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Après l'accident de train en Espagne : 64 morts et une communication défaillante !

Des conversations entre les conducteurs des deux trains accidentés et le centre de contrôle à Madrid, peu de temps avant l'impact, ont été publiées dans la presse espagnole.

Après le terrible accident ferroviaire en Espagne, qui a fait au moins 69 morts mercredi, des enregistrements audios permettent de commencer à comprendre ce qui a pu amener deux trains à grande vitesse à se percuter dans la province de Tolède, sur la liaison Madrid-Séville.

Ces enregistrements, qui ont pu être écoutés par des médias espagnols - Cadena SER et El País -, permettent de reconstituer certaines des communications échangées entre le centre de contrôle, et les trains circulant dans la zone après la survenue d'une panne informatique du LZB, du nom d'un des systèmes de sécurité et de signalisation automatique utilisé sur la ligne. Dans ces cas-là, le protocole exige que tous les trains dans la zone concernée s'arrêtent, ce qui a bien été fait mercredi matin.

À 8h36, on peut ainsi entendre un employé du centre de contrôle, à Madrid, demander au conducteur du train de la Renfe, celui qui est venu percuter le train de la compagnie Iryo à l'arrêt sur les rails, de déconnecter puis reconnecter le LZB, qui avait cessé de fonctionner quelques minutes auparavant, comme le rapporte El HuffPost.

Ce même employé lui indique ensuite de reprendre la circulation en passant en BSL, et de le faire en « marche normale, alors que le protocole préconise par précaution dans ces cas-là une vitesse maximale de 40 km/h, note TF1 Info. Le BSL est un mode de conduite ferroviaire alternatif, qui repose de manière importante sur les instructions humaines des aiguilleurs et le respect visuel des signaux lumineux le long des voies.

Comme c'est la procédure, le conducteur du train de la Renfe confirme alors qu'il a bien entendu et compris les consignes qui lui ont été transmises.

23 minutes

Ce n'est pas tout. Un autre enregistrement montre aussi que le train de l'Iryo percuté a aussi rencontré des problèmes, là aussi liés à la panne du système LZB. La conductrice de celui-ci explique au centre de contrôle madrilène que son train, à l'arrêt au signal d'entrée sur la commune d'Urda, ne peut redémarrer.

Le centre de contrôle lui répond alors de le faire « quand elle le pourra » et de les appeler à nouveau en cas de nouveau problème. Une fois cette conversation terminée, l'employé à Madrid explique la situation à d'autres collègues et signale que l'Iryo 6076 «rencontre des problèmes avec l'équipement».

La conductrice reprend ensuite contact avec Madrid, dans un nouvel enregistrement. Elle explique qu'elle a subi « une perte de transmission » et qu'elle reste toujours contrainte d'être « à l'arrêt au signal d'entrée d'Urda ». « À l'arrêt, c'est bien ça ? », demande-t-on alors depuis le centre de contrôle. « C'est bien ça », confirme-t-elle.

Depuis Madrid, on lui demande alors de déconnecter puis de reconnecter le LZB, une instruction similaire à celle reçue par le conducteur du train de la Renfe. Et par la suite, elle est également autorisée à reprendre la circulation « sous BSL, en marche normale ».

Problème, la conductrice n'arrivera jamais à redémarrer et son train finira par être percuté par l'arrière par celui de la Renfe, à plus de 135 km/h, à 8h53 précisément.

Vingt-trois minutes au total se sont écoulées entre la panne du LZB et l'impact entre les deux trains. Le centre de contrôle avait « largement le temps pour vérifier l'erreur, mais ils ne l'ont pas rectifiée », a souligné le ministre des Transports, Oscar Puente. La démission de celui a été réclamée par des manifestants qui se sont réunis devant ses bureaux mercredi soir à Madrid, mais il entend rester en poste.

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