acteurs économiques qui risquent de voir sous peu la BCT resserrer de nouveau son étau monétaire sur fond d’une flambée durable des prix de l’énergie dans le monde.
A l’image de toutes les banques centrales, la BCT observe l’évolution de la situation, attend pour voir si le renchérissement des prix dans le monde nécessiterait la réactivation du mécanisme de relèvement des taux d’intérêt.
H.G.

