Selon l’analyse de Hafedh Lamouri, expert en études sociales, « le maintien des prix des carburants à leurs niveaux malgré la hausse enregistrée au niveau mondial reflète l’engagement de l’État envers ses obligations sociales et sa volonté de préserver la stabilité des prix des produits de consommation ».
Lamouri a expliqué à l’agence TAP que le gel du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants s’inscrit dans l’orientation sociale adoptée par le gouvernement dans ses politiques, malgré les charges supplémentaires qu’il engendre pour le budget des subventions.
Il a indiqué que les dépenses de compensation sont appelées à augmenter, étant donné que la loi de finances a fixé le prix du baril à environ 63 dollars, alors que les prix actuels oscillent entre 90 et 100 dollars.
L’expert a précisé que chaque augmentation d’un dollar par rapport au prix de référence retenu dans le budget coûte à l’État entre 150 et 160 millions de dollars supplémentaires.
Il a, toutefois, mis en garde contre la possibilité de la poursuite des pressions inflationnistes étant donné qu’une partie importante des produits de consommation est importée.
A noter que la Tunisie a adopté le mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants depuis 2016 afin de suivre les variations des prix sur le marché international.
Toutefois, ce mécanisme a conduit, dans la pratique, à des hausses successives, cinq au total au cours de la même année en 2022, avant d’être suspendu.

