Le chiffre révélé suscite de l’inquiétude et justifie la crise qui a éclaté ces dernières semaines. Le président du Syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées (SPOT), Mohamed Zoubeïr Guiga, a révélé, en effet, que les dettes de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) envers les pharmacies privées ont dépassé les 200 millions de dinars. Il a également indiqué que la CNAM doit environ 60 millions de dinars aux médecins libéraux, en plus de dettes envers les laboratoires d’analyses biologiques et d’autres prestataires de santé, soulignant une situation de asphyxie financière sans précédent.
Selon lui, les répercussions de cette crise se font désormais sentir jusque dans le secteur public, notamment à travers des pénuries de médicaments dans certains hôpitaux. Il a insisté sur l’interdépendance entre les ministères de la Santé et des Affaires sociales, estimant que tout dysfonctionnement de l’un impacte directement l’autre, et rappelé que la santé doit être une priorité nationale au même titre que la sécurité publique.
Dans un communiqué, le syndicat avait exprimé son profond regret face à l’expiration de la convention, estimant que les pharmaciens ont longtemps joué le rôle de « financeur contraint» de la CNAM, en raison de retards de paiement dépassant 185 jours et s’étalant sur plus de dix ans.
Le syndicat a par ailleurs affirmé que la fin de la convention n’était pas un choix, mais la conséquence directe de l’absence de décision politique, réitérant sa disponibilité à participer à toute réforme sérieuse garantissant un accès équitable et durable aux médicaments pour les Tunisiens.

