En noir et blanc, Michel Eisenlohr révèle une Syrie de beauté et de mémoire, entre cités millénaires et patrimoine vivant. Une exposition présentée à l’Institut français de Tunisie dans le cadre de « Jaou Tunis 2026 ».
Il est des voyages qui traversent les paysages autant que les siècles. Celui de Michel Eisenlohr en Syrie appartient à cette catégorie. Avec « Images de Syrie, Palmyre, Alep, Damas », le photographe français propose un regard sensible sur un pays carrefour de civilisations, dont le patrimoine porte aujourd’hui les blessures d’une histoire douloureuse. Présentée à la galerie de l’Institut français de Tunisie du 27 octobre au 27 novembre, cette exposition s’inscrit dans la programmation de Jaou Tunis 2026.
Invité au Festival de photographie d’Alep en 2002, Michel Eisenlohr avait choisi de rejoindre la Syrie par la route, au départ de Marseille. Inspiré par les récits des voyageurs du XIXᵉ siècle partis à la découverte du Levant, il entreprend ce périple avec un appareil argentique et privilégie le noir et blanc. De cette traversée naît un reportage photographique qui restitue les atmosphères, les lumières et les multiples visages du pays.
Au cœur du désert, Palmyre occupe une place centrale dans cette exploration. Ses colonnes, ses corniches et ses vestiges antiques se révèlent sous une lumière qui en souligne la majesté et la poésie. Mais loin de figer le site dans une image de musée à ciel ouvert, le photographe en saisit aussi la vie quotidienne. Des bergers y conduisent leurs troupeaux, tandis que des enfants jouent parmi les ruines. La cité antique demeure ainsi un lieu habité, inscrit dans le présent autant que dans l’histoire.
À Alep et à Damas, son objectif se tourne vers les ruelles pavées, les échoppes animées, les étoffes et les scènes de la vie quotidienne. Les architectures témoignent également de cette histoire faite de rencontres : les arcades des mosquées dialoguent avec les colonnades romaines, tandis que les motifs de l’art islamique font écho aux ornements de l’Antiquité.
C’est cette Syrie plurielle et profondément humaine que Michel Eisenlohr souhaite transmettre. L’exposition, ponctuée de poèmes du poète franco-iranien Parviz Abolgassemi, est accompagnée d’un ouvrage publié aux éditions Actes Sud, préfacé par l’historien Pierre Gros et enrichi de contributions de spécialistes français et syriens.
Une invitation à retrouver, à travers l’objectif, la beauté et la mémoire d’un patrimoine syrien qui appartient à l’histoire commune de l’humanité.

