Le théâtre romain d’El-Mdaïna, sur le site antique d’Althiburos, au Kef, vient de livrer de nouveaux témoignages de son histoire. Des vestiges d’habitations datant des périodes aghlabide et fatimide ont été mis au jour par une équipe archéologique tuniso-italienne.
L’Institut national du patrimoine (INP) a annoncé cette découverte à l’issue d’une campagne de fouilles menée du 11 au 22 octobre 2026, dans le cadre d’un projet de coopération scientifique avec l’Université de Palerme, en Italie, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles.
Réunissant chercheurs, conservateurs du patrimoine et étudiants en archéologie, la mission avait pour objectif de documenter les différentes phases d’occupation du site, notamment durant l’Antiquité tardive et l’époque islamique.
Les fouilles ont ainsi révélé des vestiges d'habitations aghlabides et fatimides, attestant la réappropriation de l'espace du théâtre bien après sa construction. Une découverte qui apporte un nouvel éclairage sur les transformations du monument et la continuité de son occupation à travers les siècles.
De nouvelles données
La campagne a également permis d'affiner les connaissances sur l'organisation architecturale du théâtre, notamment la disposition des gradins et l'emplacement de la scène. Plusieurs éléments ornementaux ont par ailleurs été retrouvés, certains in situ, à leur emplacement d’origine, d’autres remployés dans des murs et des sols aménagés lors de phases ultérieures d'occupation.
Au-delà du dégagement des structures antiques, cette mission se distingue par une approche qui cherche à restituer l'ensemble des transformations du monument, à partir d'une documentation stratigraphique et chronologique approfondie.
L’INP souligne le caractère encore peu répandu de cette démarche en Afrique du Nord, où les théâtres romains ont souvent été étudiés principalement sous l'angle de leur architecture antique, sans que leurs réoccupations successives fassent toujours l'objet d'investigations aussi poussées.
En révélant les traces d'une présence humaine à l’époque islamique, ces nouvelles fouilles enrichissent ainsi la lecture historique d’Althiburos et rappellent que les monuments antiques ne cessent de raconter leur histoire bien après la fin de leur fonction première.

