Par Imen Abderrahmani
À l’occasion des 80 ans qu’aurait célébrés Abdelwahab Meddeb cette année, deux rencontres littéraires autour de son livre posthume et inédit « Vers l’Orient » sont annoncées. Détails !
Né à Tunis le 17 janvier 1946 et disparu à Paris le 6 novembre 2014, Abdelwahab Meddeb demeure une figure majeure de la pensée contemporaine. Poète, essayiste, romancier, traducteur, enseignant et producteur d’émissions radiophoniques, commissaire d’exposition, historien de l’art, il cumulait les casquettes, explorant avec passion et patience les cultures, les langues et les savoirs. Son œuvre tisse un dialogue subtil entre philosophie, poésie, mystique soufie et création artistique, témoignant d’une grande ouverture d’esprit et d’une profonde culture.
Alors, pour célébrer ce 80ᵉ anniversaire symbolique, deux lectures publiques de « Vers l’Orient », publié après la mort de Meddeb, sont programmées à Tunis. La première se tiendra aujourd’hui, le 10 janvier à 17h à la librairie Fahrenheit 451, à Carthage Dermech. L’universitaire DorsafNahdi y présentera l’ouvrage, tandis que Slim Dhib et Sabrina Ghannoudi liront des extraits de ce texte dense et profondément sensoriel, en présence d’Amina Meddeb, l’épouse de l’écrivain, à l’origine de ce projet éditorial.
La seconde rencontre aura lieu le mardi 13 janvier, à 17h00, à la librairie Al Kitab de Mutuelleville, avec la participation de la dramaturge et l’actrice Jalila Baccar, pour une autre traversée sensible de cette œuvre singulière.
Dialogue entre l’Orient et l’Occident
Publié en avril dernier, « Vers l’Orient »est un livre inédit, né d’un patient et émouvant travail de restitution mené par Amina Meddeb, son épouse, et Hind Meddeb, sa fille. « À la mort d’Abdelwahab Meddeb, nous avons retrouvé soixante-dix-neuf carnets de notes et de voyages. Nous avons pris le parti de redessiner sa traversée en partant de Tanger jusqu’à Kyoto, de l’Occident musulman jusqu’à l’Extrême-Orient, en passant par l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, Sarajevo, Alexandrie, Jérusalem sans oublier Le Caire, l’une de ses villes préférées. Abdelwahab écrivait partout et ne partait jamais sans un cahier, confondant volontiers balade et écriture. Les manuscrits, d’une graphie minutieuse et appliquée, allant de l’arabe au français, parsemés de croquis architecturaux, de dessins de paysage et de fleurs séchées dénotent son émerveillement face aux lieux visités.
Avec lui, l’histoire et l’érudition sont vivantes. Le mouvement du corps accompagne celui de l’esprit, dans une marche contemplative qui emporte le lecteur », expliquent-elles.
Fidèle à l’esprit de son auteur, explorateur infatigable des cultures, « Vers l’Orient » avec ces détails exposés et histoires racontées des lieux visités, se veut une réflexion profonde sur la relation entre l’Occident et l’Orient.
Récit de voyage, méditation philosophique et poétique, ce livre de 512 pages, paru en mai dernier aux Editions Stock-France, est un livre-testament, lumineux et profond, qui prolonge la voix d’un passeur de cultures, et rappelle combien son regard demeure essentiel pour penser le monde d’aujourd’hui, un monde déchiré par les guerres et les conflits.
Il est à rappeler que l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris a organisé en juin dernier un hommage à la mémoire de l’écrivain, romancier, poète et homme de radio Abdelwahab Meddeb et ce à l’occasion de la parution de cet ouvrage. Des rencontres-débats sur l’héritage culturel de Meddeb et des projections des films auxquels il a pris part ont bel et bien rythmé cette douce pensée à cet homme qui a voué sa vie et son œuvre au dialogue des cultures.
Imen.A.

