Par Imen.A.
Le palais Ksar-Saïd accueillera les 8 et 9 mai prochain un colloque scientifique international consacré au rôle des régions dans la préservation et la valorisation du patrimoine culturel immatériel, entre dynamiques locales, enjeux nationaux et perspectives durables.
Les rendez-vous dédiés au patrimoine se multiplient en en 2026. Outre les projets qui seront inaugurés ou encore qui feront l’objet d’une réhabilitation ou d’une restauration, une série de colloques et de rencontres est annoncée avec comme objectif apporter des éclairages sur des questions d’actualité.
D’ailleurs, dans cet ordre d’idées, le Centre des arts, de la culture et des lettres (Cacl), palais Ksar-Saïd, a annoncé l’organisation d’un colloque scientifique international intitulé « Les régions et le patrimoine culturel immatériel : dynamiques, enjeux et perspectives » et ce les 8 et 9 mai 2026. Ce colloque se tiendra dans le cadre d’un partenariat avec le Laboratoire du monde arabe et islamique médiéval de l’Université de Tunis et la Chaire Ibn Khaldoun pour la culture et le patrimoine (ICESCO).
Cet événement réunira chercheurs, universitaires, institutions culturelles, acteurs associatifs et porteurs de traditions autour d’une réflexion approfondie sur la place des territoires dans la vie du patrimoine immatériel. Le colloque sera également une occasion pour mettre en lumière la richesse du patrimoine immatériel national et pour revenir sur l’état d’avancement de l’inventaire national et sur également les inscriptions sur la liste du patrimoine immatériel e l’UNESCO.
Au cœur des échanges, « la région est envisagée comme un espace fondamental de production, de transmission et de renouvellement des pratiques culturelles. C’est à cette échelle que s’enracinent dialectes, traditions orales, expressions musicales, rituels, fêtes, pratiques artisanales et savoirs liés à la nature. Autant de formes vivantes, façonnées par des histoires locales, des rapports singuliers à l’espace et des trajectoires sociales différenciées, qui confèrent au patrimoine immatériel sa diversité et sa vitalité ». Cette approche fonde l’argumentaire du colloque, dont l’introduction met également l’accent sur la définition du patrimoine culturel immatériel telle qu’elle a été consacrée par la Convention de l’Unesco de 2003.
Le patrimoine et l’identité culturelle
Loin de s’inscrire en opposition avec l’échelle nationale, cette diversité régionale en constitue l’une des richesses majeures. Le patrimoine immatériel des régions participe pleinement à la construction du patrimoine culturel national, qu’il nourrit par sa pluralité, sa créativité et sa capacité d’adaptation. Sa reconnaissance apparaît aujourd’hui comme une condition essentielle pour une approche plus équilibrée, plus inclusive et plus fidèle à la complexité de l’identité culturelle nationale.
Dans cette perspective, le colloque ambitionne de dépasser une vision centralisée du patrimoine, souvent réductrice, pour faire émerger une lecture polyphonique du fait culturel. En donnant à voir la diversité des expériences, des initiatives et des savoir-faire portés par les régions, il met l’accent sur les dynamiques locales et les logiques territoriales, tout en interrogeant les mécanismes de sauvegarde, de transmission et de valorisation du patrimoine immatériel à l’échelle nationale.
Une attention particulière sera portée au rôle des collectivités territoriales, des institutions culturelles, du tissu associatif, des chercheurs et des détenteurs de traditions dans la construction de démarches concertées. Les débats s’attacheront à explorer les interactions entre politiques publiques, initiatives locales et savoirs scientifiques, ainsi que les conditions d’un accompagnement respectueux des communautés dans la préservation vivante de leurs pratiques culturelles.
Conçu comme un espace de dialogue interdisciplinaire et d’échange d’expériences régionales, ce rendez-vous scientifique vise également à favoriser la mise en réseau des acteurs du patrimoine. À travers cette dynamique collective, le colloque entend contribuer à une réflexion renouvelée sur le patrimoine culturel immatériel en tant que levier de cohésion nationale, d’ancrage territorial et de développement culturel durable.
Il est à noter que ce colloque sera dédié à la mémoire du chercheur et historien Abderrahmane Ayoub s’est éteint le 12 août 2021.
Le défunt était chercheur à l’Institut national du patrimoine. Il était un chercheur éminent ainsi qu’un expert international spécialisé dans le patrimoine culturel immatériel.
Il a enseigné à l’université tunisienne et occupé d’importantes fonctions au sein du ministère des Affaires culturelles.
Imen.A.

