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Alors que le divorce est consommé entre la CNAM et les pharmaciens : Que compte faire l'Etat pour sauver les caisses sociales?



Le divorce est désormais consommé entre les pharmaciens et la CNAM et avec plus de 3 millions d'affiliés qui risquent de ne plus pouvoir s'approvisionner en médicaments. Que compte faire l'État pour résoudre cette crise?

Les Tunisiens devraient dire bientôt adieu au régime du tiers payant qui leur permettait jusqu'ici de s'approvisionner en médicaments auprès des officines grâce à leur affiliation aux différentes caisses sociales et principalement la Caisse nationale d'assurance maladie (CNAM). 
En effet,  le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie (CNOPT) a mis en garde jeudi dernier les propriétaires de pharmacies privées contre la poursuite de l’activité avec le régime « tiers payant » en l’absence d’un cadre juridique régissant la relation avec la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) suite à l’expiration, le 31 décembre 2025, de la convention sectorielle liant la CNAM au Syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT). L'autre motif avancé par le SPOT porte sur les dettes et les retards de paiement. Dans un communiqué publié le 5 janvier, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens de Tunisie a évoqué un retard de paiement dépassant 185 jours, ce qui a provoqué la fermeture de plusieurs pharmacies et l’épuisement de leurs capacités financières. Pour les spécialistes, «cette impasse témoignage de la crise profonde qui secoue les caisses sociales en Tunisie, une crise qui risque de provoquer l'effondrement de tout le régime de la sécurité sociale en Tunisie », nous dira l'expert en économie et finances, Mohamed Salah Jennadi. Et d'ajouter : " Le niveau des déséquilibres a atteint, selon des chiffres officiels, un niveau sans précédent pour la CNRPS qui se trouve exposée à des pressions de plus en plus lancinantes à cause du creusement du déficit ayant atteint 600 millions de dinars en 2023 à 700 millions en 2024, et il devrait atteindre 1,13 milliard de dinars en 2025". Que compte faire l'Etat pour sauver le système de la sécurité sociale et derrière les trois caisses, à savoir la Caisse nationale d'assurance maladie, la Caisse nationale de sécurité sociale et la Caisse nationale de retraite et de prévoyance sociale ?

Plan de sauvetage....
Même si le gouvernement prévoit dans son projet de loi de finances, pour l’exercice de 2026, un plan de sauvetage des caisses sociales dont la création d’un fonds spécial pour stabiliser leur équilibre. D’autres mesures sont également prévues dont notamment l’imposition d’un timbre sur les factures des grandes surfaces, une contribution sur les recharges téléphoniques, une taxe sur les jeux en ligne et un prélèvement sur la location automobile. Pour l'expert en économie et finances, Mohamed Salah Jennadi : " Ces mesures sont insuffisantes et ne peuvent résoudre la crise profonde qui menace les caisses sociales dans leur propre existence. La mise en œuvre de réformes fiscales de nature à permettre au gouvernement de maximiser les ressources nationales et d’allouer les fonds nécessaires à la protection sociale deviennent aujourd'hui une urgence. Ces réformes doivent être justes afin de répartir équitablement la charge fiscale entre les différents acteurs économiques. Il est également urgent d'imposer un prélèvement d’une taxe sur les secteurs les plus rentables, surtout en période de crise, qui augmentera les recettes fiscales pour investir dans les groupes sociaux les plus vulnérables, en particulier en période de crise économique prolongée".
De son côté, l'activiste Rached mathlouthi rappelle que la Tunisie est aussi confrontée aujourd'hui à des défis démographiques majeurs d'où la nécessité d’intégrer l’efficacité dans les programmes sociaux. Cela nécessite bien évidemment la mobilisation de ressources supplémentaires qui devraient être allouées de la manière la plus efficace possible.

Myriam BEN SALEM-MISSAOUI
Photo : Mohamed Salah Jennadi
Photo: Rached Mathlouthi
Légende : La bonne gouvernance pour sauver le régime de la sécurité sociale...

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