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Pression fiscale en Afrique : L’étrange exception tunisienne

Par Hassan GHEDIRI

La Tunisie est le pays où les contribuables supportent la charge fiscale la plus lourde du continent dans toute l’Afrique.

Si en Europe, les pays nordique (Danemark, Suède, Norvège et Finlande) avec leur forte pression fiscale incarnent incontestablement le modèle de l’Etat social le plus performant et obtiennent les meilleurs résultats en matière de bien-être économique et social. En Afrique, la Tunisie fait une triste exception à la règle.

Notre pays qui peine à garantir une qualité minimale des services publics et qui s’efforce à préserver les conditions les plus élémentaires de la vie sociale digne est paradoxalement le pays où les contribuables supportent la charge fiscale la plus lourde du continent. C’est en effet ce que confirment les résultats du tout dernier rapport de l’organisation de coopération et de développement économique (OCDE) dans lequel sont comparés les ratios impôt/PIB et les recettes fiscales et non fiscales de 38 pays africains.

Dans son édition 2025 des statistiques des recettes publiques en Afrique et qui concernent les résultats de 2023, l’OCDE expose des ratios impôt/PIB très hétérogènes et qui vont d’un petit taux de 2,9% en Somalie jusqu’au plus gros dans toute l’Afrique, celui de la Tunisie qui atteint 34%. Si les recettes fiscales en pourcentage de PIB de l’Afrique ont continué à progresser pour la troisième année consécutive pour se situer dans une moyenne de 16,1%, 20 des 38 pays étudiés ont quand même maintenu leur taux inférieur à 15%.

Pour revenir à notre première comparaison avec les pays nordiques qui affichent la plus forte pression fiscale dans le monde et qui, en même temps, se placent en haut du podium de protection sociale, de qualité de services publics et de bonheur, la Tunisie ne peut certainement pas être la Scandinavie de l’Afrique. Dans le World Happiness report 2025, notre pays s’est en effet classé au 113ème rang mondial sur 147 pays avec un médiocre note de 4,8/10, se contentant d’une 16ème place en

Afrique très loin derrière ces deux voisins la Libye et l’Algérie se distinguant par d’excellents indices en matière de santé, de soutien social. Les statistiques de l’OCDE sur les recettes publiques en Afrique constituent par ailleurs un instrument unique en son genre pour mesurer la performance des politiques fiscales en matière de mobilisation des ressources intérieures sur l’ensemble du continent.

Ainsi, le principe de « compter sur soi » sur lequel le gouvernement dit bâtir sa politique économique et financière en Tunisie et qui vise à assurer la rupture avec les diktats des institutions internationales et à consolider les finances publiques à travers les ressources internes, semble être l’un des moteurs de cette pression fiscale excessive.

Dans le chapitre consacré à la Tunisie dans le rapport sur les recettes publiques en Afrique 2025, l’OCDE souligne que les recettes fiscales en pourcentage de PIB en Tunisie ont toujours été supérieurs à la moyenne de 38 pays d’Afrique. Et de noter que La principale source des recettes fiscales en Tunisie en 2023 était de 27% et provenait des cotisations de sécurité sociale.

La deuxième plus importante source des recettes fiscales en 2023 était de 23% et provenait des impôts sur le revenu des personnes physiques. En revanche, les recettes non fiscales ne représentent que 3,8% du PIB en Tunisie et elles sont les plus faibles des 38 pays africains qui affichent une ensemble une moyenne de 6%.

H.G.   

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